Publié le 28 Mai 2016

Bonjour à tous

Ne vous fiez pas au fond noir de l'affiche et au profil de femme sur lequel coule une larme dorée... Présenté hors compétition en ouverture du Festival de Cannes, "Café society" de Woody Allen est un film intelligent et drôle, pétillant comme du Champagne, léger comme une pirouette de Fred Astaire et entrainant comme une mélodie d'Irving Berlin ! Histoire d'amour passionnée, mise en scène sophistiquée, décors et costumes somptueux, musique de jazz intemporelle et dialogues savoureux évoquent immédiatement "Radio days", "La Rose pourpre du Caire" et "Midnight in Paris". Car une fois de plus, Woody Allen fait du Woody Allen... et on en redemande !

Nous sommes évidemment dans les années 30. Architecture art déco, cinéma en noir et blanc, réceptions extravagantes, boites de nuit à la mode, robes longues et colliers de perles, la Café Society regroupe tous les "happy few" et "trendsetters" du moment, vedettes du grand écran, politiciens, gangsters, têtes couronnées et riches héritières. Cette société choisie, ancêtre de la jet-set contemporaine, sert ici de prétexte à Woody Allen pour confronter la futilité, le superficiel et le clinquant d'Hollywood au charme romantique et populaire de New-York, et lui donne également l'occasion de prolonger son éternelle réflexion nostalgique sur le temps qui passe, la religion ou la vie après la mort.

Allons ! Oubliez la grisaille et venez vous étourdir avec Jesse Eisenberg et Kristen Stewart ! Les larmes dorées ne ressemblent-elles pas à des gouttes de Champagne ?

Tonton Daniel

http://tontondaniel.over-blog.com/2014/10/magic-in-the-moonlight.html

café society

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #cinéma

Publié le 25 Mai 2016

Bonjour à tous

"Quoi de plus innocent qu'une blanche colombe", semble nous demander Jean Anouilh au début de sa pièce éponyme écrite au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Colombe, jeune fille innocente et naïve, fleuriste inconséquente et amoureuse, va peu à peu perdre sa candeur et ses illusions, devenir cynique et cruelle au contact de personnages odieux et insupportables, avant d'être définitivement pervertie par le monde du théâtre et ses apparences.

Dans une mise en abyme qu'il affectionne particulièrement, l'auteur semble suggérer que la vie est un théâtre hypocrite où "tout est rigoureusement faux", des meubles aux promesses et des bijoux aux acclamations. Bien que la pièce ne manque pas d'humour, Jean Anouilh y dénonce en vrac tous les défauts humains, vanité, méchanceté, envie, jalousie, colère... ainsi que les comportements méprisables, violence, mesquinerie, arrivisme, adultère, mensonge, concupiscence... Il en profite pour se moquer du vieux théâtre en vers, surjoué, celui de Réjane et de Sarah Bernhardt, il règle ses comptes avec les comédiennes capricieuses et futiles, avec la spéculation boursière, les institutions, l'armée et même les délateurs et accusateurs dont il a subi les foudres anonymes à la Libération.

La pièce est enfin un terrible réquisitoire sur la condition féminine en 1900, un constat amer sur l'argent qui mène le monde et qui arrive à corrompre l'Amour et les coeurs purs. Au dernier rideau, le rameau d'olivier est tombé, la colombe est en cage, le coeur et les ailes irrémédiablement noircis par la vie.

Tonton Daniel

colombe

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

Publié le 22 Mai 2016

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

Publié le 18 Mai 2016

Bonjour à tous

A l'occasion de la diffusion lundi soir par France 3 du reportage "Vichy, la mémoire empoisonnée", il me souvient d'une anecdote personnelle gravée pour toujours en mémoire.

Juin 1982. Une salle d'examen d'un lycée de Neuilly sur Seine. Quelques dizaines d'étudiants, dont votre serviteur, s'apprêtent à passer l'épreuve d'histoire du baccalauréat. Sujet du jour : la France pendant la seconde guerre mondiale. Le surveillant enfin : un homme d'une soixantaine d'années, cravate et costume sombre, raide comme la Justice, parfait sosie du comédien Claude Piéplu interprétant le censeur dans "Le pion" de Christian Gion.

Lors de l'épreuve, arrêtant son pas à ma hauteur et lisant par dessus mon épaule, mon pion à moi pose son doigt sur ma copie et sur le mot "amicalement" sans enfreindre la règle du silence imposée par l'administration universitaire. Faute d'orthographe ? Faute de syntaxe ? Mystère !

Le lendemain. Même salle. Autre épreuve mais même surveillant qui se plante devant moi et m'assène avant le début de l'examen : "Alors, jeune homme ! Comme çà, Pétain a serré la main d'Adolf Hitler "amicalement" ? Non monsieur ! J'y étais !"

Figé de stupeur, je ne prononçai pas un mot, trouvai crédible la présence de mon interlocuteur sur les lieux et réalisai que l'adverbe "amicalement" était en effet inapproprié. Qui était ce grand témoin alors âgé d'environ 60 ans en 1982 ? A quel titre était-il présent à la gare de Montoire lors de la célèbre entrevue entre Pétain et Hitler le 24 octobre 1940 ? Photographe ? Cheminot ? Membre de la délégation française ? Témoin placé là par hasard ?

Ces quelques mots m'ont à jamais interdit de trancher entre les deux théories du glaive et du bouclier, ces deux armes incarnées respectivement par De Gaulle et par Pétain. Photos et films d'époque sont trop flous pour se faire une opinion. Même les historiens comme Raymond Aron, Robert Paxton ou Serge Klarsfeld ont toujours débattu sur la motivation des intervenants de l'époque. Seules certitudes, la collaboration d'Etat et la participation du gouvernement français à la déportation des Juifs, suivies des horreurs que l'on sait.

Glaive ou bouclier ? Ce troublant "Non monsieur ! J'y étais !" empoisonnera à jamais ma mémoire et mon opinion.

Tonton Daniel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Entrevue_de_Montoire

vichy, la mémoire empoisonnée

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #histoire, #télévision

Publié le 15 Mai 2016

Bonjour à tous

Disparu il y a trois mois, le romancier italien Umberto Eco, maitre de l'illusion, de la mystification et de la manipulation, a développé une habile mise en abyme dans "Numéro zéro", son dernier roman paru en 2015. D'hémérothèques en salles de rédaction, à travers la ligne éditoriale d'un journal factice et de son numéro zéro, l'auteur du "Nom de la Rose" et du "Pendule de Foucault" dénonce mensonges et propagande diffusés par des médias souvent manipulateurs d'opinion. Preuves, dates et noms à l'appui, l'un des personnages de son roman, journaliste et enquêteur, prétend que Benito Mussolini ne serait pas mort fusillé en avril 1945 mais aurait survécu pendant trente ans après la fin de la guerre avant d'être utilisé par une structure paramilitaire secrète...

Comme à son habitude, avec humour et érudition, Umberto Eco nous entraine dans ce qu'il prétend dénoncer et invite le lecteur à réfléchir et à interpréter tout ce qu'on lui montre et raconte. Rumeurs, photos retouchées, absences de sources... Au-delà des illusions et des apparences, où est la vérité ? Doit-on croire tout ce qui est écrit par les faiseurs d'idées, de courants, d'opinions ? L'information proposée par le quatrième pouvoir peut-elle être fausse, sinon orientée ? Toute paranoïa exclue, le soupçon est-il toujours de rigueur et la théorie du complot à envisager ?

Fiction ? Réalité ? Par la bouche de son enquêteur, le malicieux auteur prévient subrepticement ses lecteurs en fin d'ouvrage : "Il ne faut jamais croire ce qu'on nous raconte..."

Même ce que racontent les romanciers ?

Tonton Daniel

numéro zéro

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature