vie et passion d'un gastronome chinois

Publié le 11 Juin 2016

Bonjour à tous

Tout les oppose ! Le révolutionnaire Gao Xiaoting prétend qu'on ne vit pas pour manger, le gastronome Zhu Ziye, lui, se régale de rouleaux de poisson aux oeufs de crevettes, de boulettes de poulet sur flocons de neige et de petites brioches de jade ! Gao et Zhu sont les deux personnages principaux du roman "Vie et passion d'un gastronome chinois" écrit en 1982 par Lu Wenfu. Dans le décor de Suzhou, métropole proche de Shanghai, chacun d'eux devra affronter les péripéties de l'Histoire contemporaine et répondre à cette simple question : la gastronomie, art éphémère et raffiné réservé a priori à quelques-uns, est-elle compatible avec la propagande communiste soucieuse de notions basiques comme la nourriture et l'alimentation ? Doit-on opposer plats individuels et "marmite commune" au nom de l'Histoire ?

Entre maisons de thé et fumeries d'opium, Lu Wenfu nous entraine dans des cours intérieures, invisibles au regard du passant, dans une Chine repliée traditionnellement sur elle-même. Il évoque le cérémonial bourgeois d'un menu de banquet ou l'école de cuisine clandestine dite "de maison de passe", nous fait saliver devant des coeurs de légumes aux miettes de crabe et un émincé de poulet en hibiscus, avant de nous rappeler que la table du repas est un lieu social par excellence où tout instrument aiguisé doit être proscrit au profit de baguettes inoffensives. En magnifiant la nature première, brute et crue des aliments de base, la cuisine chinoise, ou plutôt les cuisines chinoises et régionales, se révèle être un art véritable, sophistiqué, codifié, synonyme de civilisation et mettant tous les sens en éveil.

Aujourd'hui, tout comme les pieds bandés et la politique de l'enfant unique, "Campagne des Cent Fleurs", "grand bond en avant", "Révolution culturelle" et "Quatre vieilleries" font partie du passé, le pragmatisme économique ayant pris le pas sur l'idéalisme révolutionnaire. Désormais, malgré l'explosion démographique, la Chine est soucieuse de diététique et de nutrition, de bonne santé et de longévité, mais garde ses traditions et continue de proposer perche mandarine en écureuil, boeuf aux cinq parfums, graines de lotus en gelée, sans oublier le canard "trois en un", entouré d'oeufs de caille et fourré d'un poulet lui-même fourré d'un pigeon...

Bon appétit !

Tonton Daniel

vie et passion d'un gastronome chinois

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #chine, #alimentation

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