kintsugi

Publié le 19 Août 2016

Bonjour à tous

Pour certains d'entre nous qui redoutent ses ravages, le temps qui passe est linéaire, symbole de rides, de vieillesse, de décrépitude et de mort. Pour d'autres, l'ordre naturel des choses est cyclique, il est signe de sagesse, d'expérience, de renouveau et de vie. Pour ces derniers, la jeunesse éternelle n'est qu'illusion, la vie est un éternel recommencement dans lequel tout se transforme indéfiniment !

Apparu à la fin du XVe siècle, le kintsugi (ou kintsukuroi) est le parfait symbole de cette philosophie. Imitant les veinures du marbre, cette technique japonaise de réparation des porcelaines et céramiques brisées au moyen de laque additionnée de poudre d'or a toujours été associée aux ustensiles en céramique employés pour la cérémonie japonaise du thé. En remplaçant l'or par de l'argent, la technique traditionnelle prend le nom de gintsugi. L'urushi tsugi n'utilise que de la simple laque sans additif métallique.

Allant plus loin que le simple recyclage technique, le kintsugi relève d'une philosophie qui prend en compte le passé de l'objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu'il a pu connaitre. Sans aller jusqu'à parler de métempsychose religieuse, de renaissance ou de vie après la mort, la casse d'une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, une valeur ajoutée, le début d'un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s'agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant, de sublimer les défauts pour mieux les accepter.

A priori incompatible avec le principe d'entropie défini scientifiquement comme mesure d'un désordre toujours stable ou croissant, la technique du kintsugi peut être rapprochée du wabi-sabi, concept esthétique et art de vivre dérivés du taoïsme et du bouddhisme zen. Le principe wabi regroupe des notions très variées comme simplicité, humilité, dissymétrie et phénomènes naturels. Le sabi évoque l'altération par le temps, la vieillesse, la patine des objets. Apparu au XIIe siècle, le wabi-sabi, combinaison des deux principes, incite à une certaine forme de sagesse, à l'acceptation du passage du temps, des imperfections naturelles et des défauts humains.

Aujourd'hui remis au goût du jour et diffusé à grande échelle par les réseaux sociaux, le kintsugi est rapidement devenu un symbole très moderne de sobriété et de modestie, voire de beauté, de bon sens ou de décroissance économique pour les plus engagés.

"Il y a une beauté spéciale qui n'appartient qu'aux femmes très âgées. Dans leurs rides sont inscrits toutes les marques, tous les souvenirs de la vie écoulée." (Les chaussures italiennes - Henning Mankell)

Parmi les sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kintsugi

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wabi-sabi

Tonton Daniel

kintsugi
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #japon, #le temps qui passe, #les arts

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