Publié le 30 Avril 2008

Bonjour à tous depuis le Pays Basque !

Petite idée très simple et efficace trouvée dans un magazine pour acheter "écolo" : la création et l'utilisation d'un petit pictogramme indiquant les importations de fruits et légumes par avion. Avec une loi obligeant les revendeurs, petites et grandes surfaces, à jouer la transparence. Par extension, ce logo pourrait être utilisé pour d'autres produits. De plus en plus, la protection de l'environnement passe par une certaine forme de protectionnisme. Mais entre deux maux, il faut choisir le moindre !

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Publié le 28 Avril 2008


Bonjour à tous


Départ dans quelques minutes pour une semaine de vacances en famille au Pays Basque, ce qui vous laisse tout le temps de lire et de commenter l'article précédent ! A lundi prochain !


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Publié le 27 Avril 2008


Bonjour à tous


Mercredi dernier, en visitant l'exposition "Babylone" au musée du Louvre, je n'ai pu m'empêcher de faire le lien entre la disparition de cette civilisation antique et la fin annoncée de l'impérialisme américain. Si un texte récent a le mérite de résumer mon idée sur la question, c'est bien celui du politologue Parag Khanna paru dans Courrier International du 10 avril dernier. Jamais texte n'a mieux résumé à mon avis le contexte actuel international et l'avenir géostratégique de notre petite planète, à part peut-être le livre d'Emmanuel Todd "Après l'empire" paru en 2002. C'est pourquoi je retranscris le texte intégralement en insérant pour chaque idée le lien vers un des articles déjà publiés sur ce blog :


"L’hyperpuissance américaine, c’est fini - La guerre des trois pôles :


Nous sommes en 2016. Le gouvernement de Hillary Clinton (ou de John McCain ou de Barack Obama) arrive à la fin de son second mandat. Les Etats-Unis se sont retirés d’Irak, mais ont quelque 20 000 soldats postés dans l’Etat indépendant du Kurdistan, ainsi que des navires de guerre mouillant à Bahreïn et une présence aérienne au Qatar. L’Afghanistan est stable, l’Iran a l’arme nucléaire. La Chine a absorbé Taïwan et intensifie progressivement sa présence navale dans tout le Pacifique, ainsi qu’en mer d’Oman à partir du port pakistanais de Gwadar. L’Union européenne compte plus de 30 membres et dispose d’approvisionnements sécurisés en pétrole et en gaz d’Afrique du Nord, de Russie et de la mer Caspienne, ainsi que d’un bon parc de centrales nucléaires. L’influence des Etats-Unis dans le monde ne cesse de faiblir.
Comment est-ce possible ? Ne devions-nous pas renouer les liens avec les Nations unies et réaffirmer au monde que l’Amérique peut et doit prendre en main la destinée planétaire au nom de la sécurité et de la prospérité de tous ? Que l’image des Etats-Unis s’améliore (ou non) ne change pas grand-chose. Aujourd’hui, Condoleezza Rice assure que l’Amérique n’a pas d’“ennemis permanents”, mais elle n’a pas non plus d’amis permanents. Beaucoup ont vu dans les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak autant de symboles de l’impérialisme mondial de Washington : il fallait en fait y voir les signes d’un surmenage impérialiste. Les dépenses engagées ont affaibli les forces armées américaines (http://tontondaniel.over-blog.com/article-17919592.html), et toutes les démonstrations de force ont aiguillonné la résistance sous la forme de réseaux terroristes, de groupes insurgés et d’attaques “asymétriques” du type attentats suicides. Le monde unipolaire a vécu et un nouvel ordre mondial apparaît déjà. Le président américain – qu’il se nomme Clinton, McCain ou Obama – ne pourra guère contrer son essor.


Une faiblesse face aux autres superpuissances mondiales


Au mieux, l’ère unipolaire sous hégémonie américaine aura duré tout au long des années 1990, même si ce fut également une décennie à la dérive. Les “dividendes de la paix” de l’après-guerre froide [selon la formule popularisée par Bush père et Margaret Thatcher au début des années 1990, qui faisait allusion aux bénéfices induits par la réduction des dépenses de défense] ne se sont jamais traduits par l’instauration d’un ordre mondial libéral sous l’égide des Etats-Unis. Et aujourd’hui, au lieu de dominer le monde, nous nous battons (et nous perdons) face aux autres superpuissances mondiales : l’Union européenne (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6137098.html) et la Chine. Car tels sont les trois Grands de la géopolitique du XXIe siècle : pas la Russie, vaste étendue en voie de dépeuplement rapide, gérée par Gazprom.gov (http://tontondaniel.over-blog.com/article-4399541.html); ni cet Islam incohérent embourbé dans des guerres intestines (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6810476.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-5742756.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-5747441.html); ni l’Inde, qui a plusieurs dizaines d’années de retard sur la Chine, tant en termes de développement que d’appétit stratégique. Les trois Grands édictent les règles – leurs règles – sans qu’aucun d’eux domine. Pour la première fois de notre histoire, nous assistons à une bataille mondiale multipolaire mettant en jeu plusieurs civilisations.
Le marché européen est le plus vaste du monde, les technologies européennes sont de plus en plus celles qui font référence, et les pays européens sont les plus gros contributeurs à l’aide au développement. Si les Etats-Unis et la Chine s’affrontent, les capitaux de la planète se retrouveront en toute sécurité dans les banques européennes. Lors de la mise en place de l’euro (http://tontondaniel.over-blog.com/article-17594248.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-13098422.html), beaucoup d’Américains ricanaient, affirmant que c’était aller trop loin et que le projet européen ne s’en relèverait pas. Or aujourd’hui, les exportateurs de pétrole du golfe Arabo-Persique achètent des euros pour diversifier leurs actifs en devises, tandis que le président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, propose que l’OPEP, pour fixer le cours du brut, abandonne le dollar, cette monnaie “sans valeur”. Et le Vénézuélien Hugo Chávez suggère son remplacement par la monnaie européenne.


L’influence de l’Europe croît au détriment de l’Amérique


Tandis que Washington s’essaie maladroitement à l’exportation de la démocratie, l’Europe investit son argent et son capital politique pour attirer des pays périphériques dans son orbite. Nombre de régions pauvres prennent conscience que leur rêve est européen, et non américain (http://tontondaniel.over-blog.com/article-14020769.html). Les militants du Moyen-Orient veulent la démocratie parlementaire à l’européenne, et non l’autorité présidentielle de l’homme fort à l’américaine (http://tontondaniel.over-blog.com/article-4473502.html). Parmi les étudiants étrangers dont nous n’avons pas voulu au lendemain du 11 septembre [2001], beaucoup sont désormais à Londres ou à Berlin : il y a deux fois plus d’étudiants chinois en Europe qu’aux Etats-Unis.


Comme le montre l’East Asian Community [la Communauté d’Asie de l’Est], la Chine est bien trop occupée à redevenir l’empire du Milieu aux yeux de la planète entière pour se laisser distraire par ces troubles au Moyen-Orient qui préoccupent tant les Etats-Unis. Sur le continent américain lui-même, du Canada à Cuba, en passant par le Venezuela de Chávez, la Chine conclut des accords colossaux en termes de ressources et d’investissements. Dans le monde entier, Pékin déploie par dizaines de milliers ses ingénieurs, ses travailleurs humanitaires, ses architectes de barrages hydrauliques et ses militaires en mission clandestine.
En Afrique, la Chine ne se contente pas d’assurer son approvisionnement en énergie (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6389673.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-6431832.html) : elle procède aussi à d’importants investissements stratégiques dans le secteur financier. Tous les pays du monde qualifiés d’Etats voyous par Washington jouissent désormais d’un filet de sécurité diplomatique, économique ou stratégique grâce à la Chine. L’exemple le plus notable en est l’Iran.
Comme les Européens, les Asiatiques s’emploient à s’endurcir contre les incertitudes économiques américaines. Sous l’égide du Japon, ils envisagent de mettre en place leur propre Fonds monétaire régional, tandis que la Chine fait des coupes claires dans ses barrières douanières et augmente ses prêts à ses voisins du Sud-Est asiatique. Le commerce dans le triangle Inde-Japon-Australie (au centre duquel se trouve la Chine) dépasse désormais le volume des échanges transpacifiques.
Les trois Grands sont des frères ennemis. La géopolitique du XXIe siècle ressemblera bien au 1984 d’Orwell, si ce n’est qu’au lieu de trois puissances mondiales (l’Océania, l’Eurasia et l’Estasia) nous avons trois zones découpées suivant les longitudes, dominées respectivement par l’Amérique, l’Europe et la Chine. Dans un monde globalisé, il n’est pas de géographie intouchable. C’est pourquoi, ouvertement ou non, la Chine et l’Europe mettront leur nez dans l’arrière-cour des Etats-Unis, l’Amérique et la Chine rivaliseront pour les ressources africaines dans la périphérie méridionale de l’Europe (http://tontondaniel.over-blog.com/article-5652102.html), et l’Amérique et l’Europe chercheront à tirer profit de la croissance rapide des pays situés dans la sphère d’influence de la Chine. La mondialisation est l’arme de prédilection : le terrain de bataille est ce que j’appelle le “deuxième monde”.


C’est le marché géopolitique qui décidera


On ne manque pas de statistiques pour illustrer la domination du monde par les Etats-Unis : nos dépenses militaires, notre part dans l’économie mondiale, etc. Mais d’un côté il y a les statistiques et de l’autre les tendances. Pour saisir la rapidité du déclin américain, j’ai passé les deux dernières années à voyager dans une quarantaine de pays dans les cinq régions stratégiques de la planète, le “deuxième monde” : ces pays ne font pas partie du premier monde, le noyau de l’économie mondiale, ni de la périphérie qu’est le tiers-monde.
Placés aux côtés des trois Grands, ou entre eux, les pays du deuxième monde sont ces Etats sans allégeance qui détermineront laquelle des superpuissances aura la haute main sur la géopolitique de demain. Du Venezuela au Vietnam, du Maroc à la Malaisie, les rapports mondiaux s’organiseront autour de ces trois alliances : la coalition américaine, le consensus européen ou le style consultatif à la chinoise. C’est le marché géopolitique qui décidera du meneur du XXIe siècle.
Les grands pays du deuxième monde en Europe de l’Est, en Asie centrale, en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est sont bien plus que des “marchés émergents”. Si on leur ajoute la Chine, ces pays détiennent la majorité des réserves mondiales de change et d’épargne. Certes, ils ne supplantent pas encore les Etats-Unis, mais ils n’en sont pas dépendants non plus. Les introductions en Bourse dans les pays dits du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont représenté en 2007 39 % de la totalité des capitaux levés dans le monde.
Ces pays se distinguent du tiers-monde par leur potentiel stratégique ou par leurs poids démographique ou économique. Vers qui pencheront-ils ? Un accord nucléaire entre Washington et l’Inde poussera-t-il le Pakistan vers une dépendance militaire accrue à l’égard de la Chine ? La prochaine génération de souverains arabes choisira-t-elle l’Orient ou l’Occident ? De fait, c’est le deuxième monde qui façonnera l’équilibre mondial des puissances autant que les superpuissances elles-mêmes.


Mais les risques touchent aussi l’étranger proche. La mondialisation (http://tontondaniel.over-blog.com/article-5776643.html) étend le marché géopolitique jusque dans l’arrière-cour des Etats-Unis, sapant une doctrine Monroe vieille de deux siècles. [En 1823, le président américain James Monroe prononce un discours à l’intention des Européens, affirmant que l’Amérique, du nord au sud, se trouve dans l’orbite des Etats-Unis.] En réalité, Washington n’a pu dicter sa loi en Amérique latine que lorsque ses voisins du Sud n’avaient pas de vision propre (http://tontondaniel.over-blog.com/article-4796365.html). Mais il y a aujourd’hui deux autres prétendants : Chávez et la Chine. Simón Bolívar [1783-1830] lutta pour émanciper l’Amérique du Sud de la tutelle espagnole, et c’est aujourd’hui le Venezuela – rebaptisé République bolivarienne – qui incite le continent à se faire sa place dans l’équilibre des puissances. Ces dernières années, Hugo Chávez, le militaire aux airs de clown à la tête du Venezuela, aura forcé l’Amérique à dévoiler ses cartes, bouleversant le jeu Nord-Sud à l’échelle du continent. Il donne du courage et des fonds aux dirigeants de gauche de toute l’Amérique latine, aide l’Argentine et d’autres à rembourser leurs dettes et à mettre le FMI à la porte. Et Chávez ne doit pas son ascension qu’à la seule flambée du pétrole (http://tontondaniel.over-blog.com/article-15266944.html). Il bénéficie aussi du soutien tacite de l’Europe, premier investisseur au Venezuela, et de la Chine, qui répare les plates-formes pétrolières vénézuéliennes en piteux état tout en construisant ses propres raffineries.
Mais le défi lancé par Chávez aux Etats-Unis est d’inspiration idéologique, alors que l’évolution du deuxième monde est profondément structurelle. Chávez est au pouvoir, mais c’est le Brésil qui fait à nouveau figure de leader naturel de l’Amérique du Sud (http://tontondaniel.over-blog.com/article-4833569.html). Avec l’Inde et l’Afrique du Sud, le Brésil mène la charge dans les négociations commerciales internationales, s’attaquant aux barrières douanières américaines sur l’acier et aux subventions agricoles européennes. Le Brésil est presque aussi proche de l’Europe que des Etats-Unis, et les Brésiliens tiennent autant à construire des voitures et des avions pour l’Europe qu’à exporter du soja vers les Etats-Unis (http://tontondaniel.over-blog.com/article-18881297.html). De plus, si Brasília fut un allié fidèle de Washington pendant la guerre froide, il n’a pas hésité à mettre en place une “alliance stratégique” avec la Chine. Les économies brésilienne et chinoise sont remarquablement complémentaires, le Brésil exportant minerai de fer, bois, zinc, viande de bœuf, lait et soja vers la Chine, tandis que cette dernière investit dans les barrages hydroélectriques, les aciéries et les usines de chaussures du géant sud-américain (http://tontondaniel.over-blog.com/article-5911380.html).


Des boucliers anti-impérialistes


La nouvelle carte des influences, une sorte de diagramme de Venn montrant des ensembles américain, chinois et européen se chevauchant, est difficile à lire. C’en est fini des “Ils sont avec nous” et des “C’est notre fils de p…”. [Cette phrase aurait été prononcée par Roosevelt en 1939 au sujet du dictateur nicaraguayen Somoza, qui présentait le grand avantage d’être anticommuniste : “C’est peut-être un fils de pute, mais c’est notre fils de pute.”] (http://tontondaniel.over-blog.com/article-16349497.html). L’Egyptien Hosni Moubarak, le Pakistanais Pervez Musharraf, le Malaisien Mahathir et une foule de dirigeants du deuxième monde font montre d’un talent inédit dans la manipulation : tous disent aux Américains qu’ils sont leurs amis, tout en courtisant tous azimuts.
Mieux encore, de nombreux pays du deuxième monde ont suffisamment d’assurance pour se créer leurs propres boucliers anti-impérialistes. C’est bien sûr le cas de la Russie, qui s’est discrètement et judicieusement placée pour assurer la construction du réacteur nucléaire iranien de Buchehr, se plaçant ainsi résolument aux côtés des Chinois sur la question iranienne tout en offrant aussi sa technologie nucléaire à la Libye et des armes au Venezuela et à l’Indonésie (http://tontondaniel.over-blog.com/article-14196453.html). Le deuxième monde a par ailleurs de plus en plus recours à ses fonds souverains riches de milliers de milliards de dollars pour distribuer ses soutiens, et il va jusqu’à malmener les entreprises et les marchés du premier monde (http://tontondaniel.over-blog.com/article-19037111.html). Les Emirats arabes unis (en particulier leur capitale, Abou Dhabi) (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6003373.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-6013015.html), l’Arabie Saoudite et la Russie ne cessent de monter dans le classement mondial des détenteurs de devises et sont prêts à prendre des parts plus importantes dans le capital des banques et des compagnies pétrolières occidentales. Le fonds souverain de Singapour suit aujourd’hui le même chemin.


Comprenons-le : pour le deuxième monde, “mondialisation” n’est pas synonyme d’“américanisation”, loin s’en faut. La priorité de ces nouveaux pays n’est pas de devenir les Etats-Unis, mais de réussir par tous les moyens.


Le monde non américain


Karl Marx et Max Weber dénoncèrent tous deux les cultures de l’Extrême-Orient en raison de leur nature despotique, agraire et féodale, les jugeant dépourvues des qualités indispensables à une organisation fructueuse. Oswald Spengler [philosophe allemand, auteur notamment du Déclin de l’Occident] voyait les choses autrement : selon lui, l’humanité vit et pense selon des systèmes culturels uniques, et les idéaux occidentaux ne sont ni transposables ni pertinents. Aujourd’hui, l’Asie est toujours le siège de civilisations millénaires, mais elle compte aussi plus d’êtres humains et, à certains égards, plus de capitaux que toute autre région de la planète. Avec ou sans l’Amérique, l’Asie façonne la destinée du monde – et, ce faisant, met au jour les lacunes de la grande chronique de la civilisation occidentale.
Alors que le moral des Chinois et des Européens s’affermit à chaque expansion de leur zone d’influence, celui des Américains s’étiole. L’UE reste peut-être fidèle aux principes des Nations unies que dominèrent jadis les Etats-Unis. Mais pour combien de temps continuera-t-elle à le faire, alors que ses propres critères sociaux dépassent largement le plus petit dénominateur commun ? Alors que l’Amérique est en train de revenir maladroitement au multilatéralisme, d’autres s’éloignent du jeu américain et jouent selon leurs propres règles.
L’universalisme dont se berce l’empire américain – qui veut un monde dominé par un seul et un monde où l’idéologie libérale américaine serait le fondement de l’ordre mondial – en fait paradoxalement une superpuissance de plus en plus isolée. Tout comme il existe un marché géopolitique, il existe un marché des modèles de réussite dans lequel puise le deuxième monde, avec notamment – et ce n’est pas le moindre – le modèle chinois de croissance économique sans libéralisation politique. Ce modèle est en soi un affront à la théorie occidentale de la modernisation [voir CI n° 902, du 14 au 20 février 2008]. Comme l’observait l’historien Arnold Toynbee il y a cinquante ans, l’impérialisme occidental a fait l’union de la planète, mais cela ne signifie pas que l’Occident soit appelé à dominer éternellement, ni matériellement ni intellectuellement.
La toile de la mondialisation abrite désormais trois araignées. Ce qui fait la singularité des Etats-Unis dans cette compétition apparemment sans merci, ce ne sont pas leurs idéaux démocratiques et libéraux, mais plutôt leur géographie. L’Amérique est isolée, alors que l’Europe et la Chine occupent les deux extrémités de la vaste étendue continentale eurasiatique, centre de gravité pérenne de la géopolitique. Lorsque les Etats-Unis dominaient l’OTAN et dirigeaient un réseau d’alliances rigides autour du Pacifique, avec le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Thaïlande, ils réussissaient la tâche herculéenne de mener le monde depuis un seul côté. Aujourd’hui, leur présence en Eurasie est très clairsemée ; ils sont mis de côté par l’UE et la Turquie, sont persona non grata dans la plupart des pays du Moyen-Orient et ont beaucoup perdu de la confiance de l’Asie de l’Est. L’Amérique doit accepter cette réalité et s’y adapter. Maintenir l’empire américain ne peut qu’avoir un prix toujours plus lourd en termes tant humains que financiers. Et l’Histoire nous montre que ce genre d’efforts est voué à l’échec.


Des mesures pragmatiques et progressives


Ni la Chine ni l’Union européenne ne reprendront le rôle de leader unique des Etats-Unis ; les trois puissances s’affronteront simplement pour étendre leur propre influence. L’Europe fera la promotion de son modèle d’intégration supranationale comme moyen de résoudre les différends au Moyen-Orient et d’organiser l’Afrique. La Chine travaillera à l’expansion d’un consensus fondé sur le respect de la souveraineté et les bénéfices économiques réciproques. Que fera l’Amérique pour sauvegarder ses positions ?
Mettez-vous dans la peau de l’expert. Comme conseiller du prochain président, quels seraient vos premiers conseils ? Primo, déployer la “piétaille” – comme Arnold Toynbee appelait les fantassins chargés de diffuser les valeurs de l’empire. L’Europe ne renforce-t-elle pas son corps diplomatique, tandis que la Chine déploie ses fonctionnaires à la retraite, ses forçats et ses professeurs de chinois ? Il nous faut un Peace Corps [volontaires indépendants de Washington] dix fois plus fourni qu’à l’heure actuelle, mais aussi des échanges universitaires, des programmes d’enseignement de l’anglais et des formations professionnelles sur le terrain à l’étranger, avec le soutien financier des entreprises.


Nous devons aussi mettre sur pied un complexe diplomatico-industriel. L’Europe et la Chine savent bien comment faire travailler ensemble gouvernement et monde des affaires (http://tontondaniel.over-blog.com/article-13268212.html). La politique étrangère américaine ne doit pas se résumer à ce que fait le gouvernement des Etats-Unis. Après tout, l’UE est déjà le plus important donateur d’aide humanitaire de la planète (http://tontondaniel.over-blog.com/article-4786719.html), et la Chine progresse aussi dans ce domaine. Et chacune de ces puissances dispose d’une population plus nombreuse que les Etats-Unis. Notre arme secrète doit être le peuple américain lui-même. Les fondations et les ONG, en particulier les fondations Gates et Ford, distancent largement leurs homologues européennes en termes de contributions humanitaires. Si, indépendamment du gouvernement, ces organisations privées envoient un nombre croissant de bénévoles américains et des fonds pour mener une “diplomatie par l’action”, la diplomatie officielle roulera toute seule.
Deuxièmement, il faut faire en sorte que l’économie mondiale roule pour nous. En ressuscitant les économies européennes, le plan Marshall visait aussi à créer un marché pour les exportations américaines. Aujourd’hui, avec l’effondrement du dollar et le déclin de notre base industrielle, on constate aussi que nous chutons dans d’autres domaines : notre enseignement scientifique, l’Internet haut débit, nos soins de santé (http://tontondaniel.over-blog.com/article-4292657.html), notre sécurité… La seule solution est d’injecter des capitaux internationaux, en particulier asiatiques, dans nos infrastructures publiques, et ce afin de créer les emplois et les plates-formes technologiques nécessaires pour que l’innovation américaine reste à la pointe. La mondialisation n’offre d’excuses à personne ; soit nous la maîtrisons, soit nous en devenons la victime.
Troisièmement, on convoque un G3 des trois Grands (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6754964.html). L’ordre du jour ? Voici les enjeux sur lesquels des compromis sont nécessaires : changement climatique (http://tontondaniel.over-blog.com/article-14659925.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-13675500.html), sécurité énergétique, prolifération des armes (http://tontondaniel.over-blog.com/article-17847996.html) et Etats voyous. Il faut offrir davantage de technologies vertes à la Chine, en échange d’une diminution de ses ventes d’armes (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6985967.html) et du retrait de son soutien aux tyrans soudanais (http://tontondaniel.over-blog.com/article-6389673.html - http://tontondaniel.over-blog.com/article-6431832.html) et à la junte birmane. Il nous faut aussi, avec les Européens, faire des offres massives et irrésistibles aux peuples iranien (http://tontondaniel.over-blog.com/article-12561731.html), ouzbek et vénézuélien. Car, je vous l’assure, un changement de ton à l’Ouest pourrait donner des sueurs à la Chine. Espérons que le prochain président des Etats-Unis le comprendra."


(Auteur Parag Khanna - Extrait du livre "The Second World: Empires and Influence in the New Global Order", publié par Random House) 


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Publié le 26 Avril 2008


Bonjour à tous


Au détour d'une promenade parisienne, j'ai découvert aujourd'hui par hasard un lieu étrange et unique dans la capitale : la Chapelle de la médaille miraculeuse ! Lourdes transposée à Paris ! Fatima sur Seine ! Au fond d'une cour, un lieu de culte inconnu et mystérieux, des centaines de pélerins et de bigots annonnant des psaumes sans fin, et un cercueil de verre contenant un corps momifié !


"La Chapelle Notre Dame de la médaille miraculeuse, ou Chapelle de la rue du Bac est une chapelle située à Paris, 140 rue du Bac, bâtie sur les lieux de l’apparition présumée de la Sainte Vierge à Sainte Catherine Labouré. Cette chapelle est aujourd’hui un lieu de pèlerinage."


C'est en 1830 que soeur Catherine "rencontre" la Sainte Vierge, 28 ans avant Bernadette Soubirous à Lourdes. La dame en blanc lui demande de faire graver des images sur des médailles que devront porter les fidèles. La requête est transmise au confesseur, à l'archevêque, au Pape ! Les apparitions sont bien entendu reconnues par le Vatican ! Aujourd'hui, d'après ce que j'ai pu voir en cinq minutes, des pélerins crédules affluent vers ce site depuis l'Australie ou le Japon pour acheter dans l'arrière-cour des photos de Jean-Paul II en prière sur le site et des médailles vendues au kilo ! Combien gagnent les marchands du temple sur ce coup-là ? Mystère ! Les voies du Seigneur et de la Sainte Vierge sont impénétrables !


http://tontondaniel.over-blog.com/article-16553940.html


Tonton Daniel


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Publié le 25 Avril 2008


Bonjour à tous


Parmi tous les fonds d'investissement, on distingue principalement les fonds de pensions ou fonds de retraites, les fonds souverains ou fonds d'état, et les fonds spéculatifs ou fonds alternatifs (Hedge funds). Les premiers, fonds de retraites et fonds souverains, sont publics et tirent leurs ressources des réserves des banques centrales ou des réserves pour les retraites. Les autres, fonds spéculatifs, sont essentiellement privés.
Le plus important fond de retraite est le Government Pension Fund-Global norvégien qui a été créé pour gérer les excédents de réserves de change générés par l'exportation du pétrole.
Les plus controversés sont les fonds souverains gérés par les états, comme ADIA, le fonds d'Abu Dhabi, GSIC, le fonds de Singapour, ou CIC (China Investment Corporation), le fonds national chinois.
Le plus connu des fonds spéculatifs est celui du milliardaire George Soros, Quantum Fund, qui faillit ruiner la Banque d'Angleterre le 16 septembre 1992.


Page "fonds souverain" sur Wikipedia :


"Un fonds souverain, ou fonds d’État, est un fonds de placements financiers détenu par un État. Les fonds souverains gèrent l'épargne nationale et l'investissent dans des placements variés (actions, obligations, immobilier, etc.). Dans une acception restreinte, ils désignent spécifiquement « les avoirs des états en monnaie étrangère ». Dans une acception plus large, ils désignent tous les fonds d'investissement détenus par un État.
Ils tirent leurs ressources des réserves des banques centrales (Chine), des réserves pour les retraites (Norvège) ou des fonds tirés de l'exploitation de matières premières (Norvège, Russie, Qatar) par exemple. Les fonds alimentés par le pétrole représentent deux tiers des montants gérés par ces fonds.
Ils gèrent un volume d'actifs estimé entre 2 200 millards $ selon Standard Chartered et 2 500 milliards $ (2007), d'après la banque Morgan Stanley. En octobre 2007 ils représentaient environ 1,3 % du total du marché des actions, obligations et dépôts bancaires, soit deux fois plus que les fonds gérés par les hedge funds ou le capital-investissement.
Ils ont joué en 2007-2008 un grand rôle dans le secteur financier international, en refinançant plusieurs banques de premier plan affaiblies par la crise des subprimes. Government of Singapore Investment Corporation a participé à un apport de 12 milliards $ à UBS en décembre 2007 et, au même moment, China Investment Corporation a pris 9,9% du capital de Morgan Stanley. Avant la crise, le même fonds avait déjà pris une part de 3 milliards $ dans Blackstone, un fond de LBO.
Il existe aujourd'hui une quarantaine de fonds souverains, plus communément désigné comme "SWF". Le dernier en date est le fond souverain du Chili.
Les différents fonds utilisent des méthodes d'investissement variables ; Certains refusent de prendre des parts importantes du capital des entreprises étrangères comme le fonds norvégien. A l'inverse d'autres sont plus activistes et recherchent surtout des parts importantes comme le fonds de Singapour ou les fonds chinois qui ont envisagé de prendre des parts dans Blackstone ou Bear Stearns. Les degrés de transparence sont également eux aussi très variables, la transparence du fonds Norvégien ou de Temasek Holdings à Singapour tranchant ainsi avec l'opacité de la gestion de la China Investment Corporation.
La question de l'importance de ces fonds a été soulevée régulièrement avec leur essor important; Pour Martin Wolf, directeur des rubriques économie au Financial Times, ces fonds ne posent pas plus de problèmes que d'autres, à condition de définir des listes de sociétés « interdites ». La définition d'entreprises « stratégiques » face à des investisseurs étrangers a déjà été pratiquée dans le passé; en 1988, Margaret Thatcher avait obligé la KIA à revendre sa participation de 22% dans BP. En 2005, les États-Unis ont essayé d'interdire à l'opérateur portuaire Dubai Ports World de mettre la main sur 5 terminaux portuaires, qualifiés de « stratégiques » par certains sénateurs républicains. L'opérateur avait renoncé in fine. A Bruxelles, La Commission Européenne vient de décider d'examiner de près ce « phénomène nouveau »; Le Commissaire au Commerce Peter Mandelson a évoqué la possibilité de recourir aux actions préférentielles pour protéger les entreprises « stratégiques ».
Des réactions hostiles ont eu lieu lors du rachat par des fonds souverains d'entreprises considérées comme sensibles, par exemple en Thaïlande où Temasek Holdings, le fonds singapourien, a racheté à l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra sa société Shin Corp, un acteur important des télécoms.


Les principaux fonds :


Abu Dhabi Investment Authority (créé en 1976, Émirats arabes unis), gère 625 milliards de dollars.
Government Pension Fund-Global (1990, Norvège), 322 mds $
Government of Singapore Investment Corporation (GIC) (1981, Singapour), 215 mds $
Reserve Fund for Future Generation (1953, Koweït), 213 milliards $
China Investment Corporation (2007, Chine), 200 mds $
Stabilisation fund (2004, Russie, 127,5 mds $)
Temasek Holdings (1974, Singapour), 108 mds $)
Qatar Investment Authority (2005, Qatar, 60 mds $)
Kiribati Revenue Equalisation Reserve Fund (1956, Kiribati), 520 millions $


On peut également inclure, dans une définition large, la Caisse des dépôts et consignations (France), qui gère environ 120 milliards $ (80 Mds€), ou le Fonds de réserve pour les retraites (France), qui gère les fonds destinés à compléter les retraites à partir de 2020 et dispose au 30 septembre 2007 d'environ 50 milliards $ (33,8 Mds€). Toutefois, ces deux fonds à la différence des précédents ne sont pratiquement investis qu'en sociétés nationales."


Courrier International n° 899 du 24 janvier 2008 :

 
"Les fonds souverains, notamment chinois et arabes, viennent au secours du capitalisme. Faut-il s’en inquiéter ?


Un fonds souverain est un fonds d’investissement détenu par un Etat. Ces institutions prolifèrent depuis quelque temps, en raison de la hausse des prix pétroliers et du dynamisme des économies est-asiatiques. On estime qu’elles possèdent environ 2 200 milliards de dollars d’actifs, et ce chiffre pourrait atteindre en moins d’une décennie 12 000 milliards de dollars, voire davantage. Mais les chiffres ne rendent pas compte de toute la réalité. En 1991, l’Union soviétique s’effondrait et les pays occidentaux dansaient la gigue sur la tombe du communisme. Moins de vingt ans après, le capitalisme d’Etat menace soudainement le libre jeu des mécanismes du marché. Les grandes banques de Wall Street, après avoir longtemps été des combattants de la liberté, des apôtres de la déréglementation, hostiles à toute intervention des Etats sur le marché, agitent maintenant leur sébile devant des régimes dont certains comptent parmi les plus autoritaires et les moins démocratiques de la planète.
Au Congrès américain, des représentants de tous bords s’inquiètent, au nom de la sécurité nationale, de voir des gouvernements étrangers acquérir des participations (même sans majorité de contrôle) dans des institutions financières essentielles. Pour certains conservateurs, le choc des civilisations ne fait pas que porter sur le contrôle géopolitique des actifs ; il pose aussi de graves problèmes idéologiques que beaucoup croyaient bel et bien réglés. En proie à la plus grande agitation, ils craignent que les apports de fonds effectués par des Etats qui obéissent à des motivations non pas purement économiques, mais aussi stratégiques, ne déstabilisent les marchés mondiaux. Dans le Financial Times, le Pr Jeffrey Garten, spécialiste de la finance et du commerce internationaux à la Yale School of Management, ne cache pas son angoisse : “Il faut sans doute se rendre à l’évidence, nous assistons à la fin de la vague libérale déclenchée par Margaret Thatcher et renforcée par Ronald Reagan dans les années 1980. Au lieu de déréglementer et de privatiser, les Etats s’efforcent de reprendre le contrôle de leurs économies et par là même d’accroître leur influence sur le reste du monde. Un vent mauvais s’est levé […]. A la fin du XVIIIe siècle, le capitalisme a remplacé le féodalisme. Au XXe siècle, la liberté des marchés a remporté la mise. Aujourd’hui, le monde flirte avec une autre grande transformation de la philosophie et des règles du commerce mondial. Contrairement aux changements du passé, cette nouvelle trajectoire ne constitue pas un progrès.”
(...)
Les Américains achètent des jeux chinois chez Wal-Mart, et la Chine puise dans la trésorerie ainsi engrangée pour racheter des banques américaines.
(...)
“les fonds souverains peuvent favoriser la stabilité financière. Il s’agit en principe d’investisseurs stables, privilégiant le long terme, qui apportent d’importants capitaux au système. En tant qu’organismes du secteur public, ils ont nécessairement à cœur d’assurer la stabilité des marchés financiers, car c’est dans leur intérêt.”


Courrier International n° 890 du 22 novembre 2007 :
 

"L’inquiétante puissance des fonds souverains :
 

Chargés de faire fructifier les réserves de devises de certains Etats, ces fonds sont souvent perçus comme une menace. Car leur fonctionnement est opaque.
 Le prix élevé des matières premières et la rapide croissance de certains pays en développement ont un impact sur le système financier international, qui a vu apparaître de nouveaux acteurs : les fonds d’investissements souverains. Créés dans les années 1950, ils servent aux Etats à placer les devises étrangères qu’ils ont accumulées. Au cours des douze derniers mois, leur influence a connu un accroissement spectaculaire. A l’été 2007, le total de leurs capitaux atteignait 2 500 milliards de dollars [1 700 milliards d’euros]. Et ils compteront de plus en plus, car ils se développent soit dans des Etats riches en ressources naturelles (comme les pays pétroliers), soit dans des Etats où coexistent une monnaie sous-évaluée et de fortes exportations de produits industriels (comme la Chine).
Pour servir ces nouveaux clients, les banques d’investissement s’empressent de monter des équipes spécialisées. “Ils deviennent de plus en plus exigeants et ne veulent plus se limiter aux obligations d’Etat. Ils s’essaient désormais au rôle d’investisseurs stratégiques, ou bien achètent des actions dans le monde entier. Il leur faut alors passer par des intermédiaires”, explique Nicholas Brooks, de la société de gestion Henderson Global Investments. Ainsi, en 2007, le fonds de Singapour a réduit de 25 % ses achats de bons du Trésor américains. On s’attend à des initiatives identiques (achat d’actions, au détriment des obligations d’Etat) de la part des fonds russe et chinois.
L’occident envisage des mesures protectionnistes :
L’avenir de ces organismes dépend de trois critères. Tout d’abord, l’évolution des prix de l’énergie. Ensuite, le montant des réserves accumulées par les pays en développement. Le total mondial des réserves en devises est actuellement de 5 750 milliards de dollars, dont les deux tiers sont détenus en Asie. Troisième critère : leur rentabilité. Ces dernières années, certains ont connu une croissance de 100 % par an, mais, en moyenne, pour les 16 plus importants, ce taux a été de 19,8 %. “Si le rythme moyen de croissance reste stable, les fonds souverains pourraient avoir accumulé 13 400 milliards de dollars en 2017. Il ne faut toutefois pas oublier que ces dernières années ont été particulièrement fastes pour l’économie mondiale, pour les marchés financiers et ceux des matières premières. Si cela change, ces fonds pourraient, dans une optique pessimiste, plafonner à 5 200 milliards de dollars dans dix ans, ce qui n’est évidemment pas négligeable”, constate Gerard Lyons, économiste en chef à la banque britannique Standard Chartered.
Les fonds de la Norvège, de la Malaisie, de Singapour, de la province canadienne de l’Alberta et de l’Alaska, sont considérés comme des investisseurs fiables. Mais d’autres sont totalement opaques, à l’instar de ceux qui appartiennent à des monarchies du monde musulman (Koweït, Qatar, Brunei, Oman) ou à des pays réticents à livrer des informations sur leurs activités (Chine et Venezuela). “Le problème, ce n’est pas seulement le secret qui entoure la gestion de ces fonds, c’est également la nature de leurs investissements. En Occident, on n’a rien à redire sur les fonds qui effectuent des investissements classiques en obligations et autres instruments financiers. Mais ceux qui dissimulent leurs activités et sont en même temps intéressés par des investissements stratégiques suscitent des craintes”, relève Nariman Behravesh, économiste en chef à la société d’analyse Global Insight.
En juillet, Simon Johnson, économiste en chef au Fonds monétaire international (FMI), a qualifié les fonds souverains de “caisses noires” menaçant la stabilité du système financier mondial. Bruxelles et Washington redoutent que les pays arabes, la Chine et la Russie ne se servent de leurs investissements stratégiques pour atteindre des objectifs politiques. Ainsi, la chancelière Angela Merkel a annoncé en août que Berlin examinait un projet de loi destiné à rendre plus complexe l’acquisition d’actifs de sociétés allemandes par les fonds souverains. Quant au commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, il a déclaré que l’UE pourrait autoriser le recours aux actions spécifiques [qui permettent à l’Etat d’avoir un droit de veto sur l’ensemble du capital d’une société] afin d’empêcher la vente ­d’entreprises relevant de secteurs ­sensibles à des fonds souverains.
Elaborer des mécanismes de régulation prendra peut-être des années, mais c’est une démarche indispensable. De toute façon, les fonds souverains garderont dans les années à venir leur capacité à modifier le système financier mondial, mais aussi l’économie dans son ensemble. “L’exemple chinois montre qu’acheter des sociétés à l’étranger permet d’élever sensiblement le niveau technologique. Certains pays pourraient vouloir investir dans des secteurs clés afin d’avoir accès aux recherches, brevets et design décisifs pour progresser”, estime Nariman Behravesh, de Global Insight. La même logique s’applique aux matières premières. “Les autorités chinoises ont déjà annoncé leur désir de constituer des réserves stratégiques de pétrole et de métaux, ce qui pourrait déboucher sur des acquisitions à l’étranger. La Russie et d’autres producteurs de pétrole et de gaz essaieront probablement de se servir de leurs fonds souverains pour augmenter leurs réserves énergétiques hors de leurs frontières, en devançant les multinationales”, prévoit, de son côté, Gerard Lyons."


http://www.telos-eu.com/fr/article/fonds_souverains_restons_calmes


http://www.lemonde.fr/economie/article/2007/10/01/le-fonds-norvegien-du-petrole-pour-les-generations-futures-change-de-patron_961545_3234.html#ens_id=869296


http://www.fondation-prometheus.org/actualites/index.php?2008/04/15/1092-un-fonds-souverain-chinois-dans-le-capital-de-bp


Tonton Daniel

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #économie

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