Bonjour à tous
Le Proche-Orient est aujourd'hui à feu et à sang : guerre interminable en Irak, attentats et bombardements de camps de réfugiés au Liban, guerre civile entre Palestiniens, scandales politiques en
Israel, impérialisme Syrien, poudrière en Iran... Difficile de comprendre quelles sont les forces en présence, humaines, politiques, religieuses, extrémistes... Pour y voir un peu plus clair, je
me suis penché sur les affrontements inter-Palestiniens.
Il faut d'abord remonter à la création de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) en 1964 à l'initiative de la Ligue Arabe. Reconnue la même année par l'ONU comme représentant le
peuple palestinien, son organisation comprend notamment le Conseil National Palestinien (CNP) et un comité exécutif dont Yasser Arafat a longtemps été le président.
Différents mouvements se sont développés en parallèle depuis 1967, dont les principaux sont le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), le Fatah et le Hamas. Ces deux derniers sont
fondamentalement différents dans leur vision du conflit les opposant à Israel.
Le Fatah, créé en 1959 par Y. Arafat, se veut indépendant des pays arabes, laïc, politiquement neutre, et acquiert son importance en 1967 après la guerre des six jours menée par Israel. Ses
fedayin (commandos de combattants) attaquent alors l'état hébreu depuis la Jordanie, d'où ils seront expulsés violemment vers le Liban en 1970 ("septembre noir") en partie à cause de la création
d'autres groupes radicaux dont le FPLP. Après 1972 et les évènements des J.O. de Munich, le Fatah et l'OLP prennent une direction plus politique, créant d'importants désaccords internes. Ainsi,
après la 1e intifada en 1987, le CNP prévoit la reconnaissance de l'état d'Israel. En 2000, malgré la mise en place de l'Autorité Palestinienne en 1996 et un Conseil Législatif Palestinien très
largement dominé par le Fatah, la deuxième intifada et la mort de Yasser Arafat favorisent l'émergence d'une pensée plus radicale incarnée par le Hamas qui finira par gagner les élections
législatives de janvier 2006.
Le Hamas, créé en 1987 par Ahmed Yassine, est un mouvement politique mais dont les fondements sont principalement religieux. D'obédience sunnite, il est financé principalement par l'Arabie
Saoudite et revendique la création d'un état palestinien appliquant la charia (code de jurisprudence religieuse musulmane). Dans les années 70 et 80, le "bras politique et caritatif des Frères
musulmans" aurait aussi été financé par le Mossad, service de renseignements israelien, afin de diviser l'OLP. De la même manière, dans les années 90, l'ascension du Hamas est favorisée par le
Likoud (la droite israelienne) afin de saboter les accords d'Oslo de novembre 1993 et d'affaiblir le Fatah de Yasser Arafat. Deux autres points importants expliquent la victoire du Hamas aux
législatives de 2006 : le vaste réseau d'assistance sociale (le Hamas soutient financièrement les familles des auteurs d'attentats-suicides, a créé des orphelinats, des dispensaires, des écoles,
etc...) et la lutte contre la corruption au sein du Fatah (détournements de fonds européens et américains...).
Disposant de camps d'entrainement en Syrie, au Liban, en Iran et au Soudan, le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne.
Depuis le début du conflit début juin, les attaques bilatérales entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du premier ministre Ismail Haniyeh ont fait plus de 110 morts. Le Fatah
occupe désormais la Cisjordanie tandis que le Hamas a pris possession de l'étroite bande de Gaza. Certains journalistes expliquent la crise actuelle par le refus des occidentaux (Union
Européenne, Etats-Unis) de reconnaitre la victoire politique et pourtant démocratique du Hamas. Et ce n'est pas le nouveau président israelien Shimon Peres, élu le 13 juin, dont les pouvoirs ne
sont que symboliques, qui pourra changer la donne du fragile échiquier politique de la région.
Tonton Daniel