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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 19:19


Bonjour à tous

 

"Les éoliennes sont bénéfiques pour les espèces sauvages, selon une étude néerlandaise :

 

Elles ne tuent pas les oiseaux et aideraient même à développer la vie sous-marine lorsqu'elles sont au large...
Des oiseaux percutés par les pâles des éoliennes et des poissons perturbés par les fermes offshore : une idée reçue, selon les chercheurs de l’Institut pour les ressources marines et l’étude des écosystèmes de l’université de Wageningen, aux Pays-Bas. Selon eux, les turbines n’ont «quasiment aucun effet négatif» sur la vie sauvage et pourraient même être bénéfiques pour les animaux sous-marins.

 

En étudiant la ferme éolienne offshore de Egmond an Zee, au nord des Pays-Bas, les scientifiques ont pu établir les effets à court terme des turbines sur l’environnement. «Au pire, certains oiseaux vont éviter ces fermes. Mais nous nous sommes aperçus que les fermes sont aussi un habitat pour les organismes marins comme les moules, les anémones et les crabes, et contribuent ainsi à accroître la biodiversité, résume le professeur Han Lindeboom. Pour les poissons et les mammifères marins, c’est une oasis de calme dans des zones côtières très fréquentées.»

 

Cette étude, financée par des constructeurs d’éoliennes, donne en exemple les crustacés qui se fixent sur les fondations des éoliennes, mais aussi les bancs de cabillaud qui viennent nager à leur base pour trouver de la nourriture et même les marsouins qui apprécieraient ces endroits. Quant aux oiseaux, dont on a souvent dénoncé les collisions avec les éoliennes, ils semblent moins bêtes qu’on ne pourrait penser: les fous de Bassan évitent les pâles, les mouettes leurs sont indifférentes et le nombre de cormorans sur les côtes néerlandaises serait en augmentation.

 

«On ne connaît pas le nombre exact d’oiseaux qui heurtent les turbines mais les estimations sont plutôt faibles», expliquent les scientifiques. Ils recommandent toutefois de ne pas implanter les turbines dans des zones où vivent certaines espèces qui pourraient être moins réactives que les mouettes et les fous de Bassan. Ainsi, en Californie, les aigles dorés sont victimes des éoliennes récemment installées: 67 d’entre eux sont morts en un an près de San Francisco".

 

(source : http://www.20minutes.fr/article/769254/eoliennes-benefiques-especes-sauvages-selon-etude-neerlandaise)

 

Même si cette étude est "financée par des constructeurs d’éoliennes" (!), il est évident que les socles d'éoliennes offshore jouent le même rôle que les épaves de navires colonisées par des espèces végétales et animales sous-marines ou les récifs artificiels destinés à favoriser la sauvegarde et la repousse des massifs coralliens.
Rappelons qu'une éolienne, offshore ou onshore, ne consomme pas d'eau douce, développe "une énergie propre qui ne produit directement ni dioxyde de carbone, ni dioxyde de soufre, ni fines particules, ni déchets radioactifs à vie longue".
Quant aux matériaux employés et aux travaux nécessaires à l'installation de ces éoliennes ("énergie grise"), ils seront toujours moins nocifs que des déchets radioactifs ou des implantations de centrales nucléaires. Entre deux maux, il faut être pragmatique et choisir le moindre !

 

http://tontondaniel.over-blog.com/article-4984564.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_%C3%A9olien_en_mer_des_Deux-C%C3%B4tes

 

Tonton Daniel

 

 

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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 17:17


Bonjour à tous

 

ARTE diffusait mercredi dernier un reportage passionnant de Patrick Barbéris intitulé "La face cachée du pétrole" inspiré de l'ouvrage du même nom d'Eric Laurent paru chez Plon en février 2006.

 

L'histoire du pétrole est un engrenage technologique, politique, militaire et stratégique sans pitié : l'apparition du moteur à mazout plus performant que le moteur à charbon incite pour des raisons stratégiques évidentes le premier lord de l'Amirauté Winston Churchill à en équiper la marine anglaise dès 1911. Avec la guerre, le pétrole devient donc un produit stratégique majeur. Tanks, avions, bateaux, sous-marins, (et même taxis de la Marne !) la dépendance énergétique est née. La guerre sera gagnée par les alliés grâce aux livraisons de la Standard Oil américaine.

 

A la fin de la guerre, anglais et français se partagent le Moyen-Orient, les pays du Golfe sont créés comme stuctures juridiques justifiant l'attribution de concessions à des entreprises étrangères...
C'est la loi du plus fort et du plus malin, de la concentration, des monopoles et des cartels. Dès 1923, sept compagnies pétrolières américaines et anglaises se sont partagées le monde au terme d'un accord secret. J.D. Rockefeller et Calouste Gulbenkian profitent de ces zones de non-droit, signent des accords illégaux entre Standard Oil (future ESSO), British Petroleum (B.P) et Shell.

 

Les allemands, récemment battus et privés de pétrole brut, vont remettre au goût du jour le procédé d'hydrogénation (fabrication de pétrole synthétique à base de charbon), expliquant ainsi l'invasion en 1938 de la région des Sudètes et de ses mines de charbon.
De leur côté, les firmes américaines (DuPont et Standard Oil) n'ont aucun état d'âme et vendent de l'éthyle, indispensable au procédé d'hydrogénation, aux nazis...
Quant aux japonais, ils auraient bombardé Pearl Harbour en 1941 pour réduire la flotte américaine mais aussi pour s'assurer la maitrise du pétrole indonésien...
Les russes enfin auraient vaincu les allemands à Stalingrad en 1943 car ces derniers manquaient de carburant malgré leur annexion de la Lybie et de ses réserves...
Le débarquement en Normandie en 1944 a été rendu possible grâce à la pose d'un pipe-line sous-marin au fond de la Manche pour approvisionner les alliés.

 

Arrive la fin de la guerre. Deux ans après Yalta, nouveau partage tacite du monde en 1945. Les américains se jettent sur l'Arabie Saoudite, le Vénézuela et l'Iran. En réponse, les soviétiques créent une république "factice", l'Azerbaïdjan, pour récupérer le pétrole iranien. C'est le début de la Guerre froide.
En 1951, l'Anglo-Iranian Oil Company (AIOC) est nationalisée et menace de se tourner vers Moscou. Exil du Shah à Rome et colère des américains qui le réinstallent sur le trône pour créer un nouveau consortium à leur avantage. C'est l'âge d'or de la complicité entre CIA et compagnies pétrolières américaines.
Les russes ripostent en 1959 en inondant le marché de brut à bas prix. Les revenus de tous les pays producteurs chutent de 10 %. Inacceptable ! L'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) est donc créée en 1960.

 

Deux raisons contradictoires sont avancées pour expliquer les chocs pétroliers des années 70 : 1971 voit le début de la pénurie de produits raffinés aux USA qui n'ont aucune capacité de réserve. Autre raison (théorie d'Eric Laurent) : "Le choc pétrolier de 1973 au cours duquel les pays producteurs auraient imposé leur loi n’est qu’un gigantesque bluff. Il n’y a jamais eu de véritable pénurie, mais une manipulation des compagnies pétrolières et des pays producteurs qui se sont entendus secrètement pour augmenter les prix du pétrole". Les deux explications restent valables et sont probablement complémentaires.

 

La guerre du Kippour en 1973, l'interminable guerre du Vietnam et la révolution iranienne en 1979 entrainent la hausse des cours du baril.
Les russes profitent de cette période pour envahir l'Afghanistan et projettent la construction d'un pipe-line destiné à alimenter l'Europe.
Ici encore, riposte de Washington en pleine Guerre froide et blocage des lignes de crédit et des devises étrangères finançant l'URSS.
En 1985, Ronald Reagan et le roi Fahd d'Arabie Saoudite signent un accord pour augmenter la production mondiale, faire baisser les cours et ruiner l'économie soviétique. En réaction, les membres de l'OPEP sont contraints d'augmenter de manière fictive le chiffre de leurs réserves...
1991 voit l'éclatement de l'URSS (et donc l'aboutissement des efforts américains), la première guerre du Golfe et l'incendie des puits koweitiens par les troupes de Saddam Hussein. Suite au 11 septembre 2001, l'Irak sera envahi en 2003 par l’administration Bush pour récupérer sous de faux prétextes les champs pétroliers de la région.

 

Aujourd'hui, conclusion temporaire du reportage, ces gesticulations autour d'une matière première dérégulée sont à la fois une façon de répondre à la demande du marché, une façon de sécuriser les approvisionnements de l'Occident et un message pour la Chine gourmande en énergie. Pas d'affrontement militaire avec les Etats-Unis ! Mais avec la baisse des stocks d'or noir et notre consommation délirante, une nouvelle guerre des ressources pétrolières serait dépassée.

 

http://www.programme.tv/la-face-cachee-du-petrole-2944323.php

 

Tonton Daniel

 

 

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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 12:33


Bonjour à tous

 

«GasLand», le documentaire choc qui tombe mal pour l'industrie pétrolière : il attire l'attention sur les risques de la fracturation hydraulique, cette technique de forage horizontal en plein boom aux Etats-Unis et aux conséquences encore mal connues...

 

De l'eau du robinet inflammable, des animaux morts, des habitants malades, des nappes polluées... Le tableau brossé par Josh Fox dans le documentaire GasLand, lauréat à Sundance et qui sera diffusé aux Etats-Unis le 21 juin prochain sur HBO, fait réfléchir. Bien sûr, comme chez Michael Moore, tout est ici à charge et l'industrie combat farouchement ses affirmations. Mais en pleine marée noire, et à mesure que les accidents (fuites, explosions) se multiplient sur la terre ferme, les politiques commencent à exiger des enquêtes qui pourraient mener à davantage de régulations. Histoire de ne pas sacrifier l'eau potable, notamment en amont de New York, sur l'autel du gaz et de l'indépendance énergétique.

 

Le gaz de schiste est le nouvel eldorado américain. Les Etats-Unis sont devenus en 2009 le premier producteur mondial de gaz naturel, devant la Russie. Une percée en grande partie due à l'exploitation de ces gisements prisonniers sous la roche, parfois à près de 3.000 mètres de profondeur.

 

Si loin sous terre, ce gaz est difficilement accessible. L'industrie a donc perfectionné la technique de fracturation hydraulique, («fracking», dans son raccourci anglais). Il s'agit d'injecter dans le puits –d'abord vertical, puis ensuite horizontal– un mélange à haute pression d'eau, de sable et de produits chimiques. Tout le long du conduit, les roches souterraines se fissurent, libérant le gaz, qui peut ensuite être acheminé vers la surface.

 

Problème, à la différence du pétrole, souvent présent dans de vastes gisements, ce gaz de schiste se trouve dans des petites poches plus largement disséminées, notamment dans des Etats comme la Pennsylvanie, le Colorado, la Virginie ou le Texas. Et parfois, dans des zones habitées.

 

En 2006, Josh Fox et sa famille reçoivent une lettre d'une compagnie de forage minier. Elle leur propose une véritable manne financière: près de 100.000 dollars contre le droit d'installer des puits sur 10 hectares de leur propriété. «Vous remarquerez à peine notre présence», promet-elle. Au lieu d'accepter, Josh Fox parcourt le pays et enquête.

 

Il rencontre de nombreux habitants qui ne peuvent plus boire l'eau du robinet –les compagnies pétrolières leur fournissent souvent de l'eau minérale. Des analyses révèlent la présence de benzène, méthane et de nombreux produits toxiques, parfois dans des concentrations 1.500 fois supérieures aux normes de sécurité. Tellement que chez certains, l'eau du robinet devient inflammable. Dans ces voisinages, des animaux tombent malades et des habitants se plaignent de multiples problèmes de santé.

 

Si certains acceptent la manne financière, la construction du puits leur est parfois imposée: dans beaucoup d'Etats américains, le propriétaire d'un terrain n'est en effet pas propriétaire du sous-sol. Certains sont satisfaits et ne se plaignent d'aucun effets secondaires. D'autres entament des procédures judiciaires qui se terminent souvent par un règlement à l'amiable et par le versement d'indemnités en échange d'une interdiction de témoigner dans les médias –via la signature d'un non disclosure agreement

 

Comment savoir si les cas sont causés par la fracturation hydraulique? «L'eau était potable avant, elle ne l'est pas après, faites le calcul», expliquait Josh Fox à l'antenne de la radio publique NPR jeudi. Il reconnaît toutefois qu'il ne s'agit que de «causalité suspecte» et pas scientifiquement prouvée.

 

L'industrie, elle, réfute totalement les accusations. Elle note que les forages ont lieu à plusieurs kilomètres sous les nappes phréatiques, et que la technologie des caissons d'isolement a fait de grands progrès. Preuve ultime, un rapport de l'Agence gouvernementale de protection de l'environnement (EPA) de 2004 avait conclu que le fracking ne présentait «pas de menace» pour l'eau potable. Sauf qu'une enquête de PropPublica, un groupe à but non lucratif de journalistes, révèle que la rédaction du rapport a fait l'objet de négociations entre l'EPA et l'industrie, qui disposait du défenseur ultime à la Maison Blanche, avec la présence de Dick Cheney à la vice-présidence pendant huit ans.

 

Dick Cheney n'est autre que l'ancien PDG d'Halliburton, l'un des géants du pétrole. En 2005, l'administration Bush passe une loi sur l'énergie qui exempte la fracturation hydraulique des régulations du Clean Water Act. Les entreprises ne sont même pas contraintes de révéler au public l'intégralité des produits chimiques présents dans le liquide de fracking. Question de protection de secrets industriels.

 

Face à la grogne qui monte, plusieurs sénateurs américains militent pour l'adoption d'un «Frack Act», qui imposerait des règles et des contrôles plus stricts. Pour l'instant, son examen a sans cesse été repoussé, la manne potentielle du gaz naturel étant vue par beaucoup comme un pas vers l'indépendance énergétique des Etats-Unis face au pétrole étranger. Au printemps dernier, l'EPA a cependant lancé la première étude globale à l'échelle nationale, reconnaissant que les choses avaient «beaucoup changé» depuis celle de 2004.

 

Il s'agit de déterminer si les cas problématiques sont isolés et le résultat d'erreurs humaines, ou si le processus de fracturation hydraulique en lui-même est dangereux. Les géologues et les experts sont partagés sur la question. En attendant, la ruée vers le gaz se poursuit.

 

Et en France?

 

Vallourec, premier fournisseur mondial de tubes pour l'énergie, investit actuellement 650 millions de dollars dans son usine américaine, dans l'Ohio. Total a déjà injecté des milliards de dollars aux Etats-Unis et fait de l'exploitation du gaz de schiste «une priorité». Dans une interview au Figaro, Jean-Jacques Mosconi, directeur de la stratégie de Total, expliquait en avril dernier que l'entreprise était prête à explorer des champs de gaz de schiste en Europe, en Allemagne et en France, notamment. Le 31 mars, Total a annoncé avoir obtenu un permis d'exploration dans la région de Montélimar".

 

(source : http://www.20minutes.fr/article/577633/Planete-GasLand-le-documentaire-choc-qui-tombe-mal-pour-l-industrie-petroliere.php)

 

http://www.ifp.fr/espace-decouverte-mieux-comprendre-les-enjeux-energetiques/tous-les-zooms/les-gaz-de-schistes-shale-gas

 

http://mobilisationgazdeschiste.blogspot.com/

 

Tonton Daniel

 

 

 

 

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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 18:12


Bonjour à tous

 

Préfigurant autant de conflits potentiels sur l'échiquier géo-politique mondial, énergies fossiles, matières premières, uranium, ressources naturelles et métaux rares sont aujourd'hui autant de sujets d'actualité et d'enjeux stratégiques délicats.

 

Je viens donc de regrouper dans une nouvelle catégorie intitulée "énergie et matières premières" une douzaine d'articles prélevés dans les rubriques déjà existantes. Sans surprise, ces articles proviennent des catégories "international", "chine", "afrique", "nigéria", "environnement", "économie" ou "actualité".

 

Pour illustrer celui d'aujourd'hui, voici le sujet signé Michael Wines paru dans The New York Times et repris dans Courrier International n°1014 du 8 avril 2010.
Où il est rappelé que l'Afghanistan n'est pas seulement un refuge de talibans ou un pays en guerre, mais aussi un centre d'intérêt économique de première importance...

 

"Pendant que Washington dépense ses dollars à faire la chasse aux talibans, les Chinois investissent massivement dans l’exploitation de minerais sans tirer un seul coup de feu.

 

Dans une vallée située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Kaboul, les soldats en poste ne sont même pas armés. Ils s’apprêtent à extraire le cuivre de l’un des gisements inexploités les plus riches au monde. Ils sont chinois. En 2007, l’entreprise publique chinoise, China Metallurgical Group Corporation (MCC), a offert 3,4 milliards de dollars [2,5 milliards d’euros] – soit 1 milliard de plus que ses concurrents canadiens, européens, russes, américains et kazakhs – pour les droits d’exploitation des gisements de minerai d’Aynak.

 

En un rien de temps, Pékin a renforcé sa mainmise sur une ressource cruciale, orchestré le plus gros investissement de l’histoire de l’Afghanistan, promis de créer des milliers d’emplois pour les Afghans et s’est révélée comme la principale source de recettes fiscales du gouvernement Karzai. La MCC va aussi construire une centrale électrique de 400 mégawatts pour alimenter la mine de cuivre et la ville de Kaboul, soumise aux coupures de courant. Elle ouvrira une nouvelle mine de charbon pour alimenter les générateurs de la centrale, créera des infrastructures pour raffiner le minerai de cuivre et implantera une voie ferrée pour amener le charbon jusqu’à la centrale et le cuivre jusqu’en Chine. A en croire les termes du contrat, elle bâtira également des écoles et même des mosquées pour les Afghans. Cet accord est si faramineux que certains experts n’y croient pas. “Les Chinois en ont presque trop promis”, déclare l’un d’eux. Mais même si certains points ne se concrétisent pas, la Chine s’est déjà positionnée comme un partenaire généreux. Le tout sans tirer un seul coup de feu. Nurzaman Stanikzai faisait partie des moudjahidin dans les années 1980. Aujourd’hui, il est prestataire pour la MCC. “Les Chinois sont très malins, explique-t-il. Lorsque nous sommes allés parler aux habitants, ils se sont habillés en civil et se sont montrés très amicaux. Les Américains ne font pas aussi bien. Quand ils viennent ici, ils portent leurs uniformes, leurs armes et ne sont pas aussi sympathiques.”

 

La police nationale afghane, qui protège la mine, a été entraînée en grande partie avec des fonds américains. Les 1 500 gardes postés à Aynak et ses environs n’auraient pas été détachés des effectifs mais spécialement recrutés pour cette mission. Une conclusion s’impose : les Etats-Unis contribuent à faire de l’Afghanistan un lieu sûr pour les investissements chinois. Et si la Chine réussit à développer les mines d’Aynak et à fournir un revenu au gouvernement afghan, cela aidera les Américains à atteindre l’un de leurs objectifs qui consiste à amener les Afghans à financer eux-mêmes leur sécurité. Pékin a refusé de participer à l’effort de guerre afghan sous prétexte que sa politique nationale interdit toute action militaire à l’étranger hormis pour des opérations de maintien de la paix. La politique étrangère de la Chine est plutôt fondée sur le commerce. Et le projet d’Aynak semble être pour la Chine un coup stratégique autant que commercial, à la différence de ses autres investissements. Les Etats-Unis considèrent l’Asie du Sud-Ouest comme une menace pour la sécurité. La Chine voit plutôt la région comme une ressource. Plusieurs décennies de coopération militaire avec le Pakistan – qui partage un rival avec la Chine : l’Inde – ont été couronnées par une alliance économique. La Chine a financé [à hauteur de 85 %] à Gwadar, sur le golfe d’Oman, un port en eau profonde qui permettra d’acheminer du pétrole et du gaz fournis par le Moyen-Orient jusqu’en Chine en franchissant l’Himalaya par l’ouest.

 

L’Afghanistan, voisin à la fois de l’Iran et du Pakistan, n’a guère attiré l’attention de la Chine avant le milieu des années 2000. D’après un responsable américain, les Chinois auraient remporté l’offre en versant au moins 20 millions de dollars [14,8 millions d’euros] de pots-de-vin à l’ex-ministre des Mines afghan, Muhammad Ibrahim Adel. Celui-ci a démenti cette information. Selon Rahman Ashraf, géologue expérimenté et principal conseiller du président Karzai pour tout ce qui touche à l’exploitation minière, la Chine a obtenu le contrat pour une bonne et simple raison : elle a fait une proposition globale, allant de centrales électriques à des hauts-fourneaux en passant par une voie ferrée, qu’aucun autre candidat n’a pu égaler. Et elle a promis que l’intégralité de l’opération serait menée à bien par des ouvriers et des cadres afghans. “Au bout de cinq ans, il n’y aura que des ingénieurs afghans, précise-t-il. Les Chinois seront présents seulement dans l’administration.”

 

Forts de l’argent et du soutien de leur gouvernement, les grands groupes publics chinois prennent des risques dans des contrées où même les plus grosses entreprises privées refusent de s’aventurer. “Les Chinois sont allés au-delà de la simple opération minière. Ils veulent se rapprocher sur le long terme. Même si les choses prennent cinq ou dix ans, ils ont au moins une tête de pont”, analyse l’un des experts, qui préfère garder l’anonymat. La stratégie d’investissement de Pékin est aussi opaque que démesurée. Pour certains experts, la compagnie sera obligée de transférer certaines parties de son gigantesque projet, comme la construction de la voie ferrée (qui n’a pas encore commencé), à des bailleurs de fonds internationaux. Ce que personne ne peut prévoir, c’est si le projet chinois à Aynak est vraiment un plan brillant ou simplement une aventure ruineuse. L’entreprise ne donne aucune information. Ses responsables ont refusé de répondre à nos questions et ont même tenté de nous empêcher de photographier le site.

 

Dernièrement, Kaboul a lancé un appel d’offres pour un deuxième grand projet minier, l’exploitation du gisement géant de Hajigak, au sud-ouest de Kaboul, qui renfermerait 60 milliards de tonnes de fer. Sept entreprises sont finalistes. Elles sont indiennes ou chinoises. La MCC fait partie du lot".

 

http://tontondaniel.over-blog.com/article-36633702.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mati%C3%A8re_premi%C3%A8re

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ressource_naturelle

 

Tonton Daniel

 

 

ressources afghanistan

 

 

 

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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 17:13


Bonjour à tous


En complément de l'article d'hier, voici celui de Keith Bradsher paru dans le New York Times et repris dans Courrier International n°1002 du 14 janvier 2010 :


"Votre lampe basse consommation pollue en… Chine !


Les technologies vertes ont besoin de certains métaux appelés terres rares. Mais leur production dégrade l’environnement.


L’existence de certaines de nos technologies les plus vertes, depuis les voitures électriques jusqu’aux éoliennes géantes, en passant par les lampes basse consommation, est rendue possible par un groupe de métaux peu usuels : les “terres rares”. Il n’y a qu’un problème : elles proviennent presque exclusivement de Chine et sont produites par une industrie minière qui compte parmi les plus nocives pour l’environnement et qui est dominée par des organisations criminelles. Un quasi-monopole, qui donne à ce pays une mainmise potentielle sur les technologies du futur et inquiète les capitales occidentales.


A Guyun, un petit village du sud-est de la Chine entouré de bosquets de bambous et de bananiers, les dégâts causés à l’environnement sont bien visibles : des cicatrices brun-rouge d’argile stérile couturent les étroites vallées et les terres desséchées de l’aval, là où s’étendaient jadis des rizières vert émeraude. Car, pour extraire ces métaux [présents sous forme d’oxydes, et souvent mélangés à d’autres minerais], les mineurs restent en surface. Ils raclent le sol, et placent dans des fosses l’argile mouchetée d’or qu’ils ont pelletée. Ce sont dans ces fosses qu’ils versent des solvants [souvent de puissants acides] pour extraire les terres rares. Ces substances chimiques finissent par s’infiltrer dans le sol jusqu’aux ruisseaux et aux rivières, détruisant les rizières et les exploitations piscicoles et polluant les réserves d’eau.


Des propriétés chimiques et magnétiques remarquables


Zeng Guohui, un ouvrier de 41 ans, nous conduit à la mine abandonnée où il travaillait autrefois et nous montre un désert de terre et de boue. Le gisement de terres rares lourdes [les plus difficiles à trouver] a été épuisé en trois ans. Mais aujourd’hui, dix ans après la fermeture de la mine, personne n’a encore pu refaire pousser du riz dans les champs situés en aval.


De petites mines où l’on extrait des terres rares lourdes comme le dysprosium et le terbium sont toujours en activité dans les collines voisines. Et “il y a tout le temps des manifestations, parce que les mines détruisent les terres arables et que les gens exigent des compensations”, explique M. Zeng. “Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation est menée de façon inconsidérée”, confirme Wang Caifeng, présidente de la commission de surveillance de l’exploitation des terres rares au ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information de Chine. “Cela a fait beaucoup de mal à l’environnement”, poursuit-elle.


Le groupe des terres rares comporte dix-sept éléments. Certains, en dépit de l’adjectif qui les qualifie, sont assez répandus. Les réserves de deux d’entre eux, le dysprosium et le terbium, sont toutefois particulièrement menacées : ils sont devenus les ingrédients miracles des technologies “vertes”. De petites quantités de dysprosium permettent d’alléger de 90 % le poids des aimants contenus dans les moteurs électriques, et le terbium permet de réduire de 80 % la consommation des ampoules électriques. Une livre de dysprosium coûte aujourd’hui 53 dollars, soit presque sept fois plus qu’en 2003. Le prix du terbium, lui, a quadruplé entre 2003 et 2008, pour atteindre 407 dollars [285 euros] la livre, avant de chuter à 205 dollars la livre à cause de la crise économique mondiale.


La Chine extrait plus de 99 % du dysprosium et du terbium utilisés sur la planète. La majorité de la production provient d’environ 200 mines situées dans le nord du Guangdong et dans la province voisine, le Jiangxi. La Chine est également le premier producteur mondial de terres rares légères, précieuses pour de nombreuses industries. Les réserves de ces métaux sont un peu plus importantes, et leur extraction est mieux réglementée. Mais pour le dysprosium, le terbium et d’autres terres rares lourdes, c’est une autre histoire. D’après les responsables de l’industrie, 50 % seulement des mines de terres rares lourdes ont un permis d’exploitation. Toutes les autres sont illégales. Mais même les mines légales, comme celle où travaillait M. Zeng, sont dangereuses pour l’environnement.


Selon Stephen G. Vickers, ancien chef du service d’investigations criminelles de la police de Hong Kong (et aujourd’hui directeur d’International Risk, une compagnie de sécurité qui intervient dans le monde entier), un réseau très soudé de mafias chinoises, au meurtre facile, règne sur la majeure partie du secteur minier avec la complicité de hauts fonctionnaires locaux.


En avril 2009, le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information chinois a rédigé une ébauche de plan prévoyant l’arrêt de toutes les exportations de terres rares lourdes, en partie pour des raisons environnementales et en partie pour obliger certains pays à acheter des produits fabriqués en Chine. L’annonce de ce plan, le 1er septembre 2009, a suscité un tollé de la part des entreprises et des gouvernements occidentaux. Le 3 septembre, Mme Wang déclarait que la Chine ne stopperait pas les exportations et réviserait son plan. Mais, quelque temps plus tard, le ministère baissait de 12 % les quotas annuels d’exportation pour toutes les terres rares, procédant ainsi à la quatrième réduction draconienne en douze ans. Une des justifications est l’épuisement annoncé des gisements. Selon l’institut de recherche de Baotou, les filons de terres rares lourdes des collines de Guyun seront épuisés d’ici quinze ans. Les compagnies minières veulent développer l’activité hors de Chine, mais, à la différence de ceux que l’on trouve dans le sud de la Chine, la majorité des gisements de terres rares contiennent de l’uranium et du thorium, des éléments radioactifs qui compliquent l’extraction.


Les États-unis craignent une dépendance militaire


Le Congrès américain, lui, a réagi aux mesures prises par la Chine en ordonnant au ministère de la Défense de faire le point avant le 1er avril sur la dépendance de l’armée américaine vis-à-vis des terres rares chinoises, utilisées par exemple dans la fabrication des appareils de vision nocturne et des télémètres [ainsi que des missiles]. Washington a d’ailleurs commandé une étude sur les solutions de substitution possibles. Les multinationales commencent aussi à se pencher sur leur dépendance à l’égard des terres rares lourdes. Toyota dit avoir acheté pour ses véhicules des pièces incluant ces métaux, mais ne pas avoir participé à l’achat des matières premières par ses fournisseurs. Osram, un grand fabriquant d’ampoules électriques appartenant à l’entreprise allemande Siemens, affirme limiter désormais l’usage de terres rares dans ses produits.


Mais les principaux consommateurs de terres rares lourdes dans les années à venir pourraient être les constructeurs de grandes éoliennes, qui ont besoin d’aimants beaucoup plus légers pour les générateurs de 5 tonnes placés en haut de mâts de plus en plus hauts. Vestas, une entreprise danoise devenue le numéro un du secteur, a fait savoir que les prototypes de sa prochaine génération de machines contiennent du dysprosium et étudie actuellement la pérennité des réserves. Goldwind, le principal fabricant chinois d’éoliennes, a remplacé les aimants classiques par des aimants à base de terres rares.


Certains exploitants miniers spécialisés dans les terres rares – un secteur qui pèse 1,3 milliard de dollars – soulignent la nécessité de méthodes d’extraction moins destructrices pour l’environnement au regard de l’importance de leurs produits pour les technologies vertes. Certains espèrent ouvrir des mines au Canada, en Afrique du Sud et en Australie, mais il faudra plusieurs années avant que leur rendement soit suffisant et elles produiront beaucoup de terres rares légères. Les terres rares lourdes qu’elles extrairont serviront sans doute à satisfaire la demande croissante des fabricants d’éoliennes, qui se les arracheront".


Tonton Daniel


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