Articles avec #architecture tag

Publié le 3 Mars 2017


Bonjour à tous

Edifié en 1787 sur un terrain de quatre hectares en bordure du parc de Versailles pour le gouverneur du domaine royal, le pavillon de la Lanterne a longtemps été éclipsé par son prestigieux et monumental voisin. Invisible depuis la route, entièrement entourée de hauts murs et jamais ouverte au public, y compris durant les Journées du patrimoine, la résidence d'Etat est aujourd'hui l'un des lieux les plus secrets et les plus discrets de la République française...

Ayant survécu à la Révolution, à l'Empire et à la Restauration, la Lanterne devient propriété de la République afin d'être louée par l'Etat à différents locataires, hauts fonctionnaires ou hôtes étrangers comme le millionnaire américain James Gordon Bennett en 1872. Après la libération y logeront successivement un vice-président du Conseil, un ambassadeur des États-Unis et un Président de l'Assemblée nationale avant que le Général De Gaulle n'attribue la Lanterne en 1959 à l'usage du Premier ministre en fonction. Exception notable, le passage du ministre de la culture André Malraux et de sa compagne Louise de Vilmorin de 1962 à 1969.

Depuis, tous les premiers ministres de la Ve République, de Michel Debré à Dominique de Villepin, en passant par Georges Pompidou, Jacques Chirac, Laurent Fabius ou Jean-Pierre Raffarin, passeront plus ou moins de temps à la Lanterne à l'exception notable d'Edith Cresson. Michel Rocard y fera construire piscine et court de tennis pendant son ministère (il sera d'ailleurs épinglé par le Canard enchaîné pour dépenses somptuaires), Mazarine Pingeot, fille du président François Mitterrand, y montera à cheval, Édouard Balladur y fera enterrer son chien, Lionel Jospin et son épouse y viendront souvent après en avoir interdit le survol. Certains y auraient même travaillé, loin des hypothétiques micros installés dans le Pavillon de musique de Matignon par Valéry Giscard d'Estaing pour espionner son premier ministre Jacques Chirac...

C'est en 2007 que les français redécouvrent la Lanterne grâce au président Nicolas Sarkozy qui y séjourne d'abord avec son épouse Cécilia avant d'y organiser en 2008 son diner de noces avec Carla Bruni et d'y faire un malaise vagal en juillet 2009. C'est au tout début de son mandat que le Président décide sans vergogne de l'utilisation exclusive et monarchique du domaine par la présidence, "échangeant" la Lanterne à Matignon avec le domaine de Souzy-la-Briche. D'aucuns affirmeront alors que les feux de la Lanterne devaient servir à reconquérir Cécilia et le dauphin Louis, à l'instar de Louis XVI offrant Trianon à Marie-Antoinette ! Anne Sinclair n'a-t-elle pas décrit l'endroit comme "Un peu du Petit Trianon, une pincée de résidence secondaire style "Maisons et Jardins" et un zeste d'auberge à Barbizon" ? Plus tard, accompagné de Valérie Trierweiler ou de ses enfants, François Hollande viendra souvent à la Lanterne. Aujourd'hui mis à disposition de l'Elysée, le site reste néanmoins officiellement attribué à Matignon qui continue d'en supporter les frais d'entretien, ce que dénonce régulièrement la Cour des comptes depuis 2013.

Avec un seul étage, le logis principal ne comporte que quelques pièces, personnel, cuisines, garages et services de sécurité occupant les deux ailes latérales. Elegant, paisible, confortable, proche de Paris, à l'abri des regards, bien protégé et à échelle humaine, le domaine présente tous les attraits d'une résidence secondaire où le temps semble s'arrêter et où il fait bon vivre à l'ombre des arbres centenaires. L'exact contraire du Fort de Brégançon ! Ajoutons que les invités et les proches collaborateurs n'ont accès ni au jardin privatif ni à la porte dérobée ouvrant directement sur le parc du château de Versailles de jour comme de nuit... Quant à la cave à vins, emplie de prestigieux Bordeaux amenés par Jacques Chaban-Delmas, elle est réputée pour être la plus belle de la République selon Dominique de Villepin qui regretta après l'élection de Nicolas Sarkozy qu’elle soit mise à disposition "d’un buveur de jus d’orange"...

Avec sa double exposition et ses 36 hautes fenêtres laissant généreusement entrer le soleil, la Lanterne a bien mérité son nom. Une lanterne forcément magique, où les ors de la République brillent en secret sous un voile désespérément opaque. On en comprendrait presque l'acharnement de certains à vouloir se faire élire à la tête de l'Etat...

Tonton Daniel

Sources :

http://www.vanityfair.fr/actualites/france/articles/10-choses-lanterne-trierweiler-hollande/2149

http://www.francetvinfo.fr/politique/six-choses-que-vous-ignorez-sur-la-lanterne-residence-d-ete-de-francois-hollande_663635.html

http://www.lefigaro.fr/politique/2013/08/02/01002-20130802ARTFIG00220-francois-hollande-succombe-aux-charmes-de-la-lanterne.php

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140801.OBS5282/la-lanterne-residence-des-vacances-de-francois-hollande.html

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-lanterne-fuite-a-versailles_540348.html

 

la lanterne

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous, #histoire, #architecture

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Publié le 22 Janvier 2017


Au Trocadéro, face à la Tour Eiffel, l'ancien Musée des monuments français a été entièrement rénové en 2007.

 

 

cité de l'architecture
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #architecture

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Publié le 2 Novembre 2016


Bonjour à tous

Les fantômes peuvent-ils traverser les murs ? A priori non, si l'on en croit Mme Sarah Winchester, vieille dame excentrique et richissime décédée en Californie en 1922 à l'âge de 83 ans. Héritière par son défunt mari de l'empire Winchester, elle fut très tôt persuadée que les esprits des innombrables victimes de la célèbre carabine à répétition étaient responsables de son veuvage et de la mort de sa fille unique à l'âge d'un mois. Sur les conseils d'un médium, la dame fit donc construire au sud de San Francisco une maison gigantesque de style victorien, "sans jamais cesser de l'agrandir afin que les revenants puissent s'y perdre et s'y égarer" ! Les travaux ne devaient jamais s'arrêter au risque de voir réapparaitre les esprits vengeurs et de subir à son tour une mort brutale. 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ininterrompu malgré le tremblement de terre de San Francisco en 1906, le chantier dura donc 38 ans, jusqu'à la mort dans son sommeil de la superstitieuse vieille dame fascinée également depuis toujours par les nombres 4, 6 et 13 !

A peine moins grande que le pharaonique Hearst Castle voisin, la Maison Winchester compte aujourd'hui 160 pièces dont 40 chambres, 2000 portes, 1250 fenêtres, 40 escaliers et 17 cheminées. Le déménagement complet du mobilier hérité par une nièce lointaine nécessita huit camions par jour pendant plus de six semaines. On trouve dans ce palais surréaliste des portes et des fenêtres s'ouvrant sur des murs, des escaliers qui ne mènent nulle part et se heurtent aux plafonds, des placards sans fond et des fenêtres sur le sol destinés à égarer les fantômes. Les guides alimentent la légende et affirment aujourd'hui aux visiteurs que des employés de Sarah Winchester, agacés de se perdre régulièrement dans ce labyrinthe, finirent par transporter sur eux des plans de la bâtisse...

Victime elle aussi de la trop réelle malédiction des armes aux Etats-Unis, l'extravagante Sarah est-elle revenue visiter sa propre maison ou a-t-elle enfin trouver le repos éternel ? Il se murmure depuis bientôt cent ans que la "Mystérieuse Maison Winchester" serait réellement hantée...

Tonton Daniel

 

sarah winchester
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #portraits, #architecture, #USA

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Publié le 17 Septembre 2016

Bonjour à tous

Cachée au fond d'une allée bourgeoise et discrète du 16e arrondissement de la Capitale, la maison La Roche édifiée en 1925 par l'architecte franco-suisse Le Corbusier était ouverte au public gracieusement pour les journées européennes du patrimoine 2016.

Classée parmi les célèbres "villas blanches" de l'architecte qui regroupent comme la villa Savoye de Poissy les "cinq points d'une architecture nouvelle" (pilotis, toit-jardin, plan libre, façade libre et fenêtre en bandeau), elle fut édifiée pour un riche collectionneur d'art assez excentrique pour choisir de vivre dans un espace aussi réduit que monacal !

Révolutionnaire et fonctionnelle en son temps, la maison d'une dizaine de pièces parait bien anodine aujourd'hui et n'a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO qu'il y a deux mois, peut-être à cause de l'engagement politique très controversé de son auteur aux amitiés vichystes et fascisantes qui déclara un jour : "Là où naît l'ordre, naît le bien-être" !

Manifeste politique ou héritage culturel, la maison La Roche n'est plus désormais qu'une coquille étroite, fermée sur elle-même et oubliée au fond d'une impasse... Aussi vide et désespérante qu'un appartement-témoin !

Tonton Daniel

Les photos prises aujourd'hui :

la maison la roche
la maison la roche
la maison la roche
la maison la roche

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #architecture

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Publié le 6 Mars 2016

Bonjour à tous

Aujourd'hui oublié en bordure de la forêt de Fausses-Reposes entre Vaucresson et La Celle-Saint-Cloud en région parisienne, le pavillon du Butard est un petit bâtiment de style Louis XV, édifié de 1750 à 1754 par l'architecte Gabriel sur le terrain des Hubies dépendant alors du parc de Versailles, ancien rendez-vous de chasse d'apparence coquette et anodine mais à l'histoire sulfureuse...

Caves aux murs épais, petites chambres à fenêtres basses, salon décoré de miroirs et de frises d'amours, le Butard abrite dans un premier temps les turpitudes et les très jeunes conquêtes du roi Louis XV avant la construction du scandaleux Parc-aux-cerfs à Versailles. Après la Révolution, il devient pendant quelques années la propriété de l'insouciante et frivole Joséphine de Beauharnais qui l'intègre à son domaine de Malmaison. Après le second Empire et les visites de Napoléon III, le pavillon est brièvement occupé par les troupes prussiennes en 1870 et sombre dans l'oubli et la décrépitude. Théâtre de fêtes fastueuses avant la seconde guerre mondiale, il est classé au titre des monuments historiques en 1927, est peu à peu remeublé et restauré avant de servir de cachette à la Libération à différentes personnalités accusées d'avoir collaboré avec l'occupant.

Mis par l'Etat à la disposition des présidents de l'Assemblée nationale, le discret pavillon est en 1959 au centre d'une célèbre affaire de moeurs pédophile, dite "des ballets roses", dans laquelle est impliqué entre autres André Le Troquer, 73 ans, résistant proche du général de Gaulle, ancien ministre à la Libération et dernier président de l'Assemblée nationale de la IVe république, ainsi que sa compagne, la pseudo comtesse de Pinajeff ! Alcool, drogue, soupers libertins, séances de strip-tease, spectacles érotiques et chatiments corporels, les plus jeunes "invitées" n'ont alors que 14 ans... Après le procès, en réaction à ce vaste système de détournement de mineures, le Canard Enchainé titrera alors sur le "tout pourri" !

Désormais confié à l'Office national des forêts qui l'entretient et le loue pour des manifestations culturelles, familiales ou privées a priori plus avouables, le pavillon du Butard n'est toujours pas ouvert au public. De peur que ses murs ne puissent parler ?

Tonton Daniel

Les photos prises ce matin :

le pavillon du butard
le pavillon du butard
le pavillon du butard

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #histoire, #sexualité, #architecture

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