Articles avec #litterature tag

Publié le 20 Septembre 2017


Bonjour à tous

A quoi pouvait donc ressembler l'excentrique Amélie Nothomb à l'âge de trois ans ? Réponse dans "Métaphysique des tubes", récit autobiographique de l'écrivain belge qui se souvient avec beaucoup d'humour de sa première enfance au Japon.

A priori, un nourrisson ne fait que manger, dormir et déféquer sans se préoccuper du temps qui passe. Aussitôt empli, il se vide comme un tube pas encore pensant... Bébé-Amélie, elle, écoute, pense et philosophe en parfait hédoniste. Elle comprend qu'au Pays du Soleil Levant, tout nouveau-né est considéré comme un dieu et, depuis son berceau, se prend donc naturellement... pour Dieu ! Un Dieu dont les fidèles disciples se résument à sa seule gouvernante, le jardin d'Eden à l'enclos familial et l'Apocalypse annoncée au retour inéluctable en Europe, un Dieu confronté à l'antéchrist descendu sur Terre sous les traits d'une servante hiératique, un Dieu régnant avec mépris et dégoût sur son peuple constitué d'une vague trinité, les trois carpes du bassin de pierre familial répondant aux prénoms de Jésus, Marie et Joseph...

Dieu est un tube, seul, vide et inutile ! Sacrée révélation métaphysique ! Tout le reste n'est que stupeur et tremblements ! Mais ceci est une autre histoire !

Tonton Daniel

http://tontondaniel.over-blog.com/article-cosmetique-de-l-ennemi-104407950.html

http://tontondaniel.over-blog.com/2014/06/acide-sulfurique.html

http://tontondaniel.over-blog.com/2014/11/antechrista.html

 

métaphysique des tubes

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 15 Septembre 2017


Bonjour à tous

Jamais bouquin ne fut plus lénifiant, soporifique et ennuyeux ! Anti-héros du roman "A rebours" signé par Joris-Karl Huysmans en 1884, Jean des Esseintes, homme seul, riche, malade et désoeuvré reste enfermé chez lui durant seize chapitres à contempler les trésors qu'il a accumulés ou dont il a hérité. Fin du résumé.

Ce dandy inspiré en partie à l'auteur par l'excentrique Robert de Montesquiou est victime de cette "névrose des élites" propre à son siècle nommée alors mélancolie. Pour lui, "tout n'est que syphilis", désespoir, vide et vacuité et il conseille avec cynisme : "Fais aux autres ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent" ! Mysogine et misanthrope, méprisant la bêtise du monde, Des Esseintes affectionne les parfums malsains, les tableaux lugubres, sanglants, tourmentés et morbides, les végétaux à l'apparence lépreuse, les fleurs factices et les plantes carnivores, les oeuvres écrites "mal portantes, minées et irritées par la fièvre"... Ses auteurs préférés sont Baudelaire, Edgar Allan Poe, Sade ou Barbey d’Aurevilly, poètes romantiques ou écrivains maudits, sataniques et décadents. Il préfère les herbes maladives aux vertes prairies, les langues mortes aux langues vivantes, le voyage immobile à la réalité et le brouillard au "soleil exécrable"...

A rebours de l'ordre social, des préceptes catholiques et de la volonté divine, l'homme malade se cloitre donc chez lui, recréant dans un décor de théâtre et pour lui seul des spectacles qui lui font oublier provisoirement ses souffrances. Il ne recouvre temporairement la santé et l'apaisement que grâce à "une débauche sensuelle et artistique" lui permettant de "lutter contre le doute religieux et existentiel" mais finit par revenir à son corps défendant vers la religion dans laquelle il a été élevé et vers la Société des Hommes qu'il exècre.

Sur la forme, malgré un vocabulaire extraordinaire et alors qu'il prétend admirer "l'épithète unique", Huysmans se perd au fil des pages dans des digressions indigestes et des descriptions sans fin de parfums, de fleurs, de joyaux, de vins, de tableaux ou d'auteurs latins ! Il critique également avec beaucoup d'aplomb le roman social naturaliste et les écrits de ses contemporains qu'il qualifie d'insignifiants, indigents et nauséeux ! Si son but est de peindre et de faire vivre au lecteur l'ennui, le spleen, l'angoisse, "l'influence dépressive de la peur qui agit sur la volonté", l'entreprise est parfaitement réussie !

Tonton Daniel

 

à rebours

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 10 Septembre 2017


Bonjour à tous

Ferdinand est un vieux monsieur, méchant, asocial et misanthrope. Dans son immeuble, des voisines très bavardes, une concierge épouvantable, une gentille vieille dame et une petite fille pas comme les autres vont peu à peu bouleverser son quotidien et l'inciter à ne plus économiser ses sentiments...

Titre accrocheur, humour léger et personnages caricaturaux, "Mémé dans les orties", premier roman d'Aurélie Valognes, est évidemment cousu de fil blanc ! Un de ces petits romans dans l'air du temps, phénomènes d'édition présentés dans les magazines féminins, les supermarchés et les kiosques de gares, vite lus, vite digérés, mais qui proposent néanmoins des sujets graves sous une forme légère, relations humaines, maladie, vieillesse, solitude, suicide ou temps qui passe.

Certes, un petit livre plein de bons sentiments comme les nombreux romans contemporains qualifiés de "feel-good" par une presse dythirambique. Mais de là à crier au chef-d'oeuvre, faudrait pas pousser mémé dans les orties !

Tonton Daniel

 

mémé dans les orties

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 2 Août 2017


Bonjour à tous

Malgré son titre incitant à la frugalité et à la décroissance, "Eloge du peu" du japonais Koike Ryunosuke est également sous titré... "Comment l'argent peut faire le bonheur" ! Damned ! Bouddhisme et capitalisme seraient-ils donc compatibles alors que les deux notions paraissent de prime abord aussi opposées et contradictoires qu'un cerisier en fleur et une rente viagère ?

Dans la première partie, le moine zen évoque son mode de vie organisé dans un petit appartement peu meublé, sans téléphone mobile ni livres ni CD, invoquant sa bibliothèque "intérieure" faite de lectures de jeunesse. Il oppose la société de consommation, ses méfaits, les plaisirs virtuels et la possession matérielle qui parasite la pensée aux "herbivores" heureux, sans envies, qui ne rêvent ni de richesse ni de carrière ni de statut social. La réponse au mal-être de nos contemporains souffrants et dépressifs serait donc dans la renonciation aux objets, renonciation qui entrainerait sérénité, bonheur et liberté. Puisque l'Homme est faible par nature et esclave de ses passions, il lui faut "transcender le désir pour atteindre le Nirvana". "Délestez-vous de vos biens matériels", résume l'auteur. Vider sa tête en même temps que sa maison ? Préférer l'essentiel au superflu ? Sur le fond, pourquoi pas ?

Mais hélas, malgré ces conseils de bon sens, la forme ne suit pas ! Le discours optimiste devient vite caricatural et le raisonnement simpliste. Empli de nombreuses digressions, le traité philosophique est vite remplacé par les conseils trouvés dans la rubrique de Tante Yvonne ! Les exemples pragmatiques et ahurissants foisonnent, du prix des carottes bio ou de la sauce de soja au montant des factures de gaz ou au choix d'ustensiles de cuisine... En perdant toute élévation, l'éloge du peu est remplacé par l'éloge de la mesquinerie et la méditation philosophique par le décompte de chaque yen dépensé par l'auteur !

Eloigné enfin de tout exposé sur la décroissance, le discours schizophrène où pointe un orgueil sous-jacent et une relative intolérance finit par sentir le prosélytisme religieux, le fanatisme extrèmiste et l'escroquerie sectaire... La Chine n'est-elle pas évoquée par l'auteur comme un "pays émergent" et le bouddhisme comme un aboutissement logique après l'échec du Christianisme et de l'Islam, religions "en crise après la prospérité" ? Quant à l'argent, insiste notre moine blogueur, il peut faire le bonheur, celui de pouvoir acheter l'indispensable sans réfléchir ni compter... Le bonheur par la dépossession, oui. A condition d'avoir un compte en banque bien rempli !

Inégal, opportuniste et superficiel, ce gros succès de librairie est finalement bien décevant... Relisons plutôt "La sobriété heureuse" de Pierre Rabhi !

Tonton Daniel

 

éloge du peu

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 11 Juillet 2017


Bonjour à tous

Inéluctablement, les années passent, les individus disparaissent, les souvenirs demeurent... Grâce à de vieilles photographies en noir et blanc et à bords dentelés qui ont fixé autant de petites histoires et d'anecdotes personnelles, Annie Ernaux se remémore les mille et un souvenirs de son passé avant "le commencement de l'oubli"... Récompensé par de nombreux prix depuis sa parution en 2008, "Les Années", son roman autobiographique, à la fois journal intime, mise en abyme et manuel d'Histoire contemporaine, évoque avec "la jouissance de la lucidité" l'apaisement d'une vie bien remplie et la nostalgie d'un monde disparu.

Car le constat est accablant. Dans l'immédiateté des désirs et des évènements, tout désormais s'accélère et se précipite. La mémoire informatique oblitère le passé, empêche l'oubli, efface le vieillissement des êtres et des choses et entraine paradoxalement la fin de tout souvenir et de toute chronologie. Le temps devient marchandise dans une société de consommation et de loisirs de plus en plus pressée, au point que ce temps naguère si précieux arrive aujourd'hui à manquer "pour la mélancolie des choses". Le temps qui passe devient "un temps palimpseste" qui tourne en rond de plus en plus vite...

Sans dialogue ni chapitre, entièrement écrit à l'imparfait, "Les années" se feuillette comme un album de famille et s'adresse par nature à une génération ne faisant plus de grands projets, à des anciens sans futur regardant sereinement en arrière en cherchant illusions perdues et "temps d'avant" dans "l'invisible des photos"... Photos en noir et blanc et témoignages matériels qui finiront eux aussi par disparaitre alors que la course des étoiles au firmament rappellera inlassablement aux derniers Hommes "le temps qui reste" et les années qui passent...

Tonton Daniel

 

les années

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #le temps qui passe

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