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Publié le 30 Juin 2017

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #actualité, #portraits

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Publié le 10 Mars 2017


Bonjour à tous

Petite-fille d'esclaves noirs américains, Henrietta Lacks est née en Virginie en août 1920. Mariée à 21 ans, elle aura cinq enfants et c'est peu après son dernier accouchement dans un hôpital réservé aux patients noirs qu'on lui découvre une tumeur localisée sur le col de l'utérus, très vite diagnostiquée maligne et très invasive. Quelques cellules cancéreuses de la tumeur sont prélevées à deux reprises sans en informer la patiente et transmises au médecin en charge du service de recherche sur la culture des tissus humains à l’hôpital John Hopkins de Baltimore. Après guerre, les médecins savent déjà que des cellules qui se mettent à proliférer de manière anarchique forment une tumeur pouvant être responsable d’un cancer et cherchent donc à maintenir en vie des cellules humaines en culture afin de comprendre le rôle des protéines et des enzymes dans le contrôle de leur prolifération.

Alors qu'Henrietta Lacks décède en octobre 1951 à l'âge de 31 ans malgré une radiothérapie au radium survient l'incroyable découverte. Contrairement aux cellules humaines qui mourraient rapidement jusqu'alors in vitro, les cellules d'Henrietta Lacks vivent et se reproduisent indéfiniment ! Baptisées HeLa, initiales d'Henrietta, ces cellules exceptionnelles et théoriquement immortelles sont rapidement mises en culture et diffusées comme simple matériel biologique dans les laboratoires du monde entier. Depuis bientôt 70 ans, objet d'innombrables tests de vaccins et de médicaments ou de nombreux essais thérapeutiques, la lignée de cellules HeLa n'a jamais cessé de se multiplier, permettant la mise au point du vaccin contre la poliomyélite, une meilleure compréhension des virus, des maladies cancéreuses et des maladies chromosomiques et des avancées notables dans les domaines de la thérapie génique, de la congélation temporaire des tissus organiques et de la fécondation in vitro. Bien avant n'importe quel astronaute, des cellules HeLa ont même voyagé dans l'espace en 1960 pour étudier sur elles les effets de l'apesanteur !

Inconnue du grand public, Henrietta Lacks est devenue bienfaitrice de l'Humanité et aura sans le savoir sauvé indirectement des dizaines de milliers de patients atteints de différentes pathologies. Restée dans l'ignorance pendant plusieurs décennies, sa famille a obtenu le droit de regard sur ce qui pourra ou non être publié à l'avenir ainsi que le droit de siéger dans un comité scientifique et éthique ayant pour but de "valider les recherches génétiques conduites sur le génome d'Henrietta Lacks". La polémique n'est toujours pas close aux Etats-Unis où le cas a soulevé des questions éthiques très diverses, reconnaissance des droits des familles, consentement pour les prélèvements de tissus, propriété individuelle de l'ADN contenu dans des cellules prélevées, commercialisation de ces cellules... Sur ce dernier point, beaucoup ont noté et dénoncé l'enrichissement d'industriels de la santé utilisant les cellules d'Henrietta Lacks alors que cette dernière a été enterrée sans même une simple pierre tombale, que ses descendants n'ont toujours pas de protection sociale et qu'ils survivent aujourd'hui grâce aux maigres droits d'auteur d'une biographie de leur aïeule...

Depuis la nuit des temps, l'Homme a toujours cherché à comprendre et à vaincre la mort, faisant d'impossibles rêves d'immortalité. Aujourd'hui, les scientifiques pensent avoir compris une partie du secret des cellules HeLa. La cohabitation des gènes du papillomavirus ayant déclenché le cancer d'Henrietta Lacks et des gènes de la malade permettrait la présence et l'action inhabituelle de la télomérase, enzyme qui reconstitue les télomères des chromosomes dans les cellules après leur duplication, empêchant théoriquement tout vieillissement. L'histoire extraordinaire d'Henrietta Lacks n'est peut-être pas encore terminée...

Tonton Daniel

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henrietta_Lacks

https://fr.wikipedia.org/wiki/HeLa

http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/08/12/01008-20130812ARTFIG00342-pourquoi-les-cellules-d-henrietta-lacks-sont-immortelles.php

http://www.biopsci.com/2009/01/20/henrietta-lacks-du-cancer-a-limmortalite/

http://www.axolot.info/?p=379

 

 

henrietta lacks

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #portraits, #médecine

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Publié le 8 Février 2017


Bonjour à tous

Le saviez-vous ? Parmi les 193 drapeaux nationaux reconnus aujourd'hui par les Nations Unies, ceux du Guatemala et du Mozambique sont les seuls sur lesquels sont représentées des armes à feu. Si, depuis 1871, le premier porte deux fusils et deux sabres en croix qui indiquent "la volonté du pays de se défendre par la guerre si nécessaire", le second est orné d'un très moderne fusil d'assaut AK-47 ! Créé en 1947 par le russe Mikhaïl Kalachnikov, le célèbre fusil qui symbolise au Mozambique "les combats du peuple pour l’indépendance du pays" et "la détermination du peuple à protéger sa liberté" est également présent sur les armoiries du pays où il est croisé avec une houe, symbole des paysans et de l'agriculture, ainsi que sur le drapeau du Hezbollah chiite libanais.

Adopté en 1983, le drapeau du Mozambique a failli être modifié en 2005 par le gouvernement de Maputo mais le projet a été abandonné suite aux vives révoltes de la population mozambicaine. Ne dit-on pas que pendant le conflit armé qui amena le Mozambique à l'indépendance dans les années 70, de nombreux soldats prénommaient "Kalach" leurs fils nouveaux-nés...?

Peu coûteux, fiable, précis, rapide, léger, robuste et facile d'entretien, le AK-47 a été fabriqué ou reproduit frauduleusement sans aucun contrôle international à plus de 100 millions d'exemplaires depuis sa création. Copiée avec ou sans licence partout dans le monde, depuis la Chine jusqu'à Cuba en passant par la Finlande et la Corée du nord, "la meilleure arme individuelle du monde" a servi à toutes les révolutions et à toutes les armées officielles, aux guérillas urbaines et aux terroristes religieux, sur tous les terrains de combat et toutes les zones de conflit depuis la deuxième guerre mondiale. Car les contrefaçons tuent tout aussi bien que l'original !

Quant à Mikhaïl Kalachnikov, homme le plus décoré de Russie, il est décédé en 2013 à l'âge de 94 ans. Il déclara un jour avoir inventé son arme pour défendre sa patrie et être fier "qu’elle soit devenue pour beaucoup synonyme de liberté". De son propre aveu, il ne regretta jamais le succès de son fusil mitrailleur malgré les innombrables victimes que celui-ci a faites depuis 70 ans !

Aujourd'hui, le mythe perdure. L'Etat russe vient d'annoncer la privatisation partielle de la société Kalachnikov, propriété du groupe Rostec et toujours fabricant officiel du fusil AK-47. Les affaires sont si florissantes que la société a annoncé la création de 1700 emplois en 2017, le lancement de nouveaux modèles et la vente de nombreux produits dérivés, parapluies, briquets, vodka, mugs ou T-shirts portant le slogan "Kalachnikov, tested all over the world"... Toujours sous embargo depuis l'intervention de la Russie en Ukraine et afin de contourner celui-ci, la société russe prévoit même de délocaliser une partie de la production de son produit-phare sur le territoire de l'Oncle Sam. Une production locale qui devrait plaire au nouveau locataire de la Maison Blanche et lui inspirer peut-être un nouveau drapeau ?

Tonton Daniel

 

kalachnikov AK-47
kalachnikov AK-47

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous, #portraits, #histoire, #actualité, #russie-urss

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Publié le 27 Janvier 2017


Bonjour à tous

Hommage à Mike Connors, héros de la série américaine Mannix, disparu hier à l'âge de 91 ans.
L'occasion de retrouver l'inoubliable générique de la série et la musique de Lalo Schifrin.
L'occasion également d'évoquer le souvenir de la magnifique Gail Fisher, une des premières actrices afro-américaines à jouer dans une série de façon régulière et récompensée par deux Emmy Award et un Golden Globe Award pour le rôle de Peggy Fair, secrétaire de Joe Mannix.

Tonton Daniel

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #portraits

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Publié le 11 Janvier 2017


Bonjour à tous

Biographie à peine romancée d'un personnage hors du commun et page détaillée de l'Histoire occidentale contemporaine, l'extraordinaire "Limonov" d'Emmanuel Carrère est une oeuvre flamboyante auréolée de nombreuses récompenses parmi lesquelles le prestigieux prix Renaudot 2011.

Limonov ? Mais qui est Limonov ? Limonov est un salaud. Limonov est un poète. Limonov est acide, belliqueux et explosif, pas vraiment un homme comme les autres...
Agé de 73 ans aujourd'hui, Edouard Limonov a eu un parcours pour le moins exceptionnel. Né en Ukraine pendant la seconde guerre mondiale, il a été, comme le résume sa page Wikipedia et le développe Emmanuel Carrère, "truand à Kharkov, poète à Moscou, sans-abri puis domestique à New York, écrivain et journaliste à Paris, soldat en Serbie, dissident puis prisonnier politique dans l'ex-URSS". Fondateur du Parti national-bolchevique et désormais opposant à Vladimir Poutine, l'homme à la personnalité complexe et aux multiples facettes a toujours été accompagné d'une réputation sulfureuse, celle d'un aventurier et d'un poète maudit, admiré ou détesté mais toujours fascinant.
Arthur Rimbaud des temps modernes, ce "mauvais garçon" à l'égo surdimensionné a toujours refusé d'être une victime passive des évènements, se forgeant un "programme de vie" et un code moral souvent décrié, se vantant de mépriser les faibles, d'être fort et méchant, mais de rester fidèle à ses amis et à ses convictions. Rebelle permanent méprisant droits de l'Homme et démocratie, Limonov a toujours été un homme engagé, indifférent au fatalisme slave et hostile à toute neutralité politique, "un mec qui a des couilles et à qui il ne faut pas en compter". Dont acte.

Fils de l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse, Emmanuel Carrère connait bien la Russie grossière et malodorante d'Edouard Limonov, société sans classe moyenne, violente au quotidien, rugueuse mais droite, société "bordélique", médiocre mais fière, où l'alcool et la vodka coulent à flot pour noyer les déceptions de toutes sortes et remplir le gris et le vide des grands espaces sibériens. La Russie est un monde à part, où l'on raisonne différemment, "un pays où l'on se soucie peu des libertés formelles pourvu que chacun ait le droit de s'enrichir". "Que la vie humaine ait peu de prix, c'est dans la tradition russe". Dans le pays de Tchekhov et sous le regard des icônes de la Vierge Marie, on pratique donc pour l'honneur le coup de poing viril plutôt que la diplomatie, et un passage en prison est souvent reconnu et purgé avec fierté.

Autour de Limonov, parmi de nombreux évènements historiques et des faits divers aussi sordides que terrifiants, Emmanuel Carrère évoque les purges staliniennes, le meurtre d'Anna Politkovskaïa, la guerre en Tchétchénie, les massacres de Beslan et de la Doubrovka, le conflit des Balkans, les oligarques mafieux. Il présente l'ancien socialisme soviétique comme une négation du réel et de la mémoire, rappelle la courte période d'ouverture politique sous Khrouchtchev et démonte la figure d'un Gorbatchev insignifiant totalement dépassé par sa perestroïka. Le roman se termine par un parallèle entre Edouard Limonov et Vladimir Poutine, tous deux issus du même moule mais aux parcours radicalement opposés : zapoï et underground, écriture et emprisonnement pour le premier, pouvoir et KGB, gazoducs et Kremlin pour le second.

Complément du récit "Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson paru la même année, "Limonov" est une oeuvre romanesque, intelligente et forte, illustrée de nombreuses références culturelles, littéraires et poétiques, qui finit, au-delà du reportage historique et de la biographie d'un seul homme, par reflèter avec noirceur tous les aspects de la nature humaine en général. Malgré une apothéose quasi mystique, une oeuvre à conseiller sans réserve à tous ceux qui veulent comprendre la société russe d'hier et d'aujourd'hui à travers les aventures d'un seul grand témoin : dissident et délinquant, mégalomane et misanthrope, pragmatique et idéaliste, salaud, poète et homme pas vraiment comme les autres, Limonov s'en fout, il a atteint le Nirvana !

Tonton Daniel

 

limonov

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #portraits, #russie-urss

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