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Publié le 19 Août 2017


Bonjour à tous

Le saviez-vous ? Inspirée par l'essai nucléaire du 27 janvier 1951 dans le Nevada voisin, la municipalité de Las Vegas s'auto-proclama "Atomic City" pour une campagne de publicité destinée à remplir ses nouveaux hôtels et casinos ! Cocktails atomiques, coiffures atomiques, réceptions atomiques... Des hôtels comme le Desert Inn proposaient beaucoup plus cher les suites en terrasse donnant au nord et permettant de voir les champignons atomiques... La mode est alors à l'atome. Le lancement par Louis Réard en 1946 du bikini dont le nom faisait référence à l'atoll où se déroula l'un des premiers essais nucléaires dans le Pacifique fit lui aussi l'effet d'une bombe dans le milieu de la mode parisienne !

A Vegas, un producteur de spectacles fit également la promotion d'un jeune chanteur de rock'n roll qui fut surnommé "America's only atomic-powered singer" et qui explosa plus tard sous son vrai nom d'Elvis Presley ! Et de 1952 à 1957 furent organisés quatre concours de beauté dont les lauréates élues parmi les plus belles showgirls de la ville furent nommées respectivement "Miss Atomic Blast", "Miss A-Bomb", "Miss Cue" et "Miss Atomic Bomb" !

Si cette élection de mauvais goût fit long feu, un autre concours incompréhensible fut mis en place en Russie de 2004 à 2011 par la société Rosenergoatom. "Miss atome" était choisie parmi le personnel travaillant dans le secteur nucléaire russe. Afin d'être élues, toutes ces "bombes atomiques" devaient "irradier" intérieurement et extérieurement... De quoi inspirer aujourd'hui les dirigeants de Corée du nord ?

Tonton Daniel

 

miss bombe atomique

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous, #USA, #russie-urss

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Publié le 19 Mai 2017


Bonjour à tous

Le saviez-vous ? La Russie développe depuis quelques années un concept de centrale nucléaire flottante ! Cette étude est liée à la construction dans les années 70 de la centrale nucléaire de Bilibino dans l'extrême nord-est de la Russie. Située à 5600 km de Moscou au nord du cercle polaire arctique dans le district autonome de Tchoukotka, la centrale qui regroupe quatre réacteurs d'une puissance de 48 MW est la plus septentrionale du monde. Unique centrale dans le monde construite sur du pergélisol (permafrost), ses fondations seraient potentiellement instables à cause du réchauffement climatique mondial et de la fonte de ce pergélisol. Le sujet des risques sismiques ou telluriques reste confidentiel mais les journalistes interdits de visite sur le site rappellent également que la centrale de Bilibino mise en service en 1976 appartient à la génération de celle de Tchernobyl.

Spécialiste de la construction de navires, de brise-glaces et de sous-marins à propulsion nucléaire, la Russie a lancé depuis 1957 plus de 250 unités regroupant 900 réacteurs. Forts de cette expérience en propulsion navale atomique, les ingénieurs soviétiques ont donc développé un concept de réacteur sur barge, autonome, mobile et remorqué. Premier d'une série de huit unités principalement destinées à alimenter en énergie les villes côtières le long du passage du Nord-Est dans l'Arctique russe, l'Akademik Lomonosov sera relié à des réseaux de petites communautés isolées et à des activités industrielles onshore et offshore.

Terminée en 2007 dans des chantiers navals proches de Saint-Pétersbourg et propriété de la société Rosatom, la coque de 144 mètres de long de l'Akademik Lomonosov a reçu ses deux réacteurs nucléaires en 2009 et été lancée en juin 2010. Les deux réacteurs sont dérivés de modèles conçus pour des brise-glaces, alimentent des turbines à vapeur produisant 70 MW électriques, dix fois moins que de classiques réacteurs nucléaires à eau pressurisée, et seront rechargés en combustible tous les trois ans. D'une durée de vie de 40 ans, la barge comprend également une unité de désalinisation d'une capacité quotidienne de 240 000 m3 ainsi qu'un module de stockage de déchets radioactifs. Avec un équipage de 70 personnes, l'unité devrait enfin être opérationnelle en 2019 dans la région du Kamchatka dans l'océan Pacifique pour prendre le relais de la centrale de Bilibino en fin de vie.

D'autres projets permettant à la Russie de trouver un débouché économique et valoriser sa longue expérience des propulseurs nucléaires sont à l'étude pour des unités plus petites, utilisées sur des fleuves dans des régions éloignées des côtes. Chine, Malaisie, Indonésie, Algérie ou Argentine ont déjà annoncé leur intérêt pour ce genre d'installations.

En plus des risques inhérents à la production nucléaire (fuites, accidents ou recyclage des déchets), les opposants au projet dénoncent les risques de terrorisme, le détournement de l’uranium hautement enrichi à des fins militaires, les possibilités de tsunami dans une région à forte activité sismique et les risques de contamination du milieu sous-marin mais aussi la perturbation des écosystèmes marins dûe à une désalinisation massive ou l’insuffisance des moyens de sauvetage locaux en cas d'accident. Sans oublier l'immersion par l'URSS depuis 1965 d'innombrables fûts de déchets nucléaires dans l'Océan Arctique et la Mer de Kara en raison d'infrastructures de stockage et de recyclage insuffisantes. Ni les dizaines de sous-marins militaires russes déclassés toujours chargés de combustible nucléaire, en attente de démantèlement depuis des années et dont le très mauvais état de certains empêche tout remorquage...

D'aucuns rappellent aussi l'histoire du Sturgis MH-1A, Liberty ship de l'US Navy transformé en 1968 pour recevoir un réacteur nucléaire de 10 MW et destiné à fournir de l’électricité à une base militaire américaine située au bord du canal de Panama. Malgré les demandes de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique et de l’Organisation Maritime Internationale, le Sturgis et son réacteur n'étaient toujours pas recyclés 37 ans après leur fin de mission en 1976. Abandonné au milieu de l'impressionante flotte de réserve de James River en Virginie depuis cette date, son démantèlement a enfin débuté en avril 2015 pour s'achever en principe en 2018, un an avant la mise en service théorique de l'Akademik Lomonosov et l'arrêt de la centrale de Bilibino...

Tonton Daniel

 

une centrale nucléaire flottante

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Publié le 8 Février 2017


Bonjour à tous

Le saviez-vous ? Parmi les 193 drapeaux nationaux reconnus aujourd'hui par les Nations Unies, ceux du Guatemala et du Mozambique sont les seuls sur lesquels sont représentées des armes à feu. Si, depuis 1871, le premier porte deux fusils et deux sabres en croix qui indiquent "la volonté du pays de se défendre par la guerre si nécessaire", le second est orné d'un très moderne fusil d'assaut AK-47 ! Créé en 1947 par le russe Mikhaïl Kalachnikov, le célèbre fusil qui symbolise au Mozambique "les combats du peuple pour l’indépendance du pays" et "la détermination du peuple à protéger sa liberté" est également présent sur les armoiries du pays où il est croisé avec une houe, symbole des paysans et de l'agriculture, ainsi que sur le drapeau du Hezbollah chiite libanais.

Adopté en 1983, le drapeau du Mozambique a failli être modifié en 2005 par le gouvernement de Maputo mais le projet a été abandonné suite aux vives révoltes de la population mozambicaine. Ne dit-on pas que pendant le conflit armé qui amena le Mozambique à l'indépendance dans les années 70, de nombreux soldats prénommaient "Kalach" leurs fils nouveaux-nés...?

Peu coûteux, fiable, précis, rapide, léger, robuste et facile d'entretien, le AK-47 a été fabriqué ou reproduit frauduleusement sans aucun contrôle international à plus de 100 millions d'exemplaires depuis sa création. Copiée avec ou sans licence partout dans le monde, depuis la Chine jusqu'à Cuba en passant par la Finlande et la Corée du nord, "la meilleure arme individuelle du monde" a servi à toutes les révolutions et à toutes les armées officielles, aux guérillas urbaines et aux terroristes religieux, sur tous les terrains de combat et toutes les zones de conflit depuis la deuxième guerre mondiale. Car les contrefaçons tuent tout aussi bien que l'original !

Quant à Mikhaïl Kalachnikov, homme le plus décoré de Russie, il est décédé en 2013 à l'âge de 94 ans. Il déclara un jour avoir inventé son arme pour défendre sa patrie et être fier "qu’elle soit devenue pour beaucoup synonyme de liberté". De son propre aveu, il ne regretta jamais le succès de son fusil mitrailleur malgré les innombrables victimes que celui-ci a faites depuis 70 ans !

Aujourd'hui, le mythe perdure. L'Etat russe vient d'annoncer la privatisation partielle de la société Kalachnikov, propriété du groupe Rostec et toujours fabricant officiel du fusil AK-47. Les affaires sont si florissantes que la société a annoncé la création de 1700 emplois en 2017, le lancement de nouveaux modèles et la vente de nombreux produits dérivés, parapluies, briquets, vodka, mugs ou T-shirts portant le slogan "Kalachnikov, tested all over the world"... Toujours sous embargo depuis l'intervention de la Russie en Ukraine et afin de contourner celui-ci, la société russe prévoit même de délocaliser une partie de la production de son produit-phare sur le territoire de l'Oncle Sam. Une production locale qui devrait plaire au nouveau locataire de la Maison Blanche et lui inspirer peut-être un nouveau drapeau ?

Tonton Daniel

 

kalachnikov AK-47
kalachnikov AK-47

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous, #portraits, #histoire, #actualité, #russie-urss

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Publié le 11 Janvier 2017


Bonjour à tous

Biographie à peine romancée d'un personnage hors du commun et page détaillée de l'Histoire occidentale contemporaine, l'extraordinaire "Limonov" d'Emmanuel Carrère est une oeuvre flamboyante auréolée de nombreuses récompenses parmi lesquelles le prestigieux prix Renaudot 2011.

Limonov ? Mais qui est Limonov ? Limonov est un salaud. Limonov est un poète. Limonov est acide, belliqueux et explosif, pas vraiment un homme comme les autres...
Agé de 73 ans aujourd'hui, Edouard Limonov a eu un parcours pour le moins exceptionnel. Né en Ukraine pendant la seconde guerre mondiale, il a été, comme le résume sa page Wikipedia et le développe Emmanuel Carrère, "truand à Kharkov, poète à Moscou, sans-abri puis domestique à New York, écrivain et journaliste à Paris, soldat en Serbie, dissident puis prisonnier politique dans l'ex-URSS". Fondateur du Parti national-bolchevique et désormais opposant à Vladimir Poutine, l'homme à la personnalité complexe et aux multiples facettes a toujours été accompagné d'une réputation sulfureuse, celle d'un aventurier et d'un poète maudit, admiré ou détesté mais toujours fascinant.
Arthur Rimbaud des temps modernes, ce "mauvais garçon" à l'égo surdimensionné a toujours refusé d'être une victime passive des évènements, se forgeant un "programme de vie" et un code moral souvent décrié, se vantant de mépriser les faibles, d'être fort et méchant, mais de rester fidèle à ses amis et à ses convictions. Rebelle permanent méprisant droits de l'Homme et démocratie, Limonov a toujours été un homme engagé, indifférent au fatalisme slave et hostile à toute neutralité politique, "un mec qui a des couilles et à qui il ne faut pas en compter". Dont acte.

Fils de l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse, Emmanuel Carrère connait bien la Russie grossière et malodorante d'Edouard Limonov, société sans classe moyenne, violente au quotidien, rugueuse mais droite, société "bordélique", médiocre mais fière, où l'alcool et la vodka coulent à flot pour noyer les déceptions de toutes sortes et remplir le gris et le vide des grands espaces sibériens. La Russie est un monde à part, où l'on raisonne différemment, "un pays où l'on se soucie peu des libertés formelles pourvu que chacun ait le droit de s'enrichir". "Que la vie humaine ait peu de prix, c'est dans la tradition russe". Dans le pays de Tchekhov et sous le regard des icônes de la Vierge Marie, on pratique donc pour l'honneur le coup de poing viril plutôt que la diplomatie, et un passage en prison est souvent reconnu et purgé avec fierté.

Autour de Limonov, parmi de nombreux évènements historiques et des faits divers aussi sordides que terrifiants, Emmanuel Carrère évoque les purges staliniennes, le meurtre d'Anna Politkovskaïa, la guerre en Tchétchénie, les massacres de Beslan et de la Doubrovka, le conflit des Balkans, les oligarques mafieux. Il présente l'ancien socialisme soviétique comme une négation du réel et de la mémoire, rappelle la courte période d'ouverture politique sous Khrouchtchev et démonte la figure d'un Gorbatchev insignifiant totalement dépassé par sa perestroïka. Le roman se termine par un parallèle entre Edouard Limonov et Vladimir Poutine, tous deux issus du même moule mais aux parcours radicalement opposés : zapoï et underground, écriture et emprisonnement pour le premier, pouvoir et KGB, gazoducs et Kremlin pour le second.

Complément du récit "Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson paru la même année, "Limonov" est une oeuvre romanesque, intelligente et forte, illustrée de nombreuses références culturelles, littéraires et poétiques, qui finit, au-delà du reportage historique et de la biographie d'un seul homme, par reflèter avec noirceur tous les aspects de la nature humaine en général. Malgré une apothéose quasi mystique, une oeuvre à conseiller sans réserve à tous ceux qui veulent comprendre la société russe d'hier et d'aujourd'hui à travers les aventures d'un seul grand témoin : dissident et délinquant, mégalomane et misanthrope, pragmatique et idéaliste, salaud, poète et homme pas vraiment comme les autres, Limonov s'en fout, il a atteint le Nirvana !

Tonton Daniel

 

limonov

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #portraits, #russie-urss

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Publié le 21 Décembre 2016


Bonjour à tous

Découverte par hasard en 1973, une mystérieuse station de radio à ondes courtes située en Russie occidentale continue d'émettre sans interruption depuis cette date de curieux signaux sur une fréquence non répertoriée par les radio-amateurs. Alimentant les rumeurs les plus farfelues, l'émetteur, dont l'indicatif UVB-76 a été remplacé en 2010 par le code MDZhB puis en 2015 par celui de ZhUOZ, transmet un étrange bourdonnement environ 25 fois par minute et n'a jamais pu être localisé avec précision malgré plusieurs tentatives de triangulation.

Au début des années 90, puis en 2003 et en 2010, le signal émis a changé plusieurs fois de forme. Parfois accompagné de conversations indistinctes, de morse et de bruits divers, il est aujourd'hui remplacé de plus en plus fréquemment par un message vocal incompréhensible. Parfois surnommé "Vulkan" ou "The Buzzer", UVB-76 aurait deux jumeaux russes émettant de manière identique et encore plus discrets, surnommés par les initiés anglophones "The Pip" et "The Squeaky Wheel".

Radio de nombres pour espions ? Contre-espionnage ? Signal militaire ? Emission vers l'espace ? Transmission d'un signal de veille automatique ? Mesure des propriétés dynamiques de l'ionosphère ? Recherche scientifique ? Secret gouvernemental ? Théorie du "commutateur de l’homme mort" ? Simple canular de radio-amateur ? Les hypothèses avancées pour résoudre l'énigme UVB-76 sont nombreuses mais le mystère de l'émetteur fantôme qui continue de fonctionner malgré les nombreux rebondissements de l'Histoire russo-soviétique reste entier !

Tonton Daniel

Pour écouter UVB-76 en direct :

 

l'émetteur uvb-76

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous, #russie-urss

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