recyclage plateformes pétrolières

Publié le 9 Juillet 2016

Bonjour à tous

Pêcheurs et plongeurs sous-marins le savent bien : à de faibles profondeurs encore éclairées par les rayons du soleil, sur les fonds sablonneux impropres à l'installation du corail, les épaves de navires sont très rapidement colonisées par une multitude de coraux, d'anémones et de crustacés, devenant à terme de véritables récifs artificiels et des refuges pour invertébrés, poissons et tortues. Tous les supports immergés se couvrant rapidement d'espèces pionnières, algues, éponges ou micro-nutriments, les pêcheurs chinois utilisent depuis longtemps des flotteurs en bambou afin d'attirer les poissons imprudents et gourmands...

Depuis quelques années, de nombreux modèles de récifs artificiels ont donc été immergés dans toutes les mers du globe ainsi qu'en eau douce pour des études scientifiques, pour la protection des côtes ou de la biodiversité, comme lieux de pêche ou de plongée sous-marine : cordes, algues synthétiques, prototypes en béton recyclé, carcasses de navires, avions, véhicules terrestres, structures métalliques électrifiées... En 2006, après une longue préparation, le porte-avions USS Oriskany a ainsi été coulé au large de la Floride afin de créer un récif artificiel de grande dimension. Au Japon, on estime à environ 20 000 les sites artificiels destinés à repeupler les fonds marins. En revanche, la création aux Etats-Unis, en Australie ou en Malaisie dans les années 70 de récifs constitués de pneus usagés a été un véritable échec. Instables, soumis aux courants marins et aux tempêtes, constitués de matériaux toxiques et de métaux lourds comme le cadmium, les "récifs de pneus" n'ont jamais rempli leur mission.

Aujourd'hui, de nombreux scientifiques préconisent de laisser en mer les plateformes pétrolières en fin d'exploitation plutôt que de les démanteler et de les ramener à terre, opération coûteuse, dangereuse et pour l'instant obligatoire. Résistantes aux vagues, aux courants et aux tempêtes par définition, cinq cents plateformes ont déjà été converties en autant de récifs artificiels dans le golfe du Mexique. Une solution pragmatique pour beaucoup de scientifiques qui rappellent le dépeuplement des océans mais un habile et rentable camouflage de déchets toxiques et encombrants pour de nombreux écologistes également inquiets de l'éventualité d'une pollution indirecte aux hydrocarbures.

Tonton Daniel

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #déchets et recyclage

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