les pierres de venise

Publié le 8 Mai 2024

Ecrivain et critique d'art britannique du XIXe siècle, John Ruskin fait paraître son essai "Les Pierres de Venise" en 1851 après avoir visité la Cité des Doges à plusieurs reprises et y avoir étudié les architectures byzantine, gothique et de la Renaissance. Ses observations lui font affirmer qu'il ne peut exister d'art sans morale ni d'architecture sans religion, a fortiori dans son siècle corrompu par la révolution industrielle. L'art de la Renaissance aurait par exemple, selon lui, définitivement corrompu l'Homme par un excès de raffinement et de dorures et l'aurait éloigné de l'austérité nécessaire à toute "élévation au-dessus du commun".

Au fil des pages, le discours de celui qui fut destiné à la prêtrise dans sa jeunesse devient celui d'un moraliste dévôt, exalté et rigide. Les citations bibliques ponctuent un prêche obscurantiste, l'auteur illuminé évoque le "langage théologique des pierres", édicte des "lois" architecturales tour à tour effarantes, grotesques ou amusantes et dresse un parallèle entre ruines monumentales et décrépitude de l'église primitive, martelant qu'il préfère le déclin et la mort à une restauration irrespectueuse des bâtiments anciens...

Style grandiloquent, convictions absurdes, développements insupportables, conclusions partiales et refus de toute controverse possible, le sermon du prédicateur, noyé dans une multitude de détails, de descriptions et d'explications ennuyeuses, influença beaucoup ses contemporains mais ne lui évita pas de finir dépressif, dément et paranoïaque.
Habituées à subir les attaques beaucoup plus dangereuses des flots de l'Adriatique, les pierres de Venise, elles, continuent imperturbablement de faire rêver leurs visiteurs et de faire resplendir le mystère et la magie de la Sérénissime.

Tonton Daniel
 

les pierres de venise

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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