Publié le 30 Septembre 2007

 

Par Ajay Makan - Reuters - Samedi 29 septembre - MALE
"Douze touristes étrangers ont été blessés par l'explosion d'une bombe apparemment remplie de clous à l'entrée du parc central de Malé, capitale de l'archipel des Maldives.
Légèrement atteints, deux Japonais et huit Chinois ont quitté l'hôpital après avoir subi des soins, mais deux Britanniques s'y trouvaient toujours.
L'attentat n'a, pour le moment, pas été revendiqué et le gouvernement de cet archipel touristique de l'océan Indien a fait savoir qu'il était prématuré de pointer des suspects. Une enquête officielle a été ouverte.
"Les autorités des Maldives poursuivront les coupables et les traduiront en justice pour leur infliger une forte peine dans le cadre de la loi en vigueur", a fait savoir le gouvernement dans un communiqué.
Selon le porte-parole du gouvernement, Mohamed Shareef, l'engin, apparemment de fabrication artisanale, a explosé à l'entrée principale du parc Sultan, où se trouve également une mosquée.
Halte obligée des touristes visitant la capitale, le parc Sultan jouxte le QG de l'armée des Maldives. Un témoin rapporte avoir y aperçu des clous disséminés dans les jardins après l'explosion.
Selon certains médias locaux, l'engin, une bouteille de gaz couplée à un moteur de machine à laver, aurait été déclenché grâce à un téléphone portable.
Plus d'un demi-million de visiteurs ont profité l'an dernier de la tranquillité et des plages paradisiaques de cet archipel de l'océan Indien, dont le tourisme est le principal revenu.
Malé n'avait pas connu de troubles depuis qu'une tentative de coup d'Etat menée par des mercenaires tamouls venus du Sri Lanka y avait été écrasée par l'armée indienne en 1988.
D'origine indienne, cinghalaise et arabe, les quelque 370.000 habitants des Maldives sont majoritairement de confession musulmane.
L'archipel est composé de près de 1.200 îles dispersées sur un rayon de 800 km au large de la pointe sud de l'Inde.
Ancien sultanat, les Maldives ont été sous protectorat britannique entre 1887 et 1965 avant d'accéder à l'indépendance en 1965.
Le président Maumoon Abdul Gayoom, qui en est à son sixième mandat, règne sur l'archipel depuis 1978. Il est le doyen des chefs d'Etat asiatiques."

 

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #international

Repost0

Publié le 28 Septembre 2007


Bonjour à tous

Dépêche d'hier :
 
"Un Colombien travaillant pour la compagnie italienne Saipem a été tué jeudi lors d'une attaque contre des installations de la société, tandis qu'un autre Colombien et un Philippin ont été enlevés dans la région pétrolière du sud du Nigeria, a-t-on appris de sources industrielles à Port Harcourt.
Dans un premier temps, dans la confusion de l'attaque, il avait été indiqué que la personne atteinte par balles était de nationalité portugaise. Gravement blessé, l'employé colombien avait été transporté en urgence dans un hôpital mais n'a pas survécu à ses blessures.
Selon cette même source, l'attaque s'est produite dans la région de Port Harcourt, la "capitale pétrolière" du pays. Les employés de la Saipem "ont entendu des bruits de tirs et se sont immédiatement enfuis en courant".
On ignore les circonstances exactes de cette attaque qui n'a pas été revendiquée.
Eni, la maison-mère de Saipem, a indiqué sur son site internet qu'un "groupe d'hommes armés a mené une attaque sur le quai adjacent au site Saipem à Port Harcourt. A la suite de l'attaque, un employé colombien de Saipem a été blessé et est décédé aussitôt après avoir été transféré à l'hôpital".
"Deux autres employés, l'un de nationalité colombienne et l'autre philippine, sont portés disparus", ajoute le texte.
Les derniers enlèvements d'étrangers travaillant pour des multinationales pétrolières remontent à fin juillet début août.
Plus de 200 étrangers, pour la plupart employés dans le secteur pétrolier, ont été enlevés dans le sud du Nigeria depuis le début de 2006 par des groupes de militants séparatistes, réclamant une meilleure répartition des revenus pétroliers ou par des bandes criminelles."

Article Le Figaro.fr ce jour :

"LE NORD du Nigeria a été frappé par l'une des plus grosses épidémies de poliomyélite, due à la vaccination, que l'on ait connue. Si elle se poursuit, elle pourrait être un sérieux revers dans la campagne actuelle d'éradication de la polio dans le monde, dans une région où, il y a plusieurs années, les rumeurs sur l'innocuité du vaccin avaient paralysé les efforts de vaccination.
Les experts du programme Global Polio Eradication Initiative soulignent que le vaccin oral trivalent largement utilisé est sûr. En revanche, le faible taux d'immunisation dans le nord du Nigeria a créé les conditions pour que le virus atténué du vaccin regagne de la virulence et soit à l'origine d'une épidémie.
Détectée en 2006, l'épidémie due au poliovirus de type 2 dérivé du vaccin (PVDV) a été immédiatement signalée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et aux autorités sanitaires du Nigeria. Mais elle n'est rendue publique que maintenant dans deux périodiques.(...)
Jusqu'à présent, il n'y a eu que 69 cas de paralysie confirmés dus au PVDV et d'autres sont suspectés dans neuf États du nord du Nigeria, précise Kew. Ce nombre va certainement augmenter. Environ la moitié des cas viennent de la région de Kano, un État largement musulman où sentiments antioccidentaux et rumeurs ont conduit plusieurs États à arrêter la vaccination contre la polio en 2003. Elle a repris un an plus tard, après des démonstrations répétées de l'innocuité du vaccin et d'intenses tractations diplomatiques, mais le mal était déjà fait.
Fin 2004, le nombre de cas de polio avait doublé dans le pays, atteignant presque 800, et en 2006 il s'est envolé à 1 100. Le virus sauvage issu du Nigeria a recontaminé une vingtaine d'autres pays, ce qui a provoqué un pic de cas dans le monde. Ce fut un énorme revers pour le Global Polio Eradication Initiative. Ce n'est que récemment que le nombre de cas déclarés dans le monde est revenu aux niveaux d'avant le boycott.
Le Nigeria a fait des progrès considérables depuis, mais les souches sauvages du poliovirus, de type 1 et 3, sont toujours en circulation dans le Nord et la couverture vaccinale reste faible : en 2006, entre 6 % et 30 % des enfants n'avait jamais reçu une seule dose de vaccin oral. Ce sont exactement ces conditions qui rendent la région susceptible à des épidémies de PVDV. Depuis les années 1960 les scientifiques savaient qu'un virus atténué peut, en de rares circonstances, muter et regagner sa virulence mais ce n'est qu'en 2000, lors d'une épidémie sur l'île d'Hispaniola, qu'ils ont réalisé qu'il pouvait transmettre la maladie entre les personnes.
L'épidémie actuelle fut découverte lorsqu'un technicien des laboratoires du CDC remarqua une prépondérance de virus de type 2 dans les prélèvements venant du nord du Nigeria. Cela éveilla tout de suite des soupçons car ce type a été éradiqué dans le monde. La source ne pouvait être que le vaccin trivalent utilisé dans le pays avant le boycott. Depuis la reprise des vaccinations en 2004, indique Kew, le Nigeria a utilisé « de façon appropriée » les vaccins monovalents plus efficaces dirigés contre les souches 1 et 3."

Dépêche MAP d'hier :
 
"Les inondations qui touchent depuis la mi-juillet dix Etats du Nigeria ont fait au moins 64 morts et 22.000 déplacés, a indiqué jeudi le porte-parole de la Croix rouge nigériane, Patrick Bawa.
""Ce sont les pires inondations que nous ayons eues ces cinq dernières années"", a affirmé Patrick Bawa, ajoutant que les milliers de déplacés ont trouvé refuge dans des camps ou chez des proches.
"Les pluies continuent à être fortes dans la plupart des 10 Etats, nous craignons qu'il n'y ait d'autres déplacés", a poursuivi le porte-parole, soulignant que la Croix rouge a commencé à distribuer des moustiquaires, des couvertures et de l'aide alimentaire dans les Etats touchés.
Les Etats les plus affectés sont ceux de Lagos et d'Ogun (sud-ouest)."

Tonton Daniel

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #afrique

Repost0

Publié le 27 Septembre 2007


Bonjour à tous

Dans le domaine de l'industrie pétrolière, il y a longtemps qu'on a fait une croix sur les principes au profit des intérêts financiers ! Le président Sarkozy m'a fait bien rire hier en exhortant Total à geler ses investissements en Birmanie : la compagnie française est implantée dans ce pays depuis 1992 ! Quant au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, il a salué "la détermination des manifestants birmans", lui qui fut un temps payé par Total pour affirmer que tout allait bien en Birmanie ! La compagnie pétrolière française ferme ainsi les yeux sur cette forme d'esclavage qu'est le travail forcé des birmans, et contribue à maintenir le régime militaire en place en lui fournissant des devises, en plus d'une caution morale et politique.
Aujourd'hui, après 5 semaines de mouvement pro-démocratique et d'espoir, la junte militaire au pouvoir a fait tirer dans la foule des manifestants, avec la bénédiction tacite de Pékin et de Moscou qui ont opposé leur veto aux résolutions des Nations-Unies...

Article Wikipedia :
"L'affaire Total en Birmanie :
Depuis quelques années, plusieurs ONG mènent une campagne juridique et médiatique contre Total (et son partenaire Unocal), sur les modalités de construction d'un gazoduc en Birmanie. Ces ONG accusent Total d'avoir utilisé une main-d'œuvre esclavagisée sciemment. Le principal argument contre cette hypothèse est le déséquilibre entre le risque encouru et le coût résiduel de la main-d'œuvre en Birmanie. Un rapport rédigé par Bernard Kouchner, à la demande de Total et moyennant salaire, établit ainsi que Total n'a pas utilisé de main-d'œuvre servile sur son chantier, confirmant ainsi l'enquête d'une journaliste de Marianne parue quelques mois plus tôt. Outre ces accusations de non-respect des Droits de l'homme, Total est souvent accusé par les ONG d'être indirectement un des principaux financeurs de la dictature au pouvoir en Birmanie, accusations très compliquées à mettre en place d'un point de vue juridique.

Chronologie :
En 1996, des ressortissants birmans attaquent Unocal (Chevron), société partenaire de Total en Birmanie, devant les tribunaux américains pour mauvais traitements.
En 1997, le Sénat pointait déjà les possibles manquements aux Droits de l'Homme en Birmanie dont Total aurait pu être témoin.
En 1999 un rapport du Sénat français avait ainsi épinglé la collusion de la société TotalFina Elf avec la junte au pouvoir.
En 2002, quatre ressortissants birmans portent plainte devant la justice belge en vertu de la loi sur la « compétence universelle » pour (complicité de) crimes contre l'Humanité contre Total, son dirigeant Thierry Desmarest, ainsi que Hervé Madeo, directeur de la filiale birmane de Total.
En 2003, le Parlement européen parlait d'une « situation politique désastreuse » en Birmanie.
En 2003, Bernard Kouchner publie un rapport (après une visite de quatre jours du 25 au 29 mars 2003) sur les activités de Total en Birmanie. Ce rapport exonère Total de toute responsabilité dans les violations des Droits de l'Homme dont auraient pu être victimes les Birmans. Aung San Suu Kyi soutient les plaidants et Bernard Kouchner est critiqué pour son enquête, par exemple par René Backmann dans le Nouvel Observateur (cf édition du 18 décembre 2003).
2005 : d'après Total, l'affaire Unocal est réglée par voie transactionnelle en mars 2005. Le montant n'a pas été révélé.
29 juin 2005 : la cour de cassation belge juge la plainte contre Total irrecevable, mettant ainsi fin aux poursuites en Belgique. Le droit belge a été changé et la loi de compétence universelle abrogée en 2003, nombre de plaintes ne sont ainsi plus valides à l'aulne de la nouvelle législation.
28 mars 2007 : la cour de cassation belge déssaisit définitivement la justice belge de l'instruction dans l'affaire opposant les plaignants birmans à la société Total, suivant ainsi le réquisitoire du Ministère public."

Pour soutenir les démocrates en Birmanie et le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi : http://www.birmanie.net/

Tonton Daniel

total-en-birmanie.jpg

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #économie

Repost0

Publié le 25 Septembre 2007


Bonjour à tous

 

Avant le sujet du jour, un complément sur l'Iran pour appuyer mon article du 28 janvier (http://tontondaniel.over-blog.com/article-5427484.html) :

http://www.20minutes.fr/article/183023/Monde-Dick-Cheney-a-envisage-d-attirer-l-Iran-dans-une-guerre-avec-Israel.php

Sujet du jour donc, la base de lancement de missiles de Biscarrosse, dans les Landes, située entre le parallèle 44°24,5 N et le parallèle 44°13,5 N :

 

Dépêche Reuters d'avant-hier :


"De 300 à 400 personnes ont manifesté samedi en faveur du désarmement nucléaire devant le Centre d'essai de lancement de missiles (CELM) à Biscarrosse, dans les Landes, où les tirs d'essai du missile stratégique à longue portée M51 sont effectués.
Le M51 est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de nouvelle génération de la force océanique stratégique. Pouvant contenir six têtes nucléaires, il doit avoir une portée de l'ordre de 8.000 km, contre 6.000 km pour le M45 dont sont dotés actuellement les SNLE. Un deuxième tir d'essai de ce missile a été réalisé avec succès le 21 juin dernier.
Parmi les manifestants se trouvait le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot. L'ancien candidat d'extrême gauche à l'élection présidentielle a souligné que "Nicolas Sarkozy n'arrête pas de nous répéter que la France doit faire des économies mais ça ne dérange personne que des milliards soient dépensés dans les armes".

 

Wikipedia :


"Le Centre d'Essais de Lancement de Missiles (C.E.L.M.) est un organisme, créé en 1962, qui dépend du Ministère de la Défense à travers la délégation générale pour l'Armement et la Direction des Essais. On y effectue des essais en vol de missiles et des tirs sur rails pour des simulations dynamiques. Sa mission principale est de tester les missiles balistiques de l’armée, soit en phase de faisabilité, soit en phase d'entraînement pour l'armée de l'air. Depuis sa création, on y a tiré plus de 8 000 missiles, lancé plus de 4 000 cibles aériennes, et réalisé plus de 900 essais sur rail. Le CELM est basé à Biscarrosse dans le département des Landes, à Gâvres dans le Morbihan et à Toulon dans le Var.
Les essais de missiles tactiques commencent dès mars 1964. Le CEL a permit de tester les différents étages des missiles français. Il y eut également des essais des missiles nucléaires tactiques : Pluton (propulseur Styx) à partir de 1968, puis Hadès (propulseur Archeron) à partir de 1988.
De 1964 à 1968, quelques tirs (M1 principalement) ont été effectués depuis l’Île du Levant, dans une structure qui deviendra quelques années plus tard le Centre d'Essais de la Méditerranée (CEM).
Dernièrement, un premier vol expérimental du Missile M51 (sans arme) a été effectué le 9 novembre 2006 malgré la présence d'opposants sur le site du Centre d’Essais des Landes."

 

La fin des essais nucléaires réels dans les atolls polynésiens de Mururoa et Fangataufa en 1996, et le démantèlement des installations du plateau d'Albion en 1999, ont fait oublier que l'Etat français continuait d'entretenir, d'améliorer, d'agrandir et de diversifier son parc de missiles dans le cadre de sa politique de dissuasion. Les charges embarquées à bord de ces missiles évoluent également : les têtes thermo-nucléaires "TN75" de 110 kt seront remplacées par des têtes "TNO" de 100 kt en 2015 (on estime à 348 têtes nucléaires le parc français actuel). Tout cela coûte très cher : le budget de la Défense en 2007 a été fixé à 47,7 milliards d'euros ! De quoi donner raison à Olivier Besancenot à propos des économies budgétaires promises par le gouvernement Fillon !

 

http://www.nonaumissilem51.org/

 

Tonton Daniel

 

Deux cartes du site récupérées sur le net :

 

celm.JPG

 

landes.jpg

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous

Repost0

Publié le 23 Septembre 2007


Bonjour à tous

Je ne résiste pas à l'envie de reproduire un texte magnifique paru dans Courrier International du 6 septembre, signé par Nina Farnia pour le web-magazine "Tehran avenue" :

"En visite à Téhéran, une Irano-Américaine constate qu'en dépit de la situation catastrophique de l'Iran ce pays reste plus doux à vivre que les Etats-Unis, patrie de Big Brother et terre de solitude."

"La chaleur humaine de mon pays.
Hier, je me promenais dans le parc Shahrara en début d’après-midi quand j’ai vu un homme qui transportait des bottes de sabzi khordan (herbes aromatiques et crudités). Les après-midi d’été, ce sont des denrées difficiles à trouver, à moins d’être un lève-tôt. “Monsieur, où avez-vous trouvé ces sabzi ? — Je les ai achetés ce matin chez le vendeur de fruits et légumes de l’autre côté de la rue, je les ai mis au frigo à mon travail et, maintenant, je les rapporte chez moi. Prenez-en donc la moitié”, m’a-t-il répondu. Moi, une Iranienne des Etats-Unis, j’étais sous le choc. Quelqu’un m’offrait la moitié de ce qu’il possédait. J’ai aussitôt répliqué : “Non merci, monsieur, je vais en trouver moi-même, merci beaucoup.” Mais il a insisté. “Je vous en prie, prenez-en la moitié, vous aussi, vous avez travaillé toute la journée, non ? Prenez la moitié des miens.” Ce que je n’ai pas fait, bien sûr, croyant pouvoir m’en procurer par moi-même. Dans mon américanité, je ne pouvais imaginer accepter un tel don d’autrui. Je suis en Iran depuis plus d’un mois. Partout, jeunes et vieux, riches et pauvres me disent à quel point l’Iran d’après la révolution et d’après la guerre est devenu horrible. “Il n’y a plus de sécurité dans les rues.” Ils se plaignent constamment du gouvernement, du président Ahmadinejad, de l’atmosphère polluée de Téhéran, de la hausse du prix de l’essence, du métro bondé, du manque d’espoir pour les jeunes. Je ne peux qu’être d’accord, je ne peux que sympathiser avec les gens qui vivent ici – ces personnes qui ont peur que leurs enfants ne puissent jamais entrer à l’université, qui savent qu’elles ne peuvent s’offrir un logement à Téhéran. C’est mon côté américain, ce côté qui comprend ce que c’est que d’avoir peur de ne jamais voir se réaliser l’avenir que l’on souhaite. Mais, d’un autre côté, je pense aussi que Téhéran ressemble de plus en plus à n’importe quelle autre mégapole de planète. La hausse de l’essence, du prix des études, la mauvaise qualité des transports publics, un immobilier hors de prix, le crétin que les Américains ont élu président. Aux Etats-Unis, même les gosses aisés s’inquiètent. La vie à Los Angeles, à New York, à Boston et à San Francisco est aujourd’hui si chère que même les enfants de la classe moyenne supérieure ne peuvent se permettre de se payer un logement et d’aller à l’université.
La politique intérieure et extérieure des Etats-Unis constitue un autre de nos soucis. Nous savons que, contrairement à nos parents, nous vivons à une époque où le gouvernement américain se sert de la même technologie qui nous a donné les téléphones portables et le courrier électronique pour nous avoir à l’œil. Nos téléphones sont sur écoute, nos e-mails épiés, nos activités politiques surveillées. En d’autres termes, Big Brother nous regarde, c’est incontestable. Mes amis arabes, iraniens et d’Asie du Sud n’osent plus rien faire, de peur d’être accusés de terrorisme. Nous vivons dans une société de la peur : peur de ne pas avoir les moyens de nous offrir la vie que nous voulons, et peur de ne pas en avoir la liberté, même si on a l’argent nécessaire. Malgré tout, nous continuons à passer de bons moments. Tous les dimanches, je vais bronzer à la plage, je fais du vélo, aucun gouvernement ne m’interdit d’exhiber mon épiderme. Quand nous voulons nous défouler, nous allons en boîte pour y danser toute la nuit. Et, par-dessus tout, il est généralement admis que ma vie sexuelle ne regarde que moi. Or, selon moi, ce n’est pas ça, la liberté. En fait, c’est ce que Big Brother utilise pour détourner mon attention, afin que j’oublie justement à quel point je ne suis pas libre. Est-ce vraiment si différent de Téhéran ? Vous, les Iraniens, quand êtes-vous sortis à la plage ou en montagne pour la dernière fois ? Quand vous êtes-vous rendus à une mehmouni (fête) ou un aroosi (mariage), où l’ambiance est souvent plus délirante que dans la plupart des boîtes de nuit américaines ? Je suis sûre que c’était il n’y a pas si longtemps. La vie à Téhéran ressemble désormais tellement à la vie aux Etats-Unis que c’en est troublant. Et tout ça grâce à la mondialisation… Mais, quelque part, l’Iran reste différent. A mes yeux, en dépit de toutes les similitudes, l’Iran, c’est mieux. C’est mieux à cause de cet homme qui m’a offert ses sabzi au coin de la rue. Mieux parce que, chaque semaine, je suis bombardée d’appels de ma famille et de mes amis, qui veulent juste savoir si je vais bien. Mieux parce que tous les soirs, si je le veux, je peux passer du temps avec qui je veux, ce qui, aux Etats-Unis, ne m’arrive au mieux qu’une fois par semaine. Mieux parce que si, étant une femme seule peu douée sur le plan technologique, mon téléphone tombe en panne ou ma serrure est coincée, le vendeur de fruits et légumes au bout de la rue est là pour m’aider. La vie est dure, mais elle est adoucie par ces relations, des relations qui n’existent pas en Amérique. Nous autres, Iraniens des Etats-Unis, avons appris à nous adapter à la vie américaine, une vie solitaire."

Une fois de plus, merci à mon "informateur" Romain D. !
Voir aussi mon article du 28 janvier : http://tontondaniel.over-blog.com/article-5427484.html

Tonton Daniel

iran.JPG

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #international

Repost0