Publié le 29 Novembre 2009
Bonjour à tous
Les plus fidèles d'entre vous se souviennent peut-être de mon article du 24 juillet 2006 "Boudons le teck !"
Le sujet est hélas toujours d'actualité...
Lisez l'article suivant prélevé dans le n° 992 de Courrier International daté du 5 novembre 2009 (où l'on retrouve la demande en matériaux exotiques de Pékin qui continue de piller l'Afrique tout
en affirmant par ailleurs vouloir protéger la planète !) :
"Les autorités complices de la déforestation :
Officiellement protégées, les forêts malgaches se vident de leurs bois précieux, avec l’accord tacite des autorités. “Le Missouri Botanical Garden, rapporte L’Express de Madagascar, publie des
chiffres accablants sur le trafic de bois précieux. Selon un rapport de ce centre américain de recherche botanique, 571 conteneurs ont été exportés illégalement de Madagascar vers la Chine de
janvier à avril 2009. Un commerce juteux qui a permis aux trafiquants d’engranger 120 millions de dollars alors que la valeur déclarée à la douane malgache était de 41,6 millions de dollars. De
surcroît, seuls 5 % de cette valeur seront versés aux caisses de l’Etat à titre de redevance.”
Les chiffres sur ces revenus ne concernent que le début de l’année 2009, lorsque la crise politique malgache est à son paroxysme. C’est l’autorisation exceptionnelle d’exportation accordée [par
le régime de Marc Ravalomanana] à treize opérateurs à la fin du mois de janvier qui déclenche l’hémorragie [officiellement, il n’était question que de commercialiser les arbres déracinés par les
cyclones]. Face à la demande importante des exportateurs pour remplir leurs quotas, des milliers de paysans commencent à envahir les forêts et ne se contentent plus de ramasser les arbres
abattus. Les coupes deviennent alors incontrôlables. Ce n’est qu’au mois d’avril que le régime de transition [d’Andry Rajoelina] décide de geler les exportations, même celles autorisées par le
précédent régime [tombé le 17 mars].
Le 14 septembre, pour lutter contre les trafics, le gouvernement met en place un groupe de travail réunissant les ministères de l’Environnement et des Forêts, de la Justice, des Forces armées,
des Finances et du Budget, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, de la Population et des Affaires sociales. Le groupe de travail se répartit en trois équipes. “La première
s’occupe de la collecte d’informations et de renseignements, la deuxième se charge de la perquisition et la troisième de l’enquête”, notent Les Nouvelles. Arraisonnement de navires, cargaisons
bloquées, stocks saisis et autres interventions réalisées sur le terrain reçoivent alors de larges échos dans la presse malgache.
Mais le 21 septembre le gouvernement prend un arrêté interministériel autorisant provisoirement et sous certaines conditions l’exportation de bois précieux, en théorie afin de liquider les
stocks. Chaque opérateur doit payer 72 millions d’ariarys par conteneur (28 800 euros), dont 60 millions versés dans les caisses de l’Etat et les 12 millions restants pour la protection de
l’environnement. L’opération est censée s’achever le 30 novembre 2009. D’après M. Razakarimanarina, président de l’Association des ingénieurs forestiers malgaches, “l’exploitation légale, durable
et équitable des ressources forestières peut rapporter au gouvernement au moins 250 millions de dollars par an (redevances et taxes)”, rapportent Les Nouvelles. Or, selon le Fonds mondial pour la
nature (WWF), dans le nord de l’île “on assiste à une véritable exploitation de la situation de pauvreté de la population. Dans la région SAVA, les bûcherons perçoivent 5 000 ariarys par jour [2
euros] pour transporter les bolabola, les troncs de bois de rose ou d’ébène, des profondeurs de la forêt jusqu’au fleuve. Ce travail d’acheminement se fait dans des conditions inhumaines,
certains troncs pesant jusqu’à plus d’une tonne. Dans les ports d’Antalaha, Sambava ou Vohémar, le prix à l’exportation de ces bois précieux n’a rien à voir avec ce qui se passe en amont. Nos
richesses en bois de rose et d’ébène sont exportées à raison de 8,50 euros le kilogramme !”
A la veille du sommet de Copenhague sur le climat, le site urgenceclimat.org nous rappelle que planter un arbre est bon pour la planète et pour le climat :
http://www.wikio.fr/article/personnes-impliques-trafic-bois-precieux-madagascar-140390285
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_de_rose
http://tontondaniel.over-blog.com/article-3365834.html
Tonton Daniel

