Publié le 30 Avril 2014
Bonjour à tous
Saviez-vous qu'au XVIIe siècle, à l'occasion des fêtes qu'il y faisait donner, le roi Louis XIV faisait parfumer les fontaines du parc de Versailles avec des essences de jasmin, d'oeillet blanc et de fleur d'oranger ? Depuis cette époque lointaine où fleurissaient les fournisseurs de la Cour royale, Versailles a toujours entretenu un rapport particulier avec l'industrie du parfum. Aujourd'hui, afin de rappeler ce passé prestigieux aux foules assoiffées de culture et couvertes de dollars, un petit ensemble architectural a vu le jour à deux pas de la place d'armes où des milliers de touristes bruyants et impatients se pressaient ce matin : "La Cour des Senteurs".
Première étape de ce "parcours olfactif", la "place des senteurs" regroupe quatre boutiques de luxe, Guerlain, Lenôtre, Fabre et Diptyque, qui proposent leurs produits aux touristes de passage faute désormais de souverains, de favorites et de courtisans. La boutique Guerlain de l'endroit est d'ailleurs le seul point de vente mondial du parfum "Cour des Senteurs - Versailles" créé ici tout à la fois pour rendre hommage à la reine Marie-Antoinette dont la fleur préférée était le jasmin mais aussi pour satisfaire ses nombreux admirateurs modernes...
Plus culturelle, la minuscule "Maison des parfums" située de l'autre côté de la cour propose un résumé succinct de l'histoire de la parfumerie avec bornes interactives, diffuseurs de senteurs et anecdotes amusantes : saviez-vous par exemple qu'en 1789, alors que le parfum fut déclaré "Suspect de la République" furent créés le "Parfum de la guillotine" et la "Pommade à la Sanson" du nom du célèbre bourreau ? Sur un côté, parfumé à la fleur d'oranger, fragrance préférée du Roi-Soleil, un mur d'eau évoque les fontaines à parfum disposées à l'entrée des salles à manger sous le règne de Louis XIV qui "permettaient aux convives de se rafraîchir les mains avant de dîner sans couverts"...
Enfin, l'intérêt du lieu est ailleurs, loin de la foule agitée et des boutiques prétentieuses, dans un espace réparti en trois cours successives, l'Ecrin, l'Herbier et le Jardin. Dans les deux premières sont présentées à l'air libre des espèces végétales parfumées et les principales matières premières naturelles utilisées en parfumerie. Dans la troisième, caché derrière la façade du couvent des Récollets, un petit jardin désert et irrégulier justifie à lui seul la visite. Ce matin, sous un beau soleil printanier, entre les bancs et la roseraie, les seuls habitants de ce petit havre de paix étaient les oiseaux, indifférents à l'Histoire, aux touristes et au commerce !
Un lieu d'exception, un jardin fleuri, des parfums envoûtants, quelques commerçants avisés... Ne serions-nous pas revenus à Versailles au XVIIe siècle ?
Tonton Daniel


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