Publié le 24 Mars 2021
Publié le 24 Mars 2021
Publié le 24 Mars 2021
Publié le 17 Mars 2021
Bonjour à tous
En 1983, la France découvre l'affaire Boursicot, extravagante histoire d'espionnage mêlant sexe, mensonges, manipulations et exotisme. Où quand la réalité dépasse la fiction !
L'histoire débute en 1964 lors d"une réception à l'ambassade de France à Pékin quand Bernard Boursicot, fonctionnaire français âgé de vingt ans, rencontre Shi Pei Pu, interprète masculin de rôles féminins à l'Opéra de Pékin, âgé de vingt-six ans et parfaitement francophone. D'apparence frêle et parlant avec une voix aigue, le jeune mandarin confie au comptable français être une femme travestie en homme pour raisons familiales et culturelles. Très vite, une liaison physique s'installe et la jeune femme informe son amant de sa grossesse fin 1965, juste avant le retour de celui-ci pour la France. De retour en Chine en 1969 en pleine révolution culturelle, Bernard Boursicot retrouve la jeune femme, celle-ci lui présente des amis qui l'initient à la doctrine communiste et au célèbre Petit Livre rouge du président Mao. Par conviction ou pour protéger sa nouvelle famille surveillée par les gardes rouges, le français qui a enfin rencontré en 1973 son fils Bertrand-Shi Dudu transmettra courriers diplomatiques et documents officiels pendant cinq ans à ses "officiers traitants" du Qingbao et du Diaochabu, les services secrets chinois. Après plusieurs mutations en Mongolie et en Amérique centrale, il ne retrouvera définitivement sa famille qu'en 1982 à Paris où leurs activités parallèles sont enfin découvertes un an plus tard.
Dès son ouverture, le procès pour espionnage sera source de révélations encore plus invraisemblables ! Car Shi Pei Pu est réellement un homme qui a menti pendant vingt ans à son amant ! Sans expérience amoureuse, le jeune fonctionnaire ne s'était jamais rendu compte que le chinois dissimulait toujours son sexe entre ses jambes lors d'ébats amoureux aussi rares que fugaces et furtifs, la peau du scrotum permettant une pénétration superficielle et un simulacre de reproduction. La supercherie était très méticuleuse : serviettes tâchées de sang, ébats réalisés dans la pénombre, nudité partielle, rôle passif attribué à l'homme... Quant à Shi Dudu, l'enquête révèle qu'il s'agit d'un orphelin "fourni" dès son plus jeune âge par le Qingbao et choisi pour ses traits métissés pour rendre le subterfuge plus crédible.
Présentée à la télévision comme une vedette de l’Opéra de Pékin lors de son arrivée à Paris, Shi Pei Pu est désigné comme agent des services secrets chinois, condamné pour espionnage à six ans de prison, grâcié un an plus tard pour raisons "officielles" de santé et meurt à Paris en 2009. Boursicot, lui, est inculpé pour "intelligence avec des agents d'une puissance étrangère", tente de se suicider en prison en apprenant la vérité sur son "couple", obtient une liberté conditionnelle après cinq ans en cellule, renoue avec un ancien amant pour vivre enfin pleinement son homosexualité refoulée jusqu'à la mort de son compagnon et vit désormais dans une maison de retraite en Bretagne.
Cette histoire incroyable inspirera une pièce de théâtre en 1988 puis "M. Butterfly", film réalisé par David Cronenberg en 1993. Lors du procès, d'aucuns ont prétendu que les documents transmis à des espions chinois de seconde zone par un homme bien naïf et à la personnalité complexe étaient en réalité de très faible importance. L'affaire aurait surtout été le prétexte et l'occasion pour les services secrets français de mieux connaitre les méthodes du renseignement chinois et d'infiltrer ses filières... Réalité ou fiction ?
Sources : Histoires de Paris n°14 - Le Paris des espions - Mars 2021 / Internet
Tonton Daniel
Publié le 14 Mars 2021
"Monsieur,
Je vous prie de bien vouloir considérer la présente missive comme lettre de démission officielle. Je me suis vraiment emmerdé à bosser dans cette boite et c'est surtout de votre faute. Vous êtes le pire chef de service que j'ai eu le malheur de connaître. Vos talents personnels sont virtuellement inexistants, vous êtes incapable de susciter la moindre étincelle de loyauté de la part de vos collaborateurs, vous avez moins de charisme qu'une moquette et je suis certain que n'importe quel candidat de téléréalité est doté d'un meilleur sens des affaires que vous. En plus, vous donnez vraiment l'impression d'être le rejeton d'un mariage consanguin.
Je n'ai jamais aimé travailler ici. Mon salaire a toujours été nul et si je suis resté si longtemps, c'est parce que je me suis servi d'internet et de la machine à timbrer du service courrier pour monter ma propre petite affaire au noir de vente par correspondance. Sans compter que mon beau-frère m'emprunte la voiture de fonction tous les week-ends pour faire le taxi Uber et arrondir ses fins de mois. Ah, et puis j'oubliais le très profitable business de vente de fournitures de bureau qui me permettait d'installer un stand sur les kermesses et brocantes de la région.
On m'a proposé du travail chez l'un de vos concurrents directs. En fait, on me l'a proposé depuis plus d'un mois mais j'ai eu besoin de cette période pour finir de récupérer toutes vos archives clientèle confidentielles ainsi que tous vos bilans. N'espérez pas me traîner en justice sous le prétexte fallacieux d'une quelconque opération d'espionnage industriel. Je vous signale que j'ai en ma possession, conservés dans un endroit sûr, tous les négatifs des photos prises à la dernière fête du bureau. Si vous souhaitez ne pas mettre votre mariage en péril, je vous suggère de vous tenir à carreau.
Quant aux négociations concernant mon préavis, je vous laisse seul juge. Vous pouvez me libérer dés aujourd'hui (avec le solde de mes congés et une généreuse prime de départ) et vous n'entendrez plus parler de moi. D'un autre côté, il est fort possible que vous vouliez suivre la procédure et m'obliger à rester le temps du préavis stipulé dans mon contrat. Dans ce cas, il est fort possible qu'au cours de cette période je sois pris de violentes crises du syndrome de Gilles de la Tourette et que je sois alors incapable de me retenir de cracher partout, d'injurier les clients, voire d'interrompre les rendez-vous avec de futurs partenaires financiers. A vous de voir.
Cordialement.
PS : Tu pues."
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