Publié le 24 Juin 2022


Bonjour à tous

Assoiffé d'espace et de liberté comme peut l'être un ancien otage enfermé durant des années, le journaliste et écrivain Jean-Paul Kauffmann s'est évertué pendant plusieurs mois à se faire ouvrir la "Venise à double tour", celle des "églises closes", fermées, secrètes, cachées, reconverties ou menaçant ruines afin de retrouver un souvenir obsèdant à demi effacé, un "miroitement", une fulgurance face à une toile de maitre entrevue dans la Cité des Doges cinquante ans plus tôt.

Dans l'envers du décor théâtral, derrière chaque porte fermée, chaque cadenas rouillé, chaque mur aveugle, loin du Carnaval, des palais baroques et de la submersion des hommes et des eaux, notre guide nous emmène entre "ombre et silence" dans une autre Venise, celle du hasard, du brouillard, des rides exhibées, des vieux appartements, des églises aux parfums de cire chaude, dans une ville-état dont le secret a toujours été l'élément central, une cité dont le vrai visage reste dissimulé sous un masque de pierre.

Au détour d'un canal, voici les fantômes de Goethe et de Musset, de Charles de Beistegui et de Marco Polo, d'Hugo Pratt et de Corto Maltese... Au bout d'un pont de bois fragile, le mystérieux et inaccessible jardin d'Eden... Derrière une façade décrépie, le murmure des clandestins et des sans-papiers évoquant le premier ghetto de l'Histoire créé ici au XVIe siècle... Et parfois une porte miraculeusement ouverte, faisant oublier craintes, doutes et découragement et naître un "moment parfait", une "communion avec le monde", un sentiment océanique d'harmonie et de béatitude...

Tintoret ? Véronèse ? Tiepolo ? Palma le jeune ? Malgré l'aide de Sartre et de Lacan dans sa quête sacrée, il faudra beaucoup de patience à notre enquêteur pour enfin trouver le trésor artistique convoité. Et si celui-ci n'était que l'occasion d'une réflexion sur la foi, le pêché, la rédemption ? Ou l'image symbolique d'une autre église refoulée depuis son enfance ? Ou encore le prétexte à parcourir un autre labyrinthe, celui d'une mémoire qui tourne en rond comme le fait un homme perdu dans une ville légendaire à laquelle il ne peut échapper ?

Tonton Daniel
 

venise à double tour

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 22 Juin 2022


Bonjour à tous

Indépendant de tout dérèglement climatique, le phénomène de galerne est un évènement météorologique violent qui nécessite la conjonction de différents éléments ainsi qu'une configuration géographique très particulière. Par sa position au fond du golfe de Gascogne, le Pays Basque est fréquemment confronté à cette anomalie, trois à quatre fois par an en moyenne. Les monts Cantabriques situés au nord de l'Espagne canalisent en effet les vents froids océaniques d'ouest - nord-ouest. Au contact de la masse d'air chaud continentale se produit une convection atmosphérique qui engendre des vents tourbillonnants pouvant atteindre 100 km/h, le ciel s’assombrit, le taux d'humidité remonte, le température et la pression atmosphérique chutent brutalement.

Quand le thermomètre est anormalement élevé sur le continent, comme en cas de canicule par exemple, le phénomène est particulièrement marqué. Et c'est exactement ce qui vient de se produire au Pays Basque français le 18 juin 2022 avec une baisse invraisemblable de la température qui a plongé à Biarritz de 42°C à 22°C, soit une chute vertigineuse de 20°C en une heure !

Aussi appelé au Pays Basque "enbata" ou "brouillarta", du nom de l’Artha, digue située à l’entrée de la baie de Saint-Jean de Luz, la galerne existe ailleurs dans le monde et a fait de nombreuses victimes du temps de la marine à voile. La plus meurtrière de ces curiosités météorologiques date du samedi saint du 20 avril 1878, elle fit alors 322 victimes parmi les pêcheurs basques et cantabriques pourtant réputés parmi les meilleurs marins du monde.

Tonton Daniel
 

galerne
galerne

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #pays basque, #dérèglements climatiques, #le saviez-vous

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Publié le 18 Juin 2022

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #dérèglements climatiques

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Publié le 13 Juin 2022


Bonjour à tous

Depuis la nuit des temps, la communauté Toraja d'Indonésie pratique un culte funéraire très particulier. La dépouille des enfants morts-nés est inhumée dans le tronc d'un arbre vivant, arbre-cercueil qui finit par se refermer lentement et naturellement sur le corps qui lui est confié, le cycle de la Vie et de la Nature pouvant alors reprendre son cours.

Cette pratique symbolique a inspiré l'écrivain et cinéaste Philippe Claudel pour son roman "L'Arbre du pays Toraja", réflexion philosophique sur la maladie, la mort et le mourir. Mêlant fiction et détails autobiographiques, le récit retrace le quotidien d'un homme de cinquante ans, ses voyages, ses amours, son métier, les épreuves traversées, un enfant mort-né vingt ans plus tôt et la rédaction d'un scénario dédié à son meilleur ami emporté par un cancer foudroyant.

Malgré son sujet, Philippe Claudel évoque avec humour et sans pathos la petite mort du sommeil, les rêves de suicide, les "souvenirs blessés", les photos qui résument une vie, les parfums qui s'évaporent, le temps qui passe, mais aussi la trace, le témoignage et les oeuvres que nous laissent écrivains et artistes avant de "se retirer du temps".

Peu à peu, "le texte est devenu l'arbre du pays Toraja", enveloppant le souvenir, protégeant la mémoire, enfermant les secrets, rappelant le ventre de la femme enceinte et annonçant non pas l'enfant mort-né mais l'enfant à naître, nouveau maillon d'une chaîne vivante et plurimillénaire, destiné comme l'arbre à monter vers les cieux...

Tonton Daniel
 

l'arbre du pays toraja

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #la mort, #le temps qui passe, #arbres

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Publié le 5 Juin 2022


Bonjour à tous

Persuadés qu'ils vivraient beaucoup mieux en prison car mal nourris et à l'étroit dans la maison de retraite où ils résident, les très honnêtes et très respectables Märtha, Stina, Anna-Greta, Oscar et Bertil décident un beau jour de fuguer, organiser un casse... et se faire prendre volontairement pour changer de vie ! Désirant gérer leur présent eux-mêmes, les cinq complices auto-proclamés "gang des dentiers" préfèrent en effet l'action à la passivité et décrètent d'une seule voix : "L'un des secrets d'une vie heureuse, c'est d'avoir un but, un projet". Malgré leurs déambulateurs et leur âge avancé, ces Pieds Nickelés suédois réussiront-ils le coup parfait et parviendront-ils à leurs fins ?

Hélas, malgré son sujet parfaitement amoral, ses personnages sympathiques et son titre français racoleur (sans rapport avec l'original), "Comment braquer une banque sans perdre son dentier" de la romancière suédoise Catharina Ingelman-Sundberg ne tient pas longtemps ses promesses. Si l'histoire en demi-teinte permet parfois quelques sourires, elle servira surtout de réflexion à différents sujets, le sort de nos aînés, la vie dans les EHPAD, la dépendance, l'enfermement physique ou l'obsession de rentabilité financière de quelques institutions.

Derrière le sourire de façade, ce "dentier" pas très incisif manque cruellement de mordant !

Tonton Daniel
 

comment braquer une banque sans perdre son dentier

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #humour

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