Publié le 27 Octobre 2022


Bonjour à tous

Emergeant de la canopée, le géant est si grand qu'il a été repéré pour la première fois sur des images satellites ! Il aura fallu trois ans et plusieurs expéditions dans la réserve naturelle de la rivière Iratapuru, dans le nord du Brésil, pour enfin arriver en septembre 2022 au pied de ce Dinizia excelsa, aujourd'hui considéré comme le plus grand arbre d'Amazonie. Avec une hauteur de 88,50 mètres (celle d'un immeuble de 25 étages) et 9,9 mètres de circonférence (et non pas de diamètre comme relayé par des médias toujours trop pressés...), ce colosse végétal âgé d'au moins 400 ans n'est pas le plus grand ni le plus vieux du monde mais il représente à lui seul un symbole et un espoir de survie dans une zone particulièrement menacée de la planète. 

Comme de nombreuses espèces tropicales, le Dinizia est en effet réputé pour son bois et abondamment exploité quand il n'est pas simplement abattu ou brûlé pour laisser place à des plantations de soja ou des exploitations d’élevage bovin. Alors qu'un seul arbre âgé et de grande taille produit beaucoup d'oxygène, participe à la régulation du climat, abrite un écosystème foisonnant et stocke énormément de CO2 , les chiffres récents concernant la déforestation au Brésil sont catastrophiques : depuis 2019, le déboisement annuel moyen en Amazonie brésilienne a augmenté de 75% par rapport à la décennie précédente et connu une croissance de 20 % pour la seule année 2021 avec 18 arbres abattus par seconde, soit 2 hectares déboisés par minute !

Un arbre peut cacher une forêt, dit-on... Veillons donc à ne pas en fixer exclusivement un seul afin de voir aussi ses voisins et la forêt qui brûle !

Tonton Daniel
 

le plus grand arbre d'amazonie

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #arbres, #environnement

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Publié le 26 Octobre 2022


Bonjour à tous

Article paru dans le magazine Courrier international du 11 février 2020 :

"Démographie. Dénatalité : ne pas faire d’enfants, une réalité historique.

Alors que de nombreux pays dans le monde sont confrontés à une baisse irrémédiable de la natalité, le Washington Post rappelle que le phénomène n’a rien de contemporain.
Cet article est extrait de notre dossier "La fin des bébés", sur les explications de la baisse de la fécondité partout dans le monde. Et les réponses que les Etats tentent d’apporter à ce qu’ils voient comme une menace.

“Les femmes sans enfants existent depuis des siècles”, rappelle l’historienne Rachel Chrastil dans un article publié par le Washington Post. Alors que le phénomène est volontiers décrit comme contemporain, “la décision d’avoir des enfants est liée à quelque chose de bien plus ancien : l’institution du mariage”, selon la professeure.

“Dès le XVIe siècle, dans les villes et les villages du nord-ouest de l’Europe, les femmes ont commencé à repousser leur mariage jusqu’à leurs 25 ans. Au lieu de s’installer dans leur belle-famille, elles voulaient fonder un foyer autonome, ce qui demandait du temps et de l’argent. Dès lors, un ensemble de choix personnels et de contraintes économiques, culturelles et biologiques ont pesé sur les taux de fécondité.”

Ainsi, “dans les villes de la France prérévolutionnaire, entre 15 et 22 % des adultes restaient célibataires, et sans doute sans enfants”. Aux États-Unis, à la même période, la religion, les travaux aux champs et la nécessité de peupler le pays poussent davantage les femmes à procréer, remarque la chercheuse. Mais la révolution industrielle balaye ces principes. 20 % des Américaines nées entre 1885 et 1915 ne deviennent pas mères.

Le baby-boom qui suit la Seconde Guerre mondiale n’est qu’une parenthèse. Dès les années 1970, “ne pas avoir d’enfant redevient une possibilité”. En 1974, “dans un épisode de la série All in the Family, regardée par 40 millions de téléspectateurs, Gloria, [l’un des personnages], explique : ‘Maman, je pense qu’une femme doit être une personne avant tout, et ensuite peut-être une mère. Je n’ai pas besoin de mettre au monde un enfant pour me sentir utile !’”

Tonton Daniel

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #démographie

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Publié le 23 Octobre 2022


Bonjour à tous

Confronté à une chute vertigineuse des naissances sur son sol, à une population toujours plus âgée et à une hausse incontrôlée de ses dépenses publiques, et profitant des traditions de sacrifice, de docilité et de renoncement de ses citoyens, l'Etat japonais vient de mettre en place le "Plan 75", programme d'accompagnement des personnes de plus de 75 ans... vers un suicide médicalement assisté ! Qu'on se rassure, ce scénario terrifiant est celui du premier long-métrage de la réalisatrice japonaise Chie Hayakawa sorti sur nos écrans le mois dernier !

La fiction n'est pourtant pas loin de la réalité. Inspirée par la dérive bien réelle de la société nippone devenue selon elle "indifférente aux difficultés des autres", le "manque d'empathie" de japonais intolérants face à des "improductifs" malades, âgés ou invalides et un Etat qui incite chaque citoyen à se prendre en charge individuellement afin de ne pas être un “fardeau” pour la société, la cinéaste ne fait qu'envisager l'avenir d'un pays où l'être humain n'est plus considéré aujourd'hui que "comme une composante économique et démographique".

Beaucoup plus réaliste que les films "Soleil vert" (“Soylent Green”) ou "L'âge de cristal" (“Logan’s Run”) traitant du même sujet, "Plan 75" n'en est que plus terrifiant. Ici, pas d'effets spéciaux, pas de violence hors la séquence d'introduction inspirée d'un fait bien réel. Ce film choc et bouleversant, illuminé par la magnifique actrice principale Chieko Baisho, fait la part belle aux silences, aux regards, aux plans fixes, aux détails du quotidien, une boîte à lettres désespérément vide, un téléphone qui ne sonne jamais, des amis qui disparaissent ou un simple bol de soupe offert dans la rue, expressions de solitude, de honte et de vulnérabilité balayées en fin de récit par un message anodin évoquant le recyclage des corps par une entreprise privée...

Récompensée par la Caméra d'or au Festival de Cannes en 2022 et sélectionnée pour l'Oscar 2023 du meilleur film étranger, cette extraordinaire anticipation permettra-t-elle l'ouverture partout sur la Planète de débats constructifs sur le vieillissement de la population, l'insuffisance des systèmes de retraites, l'euthanasie et la question démographique ?

Tonton Daniel
 

plan 75

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #cinéma, #démographie, #japon, #la mort

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Publié le 21 Octobre 2022


Bonjour à tous

Publié en 1923 peu après la fin de la Première Guerre mondiale, "Le Diable au corps", premier roman du jeune Raymond Radiguet alors âgé de 20 ans, fit scandale à la fois auprès des anciens combattants et d'une société bourgeoise à la morale très stricte. Comment accepter les amours d'un adolescent de 16 ans trop jeune pour être appelé au front et d'une jeune femme de 18 dont le mari se bat au loin, adolescent insouciant qui profite de la guerre et de l'absence d'un mari et qui évoque cet adultère comme une période heureuse de "quatre ans de grandes vacances" ?

Probablement d'inspiration autobiographique, le récit dresse d'abord le portrait d'un jeune homme inexpérimenté, avide de liberté, opposé à toute contrainte sociale, courant les champs de blé et les bords de Marne aux portes de Paris. Très vite, les premiers émois innocents et la fierté juvénile laissent place au libertinage, puis à une passion amoureuse entre deux êtres qui, comme souvent, ne s'aiment pas de la même manière : "Celui qui aime agace toujours celui qui n'aime pas"... Fuyant ses responsabilités, l'amoureux finit par douter, devient jaloux, lâche et menteur face à une femme soumise et docile, parfois idiote et souvent indécise. "Le bonheur est égoïste" se justifiera le manipulateur cynique face à la vindicte publique et juste avant le drame final...

Journaliste à 15 ans, ami de Jean Cocteau et de Joseph Kessel, mort en 1923 à l'âge de 20 ans après la parution de ce "Diable au corps" d'une extraordinaire maturité, Raymond Radiguet figure aujourd'hui comme un météore littéraire, un talent précoce trop tôt disparu, un mythe dont le deuxième et dernier roman, "Le Bal du comte d'Orgel", sera publié à titre posthume peu après sa disparition.
"Je me hâtais comme les gens qui doivent mourir jeunes et qui mettent les bouchées doubles" fait dire l'auteur à son héros anonyme avant la fin du roman...

Tonton Daniel
 

le diable au corps

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 19 Octobre 2022


Bonjour à tous

Article signé Claire Carrard et paru dans le magazine Courrier International du 6 février 2020 :

“Où sont passés les bébés ?”, “Maman, j’ai rétréci les gosses”, “Alertez les bébés !”, “Bébés, le crash mondial…” : voilà quelques-uns des titres auxquels vous avez échappé cette semaine, et c’est tant mieux, comme nous l’expliquions à une lectrice en visite au journal vendredi dernier, qui s’interrogeait sur la “fabrication” de la une. Côté visuel, moins d’hésitations cette fois, tant le bébé râleur donnant une conférence de presse, par l’Espagnol Javier Jaén, a fait l’unanimité dans l’équipe pour la couverture de ce numéro.

Nous avons cette méchante habitude, dans la presse, d’annoncer plus que de raison la fin d’à peu près tout. Celle de Macron, de la démocratie, du monde, et, aujourd’hui, des bébés… Pourquoi ce sujet tout d’un coup ? Parce que la démographie reste un enjeu majeur dans de nombreux pays et que les réponses que les États tentent d’apporter en disent beaucoup sur l’avenir de nos sociétés.
À Fermoselle, dans la province de Castille-et-León, aucune naissance n’a été enregistrée depuis deux ans. “‘Nous sommes la capitale d’une Espagne qui se vide’, se vantent les habitants, comme s’ils avaient été choisis pour accueillir les Jeux olympiques”, écrit joliment El Mundo. Depuis plusieurs semaines, les articles se multiplient dans la presse étrangère sur un phénomène observé depuis des décennies déjà : la chute du taux de natalité qui frappe de nombreux pays. Les pays occidentaux ne sont pas seuls concernés. En Asie (en Chine comme au Japon), en Europe de l’Est, en Amérique latine et jusqu’en Afrique, le taux de fécondité baisse.

Longtemps, ce fut sans doute pour de bonnes raisons, explique Anna Louie Sussman dans le long article du New York Times qui articule notre dossier : une meilleure diffusion des moyens de contraception et une plus grande liberté de choix en matière de procréation, un meilleur accès à l’éducation et au monde du travail pour les femmes, une hausse du niveau de vie…

Mais voilà, ne plus faire d’enfants est de moins en moins une affaire de choix. La journaliste dénonce une faillite du capitalisme moderne, qui rend incompatibles travail et vie de famille. “La dénatalité est, au fond, le symptôme d’un mal bien plus vaste. Partout dans le monde, les conditions économiques, sociales et écologiques agissent tel un contraceptif insidieux.” L’intérêt de l’article réside dans le lien qu’il établit entre trois pays a priori très différents pour expliquer la chute des naissances : les États-Unis, la Chine et le Danemark.

En plein débat sur les retraites en France, alors que la crise migratoire divise plus que jamais les Européens, un dossier sur la fin des bébés apporte aussi un autre éclairage sur les réponses (non neutres) proposées par les différents gouvernements à cette crise démographique. De Moscou à Ankara, de Rome à Budapest, de Rio à Séoul… les mesures en faveur de la natalité (dans de nombreux pays, le taux de fécondité ne suffit pas à assurer le renouvellement de la population) traduisent bien l’inquiétude des dirigeants politiques face à ce qu’ils vivent comme un déclin : en Turquie, le président Erdogan exhorte régulièrement ses concitoyens à faire “au moins trois enfants” ; en Russie, Vladimir Poutine lance un vaste programme d’allocations familiales ; à Bruxelles, Ursula von der Leyen vient de nommer une commissaire à la démographie ; en Hongrie, le gouvernement Orbán rend l’accès à la PMA gratuit…

Comment expliquer ce sentiment de panique ? Retour au New York Times. “L’état de la natalité soulève des inquiétudes en matière d’équilibre des finances publiques et de stabilité de la population active et, dans certains cas, vient même alimenter la montée de la xénophobie.” C’est particulièrement le cas en Europe de l’Est, mais pas seulement.

En Italie, pourtant, nous dit La Stampa, la situation démographique du pays (qui a vu sa population baisser en 2018) serait pire “sans l’apport de l’immigration”. C’est bien l’un des enjeux majeurs de cette “crise démographique”. À suivre."

Tonton Daniel

 

la fin des bébés

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #démographie

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