Publié le 26 Octobre 2023

"Coupe du monde de Zermatt : accusés de détruire un glacier, les organisateurs mis en garde par les autorités.

À moins d'un mois des descentes de Coupe du monde de ski alpin à Zermatt en Suisse, les autorités ont mis en garde mardi les organisateurs, accusés par les activistes du climat de détruire un glacier pour façonner la piste.

Des photos et des vidéos publiées par les médias suisses ces derniers jours ont montré des pelleteuses travaillant sur le glacier du Théodule, provoquant un certain émoi en Suisse où les glaciers fondent à un rythme alarmant depuis quelques années sous l'effet du réchauffement climatique.
Saisie par les ONG, la Commission cantonale des constructions du Valais a indiqué mardi avoir constaté qu'« une partie des installations empiète, sur une très faible surface, hors du domaine skiable homologué sur le territoire suisse ».

En conséquence, elle prononce « une interdiction immédiate d'utiliser les installations concernées hors du domaine skiable homologué », selon un communiqué.
« Dès que la situation météorologique le permettra, compte tenu des chutes de neige de ces derniers jours, cela sera rectifié, sans mettre en péril le parcours d'un point de vue sportif », a réagi le comité d'organisation du Matterhorn Cervino Speed Opening, qui renonce à faire appel.

L'an dernier, les épreuves de Coupe du monde de Zermatt/Cervinia avaient dû être annulées en raison de l'absence de neige, et surtout de l'impossibilité d'en créer en raison des températures élevées. Cette année, les épreuves doivent avoir lieu [entre le 11 et le 19 novembre] sur une piste dessinée sur les territoires suisse et italien, en partie sur le glacier suisse du Théodule.

Mais la publication le 15 octobre d'un article de 20minutes.ch affirmant, sur la base de relevés GPS, que le tracé de la piste excéderait les limites de la zone dédiée aux activités de ski a fait réagir les ONG de défense de l'environnement, dont WWF, Pro Natura [et Mountain Wilderness Schweiz]. Ces ONG, assistées par l'association « Avocat-e-s pour le Climat », ont saisi la Commission cantonale des constructions du Valais, accusant les organisateurs de la compétition de « détruire un glacier pour opérer une nouvelle piste en Coupe du monde de ski ».

La commission avait ordonné la semaine dernière l'arrêt des travaux menés hors du domaine skiable sur le glacier du Théodule afin de procéder à une analyse sur le terrain. Elle n'a pas pu encore s'y rendre en raison des conditions météorologiques, mais a d'ores et déjà prononcé mardi l'interdiction d'utiliser les installations hors du domaine skiable.

« La nécessité d'ordonner une éventuelle remise en état des lieux ainsi que le prononcé d’une amende seront analysés ultérieurement », a-t-elle indiqué. Elle entend également se pencher sur les travaux réalisés à l'intérieur du domaine skiable.

Selon les glaciologues de l'Académie suisse des sciences naturelles, les glaciers suisses ont fondu autant ces deux dernières années qu'entre 1960 et 1990, sous l'effet de conditions météorologiques extrêmes exacerbées par le dérèglement climatique. Après avoir perdu 6% de volume en 2022, année record, ils ont encore fondu de 4% cette année, deuxième recul le plus important depuis le début des mesures."

Source : https://www.ledauphine.com/skichrono/2023/10/24/coupe-du-monde-de-zermatt-accuses-de-detruire-un-glacier-les-organisateurs-mis-en-garde-par-les-autorites
 

le glacier et les pelleteuses
le glacier et les pelleteuses

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #actualité, #environnement, #dérèglements climatiques, #homo absurdus

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Publié le 20 Octobre 2023

Qui est "La Femme gelée" dont la romancière Annie Ernaux dressait le portrait en 1981 ? Un personnage de fiction ? Une inconnue ? Sa mère ? Elle-même ?

Dans le décor des milieux ouvriers et commerçants des années 50, la jeune Annie est encore une enfant pleine de rêves, fille unique, remuante et curieuse, jouant avec les garçons, ne faisant presque aucune différence entre ses parents atypiques. Puis vient pour elle le temps des copines, de l'école religieuse, des histoires inventées, l'évasion par la lecture, la découverte du monde, une certaine réussite scolaire...

A l'adolescence, les premières règles, les émois amoureux innocents, la révélation d'une mère "gueularde et peu féminine", ancrée dans les traditions et dans sa classe sociale. Puis la déception des autres et de soi-même, les garçons de passage, les réponses existentielles cherchées dans la philo et la littérature, la prise de conscience que "presque tous les malheurs des femmes viennent par les hommes", le cafard, la solitude, les questions, l'incompréhension...

C'est ensuite l'heure du mariage, accompagné de la maternité, devenu petite mort avec la fin des activités intellectuelles, le deuil des sorties culturelles, la disparition des projets, des rêves et de la liberté. Parcours-piège classique, redouté mais inévitable, que la lecture du "Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir ne permettra pas d'éviter. Enfin l'émancipation par la vie professionnelle afin d'échapper à la condition féminine des années 60 et aux contraintes de toutes sortes, tentative presque avortée devant l'ampleur d'une tâche insurmontable...

La Femme gelée, paralysée, figée dans son moule, semblable aux autres, sans révolte ni revendication ni espoir, vaincue par la société et par la nature, sur laquelle le temps a fait son ouvrage, c'est l'auteure, c'est sa mère, c'est toutes les femmes, ici et ailleurs, depuis la nuit des temps et pour longtemps encore...

Tonton Daniel
 

la femme gelée

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 13 Octobre 2023

Au fil du temps et des rentrées littéraires, la famille de la romancière Annie Ernaux est un peu devenue la nôtre. Paru en 1997, "Je ne suis pas sortie de ma nuit" vient compléter une oeuvre autobiographique déjà riche grâce au portrait de la mère de l'auteure, femme âgée, atteinte de la maladie d'Alzheimer et placée dans les années 80 en "long séjour" dans ce qu'on n'appelait pas encore un EHPAD.

Pour Annie Ernaux, ce récit en forme de journal n'est pas un témoignage mais "le résidu d'une douleur", un exorcisme, un bouclier salvateur, un don aux autres. A chacune de ses visites, le présent rappelle le passé, les souvenirs reviennent grâce à des petits riens, une couleur, un parfum, une chanson. A chaque fois, des femmes attachées, vêtues des mêmes grandes chaussettes et de la même chemise ouverte dans le dos. A chaque fois, les relents d'excréments et d'urine à peine masqués par des senteurs d'eau de Cologne, les gestes impudiques, le drame de la solitude, de l'ennui et de l'attente...

Et pour les proches, jour après jour, les mêmes sentiments et les mêmes questions, la sidération, "l'identification", l'inversion des rôles entre enfants et parents, la culpabilité de l'abandon, parfois le désir cynique et très humain que tout cela cesse rapidement... Enfin, chaque soir, le soulagement en quittant les lieux, vite effacé par la crainte du lendemain, jusqu'à la dernière visite et ces mots terribles, inévitables, inéluctables, presque attendus : "Elle est morte".

La famille d'Annie Ernaux est désormais un peu la nôtre, en partie grâce à la femme dont la figure fatiguée et l'histoire familière se superposent à celles de toutes les mères aujourd'hui "en long séjour". Celles qui auraient pu dire ou écrire une dernière fois avant de sombrer dans la lente décrépitude du corps, de l'esprit et de la mémoire : "Je ne suis pas sortie de ma nuit".

Tonton Daniel
 

je ne suis pas sortie de ma nuit

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 7 Octobre 2023

Parmi les fragments autobiographiques que la romancière Annie Ernaux confie à ses lecteurs depuis près de cinquante ans, "L'autre fille" dévoile un secret de famille bien gardé, mystère découvert au hasard d'une conversation, l'existence d'une soeur aînée morte de la diphtérie à l'âge de six ans, peu de temps avant la naissance de l'auteure. Cette vérité brutale reçue à l'âge de dix ans affectera à jamais la jeune Annie, l'éloignera un peu plus de sa mère pour ce mot révélé a priori involontairement ou pire, maladroitement, et la guidera naturellement vers l'écriture, "la solitude et l'intelligence", seules capables de remplacer un amour parental défaillant.

Déclaration d'amour ? De haine ? D'indifférence ? Lettre adressée à une morte comme seule possibilité de "résurrection", récit bouleversant mais sans pathos, le portrait de la soeur jamais connue, enfant sage et pieuse, aujourd'hui fantôme immobile fixé sur quelques rares photos en noir et blanc, est devenu nécessaire et indispensable face au silence familial et à l'oubli. Pour enfin parvenir à ce renversement des apparences et à cette conclusion terrible et désabusée : "L'autre fille, c'est moi."

Tonton Daniel
 

l'autre fille

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 4 Octobre 2023

Johan Eklöf, chercheur, zoologiste et enseignant suédois, est formel ! Dans son dernier ouvrage "Osons la nuit" paru en 2022, le spécialiste des chauves-souris affirme que la pollution lumineuse mondiale est la cause principale de la réduction des populations d'insectes, juste devant l'utilisation de produits phytosanitaires ! Sous-titré "Manifeste contre la pollution lumineuse", le récit rappelle que la nuit noire, avec son cortège d'obscurité et de pénombre, demeure une condition vitale à l'équilibre fragile des écosystèmes et à notre propre santé.

Accompagnée d'explications scientifiques très claires, cette promenade bucolique nous entraine à la rencontre de la faune nocturne, hérissons, chauves-souris, grenouilles, chats, chouettes, grillons, lucioles... pour qui les autoroutes, les phares de véhicules, les serres éclairées jour et nuit, les parcs d'attractions et la lumière urbaine dérèglent communication, migrations, reproduction et prédation. Ceux qui connaissent le "phénomène du pare-brise" savent-ils que les papillons de nuit ont un rôle pollinisateur aussi important que celui des abeilles qui, elles, sont diurnes ?

Dans les océans, nous suivons ensuite la reproduction des coraux et des tortues au gré des cycles lunaires, la migration nocturne verticale du plancton vers la surface, la chasse dans les ténèbres permanentes des abysses grâce à la bioluminescence... bientôt perturbées par les projecteurs de fermes piscicoles, les plates-formes pétrolières, les paquebots de croisière ou les grands navires de commerce et de transport.

Dans nos villes, Johan Eklöf pointe du doigt toutes les sources d'éclairage artificiel, les dérèglements physiologiques et hormonaux qu'elles engendrent et le gaspillage énergétique aberrant qui les accompagne : immeubles de bureaux, parkings, candélabres et lampadaires, illuminations de monuments publics, décorations de noël, vitrines et enseignes lumineuses... Il rappelle aussi que l'être humain est un mammifère qui a perdu progressivement son sommeil biphasique naturel et un animal diurne qui a un besoin vital de sommeil à cause de son horloge biologique interne (rythme circadien).

Vers le ciel et l'espace enfin, l'auteur nous fait découvrir l'échelle de noirceur de Bortle utilisée par les astronomes, il nous indique la voûte céleste, les étoiles filantes, la Voie Lactée et les aurores polaires... désormais voilées ou cachées par les halos lumineux urbains et les constellations de satellites artificiels.

Les lumières électriques et artificielles qui ont permis l'essor du travail industriel et de la productivité au XIXe siècle ont très vite remplacé les lumières philosophiques et rationnelles du XVIIIe. Quant au XXe siècle, début de l'anthropocène, il est désormais pollué par d'autres rayonnements électro-magnétiques invisibles, ondes radio, ultraviolets agissant sur la flore, systèmes de radio-navigation, téléphonie sans fil ou lumière polarisée.

Heureusement, la pollution lumineuse est un problème environnemental relativement simple à résoudre. Afin de protéger notre environnement, ralentir l'érosion de la biodiversité et éviter la "sixième extinction", des solutions existent : adaptation des éclairages, limitation de leur durée, extinctions partielles, décisions politiques, législation appropriée, création de réserves de ciel étoilé, opération "Earth Hour" et avant tout... pédagogie ! Commençons en effet par enseigner, répéter, éduquer et répéter encore... Place à la logique et au bon sens... Et osons la nuit !

Tonton Daniel
 

osons la nuit

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #zoologie, #environnement

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