Publié le 28 Mai 2024

Le mémorial :

 

mémorial de l'abolition de l'esclavage de nantes
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Le musée d'histoire :

 

mémorial de l'abolition de l'esclavage de nantes
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #histoire, #sur les routes de france

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Publié le 22 Mai 2024

A moins de cent jours de l'ouverture à Paris des Jeux de la XXXIIIe olympiade, deux reportages diffusés par Arte et France 2 dévoilent simultanément la face cachée du baron Pierre de Coubertin, initiateur au XIXe siècle des Jeux olympiques modernes et fondateur du Comité international olympique (CIO).

Issu d'une famille aristocratique fortunée, le jeune homme est traumatisé par la défaite française de 1871 face à la Prusse qu'il impute à la fois au manque de préparation physique des troupes tricolores et à "la supériorité de l'éducation physique du fantassin prussien". Il milite donc très tôt pour la promotion et l'introduction du sport dans les établissements scolaires français en arguant que "des hommes sportifs iront plus volontiers au front" !

Passionné par la Grèce antique, impressionné par le modèle éducatif anglais et nanti d'une "éthique chevaleresque", il parvient à convaincre l'état grec en 1894 de faire renaitre les Jeux olympiques oubliés depuis le Ve siècle. La Grèce accepte mais impose comme conditions le site d'Athènes et la date de 1896 à l'occasion du 75e anniversaire de la nouvelle République. Les Jeux olympiques modernes sont nés mais ressemblent encore beaucoup aux manifestations antiques. Seuls des hommes blancs participent et Coubertin déclare que l'unique rôle des femmes est de couronner les vainqueurs et qu'une "olympiade femelle serait inintéressante, inesthétique et incorrecte" !

En plus d'être misogyne, le baron, pur produit de son époque et de son milieu social, considère que le sport est l'activité d'une élite, celle à laquelle il appartient, mais que sa pratique intégrée à un modèle éducatif international serait un instrument incomparable de "disciplinisation des indigènes"... Notoirement revanchard, réactionnaire, nationaliste, raciste, racialiste et colonialiste, Coubertin proclame ainsi : "Dès les premiers jours, j'étais un colonial fanatique. A la race blanche d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance"... Enfin, peu avant sa mort, il apporte un soutien implicite au régime nazi à l'issue des Jeux de Berlin de 1936 en déclarant : "Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir"...

On reste sans voix à l'issue de ces deux reportages qui dressent le portrait effarant et sans concession d'un homme ambitieux, opportuniste et orgueilleux, à l'évidence très mal connu aujourd'hui. Malgré ses convictions, les femmes ont participé très tôt aux Jeux modernes et depuis la création des Jeux paralympiques en 1960, des Gay Games en 1982 et des Jeux olympiques de la jeunesse en 2010, la variété des participants n'a cessé de croître. Quant aux Jeux, à l'instar de leur initiateur, ils ont eux aussi leur face sombre, dissimulant corruption, dopage, boycotts, enjeux médiatiques et politiques... Mais ceci est une autre histoire !

Sources : Karambolage (Arte) - Pierre de Coubertin : grandeur et mystères du père des JO (France 2) - Wikipedia

Tonton Daniel
 

pierre de coubertin grandeur et mystères

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #portraits, #sports et jeux, #actualité, #international

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Publié le 8 Mai 2024

Ecrivain et critique d'art britannique du XIXe siècle, John Ruskin fait paraître son essai "Les Pierres de Venise" en 1851 après avoir visité la Cité des Doges à plusieurs reprises et y avoir étudié les architectures byzantine, gothique et de la Renaissance. Ses observations lui font affirmer qu'il ne peut exister d'art sans morale ni d'architecture sans religion, a fortiori dans son siècle corrompu par la révolution industrielle. L'art de la Renaissance aurait par exemple, selon lui, définitivement corrompu l'Homme par un excès de raffinement et de dorures et l'aurait éloigné de l'austérité nécessaire à toute "élévation au-dessus du commun".

Au fil des pages, le discours de celui qui fut destiné à la prêtrise dans sa jeunesse devient celui d'un moraliste dévôt, exalté et rigide. Les citations bibliques ponctuent un prêche obscurantiste, l'auteur illuminé évoque le "langage théologique des pierres", édicte des "lois" architecturales tour à tour effarantes, grotesques ou amusantes et dresse un parallèle entre ruines monumentales et décrépitude de l'église primitive, martelant qu'il préfère le déclin et la mort à une restauration irrespectueuse des bâtiments anciens...

Style grandiloquent, convictions absurdes, développements insupportables, conclusions partiales et refus de toute controverse possible, le sermon du prédicateur, noyé dans une multitude de détails, de descriptions et d'explications ennuyeuses, influença beaucoup ses contemporains mais ne lui évita pas de finir dépressif, dément et paranoïaque.
Habituées à subir les attaques beaucoup plus dangereuses des flots de l'Adriatique, les pierres de Venise, elles, continuent imperturbablement de faire rêver leurs visiteurs et de faire resplendir le mystère et la magie de la Sérénissime.

Tonton Daniel
 

les pierres de venise

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 1 Mai 2024

Arrivé au terme d'une existence qu'il décrit comme un "long accident", un vieil homme lucide et amer regroupe souvenirs, réflexions et confidences afin de faire renaître les "Venises" qu'il a aimées et fréquentées sa vie durant.

La ville que nous présente ce grand témoin, l'écrivain, diplomate et académicien Paul Morand, est plurielle, décor de théâtre, "cité-refuge" pour les artistes et la diplomatie française, mondaine et festive, indolente et insouciante, futile et exubérante, décadente et "androgyne". Un monde d'apparences, de frivolités mais aussi de bêtise, souvent dissimulé sous les masques du carnaval et les costumes de réceptions prestigieuses telles le Bal du Siècle donné en 1951 qui fut le dernier éclat d'une Café society moribonde.

L'érudit connait bien l'Histoire de la Ville-Etat mais, aveuglé par ses regrets et sa condition, il renonce naturellement à évoquer le visage obscur et l'inventaire sinistre de la cité, la prostitution organisée, la dictature politique, les prisons humides, les boites de dénonciation, les tribunaux de l'Inquisition, la corruption, la création du premier ghetto juif de l'Histoire...
Car Morand, plume brillante et féroce, superficiel, vénal, élitiste et "partagé entre Orient et Occident" comme Venise, personnifie le côté sombre de la Sérénissime, forteresse dont la figure a si bien répondu à celle de l'ancien ministre sous Vichy, misogyne, homophobe et antisémite...

Mais le temps passe, inexorable, les fêtes somptueuses s'achèvent, les palais baroques se vident, les convives défraîchis se reposent désormais au cimetière... Les dandys et les "fonctionnaires à monocle" ont laissé place au "défilé des fantômes", hippies vulgaires, touristes incultes, "gens ordinaires", "pithécanthropes itinérants" et "travestis contemporains". Les paquebots blancs, les concertos de Vivaldi et les hôtels particuliers ont disparu, emportés par des pétroliers noirs d'huile, des sirènes hurlantes et des boutiques de souvenirs éclairées au néon. Le privilégié rempli d'amertume ne se reconnait plus dans cette cité définitivement abandonnée à la bêtise, à la laideur et à l'ignorance.

Malade et confit dans sa nostalgie, Paul Morand, dans un ultime chant du cygne, aura néanmoins une dernière vision à la fois très romantique et très orgueilleuse d'une Venise sombrant dans les flots à tout jamais, emportant avec elle (et avec lui) sa légende, son histoire et ses trésors. Le rêve a évidemment survécu à l'auteur et se réinvente aujourd'hui en permanence. N'en déplaise à l'écrivain mort et oublié de tous, la plurielle Venise se conjugue toujours au présent.

Tonton Daniel
 

Pour le portrait à charge :
https://larepubliquedeslivres.com/paul-morand-un-homme-meprisable-mais-quel-ecrivain/comment-page-8/

 

venises

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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