Publié le 30 Juin 2024

"J'écris à voix basse comme parle le lilas dans la nuit profonde, comme on rêve, comme on s'absente, comme se cachent les bêtes éprises de leur fin, blessées à mort par la beauté de vivre".

Malade, conscient de son prochain départ, le poète Christian Bobin sait que ce dernier livre est à la fois urgent et nécessaire. Comme les innocents, les chamanes et les "anges asthmatiques", il confie ne pas avoir peur, ni de la mort, ni de la nuit, ni de la solitude, son secret est sa confiance absolue dans l'ordre de l'univers, dans un tout invisible, dans la pureté et la fragilité de la vie, dans un "ciel rempli d'étoiles dont chacune est un baiser [aux] âmes fatiguées".

Il est temps pour lui de faire une dernière déclaration d'amour, à sa compagne, à Dieu, à la vie, à l'après, et d'évoquer la murmuration des étourneaux qui toujours se retrouvent dans l'azur malgré les obstacles, l'éloignement, les prédateurs, la mort qui rôde...

Dans un dernier murmure, le poète s'est éteint comme passent la rose à peine éclose, le flocon de neige tombé au sol, les nuages dans le vent, les paroles d'une berceuse... "Vivre n'est rien que miracle".

Tonton Daniel
 

le murmure

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #la mort

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Publié le 26 Juin 2024

Comdamné à payer une amende pour ne pas tondre son gazon ! C'est la mésaventure arrivée à Wolf Ruck, jardinier obligé de suivre le règlement municipal de sa commune de Mississauga près de Toronto au Canada. Celui-ci impose en effet aux citoyens de la ville de tailler leurs pelouses afin qu'elles ne dépassent pas 20 centimètres de hauteur, au prétexte de risques d'incendie, de circulation de rongeurs ou de développement de plantes allergènes. Arguments tous niés par biologistes, botanistes et protecteurs de l'environnement qui mettent au contraire en avant la préservation de la biodiversité et l'amélioration de la pollinisation dans les jardins "naturels".

Protection de la Nature et réensauvagement que Wolf Ruck a donc choisi depuis 2021 en arrêtant de tondre la pelouse sur une partie de son terrain, ne taillant que de petits sentiers pour lui permettre d'y circuler. Suite aux plaintes de ses voisins pour raisons "inesthétiques", des inspecteurs municipaux ont été envoyés chez lui à deux reprises et ont tondu son gazon à la taille réglementaire ! Ayant reçu plusieurs procès-verbaux de non-conformité et devant même payer les frais engagés, le citoyen mis devant le fait accompli a saisi les tribunaux en 2023. Une première fois débouté par la Cour supérieure de l’Ontario, Wolf Ruck a donc décidé de porter sa cause devant la Cour d’appel de l’état en s'appuyant sur une jurisprudence fixée en 1996 par la Charte canadienne des droits et libertés dans au moins huit cas similaires. Certain de son bon droit, il se déclare prêt à porter sa cause jusqu'à la Cour suprême du Canada.

Depuis 2022, un autre cas confronte au Québec et pour les mêmes raisons le bien nommé Jean-Sébastien Laplante à la Ville de Sherbrooke. Installé dans le quartier de Saint-Élie, le biologiste a lui aussi payé des amendes et milite pour une modification d'un règlement municipal "archaïque" : "Il y a un déclin des insectes et des plantes. Je pense qu’un des gestes très simples à faire en tant que citoyen, c’est de laisser pousser une petite parcelle de son terrain pour améliorer l’habitat et le garde-manger des insectes, mais aussi favoriser la biodiversité". Dans son cas, la situation semble évoluer dans le bon sens après la promesse du conseil municipal de réétudier le règlement incriminé.

Engrais, désherbants sélectifs, antifongiques, arrosage automatique, sans oublier les tondeuses bruyantes, polluantes et énergivores, le gazon est devenu aujourd'hui une aberration écologique. Quant au gazon synthétique ou artificiel, il a lui aussi besoin d'être arrosé avec un mélange d'eau et de peroxyde d’hydrogène afin d'éliminer algues et bactéries ! Malgré les industriels soucieux de préserver leurs rentes financières, les mentalités changent peu à peu et le concept de "pelouse impeccable" est remis en cause partout sur la planète à l'heure des dérèglements climatiques et de l'effondrement de la biodiversité. Terminée la vision des jardins à la française et de l'Homme maître de la Nature. L'heure est désormais aux prairies naturelles, aux jachères fleuries et aux massifs avec arbustes et vivaces permettant une meilleure hygrométrie, la création d'îlots de fraîcheur et la protection d'abris pour la faune sauvage. Au Canada comme partout ailleurs !

Sources :

Magazine 28 minutes - Arte - 24 06 2024

Magazine Sciences et Avenir - Avril 2023

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2080574/gazon-sauvage-wolf-ruck-mississauga

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2080905/herbes-longues-regles-municipales-sherbrooke

Tonton Daniel
 

gazon canadien
gazon canadien

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #au jardin, #actualité, #homo absurdus

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Publié le 22 Juin 2024

Peut-on sans dommage renouer les fils décousus du passé, liens oubliés dans un autre temps pour des raisons obscures ?

C'est ce que tente une nouvelle fois l'écrivain Didier Blonde dans son dernier roman, "Oslo, de mémoire", en partant à la recherche de ses "fantômes" et ses "étoiles filantes"... Parmi ces figures féminines, réelles ou littéraires, surgies ou ressurgies du passé par hasard ou par inadvertance, Inga, son premier amour de jeunesse, croisée en Norvège dans les années 80, puis Cora, écrivaine ayant fui Oslo un siècle plus tôt pour se réfugier dans le Paris de 1910.

Après trois semaines d'enquête et d'investigations, le détective qui a toujours préféré les rêves à la réalité et le passé au présent comprendra finalement qu'on "n'étreint pas un fantôme". Malgré les photos jaunies, les lettres froissées, les chansons fugitives et les parfums étherés, le songe finit toujours par s'évanouir irrémédiablement dans l'ombre et "la poussière du temps". A quoi bon essayer de faire revivre les disparus et les moments heureux, au risque de déformer et de perdre définitivement des souvenirs précieux ?

Les fils décousus du passé sont fragiles et risquent de s'effilocher davantage dans une recherche aussi futile qu'inutile...

Tonton Daniel
 

oslo, de mémoire

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #le temps qui passe

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Publié le 19 Juin 2024

"Je ne suis pas un ermite de nature" affirme Henry David Thoreau en 1854 en résumant ses deux années de retraite volontaire près de l'étang de Walden dans le Massachusetts dix ans plus tôt. L'écrivain et philosophe a pourtant fait le choix de se retirer du monde artificiel de ses semblables, le choix de la patience, de la simplicité et de la contemplation, le choix d'une vie au présent, sans l'encombrement des souvenirs, dans laquelle le temps long s'écoule au gré du travail, de la cuisson du pain et d'un essentiel sans futilités.

Au fil des pages et des saisons, loin du bruit et de la fureur des hommes, avec le recul permis par la liberté, l'indépendance et l'autosuffisance, Thoreau évoque l'enrichissement des entreprises, la consommation de masse, "l'infection du commerce", "les ornières de la tradition et du conformisme", la vitesse et l'agitation des hommes, "les peurs mesquines et les plaisirs mesquins", "les soucis factices et les labeurs inutilement rudes", la vie "bestiale" des paysans et ouvriers esclaves de leur condition, le cynisme des politiciens, l'hypocrisie de l'église et l'inutilité de la religion.

Après deux années passées à exalter le bon sens, la raison, "la pauvreté volontaire" et "la maitrise des passions et des sens corporels", l'homme aura beaucoup appris. C'est au sein de cette nature sauvage, dans le froid, la neige et la glace, entre les fantômes d'anciens esclaves et les ruines de vieilles cabanes, qu'il accédera à une vie spirituelle emplie de sagesse, de plénitude et de paix, oubliant pulsions animales, passions primitives et rigueur du temps qui passe.

Avant de quitter Walden, le printemps, synonyme de renouveau, lui permettra de sonder une dernière fois la profondeur de l'étang et celle de l'être humain, d'explorer son moi intérieur et de voir sous "la surface des choses". Il en conclura que l'Homme doit s'éveiller, "élever sa vie par un effort conscient", adopter "une vie conforme à des principes plus hauts", avoir une vision globale et universelle de sa condition. Il suffit pour Lui de s'asseoir près d'un étang, de s'abandonner à la contemplation de la Nature et de vivre en harmonie avec Elle.

Tonton Daniel

 

walden

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 13 Juin 2024

En 1889, la cité allemande de Fribourg-en-Brisgau fut envahie par une odeur pestilentielle suite à l'expérience menée par deux chimistes ayant réalisé la synthèse d'un nouveau composé organosulfuré. Perçue dans un rayon de trois kilomètres, la puanteur était si épouvantable qu'elle occasionna évanouissements, nausées et vomissements dans le voisinage du laboratoire. Quelques années plus tard, la ville de Leeds en Angleterre connut le même sort, des industriels cherchant le moyen de rendre odorant le gaz domestique grâce à cette même molécule. A Abingdon dans le même pays, en 1967, deux techniciens du groupe Esso testant le craquage de nouveaux polymères empoisonnèrent accidentellement toute la région d'Oxford, toujours avec le même composé.

La responsable de tout ces évènements était la molécule de thioacétone, de formule chimique (CH3)2C=S, liquide brun-orangé à rouge, non soluble dans l'eau, n'existant pas à l'état naturel mais obtenu par thermolyse de son polymère le plus fréquent et le plus stable, la trithioacétone. Appartenant à la famille des thiols et des mercaptans, la molécule abrite un atome de soufre qui est seul coupable de leur odeur nauséabonde et "diabolique" ! On raconte que, grâce à son extraordinaire pouvoir de diffusion, une seule goutte de thioacétone peut être détectée en quelques secondes jusqu'à 300 mètres de distance !

Connu depuis longtemps et présent dans de nombreux composés chimiques, le soufre leur donne tantôt une odeur désagréable (sulfure d’hydrogène H2S rappelant l'oeuf pourri, méthylmercarptan servant d’additif dans les conduites de gaz, butène-thiol sécrété par la moufette, ester thiosulfonate dégagé par l'ail ou le durian, méthanethiol artisan de la mauvaise haleine...), tantôt un parfum suave lorsqu’il est fortement dilué (truffes noires, pamplemousse, arôme du vin et du jus de raisin...).

Afin d'expliquer l'incroyable et fantastique pouvoir de la plus mauvaise odeur du monde, il a fallu le courage et le dévouement de volontaires peu nombreux tant son étude en milieu fermé a toujours été fastidieuse, contraignante et insupportable. Raison pour laquelle les laboratoires militaires n'ont pas encore lancé d'études sur des armes olfactives ?

Sources :

Wikipedia

"Ca pue !" - Clive Gifford - Ed. La Martinière

https://www.science.org/content/blog-post/things-i-won-t-work-thioacetone

https://petiteshistoiresdessciences.com/2015/10/31/la-pire-odeur-du-monde/

Tonton Daniel
 

la pire odeur du monde

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le parfum

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