Publié le 22 Décembre 2024

 

La Terre va mal. Notre petite Planète, miracle de vie perdu dans l'Espace, souffre depuis plusieurs décennies d'un dérèglement général de son état dont le responsable n'est autre qu'un petit microbe qui prolifère à sa surface. Si un être vivant complexe peut cohabiter sans problème en symbiose avec des virus et des bactéries à la condition de rester suffisamment solide pour contrôler leur prolifération, hélas, homo sapiens, le micro-organisme qui infecte aujourd'hui notre Planète bleue, est devenu envahissant en colonisant et contaminant tous les organes de son hôte.

En 1972, le Club de Rome, association internationale et non politique, fait paraitre un rapport fracassant titré "Les Limites à la croissance (dans un monde fini)" (The Limits to Growth), rapidement surnommé "Rapport Meadows" du nom de ses principaux rédacteurs, le couple de scientifiques américains Donella et Dennis Meadows, secondés par l'économiste norvégien Jørgen Randers. Grâce à un modèle informatique nommé World3 prenant en compte des centaines d'équations, des milliers de données et de nombreuses boucles de rétroactions, les trois auteurs ont analysé 11 scénarios alternatifs possibles d'évolution conjointe entre les années 1900 et 2100 de la démographie, de l'économie et de l'environnement.

Le constat est sans appel, les huit premiers scénarios mènent tous à un effondrement plus ou moins rapide de l'ordre social et de notre biotope pour une ou plusieurs raisons, croissance démographique exponentielle, surconsommation et/ou surexploitation des ressources non renouvelables. Dans les faits, cinquante ans plus tard, malgré les progrès scientifiques et techniques, les signaux d'alarme se multiplient et la Terre craque de partout. Dérèglements et aléas climatiques, effet de serre, raréfaction des ressources naturelles et de l'eau potable, pollutions des eaux souterraines et des océans, appauvrissement des sols, effondrement de la biodiversité, fonte des glaciers et des calottes polaires, hausse du niveau des mers, désertification, recul des forêts, mort des récifs coralliens, invasion des plastiques ... Sans oublier un bilan humain et économique guère plus enviable, répertoriant conflits territoriaux, pandémies, famines, endettement croissant des états, coût de l'énergie, défiance envers les institutions publiques… et une population mondiale de quatre milliards d'habitants en 1972 ayant doublé pour atteindre huit milliards en 2025 !

Afin d'éviter la catastrophe annoncée par le Rapport Meadows, de nombreuses solutions et actions sont évoquées par ses auteurs. Sur le modèle de quelques succès internationaux récents (interdiction des CFC et sauvegarde de la couche d'ozone atmosphérique, interdiction du DDT pour l'agriculture, suppression du plomb dans les carburants automobiles, mesures prises contre la pollution du Rhin en Europe, création de réserves naturelles et de réserves de nuits noires ou préservation d'espèces marines en Méditerranée), états, société civile et mouvements citoyens doivent légiférer dans l'urgence et la concertation.

Malgré son titre et sa réputation, le rapport ne prône pas la décroissance mais la sobriété la plus essentielle. Le choix est pragmatique et très simple : "effondrement involontaire ou réduction contrôlée de l'empreinte écologique". Bref, il faut "changer la structure du système" et imaginer "un nouvel humanisme", lancer "la révolution de la durabilité", remplacer croissance par développement, faire entendre raison au marché économique "sourd à toute idée de long terme", combattre "esprit de compétition, préoccupations à court terme et domination d'intérêts nationaux, privés et individuels", anticiper le long temps de réaction entre observation d'un problème et action pour y remédier, imposer transition démographique, consommation soutenable, réduction des flux d'énergie et de matière. Il nous faut inventer "une économie au service de la bonne santé de l'environnement et non l'inverse". Dans le cas contraire, "les systèmes naturels choisiront une issue pour nous" soupirent les auteurs avec fatalisme.

Controversé dès sa parution sur sa méthodologie, ses raccourcis simplifiés, ses conclusions cataclysmiques et "l'oubli" des pays en développement, "Les Limites à la croissance" est néanmoins devenu une référence pour de nombreux lecteurs, de nouveaux concepts ayant émergé ces dernières années dans le discours public, développement durable, capacité de charge ou dépassement annuel. Lors d'une prochaine édition, le lecteur pourra peut-être y trouver une nouvelle annexe à connotation médicale et validée par de nombreux épidémiologistes : un virus, incapable de se reproduire seul, n'a pas intérêt à tuer son hôte car, en le tuant, il disparaît aussi. Mais peut-on raisonner un microbe incapable de se projeter dans un avenir dont il n'a pas conscience ?

Tonton Daniel
 

 

les limites à la croissance

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Publié le 12 Décembre 2024

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Publié le 2 Décembre 2024

 

La guerre et les bombardements vécus au quotidien par les enfants de Novotoshkivske, non loin de Louhansk dans l'extrême est de l'Ukraine :

"Ce sont simplement les adultes qui jouent à leurs jeux"...

Source : Exposition photos Unicef / Ville de Courbevoie (membre du réseau "Ville amie des enfants") - Parc de Bécon
 

 

jeux d'adultes

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Rédigé par tonton daniel

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