Publié le 27 Juin 2025

Passionnant et très gourmand reportage de Stanislas Kraland présenté avant-hier sur France 3 : "En route ! Quand la Nationale 7 révolutionna la gastronomie française". Au fil d'un voyage pittoresque, les images font d'abord revivre la cuisine des palaces parisiens et celle des grands-mères et des terroirs, la création en 1900 du Guide des frères André et Edouard Michelin, l'appétit du critique et "Prince des gastronomes" Curnonsky ainsi que le très sélect et très épicurien "Club des Cent". Il nous invite ensuite à redécouvrir les grands chefs français installés au siècle dernier sur cette route mythique reliant Paris à Menton ainsi que leurs plats "signatures", la Volaille en vessie de Fernand Point à Vienne, l'Escalope de saumon à l'oseille des frères Pierre et Jean Troisgros à Roanne, le Mille-feuille blanc d'Anne-Sophie Pic à Valence, la Volaille demi-deuil de la mère Brazier à Lyon ou encore le Loup en croûte sauce Choron de Paul Bocuse à Collonges-au-Mont-d'Or.

L'enquête est aussi l'occasion d'évoquer les "sauces mères" de la cuisine française, décrites par Marie-Antoine Carême dès 1815 puis simplifiées et classifiées par Auguste Escoffier en 1903 dans son Guide culinaire. Ce dernier distingua ainsi cinq "grandes sauces" ou "sauces de tête", espagnole, veloutée, béchamel, tomate et hollandaise, auxquelles il ajouta la mayonnaise comme sauce froide de base, toutes servant de bases à des "sauces filles" ou "petites sauces" ainsi qu'à de nombreuses préparations, réductions, fonds de cuisson, jus, essences et coulis.

Nommée en raison de sa couleur rouge, la sauce espagnole, sauce "valise" élaborée à partir d'un roux brun et de fond brun, aromatisée avec de la tomate fraîche et comprenant de très nombreux ingrédients, était très longue à préparer, pouvait accompagner indifféremment viandes ou poissons et était le symbole absolu de la cuisine codifiée et solennelle de son époque. Elle est aujourd'hui déclinée en sauces bigarade, bordelaise, bourguignonne, charcutière, chasseur, chevreuil, à la diable, financière ou venaison.

Arrivés enfin à destination, il ne reste plus qu'à profiter de la Côte d'Azur et de ses merveilles… ou à faire demi-tour ! Quand une route de vacances ensoleillée incite au rêve, à la gourmandise et à la nostalgie d'un temps long et généreux, il est des invitations que l'on ne peut refuser !

Sources : Wikipedia / Reportage "En route !" - France 3 - 25 06 2025

Tonton Daniel
 

sauce espagnole

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #alimentation, #télévision

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Publié le 18 Juin 2025

En 1975, l'écrivain Georges Perec inventait avec "W ou le souvenir d'enfance" une forme d'autobiographie déconcertante en entremêlant deux récits a priori sans rapport dans une alternance de chapitres .
D'abord, sa propre histoire de petit garçon juif durant la seconde guerre mondiale, avec des souvenirs de famille souvent flous, parfois "inventés ou empruntés", et en contrepoint, la description de l'île W, découverte au XIXe siècle aux environs du Cap Horn dans l'Atlantique sud.

La vie quotidienne dans cet archipel, idyllique au premier abord et "où le sport est roi", est rythmée par compétitions, épreuves et entrainements et placée sous la devise olympique "Citius, Altius, Fortius". Au fil des pages, ce monde essentiellement masculin et soumis à la loi instinctive du plus fort se révèle en réalité extrêmement rigide, basé sur une hiérarchie très stricte et parfaitement dictatorial. L'individu y est simplement nié et remplacé par sa fonction, les champions sans nom désignés par leur titre sportif et par un numéro d'ordre. Et gare aux perdants, soumis à la vindicte publique et à une "injustice systématique", ils sont souvent torturés et parfois même mis à mort... 
Quant aux femmes de la communauté, sélectionnées dès leur naissance et parquées comme du bétail, elles ne servent qu'à récompenser les vainqueurs et sont violées en public par les sportifs afin d'assurer la reproduction d'une race sans diversité ni liberté.

Toute ressemblance n'est assurément pas fortuite. Symboles rappelant croix gammées ou étoiles juives, description d'une politique "consciente et rigoureuse", prévision de "l'anéantissement systématique des hommes" et d'un "écrasement organisé", l'île W, monde imaginaire et utopique présenté initialement comme un petit paradis, fait évidemment référence au cauchemar idéologique et tristement réel des camps de concentration et d'extermination du Troisième Reich allemand.

Rédigée en 1948 et retrouvée par hasard, l'œuvre de jeunesse d'un enfant de douze ans, transposition de vagues histoires entendues pendant la guerre, a donc rejoint bien des années plus tard les souvenirs confus de l'adulte qu'il est devenu. Mêlant fiction et réalité, la confrontation parfois surréaliste des deux récits enseigne ainsi que souvenirs heureux et lointains camouflent souvent l'indicible et que les cicatrices visibles se révèlent la plupart du temps anodines au contraire des visages lisses et des masques de faussaire capables de dissimuler les âmes les plus noires. 

Tonton Daniel
 

W ou le souvenir d'enfance

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 11 Juin 2025

L'avortement clandestin est terminé.

Dans l'attente de la délivrance, les souvenirs de la jeune femme reviennent, en flot confus et tumultueux...
L'enfance, dans le café-épicerie tenu par des parents "moches, minables et péquenots", gens insupportables sans éducation ni culture, adultes "les plus cons de la Terre" qu'elle voudrait oublier ou cacher, déjà considérés comme étrangers, la haine ayant laissé place au mépris, à la pitié et au dégoût d'elle-même. 
Puis l'Eglise, effrayante, culpabilisante, intolérante et inflexible, système destiné à détruire la pureté et à briser l'innocence des petites filles… 
Et encore la découverte des livres, des mots, d'un monde merveilleux dans lequel tout est possible, aventures, voyages, rêves, évasion et insouciance avant de comprendre avec amertume que la littérature, symptôme de pauvreté, n'est qu'un "moyen classique pour fuir son milieu" et que la chambre miteuse est devenue "une salle d'attente" pour l'après.
Avec l'école et la fac, la découverte d'une différence sociale, d'un autre monde, bourgeois, verbeux, maniéré et austère, incompatible avec celui de l'enfance, populaire, sale, laid, bruyant, ivrogne, mesquin et ignorant, prise de conscience conduisant à la terrible liberté de "choisir entre les êtres vivants"...
Enfin, la grossesse récente et la faiseuse d'anges, ultimes règlements de comptes, ultimes preuves d'émancipation et d'indépendance, ultime prix à payer pour avoir toujours "voulu faire comme tout le monde"...

Débarrassées de leur contenu inutile et encombrant, les armoires vides attendent de nouveaux souvenirs à ranger, à superposer, à protéger, plus récents, plus heureux, plus dignes d'être conservés avant d'être un jour redécouverts et partagés.

"Les armoires vides" est le premier roman d'Annie Ernaux, paru sous forme d'autofiction en 1974.

Tonton Daniel
 

les armoires vides

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 7 Juin 2025

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france

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Publié le 4 Juin 2025

En 1954, l'écrivain britannique William Golding faisait d'une île déserte du Pacifique un enfer tropical pour des enfants rescapés d'un accident d'avion et rapidement soumis à la terrifiante "Majesté des Mouches". Vingt ans plus tard, dans son roman "Prisonniers du paradis", l'écrivain finlandais Arto Paasilinna décrivait au contraire le décor exotique d'une île indonésienne comme un Eden terrestre pour les quarante survivants d'un crash aérien.

Dans les premiers jours, point de paradis pour les exilés involontaires mais la mise en place d'une rapide organisation et l'instauration d'une autorité "politique" afin de canaliser bestialité, fainéantise et individualisme. Puis, au fil des pages et du temps qui passe, les quarante hommes et femmes se demanderont peu à peu pourquoi quitter un endroit où l'on trouve abondance de nourriture, climat parfait, horaires sans contraintes et liberté sexuelle ? Il y aura bien un peu de jalousie, d'envie ou de désobéissance pendant cette parenthèse enchantée mais la découverte dans l'épave d'une caisse remplie de stérilets, la construction sur la plage d'un sauna fonctionnel et la fabrication artisanale d'une distillerie au rendement particulièrement efficace seront des atouts aussi décisifs qu'improbables dans le choix de vie "socialiste" de nos pragmatiques scandinaves ! Ainsi donc, adieu guerres, pollutions, impôts injustes, rythmes de travail, hivers glacés, vie conjugale et publicités télévisées superflues !

Hélas, après neuf mois de liberté décomplexée, l'arrivée des secours sera source de dissensions au sein de cette colonie de vacances version délurée avant de sonner la fin de l'aventure et de renvoyer nos Robinson Crusoé à leur enfer d'origine.
Peut-on être prisonnier d'un paradis sans ennui ni surprise, d'une existence sans peur ni souffrance, d'une vie sans problème à résoudre ni obstacle à surmonter, d'un environnement où chaque jour est identique au précédent ? Chacun se fera une idée à la lecture de cette farce loufoque et jouissive, fable très moderne et parfois surréaliste, parabole pleine d'humour et de silences finlandais !

Tonton Daniel
 

prisonniers du paradis

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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