Publié le 23 Juin 2026

Le constat est aujourd'hui universel. Depuis deux décennies, les taux de natalité humaine reculent partout, le taux de fécondité diminue d'autant et la population vieillit au même rythme. Il se vend désormais davantage de couches pour adultes que de couches pour bébés au Japon et les ventes de poussettes n'augmentent en Corée du sud que pour le transport des animaux de compagnie. En France, l'année 2025 a été la première durant laquelle on a comptabilisé davantage de décès que de naissances depuis 1945, contexte motivant l'envoi prochain par l'Etat d'un courrier à tous les français nés en 1997 dans le cadre d'un plan de lutte contre l’infertilité lancé par le ministère de la Santé. Initiative certainement aussi ridicule qu'inutile ! Alors, que faire ?

Dans "Démographie, la bombe tranquille", son premier ouvrage au titre en forme d'oxymore évoquant l'oeuvre de Paul Ehrlich, l'économiste Thibault Prébay affirme qu'encourager un "réarmement démographique" de manière officielle ne sert strictement à rien et rappelle l'échec de toutes les politiques natalistes menées de par le monde depuis des décennies. Primes de naissances, prêts au mariage, effacement de dettes, exonération d'impôts, création de crèches, fin de la politique de l'enfant unique… rien n'y fait ! Partout, la natalité est devenue un choix individuel et non plus un sujet d'état, elle recule pour de nombreuses raisons, coût des logements, éco-anxiété, temps passé sur les écrans au détriment des interactions sociales, questionnement sur l'identité de genre et même infertilités masculine et féminine en raison des perturbateurs endocriniens ou "phénomène d'insélection naturelle". Ce dernier résultant selon l'auteur d'un effet secondaire délétère des progrès de la médecine et de l'hygiène, permettant à chacun de se reproduire mais préjudiciable au cycle naturel de la vie.

Seule solution selon le statisticien : accepter la décroissance démographique et s'adapter à une crise économique multifactorielle, changer radicalement de paradigme et de choix financiers, abandonner le concept de croissance économique indéfinie afin de sauvegarder notre Environnement, résoudre enfin l'équation insoluble et paradoxale cherchant à baisser les émissions de gaz à effet de serre tout en faisant repartir la natalité en vue d'une double relance économique et démographique. Car il s'agit bien ici d'économie. Digne héritière de l'oeuvre de Thomas Malthus, "Démographie, la bombe tranquille" évoque consommation, investissements, croissance, inflation, immigration, indicateurs économiques, relocalisations industrielles, retraite par capitalisation ou réforme du système de successions patrimoniales avant de se conclure par un invraisemblable et très décevant guide pratique de placements financiers... Ou quand l'écologie, la lutte contre les dérèglements climatiques et la législation sur le droit individuel à la fin de vie devraient s'incliner devant le consumérisme, l'évolution des cours de bourse et la loi des marchés.

Dommage !

Tonton Daniel
 

démographie, la bombe tranquille

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #démographie, #économie

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Publié le 17 Juin 2026

Nommé Tsitakakantsa par les habitants du village d’Andombiry dans le sud-ouest de Madagascar,  le plus large et le plus impressionnant baobab de l'île africaine est en train de mourir. Sans bruit ni soupir.
Avec ses 29,3 mètres de circonférence et un âge estimé à environ 900 ans, ce monument végétal exceptionnel n'est pourtant pas le plus vieux de la région. Dans la même forêt tropicale sèche, d'autres arbres de son espèce auraient déjà dépassé 1200 ans, âge impossible à déterminer précisément en raison de l'effacement progressif des cernes de leurs troncs fibreux au fil du temps.

Alors qu'ils peuvent stocker de grandes quantités d'eau dans leur corps spongieux, tous les baobabs ont besoin de huit mois entiers sans une goutte d'eau à la saison sèche et, paradoxalement, supportent très mal une rétention d'eau dans leur cavité centrale et naturelle. Hélas, après le passage de la tempête tropicale Jude en mars 2025, le tronc creux de Tsitakakantsa s'est rempli d'eau par son sommet et n'a jamais pu se vider. En octobre, un liquide noirâtre suintant et pestilentiel, coulant par des fissures de son écorce d'habitude très lisse, a rapidement fait envisager une attaque de bactéries et de champignons. Hypothèse confirmée quelques semaines plus tard par la chute d'une première branche maîtresse, signal typique de dégradation progressive et annonciateur d'une issue fatale chez la famille du géant.

Considéré par la communauté locale comme un arbre sacré aux pouvoirs magiques, lien profond entre l’Homme et la Nature, témoin chargé d’histoire, de traditions et de spiritualité, symbole de fertilité incarnant la mémoire de la terre et capable de traverser le temps, Tsitakakantsa, l'un des plus gros arbres du monde, n'aurait plus que deux à trois ans à vivre. Victime et témoin impuissant de la déforestation et du dérèglement climatique planétaire, il est aussi l'illustration parfaite de la crise systémique de la biodiversité mondiale. Aucun dispositif de conservation ou d’intervention n'est aujourd’hui en mesure d’enrayer ce déclin que les spécialistes décrivent comme l'aboutissement du cycle de vie d’un arbre millénaire. Même les géants finissent par mourir un jour.

En revanche, si les individus disparaissent naturellement, l'espèce des Adansonia grandidieri à laquelle appartient Tsitakakantsa est, elle, aujourd'hui classée globalement en danger d'extinction…
Le Petit Prince de Saint-Exupéry n'aura bientôt plus à s'inquiéter...

Sources : ARTE - Magazine 28' - 15.06.2026 / Internet

Tonton Daniel
 

tsitakakantsa

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #arbres, #dérèglements climatiques

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Publié le 12 Juin 2026

L'image est extraordinaire ! Sortie tout droit d'un bestiaire fantastique, une mystérieuse et minuscule chenille-serpent semble vouloir nous hypnotiser en nous regardant droit dans les yeux !

Cette larve du papillon de nuit Hemeroplanes triptolemus (de la famille des Sphinx) est pourtant tout à fait inoffensive. Lorsqu'elle se sent en danger, elle utilise une rare forme de mimétisme basé sur l'intimidation, phénomène naturel destiné à effrayer, dissuader et éloigner les nombreux prédateurs des forêts tropicales et subtropicales d'Amérique centrale et d'Amérique latine où elle a été découverte pour la première fois en 1779.

Gonflant et redressant la partie antérieure de son corps vers l'intrus, elle semble alors se métamorphoser en un serpent aux yeux noirs menaçants. L'illusion est si parfaite que de petites taches blanches imitent même des reflets de lumière sur la surface des fausses pupilles ! Entomologistes et naturalistes ont aussi observé un comportement de lent balancement identique à celui d'un vrai serpent afin de compléter l'illusion.

Grâce à des millions d'années d'évolution et à l'action de la sélection naturelle, les premiers individus porteurs de cette mutation génétique hasardeuse ont ainsi survécu beaucoup mieux que leurs parents dans un environnement redoutable. L'instinct de conservation inscrit dans leur mémoire génétique a ensuite permis aux chenilles de redresser leur tête associant ainsi un comportement inné à une adaptation morphologique.

Sources : magazine Sciences et Avenir n°952 - Juin 2026 / Wikipedia

Tonton Daniel
 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #zoologie

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Publié le 6 Juin 2026

Ceux qui chercheraient ici des conseils pour faire la sieste se sont trompés d'auteur et d'ouvrage ! Car cet "Eloge du repos" signé par l'écrivain, diplomate et académicien Paul Morand en 1937, peu de temps après l'Exposition coloniale internationale et quelques semaines seulement après la révolution des congés payés institués par le Front Populaire, tient davantage du manifeste politique, économique et social rédigé dans une période d'incertitude et de questionnement que du manuel médical à l'usage de travailleurs harassés ou stressés !

Fourre-tout inégal aux nombreuses digressions dans lequel le repos n'apparait toujours qu'en filigrane, le récit n'est que prétexte pour le futur ministre de Vichy à critiquer l'Etat, le Contrat Social de Rousseau et la masse de ses concitoyens, "peuple chagrin, misanthrope et pessimiste". Farouchement conservateur, Morand, plume brillante et controversée, dénonce avec amertume le "communisme dictatorial" et le "fonctionnarisme", l'assistanat et le manque d'autonomie individuel, la fuite des responsabilités et la fainéantise collective, l'excès de prudence et le manque de confiance en soi, la peur généralisée et la faiblesse humaine.

Rappelant une certaine mythologie germanique, son discours encense au contraire les valeurs et l'antique fierté héroïque des guerriers, le risque, l'action, l'insécurité, l'indépendance, la liberté, l'audace, l'aventure et le courage alors que le repos et la passivité, eux, n'engendreraient selon lui qu'ennui et dépendance… Derrière ce pamphlet élitiste, cet éloge en forme de condamnation et ce plaidoyer évoquant la détresse psychologique, le mal-être existentiel et "la misère des riches", derrière la voix feutrée du privilégié oisif se profile déjà le célèbre cri de Jean Gabin dans le film "La Traversée de Paris" quelques années plus tard : "Salauds de pauvres !"

Tonton Daniel

Citation : "Il y a des gens merveilleusement doués pour ne rien faire : les africains, par exemple". (Premier chapitre : "L'art des loisirs")
 

éloge du repos

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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