dechets et recyclage

Publié le 14 Octobre 2025

Diffusé cette semaine sur Arte, le passionnant reportage de Matthieu Maillet "Terre, les forces du vivant" raconte les interactions méconnues entre le monde minéral et le monde vivant depuis les origines de la Planète bleue. Du volcanisme et de la tectonique des plaques jusqu'à la bioérosion engendrée par les vers de terre et les animaux fouisseurs en passant par l'oxygénation de l'atmosphère, le calcaire coquillier du microplancton, le développement des squelettes et des exosquelettes et l'altération des pierres et des récifs par les lichens et les oursins, les exemples d'évolution commune entre les deux milieux sont innombrables avant l'apparition d'Homo sapiens.

Puis vinrent donc les humains, l'âge de la pierre, la maîtrise du feu grâce aux silex, les peintures rupestres, les alignements néolithiques, la métallurgie et la révolution industrielle, la transformation de la matière en énergie, l'exploitation des combustibles non renouvelables, l'extractivisme et la modification du cycle du carbone. Ainsi, avec la création de nouveaux matériaux, béton de ciment, alliages, céramiques, semi-conducteurs, fibres de synthèse, plastiques et radio-isotopes artificiels, l'être humain laissera une empreinte définitive dans son environnement et laissera son nom à une nouvelle ère géologique que certains appellent déjà "Ere de l'Anthropocène".

Hélas, parmi ces influences figure la découverte dès 2006 sur les côtes d'Hawaii de "plastiglomérats", agrégats de micro et nanoplastiques présents dans les océans, lentement fusionnés avec la roche, le sable, les débris coquilliers ou les coraux sous l'effet de la chaleur estivale et de l'action mécanique des vagues. Trouvées aujourd'hui sur de nombreuses côtes, Madère, Méditerranée, Brésil, Japon ou Pérou, ces "roches plastiques" ou "plasticroûtes", composées pour partie de fragments d'origine anthropique, sont considérées à la fois comme roches sédimentaires et roches détritiques.

Les premières alertes et publications scientifiques sur la contamination des milieux marins par les plastiques datent des années 1970. Depuis, la production mondiale, en constante augmentation, a été multipliée par 10, atteignant 460 millions de tonnes en 2024 (Wikipedia) dont 2 à 3%, soit environ 10 tonnes, parviennent chaque année dans les océans (https://www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/les-dechets-plastiques-a1431.html).

Depuis toujours, cycle de l'eau, cycle des roches et cycle du vivant ont été indissociables. Avec les plastiglomérats, il faut désormais leur adjoindre un "cycle géologique du plastique", désignation politiquement correcte de ce qu'on appelait autrefois "pollution à long terme" !

Tonton Daniel
 

plastiglomérats

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #environnement, #déchets et recyclage

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Publié le 7 Juillet 2024

Rigoureusement interdite en Union soviétique pendant la Guerre froide, la musique occidentale était considérée par Moscou comme un moyen de propagande ennemie au même titre que toute forme de culture populaire venant de l'ouest. Jazz, blues, pop et rock'n roll étaient donc interdits à la vente comme à la diffusion et l'industrie du disque sévèrement contrôlée par le pouvoir central.

Mais les russes ont toujours été les rois de la débrouille ! Inspirés dès 1946 par une machine de la marque Telefunken destinée à enregistrer la voix et arrivée à Leningrad la même année, deux jeunes bricoleurs de génie, Ruslan Bogoslowski et Boris Taigan, mettent au point un dispositif artisanal capable de graver et de copier n'importe quel album à moindre coût, y compris la musique russe interdite par la censure communiste et les rares originaux ayant passé la frontière. Seul souci : la matière première !

Faute de vinyle, pratiquement introuvable après guerre comme tous les produits à base de pétrole, les deux compères vont profiter d'un décret de l'Etat obligeant radiologues et hôpitaux à jeter après un an de stockage leurs radiographies médicales réputées trop inflammables. Achetées pour quelques roubles, les radios sont découpées en cercle, percées en leur centre avec un mégot de cigarette et gravées secrètement en un tour de main avant d'être distribuées et vendues clandestinement dans tout le pays, parfois même échangées contre un peu de vodka. A l'instar du "samizdat" écrit, la "roentgenizdat" ("musique osseuse" ou "bone music") était née.

Ancêtres rebelles des flexi disc, ces "bones’n’ribs" éphémères étaient uniques et de piètre qualité mais ce recyclage "à la russe" a néanmoins duré une vingtaine d'années. Face à leur succès, Bogoslowski et Taigan finirent par diffuser les plans de leur machine et le marché parallèle prit tant d'ampleur que les autorités réagirent en 1950 en envoyant les deux comparses au goulag pour quelques années. Libérés à la mort de Staline en 1953, ils reprendront leurs activités jusqu'à la fin des années 60 et l'arrivée sur le marché noir de cassettes audio gravant Beatles sur fond d'os cassés, Beach Boys sur radios du thorax ou Elvis Presley sur images crâniennes !

Passée sous silence pour des raisons évidentes, cette histoire est aujourd'hui "oubliée" en Russie. Les fragiles reliques sont désormais achetées à prix d’or ou exposées dans des musées et sont le sujet du court documentaire "X-Ray Audio - Bone Music" ("Roentgenizdat") du chanteur anglais Stephen Coates qui insiste sur le courage des rebelles underground et de leur esprit transgressif et très... "rock’n’roll" !

Tonton Daniel

Sources :

Magazine 28' - Arte - Mercredi 26.06.2024 + Différents sites Internet
 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique, #russie-urss, #déchets et recyclage, #le saviez-vous

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Publié le 10 Avril 2024

Que faire des vingt millions de tonnes de terre non polluées excavées chaque année en Ile-de-France ? Avec le développement de la Métropole du Grand Paris et des réseaux ferroviaires souterrains du Grand Paris Express, le simple réemploi de remblais à usage de travaux publics ne suffit plus. Promulguée en 2015, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte impose à l'Etat et aux collectivités de réemployer ou orienter vers le recyclage 70% des matières et déchets produits sur les chantiers.

Mandaté par le groupe ECT, société d'aménagement et de valorisation des terres de chantiers urbains, et peut-être inspiré par la reconversion des grands terrils de résidus miniers, l'architecte-urbaniste Antoine Grumbach a imaginé la création sur le site de Villeneuve-sous-Dammartin, à trente kilomètres de la Capitale, d'un gigantesque belvédère artificiel édifié avec les déblais d'exploitation du Grand Paris Express et recouvert d'un parc arboré représentant deux yeux ouverts de 400 mètres de long chacun !

Commencés en mai 2022 sur le plus étendu des onze sites destinés à recevoir ces déblais, les travaux de terrassement de l'Oeil Ouest se sont achevés en mars 2023 avant la plantation de 1.100 arbres et de 12.000 plantes et l'installation d'un labyrinthe, d'un espace évènementiel, d'un musée et d'un amphithéâtre désormais ouverts au public. Oeuvre majeure de Land Art, l'ensemble est visible du ciel par les avions en partance ou à l'arrivée de l’aéroport voisin de Roissy Charles-de-Gaulle alors que les travaux de l’Oeil Est ne commenceront qu'en 2025.

Contrairement aux oeuvres "d'art éphémère", les Yeux du Ciel semblent ainsi destinés à contempler indéfiniment le vol des oiseaux, le passage des nuages et la course des étoiles. Tel l'Oeil de la Providence franc-maçon, cette montagne de déchets très symbolique semble aussi nous regarder et nous juger, nous inciter à une forme d'introspection sur nos capacités de nuisance envers notre Environnement. Dame Nature nous surveille désormais de ses yeux grands ouverts.

Sources : exposition "Métro ! Le Grand Paris en mouvement" - Cité de l'architecture - Paris / Internet

Tonton Daniel
 

les yeux du ciel

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Publié dans #les arts, #déchets et recyclage, #environnement

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Publié le 6 Avril 2023


Bonjour à tous

En octobre 2022, à l'instar de cinq autres pays européens, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a délivré l'autorisation de mise sur le marché français du premier engrais à base d'urine humaine. Riche en phosphore, en azote et en potassium, l'urine concentre effectivement les principaux nutriments nécessaires à la croissance des plantes. Après collecte et stockage de plusieurs mois, l'urée se transforme en azote ammoniacal capable d'éliminer d'éventuels pathogènes contenus dans le liquide et l'on obtient du lisain (urine stockée), équivalent du lisier d'origine animale. Des recherches comme celles menées en France par le LEESU et son programme OCAPI (Organisation des cycles Carbone, Azote et Phosphore dans les territoires) ont démontré “un potentiel fertilisant similaire entre les engrais naturels à base d’urine et les engrais azotés de synthèse.” De plus, la valorisation de l’urine permet une production locale d’engrais alors que les matières fossiles contenues dans les solutions synthétiques sont limitées et polluantes. On estime que la production industrielle d'azote (qui nécessite une grande quantité de gaz naturel) représenterait à elle seule 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre !

Parmi d'autres, la start-up Toopi Organics a pour ambition de développer ce procédé simple, économique et écologique afin de remplacer les engrais industriels par des engrais organiques (lisier, fumier ou urine) et d'éviter le rejet massif et nocif de nitrates et de substances chimiques dans les nappes phréatiques, les rivières et les océans. Plus énergivores, d'autres techniques de recyclage de l'urine existent, nitrification et concentration par extraction d'une partie de l'eau (Orin), alcalinisation par contact avec de la chaux qui permet de produire un granulé concentré (Granurin) ou mélange avec des sciures et copeaux de bois pour enrichir un compost (Urinofertilisants organiques). Enfin, il est possible techniquement de transformer l’urine pour n’en garder que les nutriments comme la struvite ou le sulfate d’ammonium mais par des procédés plus coûteux et énergivores.

Aujourd'hui, la solution pour récupérer l'urine humaine à grande échelle réside sans doute dans la commercialisation, l'installation et l'utilisation de "toilettes à séparation". Finis le tout-à-l’égout et le rejet d'azote dans les rivières qui favorisent l'eutrophisation et le développement d’algues asphyxiant les milieux aquatiques ! Reste le problème des résidus médicamenteux et hormonaux et les produits de soins corporels regorgeant de nanoparticules et de perturbateurs endocriniens contenus dans nos urines mais ceci est un autre débat ! Parmi les premiers organismes convaincus, l'Agence spatiale européenne (ESA) dont le siège parisien équipé de toilettes séparatives copie désormais les technologies employées pour traiter les effluents humains dans l'espace. Il est donc possible à la fois de regarder le ciel et les étoiles et de conserver les pieds sur Terre, de rêver et d'être pragmatique ! Bel exemple à suivre !

Sources : Internet / Wikipedia / Magazine Sciences et Avenir n°914 - Avril 2023 / Site du LEESU (voir ci-dessous)

Tonton Daniel
 

lisain
lisain

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #déchets et recyclage, #environnement

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Publié le 11 Novembre 2019


Bonjour à tous

Engagement personnel, choix économique ou souci environnemental, la crémation représente aujourd'hui en France plus de 36% des techniques funéraires. Hors considération éthique ou religieuse, cette pratique soulève quelques problèmes très pragmatiques parmi lesquels le sort des matériaux non combustibles. En plus des inévitables plaques et poignées de cercueils, que deviennent prothèses métalliques, dents en or, implants articulaires, pacemakers et autres stérilets en cuivre après la crémation mortuaire ?

En fin de procédé, le squelette n'est pas encore réduit en cendres, il est donc ensuite théoriquement broyé avec les éventuelles prothèses et objets métalliques contenus dans le corps du défunt. En réalité, des quantités impressionnantes de métaux (titane, nickel, cobalt, inox, aluminium, cuivre, zinc, fer, acier, or, platine, argent...) sont récupérées discrètement par les crématoriums et les opérateurs de pompes funèbres afin d'être vendues à des entreprises spécialisées dans la revalorisation des métaux précieux issus de la crémation ou des établissements de santé (Europe Metal Concept, OrthoMetals...). Très contrôlées, ces sociétés reversent ensuite contractuellement une partie de leur bénéfice aux crématoriums qui les approvisionnent.

Hélas, seuls quelques rares crématoriums reversent à leur tour le produit de cette rente "silencieuse" à des associations caritatives, à des fondations ou à la recherche médicale. En l'absence de législation, aucun n'est en effet tenu de prévenir les familles de ce commerce aussi douteux et amoral que lucratif et secret. Elus, familles et associations réclament donc la mise en place au niveau national d'un comité d'éthique statuant sur le sort de ces déchets très particuliers. Associations qui rappellent également que dans un marché en pleine croissance représentant déjà plusieurs millions d'euros, les 90 tonnes de métaux récupérées annuellement par OrthoMetals ou les 10 tonnes récupérées par EMC servent ainsi aux filières aéronautique ou automobile, voire même... à l'industrie de l'armement !

Source : Magazine hors-série 60 millions de consommateurs n°200 - Octobre 2019

Tonton Daniel
 

 

revalorisation des déchets funéraires

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #la mort, #déchets et recyclage

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