dereglements climatiques

Publié le 9 Septembre 2026

"Ils savaient mais n'ont prévenu personne."
Voilà résumé en une seule phrase le message du passionnant documentaire "Fuck la planète - Le choix du réchauffement" signé Jean-Robert Viallet et diffusé hier sur la chaine Arte, ou comment l'industrie a toujours consciemment privilégié ses profits financiers et le réchauffement climatique aux dépens de la planète et de ses écosystèmes.

Les auteurs du reportage sont formels : les premiers avertissements ne datent pas d'hier et les premières questions sur la hausse des températures et sur l'effet de serre sont apparus dès le 19e siècle avec le début de l'industrialisation et l'utilisation massive du charbon. Mais bien peu écouteront les lanceurs d'alerte comme Rachel Carson avec son ouvrage "Silent Spring" en 1962, le Club de Rome s'appuyant en 1968 sur le rapport Meadows et s'interrogeant sur une croissance infinie dans un monde limité ou encore l'Organisation des Nations Unies (ONU) lors du premier sommet de la Terre à Stockholm en 1972. 

Au contraire, en 1979, la révolution iranienne conduira au deuxième choc pétrolier et obligera chinois et américains avides d'énergie à ressortir leur joker habituel, le charbon. "L'état n'est pas la solution, c'est le problème" martèle le très libéral président Reagan en 1981 avant de lancer sa politique de dérégulation pendant que les pays en voie de développement affirment "Le climat, on verra plus tard" et que d'autres ne jurent que par d'éventuelles et fantaisistes solutions technologiques proposées par la science.

En complément des modèles numériques, les preuves du dérèglement climatique continuent cependant d'affluer. Manifestations citoyennes, alertes scientifiques et sommets internationaux s'enchaînent mais se voient opposer à chaque fois une décision politique ou la rédaction d'un rapport technique inspiré par des think tanks ultra-libéraux ou par  la très conservatrice Heritage Foundation, lobby américain connu pour défendre des positions climatosceptiques et hostile à l'accord de Paris sur le climat. Les exemples sont nombreux. Après la création du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) en 1988, les industriels se mobilisent et fondent l'année suivante la "Global Climate Coalition", puissant groupe de pression et de désinformation. En 1992, au sommet de la Terre de Rio où sera médiatisé le controversé concept de développement durable, le président Bush affirmera que "le mode de vie américain n'est pas négociable". En 1997, le protocole de Kyoto met en place les crédits carbone mais le traité final ne sera jamais ratifié par le sénat US. 

Le reportage se conclut à Bakou en 2024 où eut lieu la désolante COP29, conférence sur les changements climatiques s'achevant sur un ultime message en filigrane : "Busines is business"... Ou en bon franglais : "Fuck la planète !"

Documentaire disponible en replay sur Arte.tv jusqu'au 07 avril 2027.

Tonton Daniel
 

fuck la planète

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #environnement, #dérèglements climatiques, #économie

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Publié le 17 Juin 2026

Nommé Tsitakakantsa par les habitants du village d’Andombiry dans le sud-ouest de Madagascar,  le plus large et le plus impressionnant baobab de l'île africaine est en train de mourir. Sans bruit ni soupir.
Avec ses 29,3 mètres de circonférence et un âge estimé à environ 900 ans, ce monument végétal exceptionnel n'est pourtant pas le plus vieux de la région. Dans la même forêt tropicale sèche, d'autres arbres de son espèce auraient déjà dépassé 1200 ans, âge impossible à déterminer précisément en raison de l'effacement progressif des cernes de leurs troncs fibreux au fil du temps.

Alors qu'ils peuvent stocker de grandes quantités d'eau dans leur corps spongieux, tous les baobabs ont besoin de huit mois entiers sans une goutte d'eau à la saison sèche et, paradoxalement, supportent très mal une rétention d'eau dans leur cavité centrale et naturelle. Hélas, après le passage de la tempête tropicale Jude en mars 2025, le tronc creux de Tsitakakantsa s'est rempli d'eau par son sommet et n'a jamais pu se vider. En octobre, un liquide noirâtre suintant et pestilentiel, coulant par des fissures de son écorce d'habitude très lisse, a rapidement fait envisager une attaque de bactéries et de champignons. Hypothèse confirmée quelques semaines plus tard par la chute d'une première branche maîtresse, signal typique de dégradation progressive et annonciateur d'une issue fatale chez la famille du géant.

Considéré par la communauté locale comme un arbre sacré aux pouvoirs magiques, lien profond entre l’Homme et la Nature, témoin chargé d’histoire, de traditions et de spiritualité, symbole de fertilité incarnant la mémoire de la terre et capable de traverser le temps, Tsitakakantsa, l'un des plus gros arbres du monde, n'aurait plus que deux à trois ans à vivre. Victime et témoin impuissant de la déforestation et du dérèglement climatique planétaire, il est aussi l'illustration parfaite de la crise systémique de la biodiversité mondiale. Aucun dispositif de conservation ou d’intervention n'est aujourd’hui en mesure d’enrayer ce déclin que les spécialistes décrivent comme l'aboutissement du cycle de vie d’un arbre millénaire. Même les géants finissent par mourir un jour.

En revanche, si les individus disparaissent naturellement, l'espèce des Adansonia grandidieri à laquelle appartient Tsitakakantsa est, elle, aujourd'hui classée globalement en danger d'extinction…
Le Petit Prince de Saint-Exupéry n'aura bientôt plus à s'inquiéter...

Sources : ARTE - Magazine 28' - 15.06.2026 / Internet

Tonton Daniel
 

tsitakakantsa

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #arbres, #dérèglements climatiques

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Publié le 2 Juillet 2025

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #dérèglements climatiques

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Publié le 13 Mai 2025

Encore une aberration écologique et une nouvelle preuve de la bêtise humaine !
En 1872, sous la plume de Jules Verne, le très pressé et très anglais Phileas Fogg faisait le tour du monde en 80 jours. Un siècle et demi plus tard, les touristes britanniques influencés par les réseaux sociaux ont adopté un nouveau "voyage de l'extrême", appelé “Extreme day tripping” ou “No hotel travel” (« Escapade extrême » en français), encore plus ridicule qu'un tour complet de l'Europe en une semaine. Leur but ? Aller beaucoup plus vite que le parieur londonien, décoller très tôt le matin, "visiter" en moins de 24 heures une grande ville à l'étranger, Milan, Copenhague, Barcelone, Prague ou Bruxelles, et rentrer le soir même par le dernier avion ! Sans réserver d'hébergement, l'œil en permanence sur leur montre ou leur smartphone, prenant juste le temps d'un selfie et d'un fast-food avant de rentrer chez eux… et se moquant éperdument de leur empreinte et de leur bilan carbone !
De quoi rendre jaloux Phileas Fogg et faire hurler tous les défenseurs de l'Environnement à l'heure du réchauffement climatique !
Pour tout comprendre de ce phénomène, voici un article du journal Ouest-France paru en octobre dernier sous la plume d'Arnaud Fischer :

"Qu’est-ce que l’« extreme day tripping », cette nouvelle tendance de voyage néfaste pour la planète ?
Des escapades à l’étranger d’un seul jour, voilà la nouvelle tendance voyage connue sous le nom d’« extreme day tripping » ou « escapade extrême » en français. L’objectif est de réduire au maximum les coûts en profitant de tarifs avantageux proposés par les compagnies aériennes. Mais cette pratique, très néfaste pour la planète, fait pâlir les défenseurs de l’environnement , l’avion étant l’un des principaux émetteurs de CO2.

« Le principe est le suivant : des voyageurs britanniques, rebutés par des hébergements plutôt coûteux, décident de s’envoler pour une ville européenne… où ils ne resteront pas plus de vingt-quatre heures afin de minimiser les frais », explique Géo.
Pour Alex Choi, le créateur de la plateforme extremedaytrips.com, si cette pratique séduit, c’est surtout à cause du faible coût que ces voyages représentent. « Les vols sont généralement bon marché, ce qui permet d’explorer aisément l’Europe. « Les vols aller-retour vers Milan sont moins chers qu’un billet de train aller simple pour Manchester ! » a pu lire sur les réseaux sociaux Claudia Rowan, journaliste pour le journal anglais The Times qui a testé une « escapade extrême » à Barcelone en partant de Londres. Elle raconte dans son retour d’expérience à quel point il faut être organisé pour optimiser son voyage d’un jour. La moindre activité doit être réservée à l’avance et calée dans un emploi du temps surchargé.

Selon le rapport 2024 sur les tendances en matière de voyages de l’aéroport de Luton (Royaume-Uni), environ 39 % de ces voyageurs d’une journée sont motivés par la volonté d’éviter les frais d’hébergement, tandis que pour 35 %, c’est la flexibilité de réserver des voyages de dernière minute.
Pour le moment, cette pratique est essentiellement pratiquée par les Britanniques, pour qui un trajet en avion est bien moins cher que rejoindre deux villes du pays en train. Le quotidien The  Mirror cite l’exemple d’une anglaise « tellement déterminée à éviter les trains coûteux du Royaume-Uni » que lorsqu’elle veut rejoindre sa famille à Manchester depuis Londres, où elle vit, « elle passe par l’Europe continentale ».
« Je prends le premier vol de la journée au départ de Londres vers un endroit qui propose également un vol bon marché en fin de journée vers Manchester. Ainsi, je passe la majeure partie de la journée dans une nouvelle destination », raconte la jeune femme de 26 ans au journal.

Aujourd’hui l’« extreme day tripping » se démocratise de plus en plus, à tel point qu’un groupe Facebook - comprenant 233 000 membres - a été créé pour les aficionados et que certains se réunissent directement à l’aéroport. The Telegraph avance que la pratique date du début des années 2000, donnant comme exemple le cas de Michael Cracknell, administrateur du groupe Facebook, qui a fait son premier séjour extrême à cette époque.

Mais si ces escapades d’un jour peuvent être alléchantes, il faut rappeler qu’elles sont un désastre pour l’environnement. Selon une étude de ScienceDirect, réalisée entre 2000 et 2018, l’avion émettrait 20 à 50 fois plus de CO2 que le train et l’aviation commerciale représenterait environ 5 % du réchauffement climatique."

Source : https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2024-10-07/qu-est-ce-que-l-extreme-day-tripping-cette-nouvelle-tendance-de-voyage-nefaste-pour-la-planete-7d0310bb-3449-4cfa-bc79-ccfd6c3a7bf1

Tonton Daniel
 

le voyage en un jour

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le voyage, #dérèglements climatiques, #homo absurdus

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Publié le 22 Décembre 2024

 

La Terre va mal. Notre petite Planète, miracle de vie perdu dans l'Espace, souffre depuis plusieurs décennies d'un dérèglement général de son état dont le responsable n'est autre qu'un petit microbe qui prolifère à sa surface. Si un être vivant complexe peut cohabiter sans problème en symbiose avec des virus et des bactéries à la condition de rester suffisamment solide pour contrôler leur prolifération, hélas, homo sapiens, le micro-organisme qui infecte aujourd'hui notre Planète bleue, est devenu envahissant en colonisant et contaminant tous les organes de son hôte.

En 1972, le Club de Rome, association internationale et non politique, fait paraitre un rapport fracassant titré "Les Limites à la croissance (dans un monde fini)" (The Limits to Growth), rapidement surnommé "Rapport Meadows" du nom de ses principaux rédacteurs, le couple de scientifiques américains Donella et Dennis Meadows, secondés par l'économiste norvégien Jørgen Randers. Grâce à un modèle informatique nommé World3 prenant en compte des centaines d'équations, des milliers de données et de nombreuses boucles de rétroactions, les trois auteurs ont analysé 11 scénarios alternatifs possibles d'évolution conjointe entre les années 1900 et 2100 de la démographie, de l'économie et de l'environnement.

Le constat est sans appel, les huit premiers scénarios mènent tous à un effondrement plus ou moins rapide de l'ordre social et de notre biotope pour une ou plusieurs raisons, croissance démographique exponentielle, surconsommation et/ou surexploitation des ressources non renouvelables. Dans les faits, cinquante ans plus tard, malgré les progrès scientifiques et techniques, les signaux d'alarme se multiplient et la Terre craque de partout. Dérèglements et aléas climatiques, effet de serre, raréfaction des ressources naturelles et de l'eau potable, pollutions des eaux souterraines et des océans, appauvrissement des sols, effondrement de la biodiversité, fonte des glaciers et des calottes polaires, hausse du niveau des mers, désertification, recul des forêts, mort des récifs coralliens, invasion des plastiques ... Sans oublier un bilan humain et économique guère plus enviable, répertoriant conflits territoriaux, pandémies, famines, endettement croissant des états, coût de l'énergie, défiance envers les institutions publiques… et une population mondiale de quatre milliards d'habitants en 1972 ayant doublé pour atteindre huit milliards en 2025 !

Afin d'éviter la catastrophe annoncée par le Rapport Meadows, de nombreuses solutions et actions sont évoquées par ses auteurs. Sur le modèle de quelques succès internationaux récents (interdiction des CFC et sauvegarde de la couche d'ozone atmosphérique, interdiction du DDT pour l'agriculture, suppression du plomb dans les carburants automobiles, mesures prises contre la pollution du Rhin en Europe, création de réserves naturelles et de réserves de nuits noires ou préservation d'espèces marines en Méditerranée), états, société civile et mouvements citoyens doivent légiférer dans l'urgence et la concertation.

Malgré son titre et sa réputation, le rapport ne prône pas la décroissance mais la sobriété la plus essentielle. Le choix est pragmatique et très simple : "effondrement involontaire ou réduction contrôlée de l'empreinte écologique". Bref, il faut "changer la structure du système" et imaginer "un nouvel humanisme", lancer "la révolution de la durabilité", remplacer croissance par développement, faire entendre raison au marché économique "sourd à toute idée de long terme", combattre "esprit de compétition, préoccupations à court terme et domination d'intérêts nationaux, privés et individuels", anticiper le long temps de réaction entre observation d'un problème et action pour y remédier, imposer transition démographique, consommation soutenable, réduction des flux d'énergie et de matière. Il nous faut inventer "une économie au service de la bonne santé de l'environnement et non l'inverse". Dans le cas contraire, "les systèmes naturels choisiront une issue pour nous" soupirent les auteurs avec fatalisme.

Controversé dès sa parution sur sa méthodologie, ses raccourcis simplifiés, ses conclusions cataclysmiques et "l'oubli" des pays en développement, "Les Limites à la croissance" est néanmoins devenu une référence pour de nombreux lecteurs, de nouveaux concepts ayant émergé ces dernières années dans le discours public, développement durable, capacité de charge ou dépassement annuel. Lors d'une prochaine édition, le lecteur pourra peut-être y trouver une nouvelle annexe à connotation médicale et validée par de nombreux épidémiologistes : un virus, incapable de se reproduire seul, n'a pas intérêt à tuer son hôte car, en le tuant, il disparaît aussi. Mais peut-on raisonner un microbe incapable de se projeter dans un avenir dont il n'a pas conscience ?

Tonton Daniel
 

 

les limites à la croissance

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