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Publié le 25 Avril 2025


"Pendant que la Russie tente de conquérir des mètres carrés en Ukraine, elle perd des berceaux. En janvier, les naissances ont atteint un niveau historiquement bas. Comment le pays perd son combat démographique.

Le démographe Alexeï Rakcha évoque un « antirecord ». D’après l’agence russe Rosstat, seuls 195.432 bébés sont nés en Russie en janvier et février, en chute de 3 % par rapport à début 2024. « Il faut se méfier des chiffres mensuels », prévient Sergei Zakharov, chercheur à l’Institut de Démographie de l’Université de Strasbourg (IDUS). Mais la tendance est bien là : en 2023, seuls 1,26 million de bébés étaient venus au monde en Russie selon Rosstat, un total historiquement bas. Et en 2024, le taux de fécondité avait chuté à 1,4 enfant par femme – un niveau inférieur à celui de la France (1,62).

La natalité est en berne, concède l’expert de l’histoire démographique de la Russie, et l’invasion de l’Ukraine n’encourage pas les Russes à la reproduction. « La guerre n’est jamais le bon moment pour faire des bébés », note-t-il. Des centaines de milliers d’hommes sont au front, l’économie patine et l’avenir est plus incertain qu’en temps de paix. Certes, la chute n’est pas « si dramatique » par rapport à 2021, lorsque le taux de fécondité s’élevait à 1,5. Mais d’année en année, la Russie que Vladimir Poutine espère tant étendre aux frontières se vide de l’intérieur.

D’ailleurs, cette mauvaise pente démographique ne date pas d’hier : les bébés se raréfient depuis la fin des années 1990. « La Russie a une longue histoire de baisse de la natalité » désormais, observe Sergei Zakharov, qui explique que la population décroît. Après la chute de l’URSS, la Russie comptait 148,5 millions d’habitants dans ses nouvelles frontières. Plus de trente ans plus tard, elle a perdu quelque quatre millions d’habitants.

« Depuis 2007, Vladimir Poutine et son gouvernement ont mis en place des politiques natalistes » pour enrayer la situation, souligne Sergei Zakharov. Les familles ont notamment bénéficié du « capital maternité » qui permettait à l’origine de soutenir financièrement à partir du second enfant. Elle est désormais versée dès le premier enfant et bénéficie d’une revalorisation annuelle.

D’après le journal économique Vedomosti, cité par Courrier International, le « plus cher » des « projets nationaux » de la Russie à l’horizon 2030 concernera la famille. Mais pour Sergei Zakharov, c’est peine perdue : « Ces politiques marchent seulement sur du court terme. Comme dans beaucoup de pays, on donne de l’argent, mais ça ne suffit pas. » Le pays a affiché une légère remontée dans les années 2010 mais celle-ci est restée temporaire.

L’autre pan de l’action pro-nataliste du gouvernement se niche au cœur de son discours. Mais alors que Vladimir Poutine annonçait « l’année de la famille » pour 2024, les discours traditionalistes ne semblent pas avoir de prise sur la population russe. « La France est bien plus centrée sur la famille que la Russie, contrairement à ce que les discours de propagande du gouvernement pourraient faire croire. Regardez les taux de divorce en Russie, je ne sais même pas quel pays peut nous faire concurrence sur le sujet ! », s’exclame Sergei Zakharov. En 2024, selon Elena Mikhailova, du Centre russe de recherche sur l’opinion publique (VCIOM), 8 mariages sur 10 se terminent en divorce dans le pays.

Dans ce contexte, Moscou peut-il miser sur un baby-boom postguerre en Ukraine ? « C’est très difficile de prédire cela mais après la Seconde Guerre mondiale, la Russie n’a pas fait partie des pays qui ont vécu un baby-boom. Notamment parce que le pays n’a pas bénéficié d’une grande amélioration de la vie quotidienne. La fertilité était déjà assez basse avant la guerre. Et puis le marché du mariage était brisé », explique Sergei Zakharov.

Des millions d’hommes étaient en effet morts au combat. La guerre en Ukraine, elle, n’a jusqu’ici pas été aussi meurtrière pour la Russie, même si l’on estime que plusieurs centaines de milliers de Russes ont perdu la vie en Ukraine, selon des estimations occidentales. Ces disparus n’arrangeront pas la situation. D’après le magazine Géo, les femmes représentent déjà environ 54 % de la population. Sergei Zakharov l’admet, il n’est « pas optimiste » quant à la démographie russe. « C’est une société vieillissante et le taux de fécondité va probablement baisser encore » dans les années à venir. Et ouvrir un nouveau front pour Moscou."

Source : https://www.20minutes.fr/monde/russie/4149180-20250423-russie-guerre-jamais-bon-moment-faire-bebes-comment-pays-perd-combat-demographique

 

démographie russe

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 28 Août 2024

"Inspiré de faits et de personnages réels à qui l'auteur a prêté des propos imaginaires"... On ne saurait être plus prudent avec un sujet aussi délicat ! En 2022, l'écrivain italo-suisse Giuliano Da Empoli, enseignant à Sciences-Po Paris et ancien collaborateur du président du Conseil italien Matteo Renzi a en effet choisi pour thème de son premier roman la Russie de Vladimir Poutine et pour personnage principal un certain Vadim Baranov, éminence grise du président et homme de l'ombre du Kremlin.

Inspiré du bien réel Vladislav Sourkov, homme d'affaires, fonctionnaire d'Etat et ex vice-président du gouvernement russe, celui qui est surnommé ici "Le Mage du Kremlin" ou "Le Raspoutine de Poutine" n'est pourtant ni astrologue ni devin ni magicien. Ce loup solitaire et conseiller du prince ne fait pas non plus partie des courtisans du "Tsar" et livre ses confidences et ses mémoires à un journaliste à qui il avoue n'avoir été compromis dans ce monde du secret que pour "fuir la banalité et l'ennui" d'une vie privilégiée.

Par la voix du Mage, Giuliano Da Empoli évoque la nostalgie d'autrefois et la "désintégration de la Russie", dénonce la transformation de la patrie "en supermarché" et les outrances d'oligarques tels Boris Berezovsky, Mikhail Khodorkovski ou Evgueni Prigojine. Il dresse par petites touches le portrait du maître du Kremlin, idéaliste frustré, sans ami ni famille, intelligent, visionnaire et austère avant d'expliquer son idéologie ultime, une guerre à la fois géographique et psychologique, la création d'un chaos organisé et généralisé et l'application des principes politiques développés par le philosophe Machiavel dès le XVIe siècle : effrayer, diviser et proposer un "ordre nouveau" afin de mieux soumettre son peuple et régner sans partage, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Romancé mais très crédible, le livre a-t-il été traduit en russe et lu au kremlin de Moscou ? Entre fiction et réalité, il dénonce en filigrane toute forme d'autoritarisme ou d'ultranationalisme et prédit un futur sans liberté ni démocratie pour une humanité réduite à "un gigantesque organisme artificiel". Du conflit armé en Tchétchénie à la "Révolution des roses" en Géorgie en passant par la "Révolution orange" et la guerre en Ukraine, le récit offre une vision beaucoup plus subtile et effrayante que celle d'un simple chef de guerre sans projet à long terme mais se conclut néanmoins par une note plus adoucie et plus sage, inévitablement teintée de mélancolie et de fatalisme slave : rien n'a d'importance dans ce monde que le sourire d'une enfant, le murmure d'une pendule rythmant le temps, le silence des flocons de neige par un matin clair d'hiver...

Tonton Daniel
 

le mage du kremlin

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #russie-urss

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Publié le 7 Juillet 2024

Rigoureusement interdite en Union soviétique pendant la Guerre froide, la musique occidentale était considérée par Moscou comme un moyen de propagande ennemie au même titre que toute forme de culture populaire venant de l'ouest. Jazz, blues, pop et rock'n roll étaient donc interdits à la vente comme à la diffusion et l'industrie du disque sévèrement contrôlée par le pouvoir central.

Mais les russes ont toujours été les rois de la débrouille ! Inspirés dès 1946 par une machine de la marque Telefunken destinée à enregistrer la voix et arrivée à Leningrad la même année, deux jeunes bricoleurs de génie, Ruslan Bogoslowski et Boris Taigan, mettent au point un dispositif artisanal capable de graver et de copier n'importe quel album à moindre coût, y compris la musique russe interdite par la censure communiste et les rares originaux ayant passé la frontière. Seul souci : la matière première !

Faute de vinyle, pratiquement introuvable après guerre comme tous les produits à base de pétrole, les deux compères vont profiter d'un décret de l'Etat obligeant radiologues et hôpitaux à jeter après un an de stockage leurs radiographies médicales réputées trop inflammables. Achetées pour quelques roubles, les radios sont découpées en cercle, percées en leur centre avec un mégot de cigarette et gravées secrètement en un tour de main avant d'être distribuées et vendues clandestinement dans tout le pays, parfois même échangées contre un peu de vodka. A l'instar du "samizdat" écrit, la "roentgenizdat" ("musique osseuse" ou "bone music") était née.

Ancêtres rebelles des flexi disc, ces "bones’n’ribs" éphémères étaient uniques et de piètre qualité mais ce recyclage "à la russe" a néanmoins duré une vingtaine d'années. Face à leur succès, Bogoslowski et Taigan finirent par diffuser les plans de leur machine et le marché parallèle prit tant d'ampleur que les autorités réagirent en 1950 en envoyant les deux comparses au goulag pour quelques années. Libérés à la mort de Staline en 1953, ils reprendront leurs activités jusqu'à la fin des années 60 et l'arrivée sur le marché noir de cassettes audio gravant Beatles sur fond d'os cassés, Beach Boys sur radios du thorax ou Elvis Presley sur images crâniennes !

Passée sous silence pour des raisons évidentes, cette histoire est aujourd'hui "oubliée" en Russie. Les fragiles reliques sont désormais achetées à prix d’or ou exposées dans des musées et sont le sujet du court documentaire "X-Ray Audio - Bone Music" ("Roentgenizdat") du chanteur anglais Stephen Coates qui insiste sur le courage des rebelles underground et de leur esprit transgressif et très... "rock’n’roll" !

Tonton Daniel

Sources :

Magazine 28' - Arte - Mercredi 26.06.2024 + Différents sites Internet
 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique, #russie-urss, #déchets et recyclage, #le saviez-vous

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Publié le 3 Juillet 2024

Au XIXe siècle en Russie, dans le décor d'une obscure ville de garnison, plusieurs personnages se croisent à l'intérieur d'une grande demeure familiale qui semble les retenir prisonniers comme souris en cage. Au centre de cette société bavarde, insupportable et désoeuvrée, trois soeurs sans enfant, Olga, Macha et Irina, différentes et complémentaires, évoquent la mort de leur père, le mariage de leur frère et leurs rêves de jeunesse contrariés. Incapables de révolte ou d'action, tous sont désespérés, réfléchissent à haute voix, racontent leurs existences vides, leur lâcheté et leur mal de vivre.

Drame en quatre actes paru en 1900, "Les trois soeurs" de l'écrivain et dramaturge russe Anton Tchékhov, c'est toute l'âme slave concentrée dans des discussions philosophiques interminables, des lamentations sans fin, une forme de romantisme mystique et suranné, la lenteur, l'ennui, la mélancolie, l'immobilité... C'est aussi le "document d'une époque" rédigé par un auteur à la fois médecin et romancier, doublement spécialiste de cette attitude que les russes nomment pofigisme, mélange de résignation, d'abandon et de fatalisme face à l'absurdité du monde.

Les souris dans leur cage soupirent sans conviction... "Il faut vivre", supporter le présent et attendre un futur meilleur. Seule lueur d'espoir pour les autres, la fuite et le projet d'un déménagement vers la Capitale, paradis lointain, sublime et fantasmé : "A Moscou ! A Moscou ! A Moscou !"

Tonton Daniel
 

les trois soeurs

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #russie-urss

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Publié le 6 Juin 2024

A la veille des élections européennes, la chaîne Arte diffuse un documentaire troublant signé Sophie Lepault, "Russie, Chine, Iran - La revanche des empires" qui évoque la nouvelle alliance militaire et économique de ces trois régimes autoritaires, différents sur de nombreux points mais parfaitement complémentaires aujourd'hui.

Retour de l'empire et maintien de zones tampons à ses frontières pour la Russie, sauvegarde de la révolution communiste et rétablissement de l'unité du territoire pour la Chine, exportation de la révolution islamique et élargissement de sa sphère d'influence pour l'Iran, chacune des trois nations affiche désormais clairement ses intentions au sein d'un "axe" qui conteste la notion de droits de l'homme et remet en cause le droit international universel.

Membres fondateurs de l'OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) créée en 2001 et dont l'un des objectifs officiels est "la création d’un nouvel ordre politique et économique international", Chine et Russie y ont peu à peu intégré d'autres pays comme l'Inde en 2017 et l'Iran en 2023. S'opposant militairement à l'OTAN, diplomatiquement à l'ONU et idéologiquement au monde occidental, le groupe agit sur tous les fronts. A l'intérieur : censure, répression, propagande, contrôle d'internet, surveillance des réseaux sociaux... A l'extérieur : guerre de l'ombre et influence numérique, création de fausses ONG et obstruction coordonnée au sein du conseil de sécurité de l'ONU, soutien aux régimes autocratiques alignés contre l'occident, ingérences, désinformations, cyber-opérations... Et entre eux : soutien militaire, ventes d'armes conventionnelles et entrainements militaires conjoints dans le but d'organiser des systèmes régionaux fédérés par la Russie en Eurasie, l'Iran au Moyen-orient et la Chine en Asie du sud.

Dans ce nouvel ordre mondial bâti sur l'Histoire, le nationalisme et l'impérialisme, l'Organisation développe enfin un espace commercial, économique et financier alternatif, la Russie exporte ses hydrocarbures grâce à une flotte de 600 pétroliers et tankers fantômes, l'Iran partage son expérience du blocus, la Chine achète le pétrole russe, tous participent à un marché parallèle dont le dollar est exclu afin de contourner les sanctions américaines et occidentales.

En occident, d'aucuns, comme l'un des derniers intervenants rappelant que "la paix n'est pas un acquis", craignent une contagion mondiale et la fin du modèle démocratique. D'autres, plus optimistes, pointent une alliance contre-nature et provisoire d'états aux intérêts divergents, évoquent des populations avides de démocratie au sein même de ces états ou estiment que des amitiés durables entre loups affamés sont impossibles.
Entre deux visions du monde incompatibles, l'Europe pourrait choisir une troisième voie. Celle qui conduit à la paix, à la liberté et à la sagesse en passant par la vigilance, l'unité et le dialogue.

Tonton Daniel
 

russie chine iran la revanche des empires
russie chine iran la revanche des empires

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #chine, #russie-urss, #inde, #europe, #actualité

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