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Publié le 6 Septembre 2026

Parfaitement inconnue en dehors des Etats-Unis, l'américaine Emma Gatewood a cependant fait beaucoup parler d'elle outre-Atlantique dans la deuxième partie du XXe siècle. Après une pénible vie de labeur et après avoir élevé 11 enfants, cette grand-mère de 67 ans décida un jour de 1955 de partir marcher sur le sentier des Appalaches considéré comme "le plus long chemin de randonnée au monde" avec ses 3500 km ! Grâce aux notes de son petit journal, son histoire est aujourd'hui racontée par l'écrivain et journaliste Ben Montgomery dans son livre "La Meilleure façon de marcher", récit d'un voyage initiatique de 146 jours en pleine nature et très souvent à la belle étoile.

Partie pour des raisons mystérieuses, la randonneuse n'expliquera jamais clairement son intention mais quelques indices de sa terrible histoire se révèleront peu à peu au fil des pages et de son parcours. On découvrira ainsi qu'Emma, victime d'une société encore très rurale, conformiste et patriarcale, fut avant tout battue par un mari très violent pendant de très longues années… Ses enfants devenus indépendants, elle leur écrira qu'elle partira simplement " faire un tour ", sobrement équipée de chaussures de toile et d'un simple baluchon.

Après avoir traversé quatorze états, huit forêts nationales et deux parcs nationaux, "Grandma Gatewood" deviendra malgré elle une "héroïne du peuple", célèbre pour avoir été la première femme à parcourir dans sa totalité le mythique sentier. Au bout du chemin, de nouveaux projets naitront, pleins de lendemains, d'épreuves et de rencontres. L'héritière de Thoreau et de Leatherman effectuera le même voyage deux ans plus tard puis partira à la conquête de la piste de l'Oregon en 1959 avant de boucler une troisième fois le sentier des Appalaches en 1964 !

Active, indépendante et libre, la pionnière qui aura transformé sa fuite en aventure aura participé (provisoirement) à la redécouverte d'une activité oubliée au royaume des chromes rutilants et des autoroutes déshumanisées, aura inspiré après elle des milliers de randonneurs avides de liberté et de nature mais partira en emportant avec elle le secret de sa motivation première. Malgré un récit un peu froid et un style parfois naïf, Ben Montgomery nous livre cependant une explication vraisemblable : "Explorer le monde est un bon moyen d'explorer sa propre intériorité". Et la meilleure façon de le faire est évidemment de marcher.

Tonton Daniel
 

la meilleure façon de marcher
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #la marche, #portraits

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Publié le 22 Mai 2024

A moins de cent jours de l'ouverture à Paris des Jeux de la XXXIIIe olympiade, deux reportages diffusés par Arte et France 2 dévoilent simultanément la face cachée du baron Pierre de Coubertin, initiateur au XIXe siècle des Jeux olympiques modernes et fondateur du Comité international olympique (CIO).

Issu d'une famille aristocratique fortunée, le jeune homme est traumatisé par la défaite française de 1871 face à la Prusse qu'il impute à la fois au manque de préparation physique des troupes tricolores et à "la supériorité de l'éducation physique du fantassin prussien". Il milite donc très tôt pour la promotion et l'introduction du sport dans les établissements scolaires français en arguant que "des hommes sportifs iront plus volontiers au front" !

Passionné par la Grèce antique, impressionné par le modèle éducatif anglais et nanti d'une "éthique chevaleresque", il parvient à convaincre l'état grec en 1894 de faire renaitre les Jeux olympiques oubliés depuis le Ve siècle. La Grèce accepte mais impose comme conditions le site d'Athènes et la date de 1896 à l'occasion du 75e anniversaire de la nouvelle République. Les Jeux olympiques modernes sont nés mais ressemblent encore beaucoup aux manifestations antiques. Seuls des hommes blancs participent et Coubertin déclare que l'unique rôle des femmes est de couronner les vainqueurs et qu'une "olympiade femelle serait inintéressante, inesthétique et incorrecte" !

En plus d'être misogyne, le baron, pur produit de son époque et de son milieu social, considère que le sport est l'activité d'une élite, celle à laquelle il appartient, mais que sa pratique intégrée à un modèle éducatif international serait un instrument incomparable de "disciplinisation des indigènes"... Notoirement revanchard, réactionnaire, nationaliste, raciste, racialiste et colonialiste, Coubertin proclame ainsi : "Dès les premiers jours, j'étais un colonial fanatique. A la race blanche d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance"... Enfin, peu avant sa mort, il apporte un soutien implicite au régime nazi à l'issue des Jeux de Berlin de 1936 en déclarant : "Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir"...

On reste sans voix à l'issue de ces deux reportages qui dressent le portrait effarant et sans concession d'un homme ambitieux, opportuniste et orgueilleux, à l'évidence très mal connu aujourd'hui. Malgré ses convictions, les femmes ont participé très tôt aux Jeux modernes et depuis la création des Jeux paralympiques en 1960, des Gay Games en 1982 et des Jeux olympiques de la jeunesse en 2010, la variété des participants n'a cessé de croître. Quant aux Jeux, à l'instar de leur initiateur, ils ont eux aussi leur face sombre, dissimulant corruption, dopage, boycotts, enjeux médiatiques et politiques... Mais ceci est une autre histoire !

Sources : Karambolage (Arte) - Pierre de Coubertin : grandeur et mystères du père des JO (France 2) - Wikipedia

Tonton Daniel
 

pierre de coubertin grandeur et mystères

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #portraits, #sports et jeux, #actualité, #international

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Publié le 3 Juin 2023


Bonjour à tous

Qui était donc ce mystérieux Marcel Hugues Guerlain dont les traces apparaissent aujourd'hui floues, imprécises et rares ?
Selon différents sites internet et le Musée d'histoire de Suresnes, Marcel Guerlain (1887-1961), homonyme du célèbre parfumeur parisien, aurait créé son entreprise de parfums et de cosmétiques à Suresnes en 1922 grâce au richissime Edmond Levy, ouvert plusieurs boutiques à Paris, Londres et New York et lancé plusieurs succès comme "Le Roy le veult", "Masque Rouge", "Rolls-Royce" ou "Mon homme", senteur favorite de la chanteuse Mistinguett.
Attaqué en justice pour opportunisme et utilisation abusive de son patronyme par la maison historique dont le slogan fut un temps "Nous n'avons pas de prénom", Marcel aurait perdu son procès en 1930 et changé le nom de son entreprise en "Société des Parfumeurs Parisiens". D'après d'autres sources, celui qui lui aussi affirmait dans ses publicités n'avoir aucun lien "avec une entreprise du même nom" aurait créé de nouvelles sociétés de parfumerie parmi lesquelles Hughes Guerlain, Hélène Gys HG, Marcel & Hughes, Les Parfums d'Agnès ou Salomé, cette dernière étant reprise plus tard par Maurice Blanchet pour la fusionner avec sa propre marque et créer Coryse Salomé.
Parmi tous les récits, les témoignages et les fragments d'histoires, de rares indices convergent, se dévoilent puis se combinent pour former une certaine vérité... Quelques gouttes de scandale, de grands profits et des petits secrets... La formule parfaite pour un parfum de mystère !

Sources : Musée d'histoire de Suresnes / Internet

Tonton Daniel
 

marcel hugues guerlain
marcel hugues guerlain
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le parfum, #portraits

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Publié le 8 Septembre 2022

Rédigé par tonton daniel

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Publié le 10 Mars 2022


Bonjour à tous

Un extraordinaire moment de grâce et d'intelligence ! En écho à la Journée internationale des droits des femmes, François Busnel recevait hier soir sur le plateau de La Grande Librairie pour France 5 les témoignages des historiennes Mona Ozouf et Michelle Perrot. Deux sourires, deux regards, deux voix, les deux complices et amies depuis 1955 ont évoqué durant une heure et demie et dans une langue exceptionnelle leurs vies, leurs souvenirs, leurs engagements politiques et féministes, "le charme des amitiés de jeunesse qui durent" et le sens de la lecture : "Il y a dans les romans infiniment plus de pensées que chez les penseurs"...

Mémoire vivante du XXe siècle mais historiennes également tournées vers l'avenir, Mona Ozouf et Michelle Perrot ont toujours montré une curiosité incessante de l'air du temps, une soif d'indépendance, une grande liberté d'esprit et une fantastique aisance intellectuelle. Décrivant leur "désespoir" face à l'actuel conflit ukrainien dans une Europe bien plus unie aujourd'hui que durant la seconde guerre mondiale, les deux femmes ont affirmé "croire à l'égalité de la raison chez les êtres humains", rappelé leur refus catégorique de tout extrémisme nationaliste et glorifié la nation qui a donné au monde à la fois sa "version du bonheur de vivre" et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Agées de 91 et 93 ans, les demoiselles ont enfin évoqué avec pudeur et philosophie "le bout du chemin", avouant avoir "un regard désolé sur le temps qui passe", citant Beauvoir ("La vieillesse est le temps du jamais plus") mais remarquant aussi avec malice qu'il existe "une grande différence entre l'âge réel et le ressenti... Comme pour le climat !" 

Merci, M. Busnel, pour cette émission exceptionnelle et merci, Mesdames, pour cette grande leçon d'humanisme, de modestie et de sagesse !

Tonton Daniel
 

rencontre avec mona ozouf et michelle perrot

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #portraits

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