architecture

Publié le 10 Juin 2024

Parmi les innombrables merveilles retrouvées au XIXe siècle sur le site d’Angkor au Cambodge, le temple Ta Prohm est aujourd'hui l'une des plus célèbres en raison des extraordinaires figuiers étrangleurs qui ont envahi ses nombreux édifices sacrés. Edifié sous le règne du roi khmer Jayavarman VII et consacré en 1186, le sanctuaire religieux, protégé de plusieurs enceintes, abrite tours à visages, réservoirs, esplanades ainsi que plusieurs centaines de statues et de bas-reliefs.

L'un de ces derniers, gravé sur un pilastre de la tour ouest, fait partie d’une série de médaillons dans lesquels ont été sculptés des animaux familiers. Depuis quelques années, la sculpture agite les réseaux sociaux et suscite d'invraisemblables commentaires de la part de créationnistes et de cryptozoologues qui y auraient reconnu... un dinosaure ! Et plus précisément un stégosaure, reptile du jurassique caractérisé par les grandes plaques osseuses qu'il portait sur le dos. L'occasion pour eux de réaffirmer leur croyance en un monde âgé de 6000 ans et d'établir la coexistence des dinosaures et des humains pendant cette période !

En dehors d'une contrefaçon moderne, la seule interprétation logique serait d'évoquer l'oeuvre d'un artiste du XIIe siècle inspiré par un fossile. Mais aucun fossile de stégosaure n’a jamais été signalé au Cambodge, et l'image correspond trop parfaitement à celle d'une reconstitution moderne. Il s'agit donc tout simplement d'une simple paréidolie, phénomène très commun d'illusion visuelle, permettant le plus souvent d'associer une apparence humaine ou animale à une forme quelconque et naturelle. Ici, un simple buffle entouré de feuilles et de boutons de lotus, fleur sacrée du sud-est asiatique très utilisée comme élément décoratif d’arrière plan et très fréquente à Angkor.

Rappelons-le encore et encore, les stégosaures, à l'instar de tous les dinosaures, se sont éteints il y a 65 millions d'années bien avant l'apparition des humains.
La lutte contre l'obscurantisme est un combat de chaque instant et les explications les plus simples sont toujours les meilleures.

Tonton Daniel
 

le dinosaure d'angkor

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #secrets et mystères, #architecture

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Publié le 7 Février 2024

Oubliée entre deux voies ferrées à Asnières-sur-Seine près de Paris, la gare Lisch, dite aussi "Gare des Carbonnets" du nom de l'impasse qui y mène désormais, n'est plus que le symbole d'un temps révolu, une pitoyable ruine dont les verrières ont explosé sous le poids des ans et dont la charpente métallique s'est partiellement effondrée. Désaffectée depuis longtemps et aujourd'hui fermée au public, elle reste un édifice chargé d’histoire, au passé glorieux et au destin tragique.

Edifiée en bord de Seine par l'architecte Juste Lisch sur le Champ-de-Mars à Paris pour devenir le terminus ferroviaire de l'Exposition Universelle de 1878, la gare abrite alors quatre voies reliant la station Grenelle de la petite ceinture à l'esplanade du Champ-de-Mars à une époque où les transports en commun parisiens se résument aux fiacres et aux omnibus. Avec sa charpente métallique à remplissage de briques colorées et vernissées, ses deux quais de 180 mètres de long pouvant accueillir simultanément quatre trains, le bâtiment a fière allure en cette fin de XIXe siècle. Conservée pour l'Exposition Universelle de 1889, la gare aura bientôt pour voisine prestigieuse la Tour Eiffel vers qui elle amènera plus de deux millions de visiteurs.

Propriété de La Compagnie de l'Ouest, la gare est démontée pour laisser place à l'Exposition Universelle de 1900 et reconstruite en 1897 sur son site actuel en lieu et place d'ateliers ravagés par une tornade. Utilisée de 1924 à 1936 pour la correspondance à Bois-Colombes entre le tronçon électrifié venant de Paris-Saint-Lazare et celui à vapeur desservant la province, Argenteuil et Pontoise, "la gare électrique" est victime de la modernisation de la ligne, désaffectée rapidement et reconvertie en atelier dès 1937.

Abandonnée peu à peu et promise à la démolition en 1983, la gare Lisch est inscrite in extremis en août 1985 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et devient propriété de Réseau ferré de France en 1997. De nombreux projets de restauration se succèdent, Musée du Cheminot, Cité du Voyage, bureaux d'affaires partagés, café-restaurant ou espace événementiel, mais aucun ne sera jamais concrétisé. Enfin, l'association "Gare Lisch Renaissance" s'oppose à tout projet de démontage vers un nouvel emplacement car déménager le fragile édifice entraînerait automatiquement son déclassement en plus de compromettre sa survie. Un énième projet de réhabilitation est abandonné en 2021. La commune d'Asnières-sur-Seine décide alors de racheter le monument pour un demi-million d'euros en vue d'une rénovation complète. Mais aujourd'hui, arbustes et végétation ont remplacé les voyageurs, les avertissements de l'horloge ont laissé place à des courants d'air, le toit est éventré et l'escalier intérieur, faute de marches, ne conduit plus nulle part...

Contemporaine du célèbre Hangar Y lui aussi édifié à Paris pour l’Exposition de 1878, déplacé à Meudon pour servir de hangar à dirigeables et réhabilité en 2023, la gare Lisch aura-t-elle la même chance que lui et sera-t-elle reconvertie comme la gare d'Orsay en 1986 ou finira-t-elle au paradis des gares parisiennes comme avant elle les gares de la Bastille et de Tolbiac ?

Tonton Daniel
 

la gare lisch
la gare lisch

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #architecture, #paris - ile de france, #histoire, #le temps qui passe

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Publié le 22 Juillet 2023


Bonjour à tous

Visite fortuite et privée du mémorial de l'Escadrille Lafayette ce matin à Marnes-la-Coquette près de Paris.

Volontaires dès 1916, avant même l'engagement officiel des Etats-Unis dans le conflit en 1917, 267 aviateurs américains combattirent auprès des Forces de l'Entente durant la Première Guerre mondiale. Trente-huit d'entre eux firent partie de la mythique Escadrille Lafayette, constituée en 1916, placée sous commandement français et nommée en mémoire du marquis de La Fayette, héros français de la guerre d'indépendance des États-Unis.

A l'issue des combats, un impressionnant monument fut érigé en mémoire de la valeureuse formation et inauguré le 4 juillet 1928, jour de la fête nationale américaine, en présence du maréchal Foch et du président Paul Doumer. Sous l'esplanade située à l'arrière de l'arc de triomphe, de lourdes portes ouvragées cachent une crypte silencieuse et sobre où reposent 68 sarcophages et les dépouilles de 51 jeunes pilotes tués au combat ou victimes de l'épidémie de grippe espagnole de 1918.

Gérés aujourd'hui par l'ABMC (American Battle Monuments Commission), le mémorial, le centre d'accueil et le minuscule musée retraçant l'histoire du "Lafayette Flying Corps" symbolisent depuis près d'un siècle l'amitié franco-américaine pendant la Première Guerre mondiale.

Un grand merci à la guide-conférencière qui n'a pas hésité à ouvrir le lieu et faire revivre de manière impromptue et pendant quelques instants ce lieu exceptionnel, chargé de mémoire et propice au recueillement.

Tonton Daniel
 

le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette
le mémorial de l'escadrille lafayette

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #histoire, #architecture

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Publié le 15 Juillet 2023


Bonjour à tous

Construite en 1970 dans le quartier Charras à Courbevoie près de Paris, la Tour des Poissons fut conçue par l'architecte et Grand Prix de Rome Henri Pottier, également concepteur de la piscine olympique de Colombes ou du stade Louis-II de Monaco. Successivement renommé Tour UAP puis Tour AXA selon l'enseigne de son locataire principal, le gratte-ciel francilien de 42 étages mesurait à l'origine 128 mètres de hauteur mais gagna rapidement 22 mètres supplémentaires avec l'installation sur son toit-terrasse d'un baromètre géant. Bien avant le règne des satellites, des téléphones mobiles et d'internet, le réservoir cylindrique vertical, transparent en journée mais lumineux la nuit, se remplissait d'eau le soir venu et indiquait aux parisiens les prévisions pour la météo du lendemain. Surnommé "Gégène" pour une raison bien mystérieuse, le sémaphore changeait de couleur suivant la pression atmosphérique, brillait de rouge pour indiquer la probable pluie à venir, s'habillait de vert en cas de temps variable ou resplendissait de bleu pour annoncer un ciel ensoleillé et sans nuages !

Entièrement rénovée entre 2006 et 2009, la tour des Poissons semble aujourd'hui comme absorbée par le quartier d'affaires voisin de La Défense et "Gégène" a été démonté dès octobre 2006 en même temps que l'enseigne AXA. Si les photos prises de nuit quand le phare brillait à des kilomètres à la ronde sont aujourd'hui introuvables sur le net, il est toujours possible de le revoir avec nostalgie au générique du film "Peur sur la ville" réalisé par Henri Verneuil en 1975, dernier témoignage d'un colosse perdu dans les arcanes de la mémoire collective.

Tonton Daniel
 

gégène
gégène
gégène
gégène
gégène
gégène

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #architecture, #paris - ile de france

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Publié le 24 Novembre 2022


Bonjour à tous

Erigée en peine forêt amazonienne et aussi haute que la Tour Eiffel avec ses 325 mètres, l'Amazon Tall Tower Observatory (ATTO) abrite l'observatoire climatique le plus haut du monde ! Cette tour haubannée concrétise depuis 2015 un partenariat germano-brésilien initié en 2009 pour l'étude des cycles du carbone et de l'eau, la confirmation des modèles climatiques et la collecte des informations sur la quantité d'aérosols et de gaz à effet de serre sur un site préservé de toute activité humaine.

Dans la réserve d'Uatumã, à 150 km au nord-est de Manaus, le complexe géré conjointement par le Max Planck Institute de Hamburg et l'Universidade do Estado do Amazonas (UEA) de Manaus comprend deux autres tours de 80 mètres, plusieurs passerelles d'accès à la canopée ainsi que plusieurs laboratoires scientifiques dont la mission est de collecter, étudier et analyser tous les aérosols de taille nanométrique, microparticules arrachées aux arbres par les vents, poussières, bactéries, pollens ou minéraux en suspension dans les couches basses de l'atmosphère.

Une seule autre installation du même genre existe sur la planète, la Zotino Tall Tower Observation Facility (ZOTTO), érigée en 2006 dans le kraï de Krasnoïarsk en pleine Sibérie centrale, gérée ici aussi par le Max Planck Institute de Hamburg avec l'aide du Sukachev Institute of Forest dépendant de l'Académie des Sciences de Russie. Ici, pas de moiteur tropicale mais des capteurs qui enregistrent les concentrations de dioxyde de carbone et de méthane à 304 mètres d'altitude. Dans cette région du monde très sensible au réchauffement climatique, le pergélisol (permafrost) et la forêt arctique constituent en effet deux gigantesques puits de carbone capables à l'avenir de relâcher des quantités phénoménales de ces deux gaz à effet de serre.

Deux tours et deux projets à la hauteur des espoirs de l'Humanité toute entière...

Tonton Daniel
 

tour atto
tour atto

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #architecture, #dérèglements climatiques

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