Publié le 26 Novembre 2017


Bonjour à tous

Vous êtes-vous jamais demandé quel effet physiologique pouvait avoir le "lancer de tomate sur cantatrice" et quelle réponse stridente une diva pouvait y opposer ? L'incontournable et brillant membre de l'Oulipo Georges Perec, lui, y avait consacré une courte étude parue à titre posthume en 1991 et titrée sobrement "Experimental demonstration of the tomatotopic organization in the Soprano"...

Peu connue aujourd'hui, "Démonstration expérimentale d'une organisation tomatotopique chez la Cantatrice" est un pastiche simplement jubilatoire ! Sérieuse et scientifique en apparence, cette incroyable imposture rédigée en anglais présente un résultat aussi abscons mais beaucoup plus drôle qu'une étude réelle. Maitre de l'absurde et des jeux verbaux, l'auteur de "La disparition" et de "La vie, mode d'emploi" s'est livré comme à son habitude à un invraisemblable et incroyable exercice de style aux références inénarrables !

Regroupés dans un recueil parodique nommé "Cantatrix sopranica L." suivent quatre autres "écrits scientifiques" en forme de canular ou de faux tableau, une étude sur l'hybridation de papillons en Nouvelle-Guinée, une bibliographie fictive de son ami Marcel Gotlib, génial créateur des Dingodossiers et de La Rubrique-à-brac pour le journal Pilote, une dissertation sur la cathédrale Notre-Dame de Chartres et un hommage à l'écrivain Raymond Roussel au travers d'un rapport consacré à l'architecture sacrée parisienne et vénitienne dans son oeuvre ! Une mystification à ne manquer sous aucun prétexte !

Tonton Daniel

 

Cantatrix sopranica L.

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 25 Novembre 2017


Bonjour à tous

En réaction au "Black friday" et à ses excès commerciaux et consuméristes, voici le "Green Friday" (Vendredi vert) organisé par le réseau Envie et le site Envie.org.
Depuis 33 ans, le réseau Envie est engagé contre le gaspillage, contre l'obsolescence programmée et pour l’allongement des durées d’usage. Créées principalement dans un but social, les structures du réseau ont aussi un rôle écologique et économique et regroupent 2.600 salariés (dont 2.100 en contrat d'insertion) dans 50 entreprises réparties sur tout le territoire. Acteur majeur de l'Economie Sociale et Solidaire et du développement durable, Envie est spécialisée dans le recyclage des équipements électriques et électroniques. Depuis sa création, 101.000 appareils électroménagers ont ainsi été rénovés, recyclés et revendus, épargnant la mise en décharge de 4.875 tonnes de déchets.

Tonton Daniel

 

vendredi vert

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #actualité, #environnement, #économie, #déchets et recyclage

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Publié le 22 Novembre 2017


Bonjour à tous

Notre Terre va mal. Et notre société de surconsommation contemporaine menace aujourd'hui notre avenir individuel et collectif. Tel est le constat bien sombre de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, trois hommes issus d'horizons différents et cosignataires du très complet "La décroissance. Dix questions pour comprendre et en débattre".

Selon leur analyse, le modèle économique de croissance indéfinie adopté aujourd'hui dans tous les secteurs d'activité par tous les systèmes politiques sans exception entraine problèmes environnementaux (empreinte écologique catastrophique, prélèvements et destruction de ressources naturelles, rejets polluants, dérèglements climatiques, réduction de la biodiversité...), problèmes économiques (suraccumulation de capital, emplois précaires, chômage de masse, gaspillage alimentaire...) et problèmes sociaux (surpopulation, inégalités sociales, pays en voie de développement négligés, "despotisme doux" incompatible avec la notion de démocratie...). Dans ce contexte, l'Homme est défini comme un simple consommateur, manipulé par le fléau de la publicité qui lui promet un "bonheur en plastique" dans une "société de consolation"...

Malgré une prise de conscience générale, les auteurs sont catégoriques. Faute d'être à la fois collectives et individuelles, les solutions technologiques, politiques ou sociologiques appliquées aujourd'hui se révèlent souvent inefficaces, insuffisantes voire désastreuses. Une réponse plus efficiente pourrait être le principe de décroissance soutenable, encore confus, souvent incompris, voire mal interprété depuis son apparition dans les années 70. Allant plus loin que les principes de développement durable et de croissance verte et applicable dans tous les domaines (énergie, éducation, santé, transports...), il regroupe dans une liste non exhaustive utilisation de ressources renouvelables, recyclage des matières premières, baisse de la consommation, priorité des transports en commun en zone urbaine, abandon de l'agriculture industrielle, commerce équitable, consommation locale et collaborative, développement du jardinage urbain, réduction du tourisme de masse, développement du microcrédit, abandon du matraquage publicitaire, interdiction de l'obsolescence programmée, dénonciation des paradis fiscaux, importance de la décentralisation, de l'action individuelle et locale, de l'initiative populaire, de la démocratie participative...

Programme ambitieux, changement de paradigme radical, utopie, anticipation, malthusianisme ? Les individus de bonne volonté, écologistes, locavores, altermondialistes, objecteurs de croissance, partisans du développement durable, de la simplicité volontaire ou de la "sobriété heureuse" sont encore trop peu nombreux, mal organisés, parfois incohérents et souvent en désaccord sur les moyens d'agir mais tous sont formels pour demain : "On ne peut plus croître dans un monde fini."

Tonton Daniel

 

la décroissance

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #économie, #environnement, #démographie

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Publié le 17 Novembre 2017

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

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Publié le 10 Novembre 2017


Bonjour à tous

En 1872, de comptoirs commerciaux en colonies, Phileas Fogg bouclait son tour du monde en 80 jours après de nombreuses péripéties. Dix-sept ans plus tard, en 1889, Nellie Bly et Elisabeth Bisland, deux jeunes femmes journalistes employées à New-York dans des journaux différents, se lancent seules, simultanément et chacune dans un sens sur les traces du héros de Jules Verne pour battre concrètement ce record littéraire. Utilisant moyens de transport traditionnels et modernes, les deux voyageuses sauteront de trains en bateaux et de rickshaws en chaises à porteurs pour un double circuit que fait revivre cent ans plus tard le journaliste américain Matthew Goodman dans le passionnant "80 jours autour du monde".

A chaque étape et chaque escale, armées de leurs porte-plumes et encriers de voyage, Elisabeth et Nellie enverront leurs rapports et articles à leurs lecteurs et à leurs employeurs respectifs Joseph Pulitzer et John Walker. Période charnière entre le colonialisme victorien et l'avènement de l'ère industrielle, la fin du XIXe siècle voit l'expansion de la presse et des chemins de fer aux Etats-Unis. Fiacres, becs de gaz et cartons à chapeaux n'ont pas encore disparu qu'apparaissent les premiers paquebots à vapeur des grandes compagnies transocéaniques, les trains de luxe aux voitures Pullman décorées de torchères en cuivre, de boiseries en acajou et de garnitures en velours. Malgré le fog londonien, les tempêtes maritimes, les collisions avec les icebergs ou les correspondances aléatoires que subiront les deux sprinteuses, voyager n'est plus complètement une aventure grâce au télégraphe, aux agences de voyage Thomas Cook, aux guides Baedeker ou à l'achèvement du canal de Suez. Symbolisée par la remise du Ruban Bleu au paquebot transatlantique le plus rapide, la course à la vitesse et contre le temps devient la règle. Après avoir traversé les fuseaux horaires, emprunté la Malle-Poste des Indes, chassé le tigre, rencontré des chinoises aux pieds bandés ou diné au Raffles, les deux jeunes femmes se croiseront sans le savoir en mer de Chine à mi-chemin de leurs périples respectifs et parviendront à destination avec quatre jours d'écart.

Au-delà des cartes postales de soleils couchants, des destinations exotiques et des parfums enivrants des tropiques, l'itinéraire des deux concurrentes nous permet de revivre la conquête de l'ouest américain, les guerres indiennes, de sécession et de l'opium, de traverser l'empire britannique de la reine Victoria sur lequel "le soleil ne se couchait jamais" et d'admirer les nuits étoilées par les constellations d'hiver. Il permet aussi de rappeler le temps des migrants de 3e classe transitant par Ellis island, des premiers descendants d'esclaves, des indiens chassés de leurs territoires et des ouvriers se tuant à la tâche dans d'infernales soutes à charbon. Beaucoup moins fantaisiste et extravagant que le "Tour du monde en quatre-vingts jours" de Jules Verne, le récit est aussi l'occasion de dénoncer d'insupportables sentiments de supériorité nationaliste et d'illustrer les engagements politiques, les intérêts économiques et les découpages géographiques annonçant les trop réels conflits du XXe siècle.

Entre procès, règlements de comptes et ingratitude, la fin de l'aventure sera beaucoup moins reluisante. Malgré la ferveur du public et la réussite des deux jeunes femmes, les deux organisateurs les oublieront rapidement, non sans avoir pris des libertés avec le règlement édité au départ de la course et relancé de manière considérable l'audience de leurs journaux grâce à un concours public auprès des lecteurs. Business first ! Présentant deux visages opposés de l'Amérique, les deux héroïnes vivront l'après-course chacune à sa manière. Les jaloux reprocheront à Nellie Bly un certain opportunisme économique, ses conférences payantes ou ses contrats pour des produits dérivés avec quelques industriels avides de profit. Elisabeth Bisland, quant à elle, repartira vivre en Orient, préférant les arbres aux gratte-ciels et le silence à la gloire. Malgré elles, toutes deux auront inauguré "le voyage sans rien voir", préfigurant le développement d'un tourisme effréné et la disparition des voyages au long cours. Le récit de Matthew Goodman reste néanmoins un témoignage historique remarquable, un bel hommage à deux femmes d'exception totalement oubliées aujourd'hui ainsi qu'une formidable invitation au voyage et au rêve à compléter peut-être pour le plaisir par la relecture des aventures de Phileas Fogg !

Tonton Daniel

 

80 jours autour du monde

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #portraits, #transports, #le temps qui passe, #le voyage

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