walden

Publié le 19 Juin 2024

"Je ne suis pas un ermite de nature" affirme Henry David Thoreau en 1854 en résumant ses deux années de retraite volontaire près de l'étang de Walden dans le Massachusetts dix ans plus tôt. L'écrivain et philosophe a pourtant fait le choix de se retirer du monde artificiel de ses semblables, le choix de la patience, de la simplicité et de la contemplation, le choix d'une vie au présent, sans l'encombrement des souvenirs, dans laquelle le temps long s'écoule au gré du travail, de la cuisson du pain et d'un essentiel sans futilités.

Au fil des pages et des saisons, loin du bruit et de la fureur des hommes, avec le recul permis par la liberté, l'indépendance et l'autosuffisance, Thoreau évoque l'enrichissement des entreprises, la consommation de masse, "l'infection du commerce", "les ornières de la tradition et du conformisme", la vitesse et l'agitation des hommes, "les peurs mesquines et les plaisirs mesquins", "les soucis factices et les labeurs inutilement rudes", la vie "bestiale" des paysans et ouvriers esclaves de leur condition, le cynisme des politiciens, l'hypocrisie de l'église et l'inutilité de la religion.

Après deux années passées à exalter le bon sens, la raison, "la pauvreté volontaire" et "la maitrise des passions et des sens corporels", l'homme aura beaucoup appris. C'est au sein de cette nature sauvage, dans le froid, la neige et la glace, entre les fantômes d'anciens esclaves et les ruines de vieilles cabanes, qu'il accédera à une vie spirituelle emplie de sagesse, de plénitude et de paix, oubliant pulsions animales, passions primitives et rigueur du temps qui passe.

Avant de quitter Walden, le printemps, synonyme de renouveau, lui permettra de sonder une dernière fois la profondeur de l'étang et celle de l'être humain, d'explorer son moi intérieur et de voir sous "la surface des choses". Il en conclura que l'Homme doit s'éveiller, "élever sa vie par un effort conscient", adopter "une vie conforme à des principes plus hauts", avoir une vision globale et universelle de sa condition. Il suffit pour Lui de s'asseoir près d'un étang, de s'abandonner à la contemplation de la Nature et de vivre en harmonie avec Elle.

Tonton Daniel

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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