le feuilleton ingrid bétancourt
Publié le 5 Avril 2008
Bonjour à tous
Au risque de choquer plusieurs d'entre vous, je dois bien reconnaitre que je ne me suis jamais senti plus concerné par l'affaire Ingrid Bétancourt que par celle des autres otages en Colombie.
Le feuilleton, relayé avec avidité par les media depuis le 23 février 2002, met en scène une victime enchainée et malade, députée, sénatrice, candidate à l'élection présidentielle, fille d'un
ancien ministre plus tard ambassadeur, amie de nombreuses personnalités, et ancienne élève de Dominique de Villepin.
Sa famille est photogénique et s'exprime bien : une mère ancienne reine de beauté, des enfants éplorés, une soeur presque jumelle mariée à un ancien ambassadeur, un mari invisible qui participe
pourtant aux élections législatives colombiennes en 2006, et un ex-mari revenu à de meilleurs sentiments.
Les différents épisodes ont vu passer en guest-stars une directrice de campagne relâchée en janvier dernier, un enfant handicapé retrouvé de manière rocambolesque, un président français et son
ministre des affaires étrangères ravis de monter au créneau, un président vénézuélien ravi de prouver son entregent, des rebelles armés, des services secrets sans grand pouvoir, des otages qui
s'échappent, des dirigeants de l'Eglise catholique romaine...
Les décors sont multiples et variés : forêt vierge, plateaux de télévision, palais présidentiels, avions sanitaires, défilés de manifestants, demeures privées, grands hôtels, aéroports, églises,
hopitaux, cimetières...
Quant au scénario, il est à la hauteur des personnages et du décor : enlèvements, tentative clandestine d'exfiltration, cassette vidéo et lettre courageuse de l'otage, messages du président
français à destination des rebelles, maladie, évasions, écoutes téléphoniques, liquidation de chefs rebelles, bombardements, négociations internationales, vente d'armes, trafic de drogue...
Bref, si tout cela est bien malheureux pour l'otage et sa famille, je n'oublie pas qu'il y aurait aujourd'hui environ 750 otages aux mains des rebelles colombiens. La pauvre Ingrid est la victime
de ses amis politiciens et journalistes, voire de sa propre famille, qui en surmédiatisant son affaire en ont fait une héroïne, une martyre, un symbole et une monnaie d'échange encore plus
précieuse pour les FARC qu'elle ne l'était lors de son enlèvement.
Tonton Daniel