fonds souverains

Publié le 25 Avril 2008


Bonjour à tous


Parmi tous les fonds d'investissement, on distingue principalement les fonds de pensions ou fonds de retraites, les fonds souverains ou fonds d'état, et les fonds spéculatifs ou fonds alternatifs (Hedge funds). Les premiers, fonds de retraites et fonds souverains, sont publics et tirent leurs ressources des réserves des banques centrales ou des réserves pour les retraites. Les autres, fonds spéculatifs, sont essentiellement privés.
Le plus important fond de retraite est le Government Pension Fund-Global norvégien qui a été créé pour gérer les excédents de réserves de change générés par l'exportation du pétrole.
Les plus controversés sont les fonds souverains gérés par les états, comme ADIA, le fonds d'Abu Dhabi, GSIC, le fonds de Singapour, ou CIC (China Investment Corporation), le fonds national chinois.
Le plus connu des fonds spéculatifs est celui du milliardaire George Soros, Quantum Fund, qui faillit ruiner la Banque d'Angleterre le 16 septembre 1992.


Page "fonds souverain" sur Wikipedia :


"Un fonds souverain, ou fonds d’État, est un fonds de placements financiers détenu par un État. Les fonds souverains gèrent l'épargne nationale et l'investissent dans des placements variés (actions, obligations, immobilier, etc.). Dans une acception restreinte, ils désignent spécifiquement « les avoirs des états en monnaie étrangère ». Dans une acception plus large, ils désignent tous les fonds d'investissement détenus par un État.
Ils tirent leurs ressources des réserves des banques centrales (Chine), des réserves pour les retraites (Norvège) ou des fonds tirés de l'exploitation de matières premières (Norvège, Russie, Qatar) par exemple. Les fonds alimentés par le pétrole représentent deux tiers des montants gérés par ces fonds.
Ils gèrent un volume d'actifs estimé entre 2 200 millards $ selon Standard Chartered et 2 500 milliards $ (2007), d'après la banque Morgan Stanley. En octobre 2007 ils représentaient environ 1,3 % du total du marché des actions, obligations et dépôts bancaires, soit deux fois plus que les fonds gérés par les hedge funds ou le capital-investissement.
Ils ont joué en 2007-2008 un grand rôle dans le secteur financier international, en refinançant plusieurs banques de premier plan affaiblies par la crise des subprimes. Government of Singapore Investment Corporation a participé à un apport de 12 milliards $ à UBS en décembre 2007 et, au même moment, China Investment Corporation a pris 9,9% du capital de Morgan Stanley. Avant la crise, le même fonds avait déjà pris une part de 3 milliards $ dans Blackstone, un fond de LBO.
Il existe aujourd'hui une quarantaine de fonds souverains, plus communément désigné comme "SWF". Le dernier en date est le fond souverain du Chili.
Les différents fonds utilisent des méthodes d'investissement variables ; Certains refusent de prendre des parts importantes du capital des entreprises étrangères comme le fonds norvégien. A l'inverse d'autres sont plus activistes et recherchent surtout des parts importantes comme le fonds de Singapour ou les fonds chinois qui ont envisagé de prendre des parts dans Blackstone ou Bear Stearns. Les degrés de transparence sont également eux aussi très variables, la transparence du fonds Norvégien ou de Temasek Holdings à Singapour tranchant ainsi avec l'opacité de la gestion de la China Investment Corporation.
La question de l'importance de ces fonds a été soulevée régulièrement avec leur essor important; Pour Martin Wolf, directeur des rubriques économie au Financial Times, ces fonds ne posent pas plus de problèmes que d'autres, à condition de définir des listes de sociétés « interdites ». La définition d'entreprises « stratégiques » face à des investisseurs étrangers a déjà été pratiquée dans le passé; en 1988, Margaret Thatcher avait obligé la KIA à revendre sa participation de 22% dans BP. En 2005, les États-Unis ont essayé d'interdire à l'opérateur portuaire Dubai Ports World de mettre la main sur 5 terminaux portuaires, qualifiés de « stratégiques » par certains sénateurs républicains. L'opérateur avait renoncé in fine. A Bruxelles, La Commission Européenne vient de décider d'examiner de près ce « phénomène nouveau »; Le Commissaire au Commerce Peter Mandelson a évoqué la possibilité de recourir aux actions préférentielles pour protéger les entreprises « stratégiques ».
Des réactions hostiles ont eu lieu lors du rachat par des fonds souverains d'entreprises considérées comme sensibles, par exemple en Thaïlande où Temasek Holdings, le fonds singapourien, a racheté à l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra sa société Shin Corp, un acteur important des télécoms.


Les principaux fonds :


Abu Dhabi Investment Authority (créé en 1976, Émirats arabes unis), gère 625 milliards de dollars.
Government Pension Fund-Global (1990, Norvège), 322 mds $
Government of Singapore Investment Corporation (GIC) (1981, Singapour), 215 mds $
Reserve Fund for Future Generation (1953, Koweït), 213 milliards $
China Investment Corporation (2007, Chine), 200 mds $
Stabilisation fund (2004, Russie, 127,5 mds $)
Temasek Holdings (1974, Singapour), 108 mds $)
Qatar Investment Authority (2005, Qatar, 60 mds $)
Kiribati Revenue Equalisation Reserve Fund (1956, Kiribati), 520 millions $


On peut également inclure, dans une définition large, la Caisse des dépôts et consignations (France), qui gère environ 120 milliards $ (80 Mds€), ou le Fonds de réserve pour les retraites (France), qui gère les fonds destinés à compléter les retraites à partir de 2020 et dispose au 30 septembre 2007 d'environ 50 milliards $ (33,8 Mds€). Toutefois, ces deux fonds à la différence des précédents ne sont pratiquement investis qu'en sociétés nationales."


Courrier International n° 899 du 24 janvier 2008 :

 
"Les fonds souverains, notamment chinois et arabes, viennent au secours du capitalisme. Faut-il s’en inquiéter ?


Un fonds souverain est un fonds d’investissement détenu par un Etat. Ces institutions prolifèrent depuis quelque temps, en raison de la hausse des prix pétroliers et du dynamisme des économies est-asiatiques. On estime qu’elles possèdent environ 2 200 milliards de dollars d’actifs, et ce chiffre pourrait atteindre en moins d’une décennie 12 000 milliards de dollars, voire davantage. Mais les chiffres ne rendent pas compte de toute la réalité. En 1991, l’Union soviétique s’effondrait et les pays occidentaux dansaient la gigue sur la tombe du communisme. Moins de vingt ans après, le capitalisme d’Etat menace soudainement le libre jeu des mécanismes du marché. Les grandes banques de Wall Street, après avoir longtemps été des combattants de la liberté, des apôtres de la déréglementation, hostiles à toute intervention des Etats sur le marché, agitent maintenant leur sébile devant des régimes dont certains comptent parmi les plus autoritaires et les moins démocratiques de la planète.
Au Congrès américain, des représentants de tous bords s’inquiètent, au nom de la sécurité nationale, de voir des gouvernements étrangers acquérir des participations (même sans majorité de contrôle) dans des institutions financières essentielles. Pour certains conservateurs, le choc des civilisations ne fait pas que porter sur le contrôle géopolitique des actifs ; il pose aussi de graves problèmes idéologiques que beaucoup croyaient bel et bien réglés. En proie à la plus grande agitation, ils craignent que les apports de fonds effectués par des Etats qui obéissent à des motivations non pas purement économiques, mais aussi stratégiques, ne déstabilisent les marchés mondiaux. Dans le Financial Times, le Pr Jeffrey Garten, spécialiste de la finance et du commerce internationaux à la Yale School of Management, ne cache pas son angoisse : “Il faut sans doute se rendre à l’évidence, nous assistons à la fin de la vague libérale déclenchée par Margaret Thatcher et renforcée par Ronald Reagan dans les années 1980. Au lieu de déréglementer et de privatiser, les Etats s’efforcent de reprendre le contrôle de leurs économies et par là même d’accroître leur influence sur le reste du monde. Un vent mauvais s’est levé […]. A la fin du XVIIIe siècle, le capitalisme a remplacé le féodalisme. Au XXe siècle, la liberté des marchés a remporté la mise. Aujourd’hui, le monde flirte avec une autre grande transformation de la philosophie et des règles du commerce mondial. Contrairement aux changements du passé, cette nouvelle trajectoire ne constitue pas un progrès.”
(...)
Les Américains achètent des jeux chinois chez Wal-Mart, et la Chine puise dans la trésorerie ainsi engrangée pour racheter des banques américaines.
(...)
“les fonds souverains peuvent favoriser la stabilité financière. Il s’agit en principe d’investisseurs stables, privilégiant le long terme, qui apportent d’importants capitaux au système. En tant qu’organismes du secteur public, ils ont nécessairement à cœur d’assurer la stabilité des marchés financiers, car c’est dans leur intérêt.”


Courrier International n° 890 du 22 novembre 2007 :
 

"L’inquiétante puissance des fonds souverains :
 

Chargés de faire fructifier les réserves de devises de certains Etats, ces fonds sont souvent perçus comme une menace. Car leur fonctionnement est opaque.
 Le prix élevé des matières premières et la rapide croissance de certains pays en développement ont un impact sur le système financier international, qui a vu apparaître de nouveaux acteurs : les fonds d’investissements souverains. Créés dans les années 1950, ils servent aux Etats à placer les devises étrangères qu’ils ont accumulées. Au cours des douze derniers mois, leur influence a connu un accroissement spectaculaire. A l’été 2007, le total de leurs capitaux atteignait 2 500 milliards de dollars [1 700 milliards d’euros]. Et ils compteront de plus en plus, car ils se développent soit dans des Etats riches en ressources naturelles (comme les pays pétroliers), soit dans des Etats où coexistent une monnaie sous-évaluée et de fortes exportations de produits industriels (comme la Chine).
Pour servir ces nouveaux clients, les banques d’investissement s’empressent de monter des équipes spécialisées. “Ils deviennent de plus en plus exigeants et ne veulent plus se limiter aux obligations d’Etat. Ils s’essaient désormais au rôle d’investisseurs stratégiques, ou bien achètent des actions dans le monde entier. Il leur faut alors passer par des intermédiaires”, explique Nicholas Brooks, de la société de gestion Henderson Global Investments. Ainsi, en 2007, le fonds de Singapour a réduit de 25 % ses achats de bons du Trésor américains. On s’attend à des initiatives identiques (achat d’actions, au détriment des obligations d’Etat) de la part des fonds russe et chinois.
L’occident envisage des mesures protectionnistes :
L’avenir de ces organismes dépend de trois critères. Tout d’abord, l’évolution des prix de l’énergie. Ensuite, le montant des réserves accumulées par les pays en développement. Le total mondial des réserves en devises est actuellement de 5 750 milliards de dollars, dont les deux tiers sont détenus en Asie. Troisième critère : leur rentabilité. Ces dernières années, certains ont connu une croissance de 100 % par an, mais, en moyenne, pour les 16 plus importants, ce taux a été de 19,8 %. “Si le rythme moyen de croissance reste stable, les fonds souverains pourraient avoir accumulé 13 400 milliards de dollars en 2017. Il ne faut toutefois pas oublier que ces dernières années ont été particulièrement fastes pour l’économie mondiale, pour les marchés financiers et ceux des matières premières. Si cela change, ces fonds pourraient, dans une optique pessimiste, plafonner à 5 200 milliards de dollars dans dix ans, ce qui n’est évidemment pas négligeable”, constate Gerard Lyons, économiste en chef à la banque britannique Standard Chartered.
Les fonds de la Norvège, de la Malaisie, de Singapour, de la province canadienne de l’Alberta et de l’Alaska, sont considérés comme des investisseurs fiables. Mais d’autres sont totalement opaques, à l’instar de ceux qui appartiennent à des monarchies du monde musulman (Koweït, Qatar, Brunei, Oman) ou à des pays réticents à livrer des informations sur leurs activités (Chine et Venezuela). “Le problème, ce n’est pas seulement le secret qui entoure la gestion de ces fonds, c’est également la nature de leurs investissements. En Occident, on n’a rien à redire sur les fonds qui effectuent des investissements classiques en obligations et autres instruments financiers. Mais ceux qui dissimulent leurs activités et sont en même temps intéressés par des investissements stratégiques suscitent des craintes”, relève Nariman Behravesh, économiste en chef à la société d’analyse Global Insight.
En juillet, Simon Johnson, économiste en chef au Fonds monétaire international (FMI), a qualifié les fonds souverains de “caisses noires” menaçant la stabilité du système financier mondial. Bruxelles et Washington redoutent que les pays arabes, la Chine et la Russie ne se servent de leurs investissements stratégiques pour atteindre des objectifs politiques. Ainsi, la chancelière Angela Merkel a annoncé en août que Berlin examinait un projet de loi destiné à rendre plus complexe l’acquisition d’actifs de sociétés allemandes par les fonds souverains. Quant au commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, il a déclaré que l’UE pourrait autoriser le recours aux actions spécifiques [qui permettent à l’Etat d’avoir un droit de veto sur l’ensemble du capital d’une société] afin d’empêcher la vente ­d’entreprises relevant de secteurs ­sensibles à des fonds souverains.
Elaborer des mécanismes de régulation prendra peut-être des années, mais c’est une démarche indispensable. De toute façon, les fonds souverains garderont dans les années à venir leur capacité à modifier le système financier mondial, mais aussi l’économie dans son ensemble. “L’exemple chinois montre qu’acheter des sociétés à l’étranger permet d’élever sensiblement le niveau technologique. Certains pays pourraient vouloir investir dans des secteurs clés afin d’avoir accès aux recherches, brevets et design décisifs pour progresser”, estime Nariman Behravesh, de Global Insight. La même logique s’applique aux matières premières. “Les autorités chinoises ont déjà annoncé leur désir de constituer des réserves stratégiques de pétrole et de métaux, ce qui pourrait déboucher sur des acquisitions à l’étranger. La Russie et d’autres producteurs de pétrole et de gaz essaieront probablement de se servir de leurs fonds souverains pour augmenter leurs réserves énergétiques hors de leurs frontières, en devançant les multinationales”, prévoit, de son côté, Gerard Lyons."


http://www.telos-eu.com/fr/article/fonds_souverains_restons_calmes


http://www.lemonde.fr/economie/article/2007/10/01/le-fonds-norvegien-du-petrole-pour-les-generations-futures-change-de-patron_961545_3234.html#ens_id=869296


http://www.fondation-prometheus.org/actualites/index.php?2008/04/15/1092-un-fonds-souverain-chinois-dans-le-capital-de-bp


Tonton Daniel

 

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #économie

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