je suis noir et je n'aime pas le manioc
Publié le 25 Juillet 2009
Bonjour à tous
J'étais très content de trouver le livre de Gaston Kelman "Je suis noir et je n'aime pas le manioc" qui avait fait coulé beaucoup d'encre et de salive lors de sa parution en 2005. Malgré tous les
commentaires dithyrambiques relevés sur le net, j'avoue ma légère déception après cette séance d'auto-flagellation bourgeoise et paranoïaque...
L'auteur dénonce à juste titre l'esclavage, le colonialisme, le racisme et la ghettoïsation, et sur le fond, il a souvent raison : "La République a pour mission d'intégrer tous les migrants dans
l'unité nationale" (p.45). Mais sur la forme, le ton supposé drôle et dénonciateur est constamment ironique et donc choquant : demander le suicide des "intello-suicideurs-naufrageurs" (p.194) est
outrancier et stupide !
Gaston Kelman s'avoue lui-même orgueilleux et intolérant par rapport à ceux qui n'ont pas su ou voulu s'intégrer : "Est-ce que tu penses sérieusement que j'ai envie de les avoir comme voisins de
palier ?" (p.64)
Le racisme anti-"blackitude", le discours sécuritaire, le contrat d'intégration et la discrimination positive, il assume et les revendique !
S'il affirme "Il n'existe pas de culture africaine" (p.46), sa définition de la Culture est plutôt celle de l'intelligence ("la capacité de s'adapter à son milieu et à son temps" p.47 puis
"l'adaptabilité à un milieu et à un moment" p.48).
Plus loin, afin d'assimiler les noirs et de supprimer le racisme, l'auteur soumet une idée farfelue : "Il s'agit de rendre les mariages mixtes obligatoires" (p.186). On pense immédiatement à du
23e degré, mais Gaston Kelman récidive plus loin avec le "métissage biologique forcé" (p.202) !
Preuve que l'auteur se trompe et qu'il voit... tout en noir : la dernière page en forme de politique-fiction et l'élection d'un noir à la Maison blanche en 2100 ! Pas de chance pour lui :
l'élection de Barack Obama à la Maison blanche et la mort de Michael Jackson pleuré sur toute la planète prouvent que les mentalités évoluent bien plus vite (aux Etats-Unis et en France) qu'il ne
veut l'avouer !
Il me revient en mémoire la plaisanterie (douteuse mais de circonstance) d'une amie amoureuse de l'Afrique à propos d'un collègue antillais (transposée ici à l'auteur) :
Quelle différence entre Gaston Kelman et un Bounty ?
Réponse : Aucune ! Noir dehors et blanc dedans !
Tonton Daniel
