Ryszard Kapuscinski

Publié le 25 Janvier 2007

Bonjour à tous

On apprend aujourd'hui le décès mardi dernier du journaliste et écrivain polonais
Ryszard Kapuscinski, à l'âge de 74 ans dans un hôpital de Varsovie.
Globe-trotteur infatigable, son nom a été plusieurs fois cité pour le prix Nobel
de littérature.
Il débute sa carrière de journaliste à la fin des années 1950 et devient l'unique
correspondant en Afrique de l'agence de presse polonaise (PAP). Il couvre alors
la décolonisation du continent noir puis les conflits du Moyen-Orient.
Lors de ses innombrables séjours en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie, il est
témoin de plusieurs guerres civiles, révolutions et renversements de régimes.
Un de ses ouvrages les plus connus, "Le Négus", décrit la chute du régime de
l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié.
Un autre de ses livres, "Ebene", publié en 1998, décrit le continent noir de la
décolonisation à nos jours.
Ce livre, selon moi, est un petit chef d'oeuvre qui nous transporte dès la première
page en Afrique en nous restituant les couleurs, les bruits, les parfums, l'ambiance
du continent noir et toute sa magie. Je vous en parlais déjà dans un de mes premiers
articles (16 juillet 2006).
Je retranscris intégralement l'un des passages les plus passionnants (chapitre sur
le Rwanda) :

"Notre monde, global en apparence, est une planète où cohabitent plusieurs milliers
de provinces. Voyager à travers le monde revient à aller de province en province,
chacune d'entre elles étant une étoile solitaire qui ne brille que pour elle-même.
Pour la majorité des hommes, le monde se termine au seuil de leur maison, à la
limite de leur village, tout au plus à la frontière de leur vallée. Ce qui est situé
au-delà est irréel, insignifiant et même inutile. En revanche, ce qu'ils ont sous
la main, à portée de vue, prend les proportions d'un cosmos immense masquant tout
le reste. Souvent l'autochtone et l'étranger ont du mal à trouver un langage commun,
car chacun utilise un appareil d'optique différent pour voir le même environnement.
L'étranger se sert d'un grand angle qui offre une image éloignée, réduite, mais avec
une ligne d'horizon longue. En revanche son interlocuteur autochtone utilise un
téléobjectif ou même un télescope qui agrandit le moindre détail."

Tonton Daniel

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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