vautours

Publié le 8 Juin 2007


Bonjour à tous

Depuis quelques années, les vautours fauves, espèce protégée de rapaces, n'hésitent plus à attaquer brebis et vaches vivantes dans les Pyrénées pour se nourrir. Ces oiseaux sont par nature des charognards et ne se nourrissent en principe que de cadavres d'animaux accidentés ou malades. La polémique enfle entre bergers qui dénoncent ce changement de comportement et pouvoirs publics qui, au mieux, ferment les yeux, ou au pire, nient cette curieuse évidence.
«Un de ces jours, c'est un homme qui va se faire bouffer, après s'être fait une fracture ouverte dans la montagne», annonce un éleveur de la vallée d'Ossau, provoquant la perplexité des responsables du parc national des Pyrénées.

Dans les années 60 et 70, des mesures sont prises pour préserver les rapaces en voie de disparition (gypaètes, vautours) en favorisant leur reproduction (les réintroductions dans les Alpes ont été trop couteuses). Aujourd'hui, l'efficacité de ces mesures explique la présence de 5000 couples de vautours dans les Pyrénées. Cette surpopulation, ainsi que les normes d'hygiène imposant aux éleveurs de débarasser la montagne des cadavres et charognes, entrainent à leur tour le changement de mode de vie des rapaces : à l'instar des fauves, des ours et autres bêtes sauvages ailleurs dans le monde, les oiseaux ont moins peur de l'Homme et se rapprochent des habitations pour se nourrir.
Friands du placenta des vaches, les vautours ont causé quelques dégâts au cours des dernières années, notamment au moment où celles-ci mettent bas et sont en position de faiblesse (même phénomène pour l'agnelage des brebis).

Au cours des dix dernières années, on a ainsi dénombré une centaine de plaintes sur le département des Pyrénées-Atlantiques. "Mais toutes sont loin d'être justifiées et cela reste infime, comparé aux centaines de milliers de brebis et aux dizaines de milliers de bovins du département. N'oublions pas que les chiens, la foudre, les accidents, les ours, tuent aussi. Il ne peut y avoir de risque zéro» affirment les autorités. "Les bergers refusent de voir les choses en face : les générations précédentes n'auraient jamais laissé une vache mettre bas seule dans la montagne. Si les troupeaux sont laissés à eux-mêmes, ils ne sont pas protégés.»

Les bergers et éleveurs ont bien sûr une autre vision du problème : certains refusent d'ailleurs les indemnités. «On est indemnisés de partout. Nous, on veut vivre de notre travail et rien, pas même l'argent, ne peut remplacer une bête à laquelle on est attaché».

Conclusion d'un expert : «Quand les vautours n'auront plus assez à manger, certains d'entre eux ne pondront plus et la nature se régulera par elle-même.» Reste à en convaincre les bergers."

J'apporte de plus le témoignage personnel d'une de mes cousines, éleveuse de brebis au Pays Basque, qui a vu il y a deux semaines un groupe de vautours attaquer, tuer puis dépecer une des plus belles brebis de son troupeau. De jour. En plaine. Et sans peur des chiens ou des humains présents.

Tonton Daniel

 

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #zoologie

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