chimérisme

Publié le 19 Novembre 2025

En 2002, suite à un test génétique destiné à lui attribuer une pension alimentaire après la séparation d'avec son conjoint, une américaine nommée Lydia Fairchild enceinte pour la troisième fois fut soupçonnée de ne pas être la mère biologique de ses deux premiers enfants. Le test retrouva bien l'ADN du père dans les cellules prélevées sur les enfants mais pas celui de la mère, accusée alors d'escroquerie à la gestation pour autrui ! Après bataille judiciaire, contrexpertise médicale et nouveaux prélèvements, les analyses prouvèrent que Lydia Fairchild était porteuse de deux ADN différents, le sien et celui de la soeur jumelle hétérozygote dont l'embryon avait fusionné avec le sien in utero ! Loin de toute science-fiction, il s'agit d'un exemple naturel de "tétragamétisme" (fusion de deux embryons) ayant entraîné un cas de "chimérisme" (coexistence chez un même individu de deux types de cellules expliquant que certaines parties de son corps peuvent avoir un patrimoine génétique différent des autres).

Phénomène extrêmement rare (on ne dénombre aujourd'hui qu'une centaine de cas dans le monde), le chimérisme humain "complet" est connu depuis le milieu du XXe siècle. Il est en revanche beaucoup plus fréquent dans les laboratoires d'expérimentation animale mais aussi chez les végétaux ayant subi une greffe destinée à créer de nouvelles variétés horticoles. Il ne faut pas confondre chimérisme et hybridation : chez un hybride (mulet, grolar, narluga ou coywolf par exemple), seuls des chromosomes d'espèces différentes cohabitent au sein d'un génome unique, tandis que chez une chimère, ce sont des génomes différents et entiers qui cohabitent au sein d'un même organisme. Quant au gynandromorphisme, il s'agit d'une forme de chimérisme qui génère des animaux dont une moitié est mâle et l'autre femelle, singularité bien visible chez les insectes et les oiseaux qui présentent un dimorphisme sexuel important et conséquence de la fusion de deux embryons de sexes différents ou de la fécondation d'un seul ovule par deux spermatozoïdes mâle et femelle.

Enfin, on parle de microchimérisme quand seules quelques cellules étrangères sont présentes chez leur hôte, après un échange cellulaire entre une mère enceinte et l'enfant qu'elle porte par exemple, dans le cadre de transfusions sanguines ou à la suite d'une greffe d'organe, de moelle osseuse ou de cellules souches. Sans conséquence pour la santé, cette anomalie peut cependant compliquer les analyses d'ADN, notamment dans le cadre d'enquêtes médico-légales ou menées par la police scientifique, voire conduire à l'inculpation d'une personne innocente comme ce fut le cas pour Mme Fairchild !

Sources : magazine Sciences et Avenir n°920 - Octobre 2023 / Wikipédia

Tonton Daniel
 

chimérisme

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #médecine, #lexique

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