Publié le 10 Janvier 2018
Bonjour à tous
Oeuvre célébrissime adaptée plusieurs fois pour le grand écran depuis sa parution en 1925, "Gatsby le Magnifique" de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald a pour cadre l'Amérique des années 1920 et pour décor Long Island, banlieue résidentielle de la haute bourgeoisie new-yorkaise.
Villas opulentes, matches de polo, tenues blanches, réceptions fastueuses, tout semble merveilleux dans le monde des Années Folles de Jay Gatsby, jeune homme mystérieux et fascinant au centre du roman. Au-delà des rumeurs, de la rubrique mondaine et de la part d'ombre concernant une fortune d'origine douteuse, Gatsby est un homme désepérément seul, invitant à ses réceptions de nombreux inconnus à la fois pour tromper son ennui, prouver sa réussite et attirer l'attention de Daisy Buchanan, femme mariée, petite "oie blanche" aussi légère qu'inconséquente et insouciante dont il est secrètement et désespérément amoureux. Cette histoire d'amour fou, passionné et incompréhensible finira très mal, en forme de naufrage existentiel et mortel...
Derrière les apparences trompeuses et l'hypocrite blancheur des tenues et des façades, le récit est l'occasion de dénoncer un univers factice et superficiel, le "néant" d'une société de parasites, racistes, manipulateurs et orgueilleux, emplis de tous les défauts possibles, jalousie, bêtise, envie, paresse, snobisme, intolérance, suffisance... Reflet d'une époque, "Gatsby" dresse le constat pessimiste et prémonitoire d'une société violente, au bord de la crise, pleine de mensonge, de tricherie, de trahison, de faux-semblants et de malhonnêteté. Quant à la forme, elle est encore plus décevante avec son écriture inégale, sa construction déconcertante et ses portraits incomplets...
Gatsby, comparé par Fitzgerald à Trimalcion, figure antique et "évocation littéraire la plus ancienne du nouveau riche parvenu", se dévoile finalement comme un personnage ambigu, falot et pas forcément très sympathique. Silhouette aux contours imprécis, mythe littéraire à la réputation usurpée, anti-héros magnifique et flamboyant uniquement en apparence...
Tonton Daniel

