500e - mai 68
Publié le 17 Mai 2008
Bonjour à tous
Pour ce 500e article, commémorons également mai 68 et la fin de la période des "30 glorieuses" ! Le phénomène n'est pas franco-français et le mouvement de contestation est mondial : avant le mois
de mai, Prague, Berlin, Rome, Washington, Londres, Madrid ou Tokyo ont connu des moments de révolte et contesté contre la guerre au Vietnam et la "Guerre froide".
Pour comprendre les raisons de cette mini-révolution et le contexte sociologique de l'époque, voici quelques anecdotes pouvant donner une image, forcément incomplète, de la société française en
1968, catholique et silencieuse, paternaliste et morale, autoritaire et rigide, conservatrice et bourgeoise, sclérosée et endormie :
Yvonne De Gaulle refuse de recevoir un homme à sa table s'il est divorcé,
on ne va pas au théâtre sans cravate,
il est interdit aux femmes de porter le pantalon au bureau et aux filles de porter des pantalons en classe. La mini-jupe fait donc scandale, tout comme les premiers cheveux longs (c'est la
"contestation esthétique et vestimentaire"),
la mixité est interdite sur les campus universitaires,
la pilule n'est pas en vente dans les pharmacies,
le divorce par consentement mutuel n'existe pas,
les congés payés ne sont pas généralisés,
la retraite est fixée à 65 ans pour tous alors que l'espérance de vie pour les hommes est inférieure à 70 ans,
400 000 personnes s'entassent dans des bidonvilles aux portes de Paris, à Nanterre, Champigny-sur-Marne et Noisy-le-Grand notamment,
les femmes ont besoin de l'accord de leur mari pour ouvrir un compte en banque...
A la télévision, la censure régne :
le rectangle blanc signale au chef de famille les films violents ou érotiques,
la présentatrice Noelle Noblecourt est licenciée en juin 64 pour avoir montré ses genoux dans l'émission Télé-Dimanche,
malgré deux chaines il n'y a qu'un seul journal télévisé, soumis à la stricte censure de Matignon : "C’est un secret de Polichinelle que le Service de liaison interministérielle pour
l’information (créé en 1963, le SLII dépend du ministère de l’Information) réunit tous les matins les responsables des radios et télévisions [du secteur étatique] pour leur indiquer quelles
informations doivent être censurées ou au contraire mises en avant. Le réseau public d’information est ainsi soumis au quotidien à de multiples pressions du gouvernement."
En politique, c'est tout simplement la fin du gaullisme, héritage d'après-guerre :
la distribution de tracts syndicaux est interdite dans les usines,
dans la cour de la Sorbonne, des panneaux interdisent de parler de politique,
les CRS sont issues des FFI mises en place par la résistance,
le patron des usines Sud-Aviation où débutent les premières grèves dures de l'année n'est autre que Maurice Papon (!),
on lit dans "Time" du 31 mai 68 : "L'ennui a commencé à s'installer. Or l'ennui est une force révolutionnaire que l'on sous-estime toujours",
après "la chienlit", le général De Gaulle répond à ceux qui lui demandent ce qu'il y aura après lui : “Les délices de l’anarchie”...
Quelques slogans célèbres et très révélateurs de cette grande envie de changement :
Il est interdit d'interdire,
L'imagination prend le pouvoir,
Sous les pavés, la plage,
Élections, piège à cons,
Presse : ne pas avaler,
ORTF : La police vous parle tous les soirs à 20 heures,
Prenez vos désirs pour la réalité,
La chienlit, c'est lui,
CRS : SS,
Papa pue...
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080307.OBS3976/jai_vecu_mai_68_de_loin.html
http://www.planet-mai68.fr/mai-68/
Tonton Daniel