budget de l'armée française
Publié le 24 Septembre 2008
Bonjour à tous
A l'occasion du vote d'avant-hier par les députés français du maintien des forces armées en Afghanistan et de l'envoi de moyens militaires supplémentaires dans cette région, je voudrais apporter
un témoignage personnel concernant l'état de l'armée française et de ses équipements.
J'ai effectué mon service national de février 1986 à janvier 1987 au sein du 24e Groupe de Chasseurs à Tubingen en Allemagne. Affecté par hasard au mess après mes classes, j'ai eu l'occasion de
servir à table des militaires de tous grades et de toutes origines, du caporal-chef au général de division, des français, des anglais, des américains, ainsi que quelques civils allemands.
Impossible de ne pas écouter les conversations intéressantes entre convives, comme le faisaient certainement les employés de maisons bourgeoises au début du siècle !
L'une des réflexions m'ayant le plus marqué est sans doute celle de ce haut gradé qui affirmait au colonel Coursier et à ses invités que les forces occidentales massées en Allemagne n'auraient
pas tenu 24 heures face à l'armée soviétique en cas d'invasion russe ! Je rappelle que nous étions en 1986, trois ans avant la chute du mur de Berlin et la fin du bloc communiste. Autre souvenir
appuyant le premier : sur les trois autocars chargés en théorie de rapatrier les familles des engagés vers la France en cas de conflit, un seul roulait encore, un deuxième était en révision
permanente, et le troisième hors d'état depuis longtemps ! Idem pour les jeeps, dont quelques-unes servaient de stocks de pièces détachées à leurs consoeurs...
Le 24e G.C. sera dissout en 1991, un an avant la dissolution de la 5e Division Blindée, élément principal des Forces françaises en Allemagne (FFA), qui comptera un temps jusqu'à 80 000 soldats.
Il ne reste plus aujourd'hui que 5000 soldats français sur le territoire allemand, et "en 2008, le rapatriement en France des trois régiments stationnés en Allemagne est à l'étude dans le cadre
des restructurations prévues dans le Livre blanc sur la Défense et de la Sécurité, mais aucun arbitrage officiel n'a encore eu lieu".
Depuis 20 ans, l'armée française a donc presque quitté l'Allemagne, la conscription a disparu, des casernes ont été vendues, le deuxième porte-avions français ne verra probablement pas le jour,
et les soldats français se font tuer en Afghanistan par manque d'équipements modernes et adéquats ! Des économies ? Des réductions de budget ? Pas vraiment ! Alors que nos élus cherchent des
excuses pour nier des rapports "secrets", ils feraient mieux d'expliquer le budget de 47 milliards d'euros attribué au ministère de la Défense, alors qu'il n'était "que" de 30 milliards en
1991...
Tonton Daniel