recyclage des avions
Publié le 19 Avril 2009
Bonjour à tous
Casse sauvage ou déconstruction intelligente, il n'y a pas que les voitures qu'on peut recycler (http://tontondaniel.over-blog.com/article-21769074.html). Les avions aussi ! Le sujet est à la mode : Capital n°211 d'avril 2009
présente une photo étonnante légendée : "Veolia possède à Châteauroux (Indre) la plus grosse plate-forme européenne de démantèlement et de recyclage d'avions". Quant à Courrier International n°
962 du 9 avril 2009, il publie un article de Caroline Brothers paru dans International Herald Tribune :
"Ici, les avions se cachent pour mourir. L’aéroport de Châteauroux se réjouirait presque de la crise. Car il accueille une industrie d’avenir : le recyclage de gros-porteurs en fin de carrière.
Drôle d’endroit pour prendre le pouls de l’aéronautique mondiale que ce plateau battu par les vents, au centre de la France. Pourtant, sur ce bout de tarmac qui fut l’une des plus grandes bases
de l’US Air Force en Europe pendant la guerre froide, le sort de l’aviation est illustré de façon frappante. A l’aéroport de Châteauroux-Déols, à 250 kilomètres de Paris, Bartin Aéro Recycling et
son partenaire Europe Aviation sont spécialisés dans le démantèlement et le recyclage des vieux appareils. Il n’existe que deux sites de ce type dans le monde, l’autre se trouvant à l’Evergreen
Air Center de Marana, dans l’Arizona. (note de Tonton Daniel : une deuxième vient d'ouvrir à Tarbes)
Cette activité méconnue de la chaîne aéronautique résume à elle seule tous les enjeux qui inquiètent aujourd’hui les responsables du secteur : prix du pétrole volatil, trafic en baisse et
financements rares. Et, à en juger par l’abondance des engins qu’on peut voir sur place, la situation du secteur n’est pas rose. Des jets appartenant à la municipalité de Moscou et à plusieurs
compagnies européennes à bas coût stationnent sur le parking de l’aéroport, parfaitement visibles en montant sur l’aile d’un DC-10 (ancien gros-porteur de 380 passagers de la défunte compagnie
française AOM) malmené par les tenailles géantes de Bartin Aéro. Martin Fraissignes, président du Châteauroux Air Center, qui gère les parkings aériens et les activités de maintenance, de
peinture et de recyclage de l’aéroport, s’attend à voir doubler le nombre d’appareils stationnés à Châteauroux dans les trois prochains mois.
“Il y a six mois, nous n’en avions que trois ou quatre. Aujourd’hui, nous en avons seize, et, dans les deux à trois mois, nous pensons qu’il y en aura trente – comme au lendemain du 11
septembre”, précise-t-il, faisant allusion à la dernière grande crise du transport aérien, survenue après les attentats de 2001 aux Etats-Unis. Bartin Aéro a enregistré un bénéfice net de 210 000
euros entre mars 2006 et mars 2007, contre 127 000 euros l’année précédente, avec une rentabilité largement dépendante des fluctuations des cours des métaux, de Shanghai à New York.
Mais, surtout, les activités (ou l’inactivité) de Bartin Aéro dépendent directement du cycle de vie des flottes aériennes mondiales et sont étroitement liées aux décisions que prennent les
compagnies pour faire face aux crises du secteur. Le moindre retard dans l’entrée en service du petit dernier de Boeing, le 787 Dreamliner, tant attendu, ou du futur A350 d’Airbus est une
mauvaise nouvelle pour Bartin Aéro : cela prolonge d’autant la durée de vie des dinosaures gourmands en kérosène que les compagnies rechignent à mettre hors service, explique le directeur de
l’entreprise française, Charles Kofyan. De même, la moindre chute du cours du pétrole et le moindre resserrement du crédit repoussent d’autant l’arrivée d’avions obsolètes sur l’hectare et demi
dont dispose Bartin à Châteauroux. “A 35 dollars le baril, le pétrole cesse d’être un problème pour les transporteurs, même si leurs avions sont gourmands en carburant, explique Charles Kofyan.
Il faut cinq ans pour obtenir un nouvel avion, mais, aujourd’hui, il est difficile de trouver une banque pour le financer, poursuit-il. Dès lors, les compagnies ne peuvent pas investir et
ressortent leurs vieux avions des hangars. Plutôt que de les envoyer à la casse, elles les font voler. Elles attendent simplement de voir comment évolue la crise et comment elles vont survivre.”
Chez Bartin Aéro, il faut un petit peu plus de six semaines pour réduire un avion en bouillie. Une fois qu’une dizaine d’ingénieurs d’Europe Aviation ont sorti les moteurs et récupéré les
instruments de vol du cockpit ainsi que toutes les pièces réutilisables, quatre “casseurs” de Bartin Aéro se mettent au travail. Sous les moquettes, on retrouve parfois des passeports, des
brosses à dents, des bijoux et des pièces de monnaie, raconte Franck Chauveau, chargé de manœuvrer l’énorme trancheuse. “En quatre heures, c’est terminé”, précise Mickael Marteau, le gestionnaire
d’exploitation, dans le fracas des machines. Certains avions plus récents sont “couvés”, autrement dit remis en état de voler. Grâce aux mécaniciens d’Europe Aviation, un appareil peut reprendre
les airs en moins de quarante-huit heures, assurent les cadres de Bartin Aéro. D’autres resteront au sol jusqu’à deux ans, le temps que leurs propriétaires décident de leur sort. Enfin, quand
l’espoir et l’argent se sont taris, les plus vétustes sont remorqués jusqu’à la casse.
Les propriétaires paient environ 3 000 dollars par mois (soit dix fois moins qu’à Orly, le deuxième aéroport parisien, souligne Charles Kofyan) pour parquer un avion à Châteauroux le temps de
décider s’ils veulent le remettre en état, l’envoyer à la casse ou le revendre. Les épaves et les avions obsolètes sont le gagne-pain de Bartin Aéro. Dans les registres de l’entreprise figurent
un Boeing 707 des années 1960 et le second Concorde, mais aussi le premier avion commercial d’Airbus, l’A300, quatre-vingts Jaguar et des appareils antédiluviens appartenant à des compagnies
internationales.
Bartin Aéro verra peut-être ses activités ralentir parce que les compagnies restent dans l’expectative face à la crise, mais l’usure naturelle des flottes devrait continuer à lui donner de quoi
s’occuper. Selon Martin Fraissignes, 8 000 à 8 500 avions commerciaux devraient être mis hors service dans le monde dans les vingt prochaines années".
http://www.neomansland.info/2007/02/recycler-les-avions/
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=18797&idThema=4
http://usa-cemetery-planes.chantegrel.net/cemetery%20planes1.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3%A8re_d'avions
http://fr.wikipedia.org/wiki/309th_Aerospace_Maintenance_and_Regeneration_Group (en mauvais français...)
Tonton Daniel