Publié le 5 Février 2010


Bonjour à tous


En complément de l'article d'hier, voici celui de Keith Bradsher paru dans le New York Times et repris dans Courrier International n°1002 du 14 janvier 2010 :


"Votre lampe basse consommation pollue en… Chine !


Les technologies vertes ont besoin de certains métaux appelés terres rares. Mais leur production dégrade l’environnement.


L’existence de certaines de nos technologies les plus vertes, depuis les voitures électriques jusqu’aux éoliennes géantes, en passant par les lampes basse consommation, est rendue possible par un groupe de métaux peu usuels : les “terres rares”. Il n’y a qu’un problème : elles proviennent presque exclusivement de Chine et sont produites par une industrie minière qui compte parmi les plus nocives pour l’environnement et qui est dominée par des organisations criminelles. Un quasi-monopole, qui donne à ce pays une mainmise potentielle sur les technologies du futur et inquiète les capitales occidentales.


A Guyun, un petit village du sud-est de la Chine entouré de bosquets de bambous et de bananiers, les dégâts causés à l’environnement sont bien visibles : des cicatrices brun-rouge d’argile stérile couturent les étroites vallées et les terres desséchées de l’aval, là où s’étendaient jadis des rizières vert émeraude. Car, pour extraire ces métaux [présents sous forme d’oxydes, et souvent mélangés à d’autres minerais], les mineurs restent en surface. Ils raclent le sol, et placent dans des fosses l’argile mouchetée d’or qu’ils ont pelletée. Ce sont dans ces fosses qu’ils versent des solvants [souvent de puissants acides] pour extraire les terres rares. Ces substances chimiques finissent par s’infiltrer dans le sol jusqu’aux ruisseaux et aux rivières, détruisant les rizières et les exploitations piscicoles et polluant les réserves d’eau.


Des propriétés chimiques et magnétiques remarquables


Zeng Guohui, un ouvrier de 41 ans, nous conduit à la mine abandonnée où il travaillait autrefois et nous montre un désert de terre et de boue. Le gisement de terres rares lourdes [les plus difficiles à trouver] a été épuisé en trois ans. Mais aujourd’hui, dix ans après la fermeture de la mine, personne n’a encore pu refaire pousser du riz dans les champs situés en aval.


De petites mines où l’on extrait des terres rares lourdes comme le dysprosium et le terbium sont toujours en activité dans les collines voisines. Et “il y a tout le temps des manifestations, parce que les mines détruisent les terres arables et que les gens exigent des compensations”, explique M. Zeng. “Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation est menée de façon inconsidérée”, confirme Wang Caifeng, présidente de la commission de surveillance de l’exploitation des terres rares au ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information de Chine. “Cela a fait beaucoup de mal à l’environnement”, poursuit-elle.


Le groupe des terres rares comporte dix-sept éléments. Certains, en dépit de l’adjectif qui les qualifie, sont assez répandus. Les réserves de deux d’entre eux, le dysprosium et le terbium, sont toutefois particulièrement menacées : ils sont devenus les ingrédients miracles des technologies “vertes”. De petites quantités de dysprosium permettent d’alléger de 90 % le poids des aimants contenus dans les moteurs électriques, et le terbium permet de réduire de 80 % la consommation des ampoules électriques. Une livre de dysprosium coûte aujourd’hui 53 dollars, soit presque sept fois plus qu’en 2003. Le prix du terbium, lui, a quadruplé entre 2003 et 2008, pour atteindre 407 dollars [285 euros] la livre, avant de chuter à 205 dollars la livre à cause de la crise économique mondiale.


La Chine extrait plus de 99 % du dysprosium et du terbium utilisés sur la planète. La majorité de la production provient d’environ 200 mines situées dans le nord du Guangdong et dans la province voisine, le Jiangxi. La Chine est également le premier producteur mondial de terres rares légères, précieuses pour de nombreuses industries. Les réserves de ces métaux sont un peu plus importantes, et leur extraction est mieux réglementée. Mais pour le dysprosium, le terbium et d’autres terres rares lourdes, c’est une autre histoire. D’après les responsables de l’industrie, 50 % seulement des mines de terres rares lourdes ont un permis d’exploitation. Toutes les autres sont illégales. Mais même les mines légales, comme celle où travaillait M. Zeng, sont dangereuses pour l’environnement.


Selon Stephen G. Vickers, ancien chef du service d’investigations criminelles de la police de Hong Kong (et aujourd’hui directeur d’International Risk, une compagnie de sécurité qui intervient dans le monde entier), un réseau très soudé de mafias chinoises, au meurtre facile, règne sur la majeure partie du secteur minier avec la complicité de hauts fonctionnaires locaux.


En avril 2009, le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information chinois a rédigé une ébauche de plan prévoyant l’arrêt de toutes les exportations de terres rares lourdes, en partie pour des raisons environnementales et en partie pour obliger certains pays à acheter des produits fabriqués en Chine. L’annonce de ce plan, le 1er septembre 2009, a suscité un tollé de la part des entreprises et des gouvernements occidentaux. Le 3 septembre, Mme Wang déclarait que la Chine ne stopperait pas les exportations et réviserait son plan. Mais, quelque temps plus tard, le ministère baissait de 12 % les quotas annuels d’exportation pour toutes les terres rares, procédant ainsi à la quatrième réduction draconienne en douze ans. Une des justifications est l’épuisement annoncé des gisements. Selon l’institut de recherche de Baotou, les filons de terres rares lourdes des collines de Guyun seront épuisés d’ici quinze ans. Les compagnies minières veulent développer l’activité hors de Chine, mais, à la différence de ceux que l’on trouve dans le sud de la Chine, la majorité des gisements de terres rares contiennent de l’uranium et du thorium, des éléments radioactifs qui compliquent l’extraction.


Les États-unis craignent une dépendance militaire


Le Congrès américain, lui, a réagi aux mesures prises par la Chine en ordonnant au ministère de la Défense de faire le point avant le 1er avril sur la dépendance de l’armée américaine vis-à-vis des terres rares chinoises, utilisées par exemple dans la fabrication des appareils de vision nocturne et des télémètres [ainsi que des missiles]. Washington a d’ailleurs commandé une étude sur les solutions de substitution possibles. Les multinationales commencent aussi à se pencher sur leur dépendance à l’égard des terres rares lourdes. Toyota dit avoir acheté pour ses véhicules des pièces incluant ces métaux, mais ne pas avoir participé à l’achat des matières premières par ses fournisseurs. Osram, un grand fabriquant d’ampoules électriques appartenant à l’entreprise allemande Siemens, affirme limiter désormais l’usage de terres rares dans ses produits.


Mais les principaux consommateurs de terres rares lourdes dans les années à venir pourraient être les constructeurs de grandes éoliennes, qui ont besoin d’aimants beaucoup plus légers pour les générateurs de 5 tonnes placés en haut de mâts de plus en plus hauts. Vestas, une entreprise danoise devenue le numéro un du secteur, a fait savoir que les prototypes de sa prochaine génération de machines contiennent du dysprosium et étudie actuellement la pérennité des réserves. Goldwind, le principal fabricant chinois d’éoliennes, a remplacé les aimants classiques par des aimants à base de terres rares.


Certains exploitants miniers spécialisés dans les terres rares – un secteur qui pèse 1,3 milliard de dollars – soulignent la nécessité de méthodes d’extraction moins destructrices pour l’environnement au regard de l’importance de leurs produits pour les technologies vertes. Certains espèrent ouvrir des mines au Canada, en Afrique du Sud et en Australie, mais il faudra plusieurs années avant que leur rendement soit suffisant et elles produiront beaucoup de terres rares légères. Les terres rares lourdes qu’elles extrairont serviront sans doute à satisfaire la demande croissante des fabricants d’éoliennes, qui se les arracheront".


Tonton Daniel


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Publié dans #énergie & matières premières

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Publié le 4 Février 2010


Bonjour à tous


Vous rappelez-vous le tableau périodique de classement des éléments chimiques lors de vos cours de physique et de chimie au lycée ?
Ce tableau, établi par le chimiste russe Dmitri Mendeleïev, comporte une ligne mystérieuse : celle des lanthanides, plus communément appelés "terres rares". Eh bien, croyez-moi, ces "terres rares" vont devenir un sujet de conversation très répandu dans les mois à venir ! Deux articles que j'ai lus récemment leur étaient consacrés, dans le magazine Sciences et Avenir de février 2010 et dans Courrier International n°1002 du 14 janvier dernier.


Ces "terres rares" portent mal leur nom : ce ne sont pas des terres organiques mais des éléments chimiques naturels proches des métaux, et certaines ne sont pas rares car plus abondantes dans la nature que des éléments comme l'or ou l'iode ! Au nombre de 17, les lanthanides sont aujourd'hui utilisés pour leurs propriétés physico-chimiques exceptionnelles dans les industries de pointe et les industries vertes : écrans plats, mobiles, DVD, GPS, consoles, pots catalytiques, éoliennes, écrans d'imagerie médicale, etc...


90 % des 125 000 tonnes extraites annuellement proviennent de Chine, et plus exactement de sa province de Mongolie Intérieure.
Le prix des terres rares, lourdes ou légères, varie entre 20 et 800 $ le kilo et reste très variable en fonction de la demande. Il risque aujourd'hui d'évoluer très vite à la hausse, Pékin ayant décidé fin 2009 la réduction drastique de ses exportations pour "raisons environnementales" ! Il est vrai que l'extraction, l'isolation et la séparation des lanthanides sont très polluantes à cause des rejets de métaux lourds comme le plomb, le mercure ou le cadmium qu'elles génèrent.
Pour ajouter aux craintes ambiantes, certains spécialistes avancent qu'en 2014, "la Chine n'aura plus aucune capacité d'exportation"...
Les conséquences de cette restriction sont multiples : inquiétude des Etats-Unis, contrebande et mines illégales, augmentation de la pollution, spéculation, recherche de matériaux de substitution, nécessité du recyclage...


Bien avant le pétrole, l'uranium ou l'eau potable, les terres rares deviendront-elles dans les années à venir la première source de conflit sur notre petite planète ?


http://fr.wikipedia.org/wiki/Terres_rares


http://fr.wikipedia.org/wiki/Lanthanide


http://fr.wikipedia.org/wiki/Tableau_p%C3%A9riodique_des_%C3%A9l%C3%A9ments


http://tontondaniel.over-blog.com/article-28913773.html


La liste des 17 lanthanides : le Scandium et l'Yttrium (métaux de transition) + Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhéum, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, Lutécium.


Tonton Daniel


tableau périodique



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Publié le 3 Février 2010


Bonjour à tous


Vancouver et hiver ne riment pas forcément avec "vert" ! Les Jeux Olympiques d'hiver 2010 annoncés comme des jeux respectant l'environnement s'ouvriront à Vancouver, au Canada, le 12 février prochain. Malgré quelques points positifs (le toit de l'anneau de patinage, d'une surface de 2 ha, a été construit avec des pins endommagés et les différents sites distants de plus de 100 km ne seront accessibles qu'en transport en commun), ils sont pour l'instant très peu écologiques : faute de neige sur les différents sites de compétition, une noria de 300 camions-remorques transporte jour et nuit des tonnes de neige depuis les hauteurs voisines !


En outre, des pistes de ski et de luge ont été aménagées dans des milieux naturels, la flamme olympique va émettre pendant les quinze jours de compétition 1600 tonnes de CO2, et seule une partie des déchets sera recyclée !
Les médailles d'or, d'argent et de bronze distribuées aux champions devraient contenir des matériaux recyclés mais, en réalité, ces matériaux seront présents en quantités symboliques ( 1.5 % au maximum ! )
Quant au bilan énergétique, il est catastrophique : les transports en avion et les déplacements des participants, de leur encadrement, des sponsors, des journalistes et surtout celui du public devraient générer 328 000 tonnes de gaz à effet de serre...


(sources : France Télévision et Sciences et Avenir février 2010)


Tout ces chiffres me rappellent des réflexions personnelles à propos de l'impact environnemental de l'industrie des sports d'hiver.
Remontées mécaniques, téléphériques, canons à neige, chauffage et éclairage des hôtels, transports des familles, bouchons sur les autoroutes, déboisement pour la création de pistes de glisse, patinoires, déneigement... la quantité d'énergie dépensée pour certains de ces loisirs saisonniers est colossale.


Je remets donc la médaille d'or de la bêtise hivernale au bobsleigh qui nécessite le bétonnage de la montagne pour quelques rares élus, la médaille d'argent de l'inutilité à la flamme olympique allumée dès le 22 octobre 2009 et dont le relais couvrira 45 000 kilomètres, et la médaille de bronze de la phallocratie au CIO qui refuse pour d'obscures raisons la création d'une épreuve de saut à ski féminin !
Enfin, mention spéciale, hors Jeux Olympiques, à la motoneige, bruyante, polluante, gourmande en énergie et se faufilant hors pistes sur des sites naturels qu'elle détruit sans retour.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_olympiques_d%27hiver_de_2010


http://fr.wikipedia.org/wiki/Inukshuk


http://fr.wikipedia.org/wiki/Miga,_Quatchi_et_Sumi


http://fr.wikipedia.org/wiki/Motoneige


http://www.davidsuzuki.org/latestnews/dsfnews02031001.asp


Tonton Daniel


logo vancouver 2010


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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 2 Février 2010


Bonjour à tous


Contrairement à une idée reçue et bien qu'ils soient aujourd'hui 1,3 milliard, les Chinois ne sont pas assez nombreux !
La politique de l'enfant unique lancée par Pékin en 1979 pour raisons économiques (limiter le nombre de naissances a en partie permis à l'Etat de se recentrer sur son industrie, ses infrastructures et ses exportations) produit aujourd'hui de nombreux effets secondaires : enfants illégaux et non déclarés, inégalités entre classes sociales, stérilisations forcées, avortements sélectifs, déséquilibre entre sexes (et donc prostitution), disparition d'enfants, trafics humains...


Mais ce qui inquiète désormais le plus le gouvernement central est le vieillissement de sa population : au rythme actuel, en 2050, un tiers des Chinois aura plus de 65 ans ! Le problème n'est pas le financement des retraites qui est quasi inexistant en Chine mais le ralentissement économique inévitable avec une population trop âgée pour travailler.


Autres raisons évidemment non déclarées, une menace intérieure (la natalité importante de certaines minorités au sein du pays) et une menace extérieure (la démographie galopante du voisin indien qui compte 1 milliard d'habitants et deviendra au rythme actuel le pays le plus peuplé du monde aux alentours de 2035)...


Pour redresser cette pyramide inversée, Pékin autorise et encourage aujourd'hui la naissance sans pénalités d'un deuxième enfant dans les familles dont les deux parents sont eux-mêmes enfants uniques. Cette mesure qui, en principe, devrait stabiliser la population est bien reçue par la plupart des familles mais est en réalité inapplicable sans incitation financière. L'évolution du niveau de vie moyen et la crise économique sont passées par là, en Chine comme partout ailleurs : pas si sûr que les candidats se bousculent dans les maternités !


Comme le demandait Coluche dans sa "Revue de Presse" : "Mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?"


http://tontondaniel.over-blog.com/article-6983015.html


http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_la_Chine


http://fr.wikipedia.org/wiki/Vieillissement_d%C3%A9mographique


Tonton Daniel



Pyramide âges Chine



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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 31 Janvier 2010


Bonjour à tous


Les américains débarquent en Haïti :


"En Haïti, l'armée américaine reste toujours objet de suspicions... Mardi 19 janvier, ses hélicoptères se posent en force devant les ruines du palais présidentiel à Port-au-Prince, afin de sécuriser l'hôpital de campagne qui y est installé. L'image choque immédiatement. Parmi les sinistrés qui campent sur la place présidentielle, les nerfs sont à fleur de peau. 'Nous sommes dans une situation de précarité alimentaire et sanitaire, et on nous envoie des soldats !' lance un jeune homme, le regard révolté. 'Haïti n'est pas en guerre ! Nous avons besoin de nourriture, de solidarité, et non d'occupation !'
"Lorsque l'armée américaine a pris, au lendemain du séisme, le contrôle du minuscule aéroport de Port-au-Prince, rétablissant le trafic aérien, elle a privilégié ses propres avions, au détriment de l'aide humanitaire. 'Il s'agit d'aider Haïti, il ne s'agit pas d'occuper Haïti', a alors lancé le secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet."


(source : lemonde.fr)


Les américains amputent sans états d'âme :


"Une équipe de médecins texans, déjà repartie, a causé des ravages et fait de la médecine de guerre", ose un médecin des pompiers de Paris, interrogé entre deux soins dans la cour de l'hôpital du Sacré-Cœur, encore encombrée de lits, perfusions, et tentes de repos.
Il ne souhaite pas qu'on cite son nom – "on ne va pas déclencher un nouveau conflit France-Amérique !" –, mais il lance le débat. "L'amputation est un geste de sauvetage et de dernier recours, quand un membre est broyé ou quand menace la septicémie. Mais les Américains l'ont rendue presque systématique, sans prendre le temps d'imaginer une autre solution, fiers de cet abattage leur permettant de se prévaloir de chiffres impressionnants de patients."
Sophie Grosclaude, une jeune chirurgienne orthopédiste française, engagée dans la Chaîne de l'Espoir, opère à la clinique Lambert, à Pétionville, dans la banlieue de Port-au-Prince. Elle non plus ne mâche pas ses mots. Elle revient "effarée" d'une discussion avec un chirurgien américain rencontré à l'hôpital israélien, qui pliait bagages. "Je lui racontais que pour réparer les fractures, je faisais exactement comme en France, en posant des clous et des fixateurs externes dont on dispose désormais en grand nombre." Et alors ? "Il trouvait ça fou ! Il me disait: “A quoi bon ? Ce pays est trop pauvre. Il n'y aura pas de suivi médical sérieux de vos patients. C'est tellement plus simple de les amputer. C'est propre, définitif…”"
La chirurgienne est bouleversée. "Il me parlait d'une sous-population ! D'un peuple trop peu évolué pour mériter la médecine des Occidentaux. Mais enfin, on ne tranche pas comme ça une jambe ! Si on n'est pas obligé de la couper, il faut se battre pour la garder. On n'est pas en guerre ! On peut revoir et suivre nos patients !"


(source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/29/a-port-au-prince-le-ravage-des-amputations_1298384_3222.html#ens_id=1290927)


Les américains enlèvent des enfants :


"Des ressortissants américains ont été arrêtés samedi à Haïti, où ils tentaient de faire sortir 33 enfants du pays sans autorisation, a-t-on appris auprès du gouvernement haïtien et d'un de leurs proches.
Les suspects essayaient de quitter Haïti par la frontière avec la République dominicaine, a détaillé la ministre de la Communication Marie-Laurence Jocelyn Lassegue.
Il s'agit de dix paroissiens américains de l'Idaho. Cinq viennent de l'Eglise baptiste de Central Valley de la ville de Meridian, cinq autres de l'Eglise baptiste d'East Side de Twin Falls. Les 33 enfants voyageant avec eux sont âgés de deux mois à 12 ans".


(source : agence AP)


Les américains scientologues et fondamentalistes se disputent la misère :


"La scène remonte à un peu plus d’une semaine après le séisme qui a frappé Haïti. Un Boeing 707 venus des Etats-Unis se pose sur l’aéroport de Port-au-Prince. Rien d’exceptionnel à cela, si ce n’est que le pilote de l’avion n’est autre que John Travolta.  Parti de chez lui en Floride, l’acteur, militant de l’Eglise de Scientologie, a débarqué avec quatre tonnes de vivres et de matériel médical sur l’aéroport de la capitale haïtienne. Travolta était accompagné de plusieurs « ministres » de la foi scientologue, vêtus de tee-shirt jaunes. Une arrivée controversée. Alors que 800 avions sont sur une liste d’attente pour atterrir en Haïti, l’acteur américain s’est posé en priorité à l’aéroport de Port-au-Prince à bord de son jet privé, constate Catherine Handfield du journal canadien La Presse.
« La Scientologie plante son drapeau en Haïti » titre The Independent. « Nous avons la possibilité de venir en aide au peuple haïtien et je ne peux tout simplement pas ne pas utiliser cet avion pour aider », a déclaré John Travolta après avoir posé les pieds sur le sol de Port-au-Prince. “Cette aide est-elle utile ?”, s’interroge l’hebdomadaire québécois L’Actualité avant de préciser : “Ce ne sont ni les rations alimentaires, ni le matériel médical qui sont ici remis en question, bien sûr, mais plutôt ce que font les « ministres volontaires » pour guérir les Haïtiens blessés, les scientologues utilisent une technique pour le moins controversée, soit le procédé d’assistance par le touché («touch therapy»).“
Dans un entretien accordé à 20 Minutes, Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) ne décolère pas : «La venue en Haïti de Travolta et de la Scientologie est indécente et gênante.»
Mais, note Jean-Cosme Delaloye dans le quotidien suisse 24 heures, “les scientologues ne sont pas les seuls. Les Haïtiens ont vu des centaines de missionnaires de toutes confessions affluer à leur chevet et leur prodiguer des soins tout en prêchant la bonne parole. Certains d’entre eux sont venus pour servir Dieu et leur destin politique, comme Edward Lynch. Ce politicien de la droite chrétienne se présente la semaine prochaine en Floride à une primaire pour remplacer un représentant démissionnaire au Congrès. (…) Les missionnaires comme lui arrivent en terrain conquis en Haïti. Le petit pays des Caraïbes est une terre de prédilection depuis des années pour des organisations évangéliques américaines qui agissent souvent de bonne foi et y ont ouvert des orphelinats, des écoles et des églises.”
Tanguy Berthemet fait le même constat pour Le Figaro : “plusieurs groupes chrétiens fondamentalistes américains ont afflué en masse dans la capitale haïtienne pour «venir en aide» aux sinistrés”. Tout comme Christian Losson dans Libération : “« les «mercenaires de la foi» déferlent sur Haïti. «Une armée de la fin des temps, prophétiques, des missionnaires de la pitié», prévient le site internet de Crisis Response International, ONG de Kansas City, capables de faire la «démonstration de pouvoir du royaume de Dieu». «On va là où Jésus nous appelle», dit l’un d’eux. Beaucoup d’illuminés, médecins ou simple missionnaires, ont visiblement entendu des voix. «Ils sont venus prospérer sur la misère», déplore l’abbé Pierre-André, de l’église Sainte-Bernadette, à Martissant, un bidonville de Port-au-Prince. “


(source : lemonde.fr)


Les américains de Floride refusent le flux incessant de blessés :


"La suspension, pour des raisons financières et logistiques, de l'évacuation vers les Etats-Unis d'Haïtiens grièvement blessés lors du séisme du 12 janvier a donné lieu samedi à une polémique entre les autorités de Floride et le gouvernement central.
Washington a fait savoir dans la journée qu'aucune solution n'avait été trouvée en vue de la reprise de ces vols, interrompus mercredi.
Charlie Crist, gouverneur de Floride, où la plupart des blessés évacués ont été dirigés, a invité Washington à assumer une part des coûts médicaux de l'opération et demandé le concours d'autres Etats.
"Le système sanitaire de Floride approche rapidement de la saturation, en particulier dans les services de traumatologie. Nous ne pourrons pas assumer seuls la poursuite de cet effort", dit-il dans une lettre adressée cette semaine au gouvernement fédéral, réclamant en outre la garantie que les soins seront payés aux hôpitaux d'accueil.
"Nous n'avons pas demandé l'arrêt des vols. Nous avons seulement besoin d'une meilleure organisation de la part de nos partenaires fédéraux pour garantir que nous sommes prêts à proposer notre aide, tout comme d'autres Etats", a part ailleurs déclaré John Cherry, porte-parole de l'agence de coordination des secours de Floride.
Pour justifier la suspension des vols, l'armée américaine a expliqué qu'elle ne savait plus où acheminer les blessés.
La Maison blanche a, quant à elle, nié toute décision politique. "Cette situation s'est présentée parce que nous commençons à manquer de lits", indique un porte-parole de la présidence dans un communiqué, ajoutant que les agences gouvernementales "travaillent à une solution", en cherchant notamment à accroître les capacités médicales en Haïti même".


(source : agente Reuters)


Les américains envisagent de rester en Haïti pendant plusieurs mois :


"Le déploiement des forces américaines en Haïti pourrait se poursuivre pour une période pouvant aller jusqu'à six mois, soit le temps que les autres organisations internationales engagées dans les efforts de reconstruction soient en mesure d'assurer le relais.
C'est du moins l'évaluation fournie mardi par le directeur de l'agence chargée de la logistique militaire au sein du Pentagone, Alan Thompson. « À mon avis, trois à six mois seront probablement nécessaires pour qu'une partie du soutien commence à être transféré », a-t-il dit.
Le Pentagone précise que cet échéancier n'est pas coulé dans le béton, et qu'il pourrait être modifié en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain.
Selon un porte-parole du chef d'état-major interarmées, John Kirby, cette période de trois à six mois constitue « une bonne fenêtre pour la planification logistique ». L'armée américaine, précise-t-il, restera là aussi longtemps que le besoin se fera sentir.
Environ 15 000 militaires américains participent aux efforts de secours en Haïti.
À la demande du gouvernement haïtien, l'armée américaine a pris le contrôle de l'aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince. Elle est aussi responsable de la réouverture partielle du port. Ces installations sont cruciales pour l'acheminement de l'aide internationale.
Cette présence en force de l'armée américaine a entraîné des critiques plutôt vives de la part de certains gouvernements étrangers, notamment des présidents vénézuélien et nicaraguayen, Hugo Chavez et Daniel Ortega, mais aussi de responsables français et italiens".


(source : agences France Presse et Reuters)


De vrais vautours ! Ecoeurant ! Mais je vous avais prévenus dès le 15 janvier à propos de l'ingérence américaine :


http://tontondaniel.over-blog.com/article-haiti-champ-de-manoeuvres-43007095.html


Tonton Daniel



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Rédigé par tonton daniel

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