nigéria 13 - nollywood

Publié le 18 Juin 2007


Bonjour à tous

Outre les enlèvements (Vingt-sept personnes enlevées hier dans l'attaque d'une installation pétrolière dans l'Etat de Bayelsa), les élections et le pétrole, il y a aussi une vie quotidienne au Nigéria ! Pour preuve, cette dépêche datée d'hier :

"Les films de Nollywood (contraction de Nigeria et de Hollywood), la très prolifique industrie nigériane du cinéma, font un tabac au Niger, pays pauvre où le 7e art francophone est en déclin depuis bientôt deux décennies.

Tous les soirs, enfants et adultes se pressent devant le petit écran, à domicile ou dans les vidéo-clubs, pour suivre sur CD, DVD ou vidéo-cassette les comédies romantiques ou les polars tournés pour la plupart dans les Etats musulmans du nord du Nigeria, voisin du Niger.

Bien que tournées dans un pays anglophone, ces oeuvres pompeusement appelées "Dandalin Soyeya" (Boulevard des Amoureux) sont produites en haoussa, langue très populaire au Niger.

Ces feuilletons, tournés en caméra vidéo, mettent la plupart du temps en scène un Nigeria écartelé entre ses valeurs traditionnelles et la charia, la loi islamique en vigueur dans plusieurs Etats du nord du pays, le tout sur fond de mondialisation.

Les même thèmes reviennent à l'envi: drames sociaux de la pauvreté, polygamie, mariage précoce ou forcé, corruption, insécurité, ou encore intolérance religieuse.

Au Niger, où de nombreuses salles de cinéma ont fermé, le public a dû se rabattre sur des vidéo-clubs de fortune, certains montés dans d'improbables hangars.

"Ce qui me plaît dans les films du Nigeria, c'est quand la méchante marâtre, le mari irresponsable et le criminel se repentent", lance Hadjia Haoua, une ménagère de Talladjé, un quartier populaire de Niamey.

Aminata, 9 ans, est déjà une passionnée de ces sagas nigérianes qui se terminent généralement par une leçon de morale.

"On apprend beaucoup sur la religion et la tolérance, j'ai déjà vu une vingtaine de films et j'en raffole toujours", sourit la fillette.

"Ces films sont une véritable drogue aujourd'hui. Il y a des gens qui vont jusqu'à recruter des interprètes pour traduire les dialogues", juge de son côté Maman Gazali, un journaliste indépendant.

Le succès des films Nollywood au Niger est tel que la télévision d'Etat a dû se mettre au goût du jour pour ne pas perdre de parts de marchés face aux chaînes privées qui, elles, en programment tous les jours.

"Même les telenovelas latino-américaines n'ont pas autant de succès ici", explique  Halidou Ibrahim, employé dans une télévision privée.

Ces productions nollywoodiennes font aussi le bonheur des commerçants. "Nous vendons les films les plus récents jusqu'à 1.250 FCFA (environ 2 euros)", affirme Moussa Zaroumèye, un vendeur du Grand marché de Niamey.

La location coûte de 200 FCFA (0,3 euros) à 250 FCFA (plus de 0,3 euros) pour toute la journée, précise-t-il.

"Il y a moins d'entrées quand l'affiche ne comporte pas de films nigérians", renchérit Mahaman Sani, un propriétaire de vidéo-club.

Pour le sociologue nigérien Djabir Moussa, "ces films sont un vrai miroir" pour les Nigériens, qui "se reconnaissent à travers les sujets qu'ils traitent".

Nollywood doit en partie sa popularité au Niger à la crise du cinéma francophone, qui se heurte à d'insurmontables problèmes d'argent et de distribution.

Produire une home-vidéo à Nollywood ne coûte que 220 euros la minute, soit 50 fois moins que pour un film réalisé par exemple au Burkina Faso, siège du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPAC0).

Signe de rayonnement de Nollywood, le grand prix du Fespaco a été remporté cette année par "Ezra", un film nigérian sur les enfants soldats, du réalisateur Newton Aduaka. "
 
Tonton Daniel

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #afrique

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