Publié le 22 Novembre 2017


Bonjour à tous

Notre Terre va mal. Et notre société de surconsommation contemporaine menace aujourd'hui notre avenir individuel et collectif. Tel est le constat bien sombre de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, trois hommes issus d'horizons différents et cosignataires du très complet "La décroissance. Dix questions pour comprendre et en débattre".

Selon leur analyse, le modèle économique de croissance indéfinie adopté aujourd'hui dans tous les secteurs d'activité par tous les systèmes politiques sans exception entraine problèmes environnementaux (empreinte écologique catastrophique, prélèvements et destruction de ressources naturelles, rejets polluants, dérèglements climatiques, réduction de la biodiversité...), problèmes économiques (suraccumulation de capital, emplois précaires, chômage de masse, gaspillage alimentaire...) et problèmes sociaux (surpopulation, inégalités sociales, pays en voie de développement négligés, "despotisme doux" incompatible avec la notion de démocratie...). Dans ce contexte, l'Homme est défini comme un simple consommateur, manipulé par le fléau de la publicité qui lui promet un "bonheur en plastique" dans une "société de consolation"...

Malgré une prise de conscience générale, les auteurs sont catégoriques. Faute d'être à la fois collectives et individuelles, les solutions technologiques, politiques ou sociologiques appliquées aujourd'hui se révèlent souvent inefficaces, insuffisantes voire désastreuses. Une réponse plus efficiente pourrait être le principe de décroissance soutenable, encore confus, souvent incompris, voire mal interprété depuis son apparition dans les années 70. Allant plus loin que les principes de développement durable et de croissance verte et applicable dans tous les domaines (énergie, éducation, santé, transports...), il regroupe dans une liste non exhaustive utilisation de ressources renouvelables, recyclage des matières premières, baisse de la consommation, priorité des transports en commun en zone urbaine, abandon de l'agriculture industrielle, commerce équitable, consommation locale et collaborative, développement du jardinage urbain, réduction du tourisme de masse, développement du microcrédit, abandon du matraquage publicitaire, interdiction de l'obsolescence programmée, dénonciation des paradis fiscaux, importance de la décentralisation, de l'action individuelle et locale, de l'initiative populaire, de la démocratie participative...

Programme ambitieux, changement de paradigme radical, utopie, anticipation, malthusianisme ? Les individus de bonne volonté, écologistes, locavores, altermondialistes, objecteurs de croissance, partisans du développement durable, de la simplicité volontaire ou de la "sobriété heureuse" sont encore trop peu nombreux, mal organisés, parfois incohérents et souvent en désaccord sur les moyens d'agir mais tous sont formels pour demain : "On ne peut plus croître dans un monde fini."

Tonton Daniel

 

la décroissance

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #économie, #environnement, #démographie

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Publié le 17 Novembre 2017

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

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Publié le 10 Novembre 2017


Bonjour à tous

En 1872, de comptoirs commerciaux en colonies, Phileas Fogg bouclait son tour du monde en 80 jours après de nombreuses péripéties. Dix-sept ans plus tard, en 1889, Nellie Bly et Elisabeth Bisland, deux jeunes femmes journalistes employées à New-York dans des journaux différents, se lancent seules, simultanément et chacune dans un sens sur les traces du héros de Jules Verne pour battre concrètement ce record littéraire. Utilisant moyens de transport traditionnels et modernes, les deux voyageuses sauteront de trains en bateaux et de rickshaws en chaises à porteurs pour un double circuit que fait revivre cent ans plus tard le journaliste américain Matthew Goodman dans le passionnant "80 jours autour du monde".

A chaque étape et chaque escale, armées de leurs porte-plumes et encriers de voyage, Elisabeth et Nellie enverront leurs rapports et articles à leurs lecteurs et à leurs employeurs respectifs Joseph Pulitzer et John Walker. Période charnière entre le colonialisme victorien et l'avènement de l'ère industrielle, la fin du XIXe siècle voit l'expansion de la presse et des chemins de fer aux Etats-Unis. Fiacres, becs de gaz et cartons à chapeaux n'ont pas encore disparu qu'apparaissent les premiers paquebots à vapeur des grandes compagnies transocéaniques, les trains de luxe aux voitures Pullman décorées de torchères en cuivre, de boiseries en acajou et de garnitures en velours. Malgré le fog londonien, les tempêtes maritimes, les collisions avec les icebergs ou les correspondances aléatoires que subiront les deux sprinteuses, voyager n'est plus complètement une aventure grâce au télégraphe, aux agences de voyage Thomas Cook, aux guides Baedeker ou à l'achèvement du canal de Suez. Symbolisée par la remise du Ruban Bleu au paquebot transatlantique le plus rapide, la course à la vitesse et contre le temps devient la règle. Après avoir traversé les fuseaux horaires, emprunté la Malle-Poste des Indes, chassé le tigre, rencontré des chinoises aux pieds bandés ou diné au Raffles, les deux jeunes femmes se croiseront sans le savoir en mer de Chine à mi-chemin de leurs périples respectifs et parviendront à destination avec quatre jours d'écart.

Au-delà des cartes postales de soleils couchants, des destinations exotiques et des parfums enivrants des tropiques, l'itinéraire des deux concurrentes nous permet de revivre la conquête de l'ouest américain, les guerres indiennes, de sécession et de l'opium, de traverser l'empire britannique de la reine Victoria sur lequel "le soleil ne se couchait jamais" et d'admirer les nuits étoilées par les constellations d'hiver. Il permet aussi de rappeler le temps des migrants de 3e classe transitant par Ellis island, des premiers descendants d'esclaves, des indiens chassés de leurs territoires et des ouvriers se tuant à la tâche dans d'infernales soutes à charbon. Beaucoup moins fantaisiste et extravagant que le "Tour du monde en quatre-vingts jours" de Jules Verne, le récit est aussi l'occasion de dénoncer d'insupportables sentiments de supériorité nationaliste et d'illustrer les engagements politiques, les intérêts économiques et les découpages géographiques annonçant les trop réels conflits du XXe siècle.

Entre procès, règlements de comptes et ingratitude, la fin de l'aventure sera beaucoup moins reluisante. Malgré la ferveur du public et la réussite des deux jeunes femmes, les deux organisateurs les oublieront rapidement, non sans avoir pris des libertés avec le règlement édité au départ de la course et relancé de manière considérable l'audience de leurs journaux grâce à un concours public auprès des lecteurs. Business first ! Présentant deux visages opposés de l'Amérique, les deux héroïnes vivront l'après-course chacune à sa manière. Les jaloux reprocheront à Nellie Bly un certain opportunisme économique, ses conférences payantes ou ses contrats pour des produits dérivés avec quelques industriels avides de profit. Elisabeth Bisland, quant à elle, repartira vivre en Orient, préférant les arbres aux gratte-ciels et le silence à la gloire. Malgré elles, toutes deux auront inauguré "le voyage sans rien voir", préfigurant le développement d'un tourisme effréné et la disparition des voyages au long cours. Le récit de Matthew Goodman reste néanmoins un témoignage historique remarquable, un bel hommage à deux femmes d'exception totalement oubliées aujourd'hui ainsi qu'une formidable invitation au voyage et au rêve à compléter peut-être pour le plaisir par la relecture des aventures de Phileas Fogg !

Tonton Daniel

 

80 jours autour du monde

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #portraits, #transports, #le temps qui passe, #le voyage

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Publié le 5 Novembre 2017


Bonjour à tous

Dans la grande salle tendue de velours rouge du Théâtre du Palais Royal à Paris, le rideau est déjà levé. Des comédiens en "costume d'époque" vont et viennent en silence sur la scène alors que, dans la salle, les spectateurs arrivent peu à peu. Le grand lustre de cristal s'éteint doucement, une petite musique s'élève lentement... Nous voici transportés en 1897 dans les coulisses du théâtre de la Porte-Saint-Martin à Paris où le jeune Edmond Rostand, encore peu connu du public, cherche un nouveau sujet et un nouveau style pour faire oublier son précédent échec.

Le jeune auteur va peu à peu réunir différentes sources d'inspiration, croiser quelques personnages célèbres, Sarah Bernhardt, Georges Méliès, Georges Courteline, Georges Feydeau, Maurice Ravel ou Anton Tchekov, avant de terminer l'écriture de sa pièce en vers et mettre un point final à la célèbrissime tirade du nez. Malgré les envieux, l'héroïque, poétique et romantique "Cyrano de Bergerac" va obtenir un immense succès !

Distribution parfaite, dialogues ciselés, décors virevoltants, mise en scène au millimètre, grâce à une habile mise en abyme, un rythme endiablé et beaucoup d'humour, Alexis Michalik est parvenu avec panache à illustrer la difficulté de création et à faire oublier le relatif confort de fauteuils prévus pour le public du XVIIIe siècle... Le rideau tombe sur Cyrano et sur Edmond... Sommes-nous toujours au Palais Royal ou encore à la Porte-Saint-Martin ? Edmond Rostand va-t-il venir saluer après les nombreux rappels d'un public conquis ? La critique aussi est unanime, le Théâtre français et l'Académie des Molières ont récompensé "Edmond" de cinq Molières en 2017 :

"Souffrez, monsieur Michalik, qu’on vous salue,
 C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue !"

Tonton Daniel

 

edmond

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france

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Publié le 1 Novembre 2017


Bonjour à tous

Un simple prénom et un autoportrait aux yeux clairs sur la couverture, un style dépouillé et des phrases très sobres dès la première page, rien ne semble présager la force du récit et la puissance de l'évocation historique qui vont suivre. Entre ombre et lumière, "Charlotte", la bouleversante biographie de l'artiste Charlotte Salomon signée David Foenkinos a reçu les prix Renaudot et Goncourt des lycéens en 2014.

Après l'évocation d'une enfance voilée par une terrifiante série de suicides familiaux, le roman devient témoignage historique et retrace la montée du nazisme, la Nuit de Cristal, le camp de Gurs, les rafles, les camps, l'horreur, la folie... L'histoire doublement tourmentée de Charlotte explique peut-être le talent, l'inspiration, le style ou la personnalité complexe de l'artiste, mais au delà d'une hérédité implacable et du décor national-socialiste, le roman révèle en filigrane le triomphe de la beauté, de l'art et de la vie. Une extraordinaire passion amoureuse permettra aussi à la jeune femme de résister et d'espérer jusqu'au bout de son chemin dans une chambre à gaz d'Auschwitz.

Méconnue aujourd'hui du grand public, Charlotte Salomon a condensé son oeuvre-testament dans un ensemble nommé par elle "Vie ? ou Théâtre ?" regroupant peintures, dessins et croquis accompagnés d'un récit autobiographique miraculeusement épargné par les vicissitudes de l'Histoire. "La véritable mesure de la vie est le souvenir" reprend David Foenkinos. On ne pouvait mieux rappeler l'indispensable travail de mémoire malgré "la nécessité d'aller à la ligne pour respirer"...

Tonton Daniel

 

charlotte

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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