Publié le 22 Mai 2007
Bonjour à tous
Je viens de terminer "Safia, un conte de fées répubicain", le livre autographe de Safia Otokoré relatant ses débuts dans la vie, depuis sa naissance dans un bidonville de Djibouti en 1969 jusqu'à
son élection au Secrétariat national du PS en France en 2004.
Ce parcours exceptionnel nous permet de visiter la corne de l'Afrique, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, les Emirats du golfe persique, nous permet de mieux comprendre les liens historiques et
parfois contestés de la France avec le continent africain. On y croise quelques personnalités célèbres comme Guy Roux et François Hollande, mais aussi et surtout une galerie de personnages
chaleureux, vivants et humains. Safia Otokoré nous fait toucher du doigt la misère des réfugiés et nous fait comprendre ce qu'est "l'ascenseur social" mis en place dans notre Société. Avec un
chapitre à faire frémir sur l'excision dont elle a subi les horreurs comme une multitude de femmes africaines. Une allusion à la prostitution forcée à laquelle elle a échappé de justesse. Des
réflexions sur les femmes battues, les mariages forcés et le port du voile.
Un conte de fées ? Pas si sûr... Malgré une part de chance reconnue par l'auteur(e), c'est surtout le parcours d'une battante qui n'a jamais baissé les bras ou perdu courage, même dans les pires
instants. Et le témoignage que tout peut arriver dans la vie si on y croit.
" Je suis née pauvre. Je suis née femme. Je suis née noire. Et je suis née musulmane.
Je ne sais pas dans quel ordre je dois classer ces propositions. Mais sur elles, parfois contre elles aussi, j'ai bâti ma vie.
Quand on est pauvre, on fait des choix. On se blinde, on devient fort, on ne laisse pas couler ses larmes en pure perte.
Quand on est femme, du moins dans le pays où j'ai vu le jour, on apprend à se taire, on apprend à mentir, on apprend à se cacher.
Quand on a la peau noire, du moins dans le pays où j'ai choisi de vivre, on doit prouver sa valeur, à chaque instant.
Et quand on est musulmane, aujourd'hui dans le monde, on se trouve devant une partition manichéenne et devant la nécessité impérieuse de choisir son camp.
Alors mon camp, celui qu'on m'a imposé d'abord, que j'ai appris à domestiquer, à maîtriser ensuite, et que je choisis aujourd'hui en toute liberté, et surtout en toute connaissance, c'est le camp
des faibles, des outragés, des oubliés.
J’ai tenté de mettre ma vie au service d’une certaine idée de l’égalité. Ce fut d’abord par simple volonté de s’en sortir, de vaincre. Mais je crois en la valeur de l’exemple, je crois en la
nécessité de l’aide pour ceux qui en ont besoin. Je crois surtout que ce combat, que j’ai mené d’abord pour moi seule, je peux le continuer pour les autres.»
Tonton Daniel
