Publié le 19 Avril 2007


Bonjour à tous

Je viens de terminer l'excellent bouquin de Xavier Harel "Afrique, pillage à huis clos" qui décrit
toutes les magouilles politico-financières autour des intérêts pétroliers en Afrique : hallucinant !
Y sont cités tout du long la quasi-totalité des pays africains et des majors pétrolières occidentales.
Avec une grande partie consacrée au Congo-Brazzaville et à Elf, une autre à la Guinée Equatoriale et à ExxonMobil, et
aussi le Nigéria, le Gabon, l'Angola, BP, Shell, Total, Chevron Texaco, Petronas, ENI, Saipem, etc...
Sans oublier les hommes politiques (tous les français jusqu'à Chirac, Georges W. Bush et Condoleezza Rice,
Tony Blair ou le fils de Margaret Thatcher...), les banques (BNP Paribas et les autres) et les paradis fiscaux comme le Royaume-uni...

L'auteur souligne aussi la présence croissante (mais pas récente !) de la Chine sur le continent noir et notamment
au Soudan (je vous en parlais il y a quelques jours : http://tontondaniel.over-blog.com/article-6389673.html )
Je retranscris quelques paragraphes parmi les plus intéressants du chapitre 14 :

"Les liens entre l'empire du Milieu et l'Afrique sont anciens. Durant la dynastie Ming (1368-1644), les Chinois conduisaient déjà des expéditions maritimes sur la côte orientale de l'Afrique."
(...)
"Mais c'est évidemment le soutien de la Chine maoiste aux luttes anticoloniales qui a permis un rapprochement entre Pékin et de nombreux pays africains. Lors de la conférence de Bandung, en Indonésie, le 1er ministre chinois Chou En-Lai apporte ainsi son soutien aux luttes d'émancipation des peuples tunisien, algérien et marocain contre le colonialisme français. De même, dans les années 60, la Chine soutient les mouvements nationalistes antiportugais au Mozambique et en Angola."
(...)
"40 ans plus tard, même si les considérations mercantiles ont pris le pas sur les luttes idéologiques, les relations entre la Chine et l'Afrique reposent toujours sur les mêmes fondements. Le principe de "non-ingérence dans les affaires intérieures" reste un des piliers de la politique étrangère chinoise, qui lui permet de marquer des points auprès des états les plus répressifs."
(...)
"L'activité de la Chine s'étend à l'autre géant africain du pétrole, le Nigéria. (...) En avril 2005, Olusegun Obasanjo et Hu Jintao ont signé à Pékin un partenariat stratégique. L'année suivante, la CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) acquérait un important gisement pétrolier et gazier pour 2.27 milliards de dollars, tandis que la CNPC (China National Petroleum Corporation) obtenait quatre licences d'exploration."
(...)
"La Chine ne se comporte pas très différemment des grandes puissances : elle acquiert des matières premières, vend des produits finis et cible ses investissements en fonction de ses intérêts stratégiques."

On peut vraiment parler de stratégie à long terme !

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #afrique, #énergie & matières premières

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Publié le 18 Avril 2007


Bonjour à tous

Coincidence des dates, les élections présidentielles au Nigéria se dérouleront samedi 21 avril prochain, à la veille du 1er tour en France.
Une semaine plus tôt, le samedi 14, une cinquantaine de personnes ont été tuées lors d' élections pour désigner les gouverneurs et les parlements des 36 Etats de la fédération du Nigeria.

"Parmi les tués, on compte des policiers qui tentaient de protéger des membres de l'INEC (la Commission électorale nationale indépendante). D'après cette commission, le parti au pouvoir, le Parti démocratique du peuple (PDP), est arrivé en tête dans 26 Etats.
Mais l'opposition a dénoncé une "mascarade" et des observateurs indépendants ont estimé que plus du quart des résultats ne pouvaient être validés : des dizaines de candidats, pour la plupart dans l'opposition, ont été accusés de fraude et exclus du scrutin juste avant les opérations de vote.
Les observateurs ont également critiqué la validité du scrutin, évoquant des atteintes au caractère secret du vote, des disparitions d'urnes ou encore des "contradictions significatives" entre les résultats proclamés dans les bureaux de vote et ceux proclamés au niveau régional.
A l'annonce des premiers résultats dimanche, des jeunes gens avaient incendié des bureaux de vote et des bâtiments des gouvernements locaux dans les Etats de Kaduna et de Katsina, situés dans le nord du pays, a rapporté l'agence de presse officielle.
Des partisans de l'opposition ont également bloqué les routes pour protester contre la victoire du PDP dans les Etats de Kogi, Edo et Ondo, a rapporté la presse locale.
Dans la région de Kano, bastion de l'opposition situé dans le nord du pays, la police a imposé un couvre-feu avant même l'annonce des résultats.
Le pays le plus peuplé d'Afrique est revenu en 1999 dans le giron de la démocratie après trois décennies de régimes militaires presque ininterrompus. L'élection présidentielle de samedi devrait lui permettre d'effectuer sa première transition démocratique depuis son accession à l'indépendance en 1960."

Pour quelques infos supplémentaires sur l'histoire du Nigéria :

http://tontondaniel.over-blog.com/article-4423297.html

Espérons que les élections présidentielles françaises seront plus calmes...

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #afrique

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Publié le 16 Avril 2007


Bonjour à tous

Suite à ma petite "escapade" à Barcelone, je voulais écrire un article sur les métros dans le monde.
Après quelques recherches rapides sur le net, la tâche parait beaucoup trop importante !
Il existe en effet des dizaines et des dizaines de réseaux ferrés souterrains dans le monde,
les plus anciens datant du XIXe siècle, les plus fréquentés drainant des milliards de voyageurs
tous les ans, les plus étendus comptant des centaines de stations, sans compter les projets,
les lignes secondaires, les sites officiels, les métros automatiques, les revenus financiers,
l'impact sur l'emploi et l'économie, les suicides et accidents...
Je préfère vous donner quelques liens :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_du_monde

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapin_du_m%C3%A9tro_parisien

http://www.studentsoftheworld.info/visites/Metro_Moscou/MM_f.html

Et les métros que j'ai pu visiter, utiliser ou emprunter :

-Londres,  en 1988 la 1e fois, le plus ancien au monde,
-New-York, en 1989,
-Le Caire, en 1990, copie conforme du métro parisien,
-Vienne,   en 1991, sans portillon ni barrière !,
-Hong Kong,en 1993,
-Moscou,   en 1993 la 1e fois, et ses célèbres stations,
-Montréal, en 1994,
-Prague,   en 1995,
-Lisbonne, en 1999,
-Tashkent, en 2000, le seul métro d'asie centrale,
-Helsinki, en 2002,
-Rome,     en 2006, serpentant entre les ruines archéologiques,
-Barcelone, la semaine dernière...
Et Toulouse...
Et bien entendu Paris depuis longtemps et pas plus tard que ce matin !

Tonton Daniel

Ci-après photo prise à Barcelone mercredi dernier :

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #souvenirs de voyage

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Publié le 15 Avril 2007


Bonjour à tous

 

J'ai trouvé en fouillant sur le net un article du journaliste Luke Anthony Patey pour Enjeux Internationaux qui éclaire d'un jour réaliste mais hélas sans surprise les conflits actuels en Afrique et au Soudan en général, et au Darfour en particulier :

"Darfour - Khartoum s’offre la protection de Pékin - 27.03.2007 :
 
Premier importateur du pétrole soudanais, la Chine soutient sans réserve le régime d’Omar El-Béchir, mis au ban de la communauté internationale. Ni la situation au Darfour ni les violations des droits de l’homme n’ont le moindre effet sur l’attitude des autorités chinoises.

Depuis les premières découvertes réalisées par l’américain Chevron au début des années 1980, le pétrole joue un rôle crucial dans la dynamique interne des conflits soudanais. Conscient de l’importance des gisements, le président de l’époque, Nemeiri, avait modifié les frontières des Etats du Sud afin de garantir au Nord un accès aux futurs profits générés par l’or noir. Cette nouvelle injustice poussa le Sud à se rebeller sous la bannière de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). En 1983, la guerre civile embrasa le pays.

Cela conduisit Chevron à suspendre ses opérations en 1984, avant de se retirer complètement, en 1992. Le nouveau gouvernement islamiste, dirigé par le président Omar El-Béchir, cherchait alors ardemment des financements afin d’intensifier sa lutte contre la SPLA et de parrainer un audacieux projet d’islamisation du pays tout entier. Mais les compagnies intéressées par l’exploitation des ressources pétrolières du pays ne se bousculaient pas au portillon. De surcroît, les relations entre le Soudan et les Etats-Unis se sont rapidement dégradées. Les déclarations de soutien à l’Irak lors de la guerre du Golfe, les violations flagrantes des droits de l’homme et l’octroi de l’asile à des terroristes internationaux, dont Oussama Ben Laden, ont avivé les tensions entre les deux pays et conduit Washington à appliquer des sanctions économiques.

En conséquence, le Soudan s’est retrouvé forcé de dépendre de petites compagnies inexpérimentées pour exploiter ses champs pétrolifères (jusqu'en) 1995, avec l’arrivée de la China National Petroleum Corporation (CNPC) et de l’entreprise malaisienne Petronas, deux compagnies pétrolières publiques. (...)

Un oléoduc de 1 600 kilomètres reliant les champs pétrolifères du Sud à Port-Soudan, sur la mer Rouge, a rapidement été construit par les Chinois. Les exportations ont débuté en 1999. Khartoum a tiré les leçons du départ de Chevron. La protection des champs d’or noir est devenue essentielle pour le développement de l’industrie pétrolière et, par voie de conséquence, pour la survie du régime. Le président El-Béchir a donc fait appel à une tactique classique pour « sécuriser » les régions riches en pétrole. Dans le but d’attiser les tensions ethniques, il a fourni des armes aux tribus nomades arabes et leur a permis officieusement de piller et de détruire les communautés d’éleveurs tout le long de la frontière traditionnelle entre le Nord et le Sud, là où des gisements de pétrole avaient été découverts.

Bien que les rebelles du Sud eux-mêmes soient loin d’être des novices en matière de pillage de populations innocentes, ils ont aisément trouvé de nouvelles recrues. La stratégie gouvernementale du « diviser pour régner » a fini par créer des conflits locaux entre des groupes qui, au départ, étaient complètement étrangers à l’opposition idéologique entre le Nord et le Sud. Le pétrole alimente ainsi le cycle de violence.

Les revenus du pétrole permettent à Khartoum de renforcer ses capacités militaires en achetant des armes à la Russie et à la Chine, notamment des bombardiers Antonov et des hélicoptères de combat, utilisés pour raser les villages du Sud et garantir la circulation ininterrompue du pétrole. (...)

Grâce aux investissements asiatiques, les revenus économiques de Khartoum sont restés intacts. La Chine, en particulier, domine l’industrie pétrolière au Soudan. En 2005, ce colosse économique en pleine croissance couvrait environ 7 % de ses besoins en pétrole grâce à l’or noir soudanais. Ironie de l’histoire, bien qu’elles aient abouti au retrait des compagnies pétrolières occidentales, les campagnes de désinvestissement n’ont pas réussi à affaiblir le gouvernement de Khartoum ni à modifier sa tactique militaire. Elles ont en effet laissé le champ libre à des entreprises asiatiques qui n’ont pas à se préoccuper de pressions de leurs opinions publiques en matière de droits de l’homme. (...)

Soucieuse de s’assurer une part suffisante des réserves pétrolières mondiales pour soutenir son économie en pleine croissance, la Chine conjugue ses activités pétrolières au Soudan avec son droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, ce qui limite sérieusement l’influence de l’ONU sur Khartoum.
Bien que la Chine ne souhaite pas mettre en péril ses relations commerciales avec les Etats-Unis en passant pour complice d’une répression au Darfour que Washington a qualifiée de génocide, elle est clairement opposée à l’idée d’une « obligation de protéger » qui forcerait les Nations unies à intervenir. Le conflit au Darfour marque ainsi un tournant crucial pour la Chine en sa qualité de puissance mondiale émergente."

 

Pouvoir politique, conflits inter-ethniques, ventes d'armes, violence, corruption et intérêts économiques sont ici plus qu'ailleurs étroitement liés : l'Afrique subit et concentre une fois encore l'avidité et la convoitise du reste du monde...

 

Tonton Daniel

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #énergie & matières premières

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Publié le 14 Avril 2007


Bonjour à tous

A peine revenu de Barcelone, me revoici sur le net pour résoudre un grave problème existentiel :
comment le train de nuit qui m'y a amené passe-t-il du réseau français au réseau espagnol alors
que les voies n'ont pas le même écartement ? Avouez qu'on en perdrait le sommeil pour moins que çà !

D'abord, l'historique :
L’écartement normal est d’origine britannique et fut défini par l'ingénieur anglais Stephenson en 1825.
Une hypothèse vraisemblable est que l’écartement de 4 pieds 8 pouces et demi fut choisi à partir d’une largeur hors tout des véhicules fixées à 5 pieds.
Et comme, bien entendu, l'Europe au XIXe siècle était désunie et concurrentielle, il existe en Europe quatre normes d'écartement des rails différentes sur le réseau principal :
-l'écartement standard : 1435 mmm (soit 4 pieds 8 pouces et demi) qui est le plus répandu ;
-l'écartement ibérique : 1668 mm (5 pieds 5 pouces et demi - Espagne, Portugal) ;
-l'écartement russe : 1520 mm (Russie, Biélorussie, Ukraine, pays baltes, Finlande, plus une ligne en Pologne) ;
-l'écartement irlandais : 1600 mm (Irlande).
Les lignes à grande vitesse sont toutes à écartement standard, y compris en Espagne.
Il existe en outre de nombreux réseaux secondaires à voie métrique (écartement de 1000 mm ou 1067 mm)
Les solutions techniques à ce problèmes sont les suivantes :
-le transbordement des voyageurs et des marchandises (pas pratique de réveiller les passagers en pleine nuit !),
-le changement des bogies ou des essieux des véhicules remorqués (pas rapide de lever un wagon...),
-l'utilisation de matériel à écartement variable (par exemple Talgo entre France et Espagne, mais aussi entre Europe et Russie, ou entre Kazakhstan et Chine). Nous y voilà...

Le système Talgo :
Talgo est une entreprise espagnole de construction de matériel ferroviaire. Elle est connue notamment pour ses rames articulées qui circulent tant en service intérieur que sur des relations internationales entre la France et l'Espagne.
La principale particularité technique des rames du Talgo est l'absence d'essieux, les roues étant indépendantes, c'est-à-dire montées individuellement, sans lien mécanique entre elles.
Le système de changement d'écartement automatique Talgo RD (Rodadura Desplazable) permet de passer de la voie large à la voie normale et réciproquement, sans arrêt, le train défilant au ralenti (entre 5 et 15 km/h) sur une installation spéciale. De telles installations existent depuis 1969 aux principales gares sur la frontière franco-espagnole (Cerbère-Port-Bou et Hendaye-Irún) et sur le réseau espagnol, aux points de contact entre le réseau classique (écartement 1668 mm) et le réseau à grande vitesse (écartement international - 1435 mm).
L'installation mesurant environ 12 mètres, chaque axe change de largeur en 5 secondes !

Les 5 phases :
1-les roues sont libérées de leur charge verticale,
2-déblocage latéral des roues,
3-guidage des roues vers le nouvel écartement,
4-blocage latéral,
5-application de la charge verticale.
Simple et logique ! Vous n'avez rien compris ? -----> http://www.talgo.com/htm/tecnologia1.htm

Le futur :
Son entrée dans l’Union européenne a conduit l’Espagne à adopter un plan de reconversion de l’écartement du réseau ferré. Les lignes à grande vitesse AVE, y compris la ligne Madrid - Séville ouverte en 1991 et la ligne en voie d’achèvement Madrid - Barcelone, sont à voie normale.
Quant à l'adoption du système métrique par les anglo-saxons, la transition a été lancée sur la base du volontariat à partir des années 1970. Mais ceci est une autre histoire !

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #transports

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