Publié le 22 Mars 2007
Bonjour à tous
Hier, mercredi 21 mars 2007, de nouveaux affrontements entre la rébellion tamoule et l'armée
Sri-Lankaise ont fait 11 mots dans l'est du pays (Huit rebelles et trois soldats).
L'histoire récente de ce pays est mal connue malgré un conflit ayant fait des dizaines de
milliers de morts depuis son indépendance en 1948.
Tamouls hindouistes (et indépendantistes) et cingalais bouddhistes s'entretuent depuis bientôt 60 ans...
Suite aux insurrections de mai 1971 ayant fait 15000 morts, l'état d'urgence sera instauré
jusqu'en 1977 et remis en place de 1983 à 1989. De nombreux attentats contre des autocars, des avions,
des prisons, et même au Parlement feront des centaines de victimes pendant cette période.
On comptera 542 assassinats politiques en juin et juillet 1989.
En 1990, ce sont 140 musulmans, pris entre deux feux, qui seront massacrés dans deux mosquées.
De 1994 à 1997, attentats, attaques de trains, explosions dans des dépôts de carburant,
commandos-suicides contre des camps militaires, camions piégés, et même bataille navale
expliqueront un bilan invraisemblable de 50000 morts en 15 ans (1983-1997).
Ces dernières années, un cessez-le-feu avait réduit sensiblement la violence, mais les combats
ont repris en 2005 faisant plus de 4000 morts : le 15 juin 2006, un attentat à la mine dans un bus
fait 61 morts et 45 blessés. Le gouvernement ordonne le bombardement des camps de rebelles tamouls...
A l'occasion d'une trêve fragile, j'ai visité le Sri Lanka en mai 1994, et j'ai pris conscience sur place
du conflit opposant dans l'ile les rebelles tamouls du nord au gouvernement en place à Colombo.
A cette époque, le nord de l'ile était déjà fermé au tourisme et notre guide (outrepassant certainement
les consignes des autorités) nous a fait "visiter" rapidement un camp de réfugiés au nord de la capitale.
Un petit camp comme ceux que l'on voit dans les journaux télévisés, terre rouge et poussiéreuse, enfants
nombreux et curieux, femmes réservées et dignes, misère omniprésente qui m'avait donné comme aux autres
personnes du groupe la honte de notre inutilité et de notre futilité.
Pas d'échange faute de temps et de langue commune, et comme souvent quelques stylos et quelques bonbons
distribués faute de mieux...
Que sont devenus ces familles et ces enfants ? Intégrés dans la banlieue de la capitale ? Expulsés vers
le nord d'où ils venaient ? Victimes du tsunami de décembre 2004 ?
La presse internationale évoque rarement ce pays pourtant magnifique, car elle est tenue à l'écart par
un gouvernement peu soucieux de voir se tarir la ressource touristique, mais aussi sans doute car
on n'y trouve ni gaz ni pétrole ni matières premières stratégiques...
Tonton Daniel