Publié le 2 Octobre 2016

Bonjour à tous

Un fantôme, un sphinx, une énigme, une prophétie, un secret sulfureux, un enfant abandonné, un prince au destin tragique... Voici largement de quoi inspirer le poète Jean Cocteau pour sa pièce "La machine infernale", libre adaptation de la tragédie de Sophocle "OEdipe roi" qui inspira également à Sigmund Freud la notion de complexe oedipien et à Pier Paolo Pasolini un film austère, aride et très symbolique. Ici, ni rouages métalliques ni engrenages mécaniques. La machine infernale est celle que des Dieux cruels ont mis en place pour s'amuser aux dépens des humains, un scénario alambiqué et diabolique qui enchainera meurtre, parricide, inceste, épidémie, suicide et auto-mutilation...

"Tout ce qui se classe empeste la mort. Il faut se déclasser, sortir du rang" fait ici dire Cocteau à son héros. Différent par nature, l'auteur a souvent utilisé le thème oedipien dans son oeuvre littéraire ou fantastique afin de trouver des réponses à ses questions identitaires et tenter de se soustraire à une fatalité imposée. OEdipe, les Parents terribles, la Belle et la Bête, tous doivent subir aveuglément un sort tragique pour lequel il n'y a ni hasard ni libre arbitre. Loin de ses personnages, Cocteau, lui, contournera la prédiction des oracles, choisira son destin et sa liberté. Il évitera tout refoulement, mettra sa vie en scène et finira glorifié pour son oeuvre comme OEdipe le fut pour son action contre le Sphinx.

Faibles et mortels, les hommes ne sont pas tous destinés comme OEdipe à se crever les yeux et à refuser la terrible vérité les concernant. Une machine infernale, même réglée par des Dieux malfaisants, peut s'enrayer, se dérégler et s'arrêter. Il suffit d'un seul grain de sable... ou d'un peu de volonté !

Tonton Daniel

la machine infernale

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

Repost0

Publié le 1 Octobre 2016

Bonjour à tous

Coraux cassés au marteau et poissons tués à la dynamite par des membres de la Calypso, herbiers déchiquetés par des scooters sous-marins de l'équipage, cachalot éventré par les hélices du célèbre navire, requins massacrés à la hache par les marins du bord, tortues mises en péril d'asphyxie par amusement ou mérou enfermé dans une cage, sans oublier une publicité non dissimulée pour le pétrolier B.P... "Le monde du silence" de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle, Palme d'or du Festival de Cannes et Oscar du meilleur film documentaire en 1956, fait aujourd'hui dresser les cheveux sur la tête !

Longtemps cachée au grand public, la personnalité du commandant Cousteau est aujourd'hui très controversée. Frère d'un journaliste antisémite et collaborationniste qu'il défendit après guerre, le commandant fut d'abord officier de l'armée appartenant au service de renseignements de la marine nationale, collaborateur de multinationales comme B.P., Gaz de France ou Pechiney, et, sans conviction, ne se convertit à l'écologie que par obligation, certains affirmant même que cette conversion n'était que le résultat d'un calcul politique ou d'un simple intérêt économique... Affichant des positions ambigûes dans l'affaire des boues rouges de Cassis et dans celle des conteneurs de déchets nucléaires du cap d'Antibes, l'homme au bonnet rouge s'opposa un temps au vulcanologue Haroun Tazieff en minimisant le réchauffement climatique. Et s'il fut l'un des rares à aborder le sujet sensible de la démographie mondiale, il n'hésita pas à proposer des solutions radicales au problème de la surpopulation en suggérant par exemple l'élimination de centaines de milliers d'habitants de la planète Terre...

A la ville, polygame comme le cuisinier Paul Bocuse ou le cycliste Jacques Anquetil, Jacques-Yves Cousteau n'était pas irréprochable non plus ! Chef de deux familles issues d'une double vie privée partagée entre sa femme Simone et sa maitresse Francine épousée après le décès de Simone, il se fâcha plus tard avec son fils aîné Jean-Michel qu'il traina en justice pour des motifs sordides. Si on peut lui reconnaitre aujourd'hui un mérite tardif, l'éveil des consciences de toute une génération à propos des dangers environnementaux planétaires grâce à sa série de documentaires télévisés, le monde du silence était vraiment celui de cet homme à la personnalité secrète et dérangeante !

Tonton Daniel

le monde du silence
le monde du silence

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #cinéma, #portraits

Repost0

Publié le 28 Septembre 2016

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique, #russie-urss

Repost0

Publié le 25 Septembre 2016

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #sur les routes de france

Repost0

Publié le 21 Septembre 2016

Bonjour à tous

Une véritable bombe ! Parmi les nombreuses filières disponibles pour la construction de centrales nucléaires civiles, pourquoi celle utilisant uranium et eau légère pressurisée a-t-elle été choisie comme standard ? La réponse du reportage de Myriam Tonelotto diffusé par Arte hier soir est très claire : la filière à uranium permet à la fois la création de plutonium utilisé pour la fabrication de bombes atomiques et l'installation de réacteurs compacts dans les sous-marins nucléaires ! Le choix a donc été fait par le gouvernement américain pendant la seconde guerre mondiale, appuyé par d'inévitables lobbies militaro-industriels et par une campagne de désinformation massive auprès du public.

Il existe néanmoins une autre filière beaucoup moins dangereuse, celle des réacteurs à sels fondus utilisant du thorium, élément chimique naturel certes radioactif lui aussi mais constituant une ressource abondante et facile à exploiter. Ayant déjà fonctionné dans le passé de manière expérimentale, les réacteurs à sels fondus sont beaucoup plus simples à fabriquer, à utiliser et à gérer que les réacteurs à eau légère et à eau lourde :

-L'utilisation de combustible liquide (le thorium est contenu dans des sels de fluor fondus) permet un drainage par gravité facile et rapide vers des réservoirs inférieurs en cas de panne électrique.

-Par nature physico-chimique, les sels de fluor sont très stables et faciles d'emploi.

-Le sel fondu qui joue aussi le rôle du liquide de refroidissement empêche la propagation d'une chaleur résiduelle non maitrisée et un emballement du réacteur comme à Tchernobyl en 1986.

-Un réacteur à sels fondus ne nécessite ni fabrication ni recyclage de combustible solide sous forme de pastilles, pas de gaine, pas de réseau de tubes pour l'eau caloporteuse.

-Un réacteur à sels fondus fonctionne à pression atmosphérique. L'absence de circuit d'eau sous pression évite tout risque d'explosion due à un système de refroidissement défaillant comme à Fukushima en 2011.

-Un réacteur à sels fondus recycle presque complètement les actinides produits lors de la fission (Neptunium, Plutonium, Curium, Americium...), ce qui permet une réduction considérable des déchets hautement radioactifs à longue demi-vie.

-Fonctionnant à très hautes températures, le rendement thermique d'un réacteur à sels fondus est excellent.

-Enfin, en cas de fuite du système de confinement, le sel se solidifie immédiatement au contact de l'air !

Hélas, le modèle économique construit autour des réacteurs classiques serait compromis par ces réacteurs de quatrième génération. Nombreuses sont les entreprises comme Areva nommée à la fin du reportage qui n'ont aucun intérêt à ce changement radical. Si l'on considère de manière pragmatique l'utilisation d'énergie nucléaire comme un mal nécessaire complémentaire des énergies renouvelables, d'aucuns évoquent malgré tout des études insuffisantes, des problèmes de réglementation ou une faible compétitivité économique... Sous-produit de l'exploitation des terres rares, 10 000 tonnes de thorium "inutile" seraient aujourd'hui stockées en France... Cherchez l'erreur !

Tonton Daniel

thorium la face gâchée du nucléaire

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #énergie & matières premières

Repost0