Publié le 20 Septembre 2016

Bonjour à tous

Edifiée depuis l'antiquité dans une large cuvette en bord de Seine, notre Capitale a souvent été confrontée à des problèmes d'approvisionnement en eau potable. Pendant la période gallo-romaine, les habitants de l'île de la Cité utilisent l’eau fournie par la Seine et celle de rares sources naturelles avant que Lutèce ne soit alimentée en eau douce par des aqueducs destinés à ses trois thermes principaux. Après plusieurs siècles d'urbanisation, l'installation de nombreuses corporations d'artisans et la prolifération d'animaux de toutes sortes, la Seine est si polluée que les épidémies de choléra sont chroniques à Paris jusqu'au XVIIIe siècle. Il faut attendre 1802 pour que Napoléon Bonaparte reprenne les projets abandonnés au siècle des Lumières et fasse percer le canal de l'Ourcq afin d'amener de l'eau potable et bon marché aux parisiens.

Une énième épidémie de choléra en 1832 incite l'entrepreneur Louis-Georges Mulot à forer un premier puits artésien dans Paris, puits dont l'eau jaillit spontanément sans pompage par phénomène des vases communicants. Le pari est risqué car on ne sait pas encore à cette époque que se trouve sous la Capitale une nappe aquifère retenue dans des sables par des argiles imperméables à environ 600 mètres de profondeur, nappe phréatique alimentée à une altitude supérieure au forage et s'étendant jusqu'à la région Champagne. Après sept ans d'efforts et un forage de 548 mètres, l'eau jaillit enfin en 1841 au centre des abattoirs de Grenelle. Une fontaine est installée sur ce qui devient la place Georges-Mulot, le débit principal étant dévié à quelques dizaines de mètres du puits vers la place de Breteuil où est édifiée une tour régulatrice en fonte à trois étages haute de 43 mètres. Jaillissant à 28°C, l'eau part ensuite par un système de siphon au réservoir du Panthéon qui alimentera longtemps en eau potable une bonne partie de la rive gauche de Paris.

La fontaine de la place Georges-Mulot finira par se tarir au fil des années, la tour de la place de Breteuil sera démontée en 1903 et remplacée par une statue de Louis Pasteur. D'autres puits artésiens seront forés dans Paris, dont ceux de Passy ou de la Butte-aux-Cailles toujours en fonction aujourd'hui car plus profonds que celui de Grenelle.

Tonton Daniel

puits artésien de grenelle

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #histoire

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Publié le 17 Septembre 2016

Bonjour à tous

Cachée au fond d'une allée bourgeoise et discrète du 16e arrondissement de la Capitale, la maison La Roche édifiée en 1925 par l'architecte franco-suisse Le Corbusier était ouverte au public gracieusement pour les journées européennes du patrimoine 2016.

Classée parmi les célèbres "villas blanches" de l'architecte qui regroupent comme la villa Savoye de Poissy les "cinq points d'une architecture nouvelle" (pilotis, toit-jardin, plan libre, façade libre et fenêtre en bandeau), elle fut édifiée pour un riche collectionneur d'art assez excentrique pour choisir de vivre dans un espace aussi réduit que monacal !

Révolutionnaire et fonctionnelle en son temps, la maison d'une dizaine de pièces parait bien anodine aujourd'hui et n'a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO qu'il y a deux mois, peut-être à cause de l'engagement politique très controversé de son auteur aux amitiés vichystes et fascisantes qui déclara un jour : "Là où naît l'ordre, naît le bien-être" !

Manifeste politique ou héritage culturel, la maison La Roche n'est plus désormais qu'une coquille étroite, fermée sur elle-même et oubliée au fond d'une impasse... Aussi vide et désespérante qu'un appartement-témoin !

Tonton Daniel

Les photos prises aujourd'hui :

la maison la roche
la maison la roche
la maison la roche
la maison la roche

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #architecture

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Publié le 14 Septembre 2016

Bonjour à tous

Vous rappelez-vous le temps pas si lointain où les amoureux timides confiaient à des fleurs fragiles le soin de s'exprimer à leur place ? Aujourd'hui, oubliez bleuets, myosotis et violettes, ce sont les arbres qui se cachent derrière leur timidité ! C'est du moins ce qu'affirment par abus de langage les poètes ayant observé chez certaines espèces d'arbres adultes éloignés de leurs voisins une "fente de timidité" de quelques centimètres entre des frondaisons qui ne se touchent jamais...

L'explication des botanistes à cette "timidité des cimes" anthropomorphe (crown shyness) est hélas plus scientifique. Certains d'entre eux ont d'abord évoqué un phénomène de frottement et d'abrasion généré par le vent entrainant une inhibition du développement foliaire et empêchant le développement des bourgeons mais les techniques modernes d'exploration au niveau de la canopée mises en place par le botaniste Francis Hallé ont prouvé que cette hypothèse était sans fondement. Deuxième supposition, la perception de l'ombre de ses voisins par le méristème du bourgeon sensible aux infrarouges, obligeant le végétal à réorienter ses axes vers la lumière et le soleil selon le phénomène de phototropisme. Troisième éventualité enfin, un langage chimique, l'émission de composés organiques volatils et des échanges gazeux entre individus. On sait désormais que tous les organismes vivants, animaux et végétaux, synthétisent des molécules spécifiques de communication. Dans la chimiosphère végétale, l'exemple de l'acacia africain et de ses phytohormones est sans doute le plus étudié aujourd'hui.

Encore mal étudié par les phytosociologues, le phénomène de "timidité" ne concernerait que certaines espèces d'arbres, pins parasols, chênes verts, palétuviers blancs, diptérocarpacées tropicales... Il existerait également une timidité racinaire chez d'autres espèces. Les deux phénomènes permettraient un avantage sélectif et évolutif, une lutte naturelle contre la propagation par contact de parasites ou de maladies contagieuses.

Timides, réservés, prudents ou repliés sur eux-mêmes, les arbres ? Pas tous ! Très agressifs, le figuier étrangleur ou le Nuytsia floribunda australien par exemple imposent tous deux à leurs voisins une loi de la jungle sans pitié ni complexe ! Instinct de survie ou programmation génétique, les arbres aussi peuvent faire la guerre !

Tonton Daniel

timidité des arbres
timidité des arbres

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #arbres

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Publié le 13 Septembre 2016

Bonjour à tous

"Flûte, flûte et flûtes !" Qui pourrait deviner que derrière ce titre ridicule se cache un recueil de nouvelles d'Isaac Asimov regroupant tous les thèmes chers à l'auteur culte de science-fiction, voyages dans le temps, cités-mondes, armes télépathiques, intelligences extra-terrestres, futur apocalyptique ou exoplanètes ?

D'inégales valeurs et d'un intérêt très limité, les dix histoires parues initialement dans des magazines de science-fiction des années 50 n'ont aucun style, sont entrecoupées de détails autobiographiques insupportables et enrichies par Asimov lui-même de l'historique de leurs parutions... Soporifique au possible !

On ne retiendra peut-être après la dernière page qu'un vague message de fond sur pacifisme et écologie... L'inventeur des "trois lois de la robotique", auteur prolifique à l'orgueil démesuré, aurait-il donc usurpé sa réputation ? Flûte, flûte et re-flûte !

Tonton Daniel

flûte, flûte et flûtes !

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 11 Septembre 2016

Bonjour à tous

Alors que la rivière Daldykan située au nord du cercle polaire russe vient une fois de plus d'être transformée en fleuve de sang par les rejets toxiques d'une usine du groupe Norilsk Nickel, France 3 et Thalassa diffusaient il y a quelques jours une enquête de Sophie Bontemps dénonçant les rejets de l'usine Altéo de Gardanne en mer Méditerranée.

Aujourd'hui propriété du groupe franco-américain HIG Capital, Alteo a successivement appartenu à Péchiney, Alcan et Rio Tinto. Inaugurée en 1894, l'usine produit 635.000 tonnes d'alumines par an à partir de minerai de bauxite transporté d'Afrique via le terminal minéralier de Fos. Grande consommatrice d'eau, la production d'alumine génère une quantité considérable de déchets appelés boues rouges, mélange d'eau, d'oxyde de fer, de métaux lourds, de soude et d'arsenic.

Depuis 1963 et malgré les avertissements du biologiste et lanceur d'alerte Alain Bombard dès 1964, l'usine de Gardanne rejette ses déchets en Méditerranée directement dans le Parc National des Calanques. Le transport s'effectue par un pipeline au débit de 270 m3/h, qui serpente à terre sur 47 km de domaine public avant de plonger au large de Cassis dans le canyon sous-marin de Cassidaigne à 320 mètres de profondeur et sept kilomètres des côtes.

Alors que tout rejet industriel est théoriquement interdit en Méditerranée, on estime que, depuis 50 ans, 30 millions de tonnes de sédiments toxiques ont ainsi été rejetés et répandus au gré des courants sur 230 km2 par l'usine de Gardanne. En plus des métaux lourds (aluminium, baryum, chrome, cuivre, mercure, molybdène, plomb, rubidium, titane, vanadium), 800 tonnes d'arsenic empoisonneraient l'écosystème d'une réserve pourtant classée Natura 2000. Bien que la toxicité des boues rouges soit connue depuis longtemps, l'agrément des rejets vient d'être renouvelé pour cinq ans par Manuel Valls contre l'avis de sa ministre de l'environnement Ségolène Royal.

Depuis janvier 2016, Alteo a néanmoins commencé à traiter ses boues en séparant solides et effluents liquides mais les problèmes persistent. 300.000 tonnes de bauxaline solide contenant des éléments radioactifs naturels mais concentrés (uranium 238 et thorium 232 radiotoxiques par ingestion et inhalation), sont désormais stockées à terre sans protection, les poussières aux effets neurotoxiques étant souvent emportées par les vents ou par le ruissellement des eaux de pluie. Quant aux effluents liquides de pH 11, ils sont toujours rejetés en Méditerranée par le pipeline de Cassidaigne dans un floculat dense et visqueux contenant des hydroxydes métalliques et une tonne d'arsenic par an...

Ouvriers sans protection, usine vieillissante, conduite rouillée, poissons englués, contrôles inexistants, chantage à l'emploi (quatre cents emplois directs et plus d’un millier en comptant la sous-traitance), témoignages de riverains malades et politiciens irresponsables, le constat est édifiant et les images sous-marines impressionnantes. On rappellera pour information ou pour mémoire que la mer Méditerranée est une mer presque fermée, un écosystème fragile et une zone de forte sismicité dont le renouvellement total de l'eau prend environ 90 ans... Comprenne qui voudra !

Tonton Daniel

boues rouges la mer empoisonnée

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #environnement, #télévision, #déchets et recyclage

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