Bonjour à tous
Autour de moi, personne ne connait l'existence des grillons du métro parisien ! La présence d'animaux sauvages est pourtant une réalité de la vie urbaine. A Paris, on en a recensé plus de 1400
espèces (dont 1000 espèces d'insectes), les plus visibles étant les faucons crécerelles sur les tours de Notre-Dame, les lapins du périphérique, les tritons des catacombes, les grenouilles du
bois de Boulogne, les renards du bois de Vincennes, les rats dans les égoûts ou nos grillons dans le métro !
Ailleurs en France et dans le monde, écureuils, sangliers, singes, ours, rapaces, mouettes, étourneaux, élans, etc... font des incursions dans nos parcs, nos maisons et nos poubelles, attirés par
nos déchets, le micro-climat de nos cités ou l'absence de prédateurs !
http://www.paris.fr/portail/Parcs/Portal.lut?page_id=6681
http://www.fnh.org/download/ville_pj2.pdf
http://afp.google.com/article/ALeqM5iIzcbvtrSOGsw_vxoIjOO3zD3idA
http://www.senactu.com/Anchorage-l-elan-du-Canada-et-le,1129
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sciences/20080308.SCI3385/un_probleme_dours_polaire_appelez_le_numero_durgence.html
A l'inverse, certaines espèces d'animaux domestiques retournent dans la nature à l'état sauvage. On appelle ce phénomène le "marronnage" :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marronnage_(animaux)
L'immeuble voisin du mien, en pleine ville et à deux kilomètres du quartier d'affaires de La Défense, abrite une nichée de faucons crécerelles qui profite d'un toit élevé pour prospérer sans
problème !
Pour en revenir aux grillons du métro, ils seraient arrivés grâce aux cageots de fruits et de légumes des anciennes Halles, aujourd'hui disparues, mais qui furent longtemps le ventre de Paris.
Des halles au métro, il n'y a qu'un saut de puce pour nos grillons, et c'est sur les lignes 3 et 9 qu'ils seraient les plus nombreux... L'explication de cette prolifération est étonnante : entre
les rails, du fait du frottement des roues et de l'accumulation de la chaleur par les roches éruptives du ballast, il règne une chaleur tropicale comprise entre 27° et 34° qui leur convient
parfaitement. Il y a également de la nourriture sous forme de miettes ou de mégots de cigarettes ! Et très peu de prédateurs : rats, grosses araignées et grévistes, cette dernière espèce menaçant
les grillons involontairement en faisant refroidir les rails...
A l'inverse, nos insectes ont des amis regroupés dans une association, la Ligue de Protection des Grillons du Métro Parisien (LPGMP), cousine du FLNJ (Front de Libération des Nains de Jardin),
qui lutte entre autres chose contre la loi Evin qui a entrainé une forte réduction du nombre de mégots, source importante de nourriture.
Pour conclure et pour illustrer la vie du grillon parisien, cette fable à la conclusion célébrissime :
"Le grillon
Un pauvre petit grillon
Caché dans l'herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L'azur, la pourpre et l'or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs,
Prenant et quittant les plus belles.
Ah! disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
je n'ai point de talent, encor moins de figure.
Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici-bas :
Autant vaudrait n'exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d'enfants :
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l'attraper ;
L'insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient, et le prend par la tête :
Il ne fallait pas tant d'efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh! oh! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux, vivons caché."
Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)
Tonton Daniel